Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel

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MessageSujet: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:17

Simon a écrit:
Matinée ordinaire ce jour là pour les palefreniers et les lads du domaine. Les uns s'affairaient auprès des chevaux, en sortant certain pour leur donner l'exercice nécessaire pour leur maintient en forme, brossant les autres ou les nourrissant pour les autres. Les lads, une fourche en main remettaient des litières propres dans les box vidés le temps que les occupant étaient à se dégourdir les pattes. Une routine en somme pour tous ces hommes jusqu'à l'arrivée d'un homme en arme...

Ce n'était nul autre que l'homme de tête chargé de faire prévenir la maison de l'arrivée du maître des lieux. Tirant avec force sur les rênes, il stoppa sa monture écumante devant la bâtisse. Sautant bas du cheval et jetant les harnais au premier venu, il n'eut que quelques mots à dire.


Le seigneur de Cordes sera là dans un instant.....

Une grande agitation se fit alors dans la cour. Les chevaux sortis furent alors parqué dans l'enclos proche de l'écurie. Les palefreniers aidèrent les lads à apprêter les box pour les bêtes qui allaient arriver, eau et avoine apporté dans chaque box. Simon, qui était a traverser la cour, n'eut besoin d'aucune affirmation pour comprendre ce qui se passait. Pour lui c'était là une belle journée qui démarrait. Le retour de son Seigneur allait sans contexte remettre une peu de gaité dans la demeure qui, depuis trop longtemps à son gout, était on ne peu plus triste. Il se dirigea donc d'un pas non chalant vers l'homme qui venait d'arriver et l'accueillit d'un large sourire.

Haaa ! Léon ! c'est une bonne nouvelle que de te voir là ! le retour du maître !  enfin ! La maison va  de nouveau sourire !

Les deux hommes se firent une chaleureuse accolade et Léon lui répondit ensuite d'une voix basse afin que nul autre que Simon ne puissent entendre.

J'me réjouirais pas trop vite si j'étais toi Simon..... L'maître est plus l'même depuis un temps.... L'est sombre et d'une humeur d'chien... Jamais vu comme ça...

Bhaaa ! quand y verra que sa dame est là elle aussi, pour sûr qu'il s'ra content t'en fais pas ! Elle est rentrée y'a 2 jours maintenant.... Personne l'a encore vu mais la Jeannette m'la dit..... elle a passé une heure dans l'bureau d'son époux et depuis elle reste dans sa chambre. Elle veut pas en sortir qu'elle dit la Jeannette et veut pas qu'on sache qu'elle est là.... Elle attendant un enfant qu'elle dit la Jeannette.. Parait même qu'elle est d'jà bien ronde not' maîtresse ! Y pourra être qu'heureux not' Seigneur Léon !

Hum... J'espère Simon... Mais quand même.. Jamais vu comme ça.... Il a pas desserrer les dents du voyage juste pour hurler qu'on r'partait après nos courtes pauses... tout juste si les ch'vaux avaient l'temps d'se reposer. Bien la première fois qu'il prend pas soin d'son destrier.. et t'sais comme moi combien il y tient à Espoir. J'te l'dis Simon c'est p'us l'même... des jours sombres s'annoncent.. Foi d'Léon !

Combien d'avance as-tu sur l'escorte ?

Hum.... 1 heure à peine.... Avec le train d'enfer qui fait mener..... p'tete moins même...


Bien... j'vais aller préparer son arrivée à la maison alors.... T'as besoin d'repos toi.....

Ouais.... mais vaut mieux qu'j'attende qu'il soit là avant d'aller pioncer.....


Sur cet échange, les deux hommes se séparèrent pour vaquer à leurs occupations. Simon, retournant dans la maison remâchait les paroles étonnantes de Léon...






Castelreng a écrit:
[ Une heure plus tard....]




Bruit de fer martelant les pavés gelés, assourdissant. Inquiétant pour les gens qui virent passer au grand galop cette troupe armée de pied en cape. D'aucun chuchotaient affolé qu'une guerre avait éclaté non loin, d'autre voyaient là l'arrivée d'une bande de routiers et en tremblèrent d'effrois, les plus courageux reconnurent le blason seigneurial. Tous néanmoins étaient apeuré par cette troupe.

Castelreng chevauchait en tête, le visage fermé il regardait droit devant où se profilait l'entrée de son domaine. Sans ralentir, il arriva dans la cour où se trouvaient rassemblés les hommes en charge du bon fonctionnement de son écurie. Tirant fortement sur les rênes pour arrêter sa monture, celle ci, surprise par la force que son maitre y mit, se cabra sur ses antérieurs, frôlant de peu de ses pattes avant un pauvre bougre qui s'était avancé.

Sans un regard pour le pauvre homme, il sauta bas de son destrier qui écumait, lança les rênes au garçon d'écurie le plus proche et sans un regard pour quiconque lança froidement.


Occupe toi de lui comme il se doit !


puis, s'adressant à son escorte...


Quartier libre pour la journée !


Sans plus attendre, il se dirigea vers la demeure.....


Simon a écrit:
Il n'avait pas fallu longtemps à Simon pour regagner le hall d'entrée. Il avait à grand pas quitté l'écurie et traversé la cour comme si il avait le diable aux fesses. Sitôt la porte refermée derrière lui il avait appelé toute la domesticité. En rang d'oignons donc tous avait pris un air grave à l'annonce du majordome.

Faites apprêter la chambre du Seigneur ! qu'un feu y soir allumé sans plus attendre ! Qu'un bain soit prêt à l'accueillir !


Allumez les cheminées dans chaque pièce ! En cuisine préparez un repas !


Allez dépêchez ! il ne va pas tarder à arriver ! Une fois fait rassemblement ici pour l'accueillir comme il se doit !

Telle une envolé de moineaux, les domestiques se mirent à l'ouvrage sans attendre et l'on pouvait les voir monter et descendre le grand escalier qui mène aux chambres avec seaux d'eau chaude, bois et tout ce qu'il faut pour contenter le seigneur des lieux. Simon supervisait le tout, demandant à ce que soit ajouter plus de bois dans telle cheminée, vérifia que le lit soit  fait et chauffé . Moins de trois quarts d'heure plus tard la demeure était prête a recevoir son seigneur et le personnel attendait dans ce hall pour lui souhaiter la bienvenue.


Castelreng a écrit:
La lourde porte d'entrée s'ouvrit en grand, laissant le passage à Castelreng qui ne sembla pas voir les domestiques sagement rangés en ligne et lui souhaitant avec enthousiasme une bienvenue. sa longue cape et ses bottes étaient recouvert de boue. Son visage montrait une grande fatigue par les lourdes cernes noires qui entouraient ses yeux devenus froids, ses lèvres qui, avant, étaient rieuses, ne formaient plus qu'un trait fin inquiétant.


Se dirigeant vers le salon se trouvant au bout de hall, ne se préoccupant nullement que ses pas laissaient derrière lui de grosses tâches de boue, il s'adressa au majordome, comme ci il n'y avait eut que lui dans la pièce.

Qu'on me prépare un bain dans la chambre d'ami où je vais m'installer ! Je veux y trouver un repas... jambon, pain et fromage suffira ! Ajoutez y une bouteille de vin et une carafe de cognac !
Suivez moi au salon !

Le personnel qui venait de se casser les reins à tout apprêter dans la chambre de leur maître retinrent un soupir de désolation aux ordres entendus. Les yeux tous rivés sur le Seigneur, ils le regardèrent s'éloigner vers le salon, pièce que la dame de Cordes aimait particulièrement et avait aménagé avec soin, et, en silence, partirent les uns après les autres faire ce qui leur avait été demandé. Simon, quand à lui, marcha en silence dans les pas de son maître qu'il avait peine à reconnaitre....

Dans le Salon de la Dame a écrit:


La porte s'ouvrit en grand et son regard se posa de suite sur le tableau accroché sur le manteau de la large cheminée. Il ne voyait qu'Elle....



Une douce chaleur enveloppait la pièce et pourtant Castelreng, les yeux rivés sur le tableau, frissonna. Il ne voulait pas se rappeler, il voulait oublier qu'un jour, il y avait longtemps pour lui, il avait été le plus heureux des hommes. Il n'était plus rien à présent, qu'une ombre, qu'un être glacial et sans cœur. D'un mouvement brusque il se tourna et d'un regard sans expression fit le tour de la pièce.

Douillette et féminine par ses fauteuils et coussins assortis, ses bibelots et vases posés ça et là sur de petites tables finement sculptées. Cette pièce plus que tout autre était à l'image de son épouse.

A cette pensée, il se renferma plus encore, ne voulant plus être blessé par la trahison qu'elle avait fait en l'abandonnant pour préférer le couvent.
L'armure qu'il s'était forgé pour arriver à survivre ne devait pas céder à la simple vue de ce tableau voulant lui remémorer de doux souvenirs. D'un geste qui couvrit la pièce il annonça à son majordome qui était resté en retrait.

Virez moi tous ces fauteuils de bonne femmes et ces fanfreluches ..... Je ne veux plus voir ce tableau ! Couvrez le d'un linge noir !
Je veux que ce soir  cette pièce  soit mon bureau ! Si pour ça il faut aller chercher les palefreniers.. Faites  !

La salle à manger sera fermée je prendrais mes repas ici. Je ne veux être dérangé sous aucun prétexte ! Et ce... jusqu'à nouvel ordre !  faites le savoir à Sandra....


Lui montrant la porte de la main.....


Hors de ma vue maintenant !

Il ne posa pas son regard sur le pauvre homme qui sorti les épaules basses et resta un long moment dans le salon. Il s'était avancé vers la fenêtre et regardait sans rien voir l'horizon. A quoi pouvait-il bien penser ? Bien campé sur ses jambes légèrement écartées, les bras dans le dos, il se posait là, les épaules plus droites que jamais, les nerfs à fleur de peau, ressassant encore et toujours les derniers jours vécu à Narbonne.

Un cauchemar les yeux ouvert....
Les mots durs de Sélola et Cebyss qui, souhaitant l'aider n'avaient fait qu'attiser sa colère
La nuit sur les remparts où il avait battu comme plâtre Cebyss...
Le lendemain soir où il s'était retrouvé sur la lice à se battre avec sa meilleure amie...
La raclé qu'il  lui avait mise.....
Sélo entre la vie et la mort parce qu'il n'avait pas retenu ses coups.....
Et Bel... Bel, son épouse, sa moitié.... Bel qui l'avait abandonné, qui ne lui avait pas fait confiance et ne l'avait pas écouté....

Tout était sa faute ne cessait-il de se dire.... Son amour n'était pas aussi grand qu'elle le prétendait....
Trahit.... Plus que cette pensée en tête.

Comme un automate, il quitta la pièce pour se rendre dans la chambre où il avait demandé bain et repas.....

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castelreng
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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:39

Oriabel et Cast a écrit:
Oriabel entend du bruit dans la chambre d'invité, sans qu'on l'est prévenu. De passage discrètement dans le couloir. Elle s'arrête devant la porte, incrédule, s'interrogeant sur qui se trouve derrière cette porte. Avance et colle son oreille timidement contre le bois lourd de la porte
 
 Castelreng venait d'entrer dans la chambre d'ami où, comme demandé, l'attendaient un bain et un repas. Tout en se déshabillant, il mangeait, prenant fromage, pain ou jambon. Une fois en tenue d'adam, il prit avec lui la carafe de cognac, se plongea dans son bain et s'enfila une bonne rasade de ce liquide ambré. Il ne voulait pas penser à Elle...

Seuls quelques bruits étranges lui parvenaient. Elle ne distinguait que des pas lourds. Ce n'était donc surement pas une femme et on ne l'avait averti d'aucune venue masculine en ces lieux. Quoique peu étaient au courant de son retour. Elle hésita, se demandant si elle devait cogner ou simplement passé son chemin pour s'informer de qui résidait sous son toit sans qu'elle est donné son consentement. Elle pensa soudainement au retour de son fils. Cela devait être son fils ainé mais il serait dans sa chambre non ? Et si c'était Castel, n'aurait-il pas pris leur chambre ? Oui, surement... peut-être pas finalement... elle se décida à en avoir le cœur net et frappa deux petits coups contre le bois creux de la porte.

Lorsqu'il entendit cogner à la porte, il faillit s'étrangler avec sa gorgée de cognac. Il avait pourtant demandé à ne pas être dérangé !  Bon sang qui se permettait ? qui qu'il fut il allait l'entendre et regretter son insubordination ! Il était loin bien sur de penser que ce pouvait être son épouse

Bordel ! j'avais bien dit ne pas vouloir être dérangé !
Entrez et dites ce que vous voulez et vite !


Le son de la voix, grave et irritable de l'autre coté lui parut inconnue. Elle était celle d'un homme mais, elle n'aurait pu se douter qu'il s'agissait de son époux tellement elle était méconnaissable en cet instant. Prudemment, elle poussa délicatement la porte sans s'attendre qu'elle trouverait un homme nu dans un baquet dos à elle. Elle resta figée sur le pas de la porte, l'observant tout en le reconnaissant cette fois, ses membres ne bougeant plus. Vêtue d'une longue robe bien que très simple par son ventre proéminent, une main posée dessus, ses yeux bleus restait pétrifiés par les épaules qui lui faisait face et dont elle n'aurait pu oublier tellement de fois elle les y avaient embrassé. Muette, les cheveux légèrement brillant qui cascadaient en de jolie boudin sur ses épaules, elle resta là, sans mot dire

 
Il ne pouvait voir qui était entré et n'avait certainement pas envie de se retourner. Lui qui avait déjà les nerfs a fleur de peau senti la colère monter par le silence de la personne venant le déranger. Il en jeta de rage la carafe qu'il avait encore en main et d'une voix froide et furieuse tonna :

Vous voulez quoi? dégagez si vous n'avez rien a dire ! je ne veux voir personne ! PERSONNE  c'est clair ?

Oriabel  sursauta lorsque la carafe qu'il avait en main alla trouver le sol et éclata en de multiple morceau, rependant le reste du liquide qu'elle contenait sur le sol. Les mots durs et froid qui sortait de son mari la firent trembler de peur. Qui était cet homme... ce n'était pas Castelreng, pas l'homme qu'elle avait épousé jadis, ça c'était certain. Que c'était il passé pendant son absence pour qu'elle le retrouve ainsi ? Elle n'était même pas certaine de vouloir le savoir mais elle ne pourrait pas suivre éternellement. Elle avait su que ce retour serait difficile mais jamais elle ne l'avait imaginé ainsi.... Elle prit une grande respiration, referma la porte mais elle ne sortie pas pour autant. Elle s'avança doucement, ne donnant qu'un simple profil à l'inconnu qui partageait sa vie. Elle s'agenouilla bien que très difficilement par son ventre presque à terme et entrepris de ramasser les dégâts qu'il venait de causé tout en prenant une faible voix pour s'adresser à lui
Oui... je puis comprendre que tu ne souhaite pas être déranger... j'aurais du me faire annoncé peut-être avant d'entrer mais pour cela, il aurait fallut que je saches que tu étais là....


Se fut a son tour de sursauter lorsqu'il aperçut le profil de son épouse. Il crut sur le coup qu'il avait une hallucination, il avait certes but pas mal de cognac mais cependant pas assez pour que l'alcool lui joue des tour, il était trop sur les nerfs pour cela. Au son de sa voix il finit par comprendre que c'était bien Elle qui était là a ramasser les morceaux de cristal. Il ne sut sur l'instant quoi dire. Il avait pourtant depuis des jours préparé un dialogue a son attention. Mais elle était là, dans la même pièce alors qu'il pensait ne jamais la revoir. Il inspira un grand coup, ne bougea pas de son bain, tourna juste la tête.
Il aurait fallu que Je sache que Tu étais sortie de ce maudit couvent !  Lui dit-il d'un ton sans timbre Que fais tu là ? et depuis quand es tu là?

Oriabel  ne le regarda pas pour autant, se concentrant sur les éclats transparents qui ornaient le sol, prenant garde à ne pas se couper tout en les déposant sur ses genoux, dans le creux du tissu de sa jupe.
Je suis rentrée depuis quelques jours seulement, 2 ou 3... je sais plus... tu n'étais pas là à mon arriver, j'ai donc errer et ressasser tout ce que je voulais te dire.... bien que je n'imaginais pas nos retrouvailles ainsi... Où étais-tu ?


Castelreng  finit pas se lever et sortit de son bain. Sans prendre soin de se couvrir, il se plaça devant elle et la regarda de toute sa hauteur. Il était incapable de dire ce qu'il ressentait à cet instant. Tous ses sentiments, colère, peine et amour se mélangeaient et faisaient en lui une belle confusion.
où j'étais.... il eut un rire froid j'étais à Narbonne à attendre que tu daignes sortir de ton couvent ! Et toi ? pourquoi ne m'en as tu rien fait savoir ? à croire que tu ne voulais me voir ?...

Oriabel  frémit doucement au rire cynique et froid qui émanait du corps qui se tenait debout devant elle, nu, ruisselant de perle d'eau qu'elle n'osait même pas regarder. Chasteté, timidité, honte et bien encore lui refusait ce droit malgré le fait qu'ils étaient mariés depuis longtemps maintenant. Ils avaient tout deux beaucoup changés... peut-être trop à ce qu'elle constatait. Elle finit par ramasser le dernier morceau de verre et leva enfin les yeux sur lui. Ils étaient ternes, sans éclats comme autrefois, résigner à une tristesse éternelle qui l'avait envahi depuis de très longs mois maintenant.
Tu crois que je serais là en ce moment si je ne voulais pas te voir, ne crois-tu pas que je serais allée ailleurs au lieu d'être ici... dans TA maison.... mais peut-être devrais-je effectivement repartir puisque sans aucune doute, ma place ne semble plus être ici....


Son coeur saignais de la voir ainsi à ramasser des morceaux de verres, ça lui rappelait trop une autre scène.. il y avait si longtemps. Son esprit lui la voyait autrement, comme la femme qui l'avait trahis en l'abandonnant sur un  mauvais soupçon. Il ne put cependant s'empêcher de l'aider à se relever et recula d'un pas, comme si son contact l'avait brûlé. Sa voix alors, quoi que toujours froide, se fit moins dure
Tu savais pourtant que j'étais à Narbonne, que nous étions tous la bas... Tu es là et crois moi mon épouse tu vas y rester !
il garda un moment le silence avant de reprendre
Mais rassure toi ! je ne t'imposerais pas ma présence ! la maison est suffisamment grande pour que l'on puisse s'éviter....

Oriabel  accepta son aide, retenant les pans de sa jupe pour éviter que le cristal en miette retourne sur le parquet et posa ses grands yeux dans les siens, se figeant de nouveau à ses mots toujours aussi durs bien que le ton en avait changé et s'était amoindrit
Je préfère encore partir que de devoir jouer les fantômes avec toi Castel.... je vois bien que ma présence ne te fais nullement plaisir et je ne m'imposerais pas en ces lieux qui sont les tiens
Elle soupira très doucement tout en penchant la tête. Se disant qu'elle avait voulu lui dire tellement de chose et pourtant, elle n'en avait pas eu l'occasion et maintenant, elle ne savait plus comment les lui dire. Les larmes se mirent à pointer sous ses paupières, tentant de les refouler du mieux qu'elle pouvait encore


Castelreng sentit alors la colère lui monter. Il l'avait attendu des jours durant en avait perdu le sommeil, avait fait des choses impardonnable et elle était à parler repartir.C'en était trop. Il la prit par le bras et la força a s'assoir, attrapa une serviette pour entourer ses reins et se planta devant elle. Il voyait bien la peines qu'il était à lui faire mais la peine qu'il avait lui était loin d'avoir disparu. Il la regarda droit dans les yeux, les trouvant toujours aussi beau y trouvant même de nouveau un tendre refuge qu'il tenta d'ignoré et ne sut alors que lui dire ces quelques mots tant elle était déjà à le troubler et il ne le voulait pas, il avait trop peur de souffrir plus encore
.
Pourquoi Oriabel.... Pourquoi es tu partie comme ça.... ?

Oriabel  resta pétrifier sous la poigne et la colère qui émanait de son mari. L'ange avait quitté ce corps s'envolant avant elle au loin et n'avait laisser que la partie apeurante de Castel en lui. Elle était terrifiée, ne sachant comment agir surtout dans son état qui n'était pas bon de s'énerver. Elle s'assoya, cherchant les mots juste pour répondre aux questions qu'il lui posait
J'avais besoin de recul, de constater que l'amour entre nous était plus que ce que les autres vivent... qu'il était plus fort qu'un simple adultère s'il avait eu lieu... bien que je sais que ce n'est pas le cas... j'avais besoin de me retrouver, de retrouver mon mari, de retrouver la confiance en notre couple....
Elle prend sa respiration, reposant ses mains tremblantes contre son ventre qui lentement se tend et se crispe par les émotions trop fortes qui l'animent
J'ai voulu revenir Castel.... des dizaines de fois mais je n'en avais pas la force encore, pas la foi... je n'étais pas prête. Je n'avais pas trouvé les réponses à mes questions et je n'ai donc pas pu revenir avant ses derniers jours


 Castelreng  ne savait plus comment réagir a ses paroles, il ne comprenait pas, pour lui elle s'était enfuie tout simplement, elle l'avait abandonné croyant bêtement qu'il l'avait trompé et ça il n'arrivait pas à le digérer. Il ne sut que dire sur le coup et s'affala dans le fauteuil lui faisant face. il soupira longuement et laissa tomber sa tête entre ses mains.
Tu as cru... commença t-il a dire sans changer de posture tu a cru notre amour fêlé... tu as osé croire que je t'avais trompé ! Et ça.... ça c'est une trahison de ta part Bel..... Tu nous a abandonné sur un coup de tête.... tu n'as même pas voulu qu'on parle..... Dis moi? quelles étaient donc ces questions si importantes  ?

Oriabel   soupira doucement, sachant que ce moment serait dur, elle espérait seulement trouvé les mots adéquats pour lui faire comprendre sans envenimer la situation qui semblait déja désespérée.
Oui... j'ai cru que tu m'avais trompé... oui... je ne le nierais pas et j'en suis navrée. Si tu te souviens bien, notre couple était fragile à l'époque. Nous recommencions  seulement à être heureux. Nous avions eu des moments très difficiles juste avant et...
Elle tenta de garder son calme malgré les larmes qui ravageaient ses joues maintenant, laissant une trace luisante sur ses dernières
Et j'ai cru ce qui sautait aux yeux sans chercher plus loin. Je l'avoue... Je n'aurais pas du... j'étais fragile émotionnellement et j'ai craqué... je suis vraiment navrée...
J'avais besoin de faire le point, de savoir si après tout cela, même si tu m'avais trompé ou pas, si je t'aimais toujours autant... ça m'a pris longtemps avant de réalisé que ma vie n'est rien sans toi.... mais c'est le cas, je l'ai compris et je suis revenue....
J'ai causé beaucoup de dégâts à ce que je vois et j'en suis profondément navrée.... mais tu dois comprendre que tu m'as blessée également lorsque je suis partie et cela devait se soigner avant de revenir. C'est ce que j'ai fais


Castelreng n'osait pas relever la tête, il sentait les yeux lui piquer et ne voulait pas lui montrer sa faiblesse. Il mourrait d'envie de la prendre dans ses bras, de presser ses lèvres contre les siennes, de caresser son ventre arrondi et qu'il avait consciemment ignoré.
Tu as causé plus de dégât que tu ne peux penser Bel.... beaucoup.... même.... J'ai mal a croire que tu es pû douter de moi alors qu'à mes yeux il n'y avait rien de plus important que toi. Tu aurais du me parler au lieu de fuir.... tu aurais du..... tu n'imagines pas et ne le pourra jamais ce que j'endure depuis ce jour..... Je suis brisé.....
il ne put en dire plus, sa voix n'avait été qu'un murmure à cet instant, une confession peut-être...

Oriabel  senti le flot de ses larmes augmenter sans pouvoir y changer grand chose. Elle venait de comprendre par ses paroles qu'elle avait tout brisé entre eux, qu'elle l'avait brisé involontairement mais bel et bien .... Elle ravala les sanglots comme elle pu et très délicatement déposa les morceaux de verres sur la table basse devant elle avant de prendre appuis contre le fauteuil pour se relever, son ventre en avant par la lourdeur de celui-ci, une main aussitôt posé contre ses reins ensuite.
Je suis sincèrement navrée.... fut la seule chose qu'elle puis ajouté et cela fut mêlé de l'écho de ses larmes. elle ferma doucement les yeux, tentant de ne pas être trop chambranlante et fit quelques pas en direction de la porte. Elle avait ouvert son coeur de nouveau mais ne pouvait atteindre le sien. Cela prendrait-il du temps, devait elle se battre ou abandonner définitivement ce combat... elle n'avait pas encore la réponse malheureusement à cette interrogation


Castelreng  releva la tête lorsqu'il sentit qu'elle se levait. Voyant qu'elle allait sortir, il se releva mais ne tenta rien pour la retenir. Il avait besoin de réfléchir a tous ce qu'elle lui avait avoué.
Je ne supporterais pas que tu partes  à nouveau Bel.... Laisse moi le temps d'oublier.... de pardonner.... mais si tu pars.. jamais tu entends! jamais je ne te le pardonnerais... je pourrais pas...

Oriabel  se rendit compte qu'il ne disait pas ses mots à la légère. Elle hocha délicatement la tête, il avait décidé donnant réponse à son interrogation. Elle devrait se battre pour le récupérer. Elle lui laisserait le temps nécessaire dans ce cas, elle n'avait pas le choix. Elle ne voulait pas le perdre de toute manière. Elle releva la tête, fit quelques pas hésitant dans sa direction et quitte à se faire rejeter, elle ne résista pas... Elle avait besoin de le sentir contre elle un court moment... Elle l'enlaça seulement, venant l'étreindre tout en douceur et susurra ensuite...
Prend le temps qu'il te sera nécessaire... je vais retourner dans ma chambre.... lorsque tu voudras me voir, tu sais où me trouver alors...


 Castelreng la regarda s'approcher, il ne pensait certainement pas qu'elle irait jusqu'à se lover contre lui et , lorsqu'il sentit son corps contre le sien, le désir trop longtemps endormi s'éveilla à nouveau. Il dut prendre sur lui pour ne pas lui relever le menton et prendre ses lèvres. c'était trop tôt, elle lui faisait peur, trop peur de souffrir à nouveau. Il se contenta juste de poser une main autour de ses épaules, il ne pouvait faire plus. Ses mots le touchèrent au plus profond de son coeur et il y répondit d'une voix trop douce à son gout
.
Non Bel..... je n'irais pas dans cette chambre..... nous nous retrouverons demain pour déjeuner dans le salon . Il ne dit pas qu'il l'avait fait transformer en bureau, elle le verrait par elle même bien assez tôt et sans doute en discuteraient-ils..

Oriabel  profita du réconfort de ses bras qu'elle venait de retrouver bien qu'il était hésitant, distant. Le sentir tout contre elle fit battre son cœur plus rapidement qu'elle ne l'aurait cru... si seulement elle était revenue plutôt... elle serait en train de l'embrasser en ce moment, à lui faire l'amour même peut-être... au lieu de quoi, elle devrait déjeuner avec lui demain à une distance raisonnable comme une simple inconnue. Elle ne savait pas si elle réussirait à passer au travers de cette épreuve mais, elle se devait d'essayer du moins...
Oui Sire, comme vous voudrez....


Ses mots lui firent froids dans le dos

Sans même sans rendre compte, elle l'avait vouvoyez, le lien de proximité entre eux s'était évanouie... elle recula, tristement lui tourna le dos et partie en direction de la porte
Bonne nuit


Castelreng la regarda partir et lui dit d'un ton bas, ne sachant pas comment prendre son vouvoiement.
Reposes toi bien Bel..... et à demain....

Oriabel  hocha la tête en guise de réponse, ouvrit la porte et s'engouffra dans le couloir, reprenant le chemin qui la mènerait à sa chambre d'un automatisme sans éveil, son esprit douloureux s'étant enfoui au plus profond d'elle après cette déception de ses retrouvailles

La chambre lui sembla froide d'un coup, il ne savait plus quoi penser, avait du  mal a faire la part des choses. Il prit alors la bouteille de vin qui était sur la table avec le reste de son repas, s'en servit un verre qu'il but d'un trait et s'habilla. Il avait besoin d'aller prendre l'air pour réfléchir posément. En revenant il ne pensait pas qu'elle serait là à l'attendre. Il ne s'attendait pas non plus à l'entendre dire toutes ces choses, il fallait qu'il réfléchisse !

(suite ici)

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Dernière édition par castelreng le Mer 12 Avr - 15:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:41


Dans la chambre Seigneuriale


Oriabel a écrit:
Toute retournée elle était encore lorsqu’elle avait franchit le seuil de sa chambre une main soutenant son ventre qui la tiraillait. Les retrouvailles avec Castelreng ne s’étaient pas passées comme elle l’avait imaginé, bien au contraire. Cependant, elle ne lui en voulait pas. Comment aurait-elle pu ?  Finalement il n’était fautif que de son amour débordant pour elle…. C’est elle qui avait faibli face à elle-même, face à la peur de le perdre et de se retrouver seule un jour pensant qu’il ne l’aimait plus. Son époux avait un lourd passé mais il avait toujours été honnête avec elle, elle n’aurait jamais du douter de lui… jamais !

Elle fit quelques pas en direction de son lit, l’émotion accentuée dans les dernières heures passées auprès de lui lorsqu’elle l’avait découvert dans la chambre d’invité sans avoir été averti de son retour l’avait solidement ébranlé et cela se répercutait dans de vilaines contractions maintenant. Elle reprit sa respiration et alla s’installer sur son lit, soulevant doucement ses jambes. Bel ferma les yeux, espérant faire passé ses quelques douleurs beaucoup trop tôt malgré le développement assidue de son ventre.

Elle réfléchissait doucement, espérant qu’ainsi la douleur se calmerait. Allait-il un jour lui pardonner ? C’est ce qu’il avait l’intention de faire mais, y arriverait-il ? Et elle… pourrait-elle accepté de le voir chaque jour sans pouvoir l’avoir réellement auprès d’elle ?  Elle avait déjà tellement de mal à respirer et déjà à cette seule pensée de ne pouvoir ressentir une réelle étreinte de son mari, rien à voir avec celle dans le salon plutôt, elle était en apnée. Elle devait se ressaisir, se montrer forte mais dans son état, ce n’était pas évident. Elle combattrait du mieux qu’elle pourrait. C’est tout ce qu’elle pouvait faire.

Soudainement, quelqu’un toqua discrètement à la porte. Le visage de la maitresse de maison était crispé par la douleur qui ne s’effaçait pas véritablement. Hors de question que quelqu’un la voit ainsi… et si c’était Castel ? Elle tenta de faire bonne figure mais avait du mal tout de même. D’une voix légèrement faiblarde, elle répondit.

Oui, qu’est-ce que c’est ?

Madame, on m’envoie vous portez à manger et m’occupez de vous, c’est les ordres du Maistre.

Elle reconnu la voix de la soubrette de maison, la Dame de compagnie de sa fille.  Castel veillait donc sur elle, s’inquiétait donc de son sort malgré les apparences distantes qu’il avait émises.

Entre Mélisandre

Elle laissa la demoiselle entrer et découvrir l’état lamentable de sa maitresse bien qu’elle ne voyait pas encore trop le mal qui la hantait.

Oh Dame Oriabel, qu’est-ce qui ne va pas ?

Aussitôt, Mélie déposa le plateau sur une des tables de chevet et se précipita vers elle, cherchant à comprendre d’où provenait son malaise lorsqu’elle comprit au vu de son ventre, des mains de Bel posées dessus qui se crispaient à des intervalles régulières.

J’ai bien peur que ce bébé ne tarde plus trop à montrer le bout de son nez bien que ce ne soit pas le bon…. Aie…..mo…ment…

Elle s’était recroquevillée sur elle-même, pliée en deux par la douleur trop aigue. La sueur commençait à perlée délicatement  contre son front. Après un instant, elle se relâcha, la soubrette elle affolé.

Que puis-je faire ? Dites-moi ? Dois-je prévenir le médecin de famille, votre mari ? Qui ?!!

La belle blonde hocha doucement la tête avant de répondre.

Oui, rapportez ce plateau qui me donne des nausées et faites prévenir le médecin de venir à mon chevet Mélisandre, ce serait préférable. Quand à mon mari, ne le faites pas déranger pour rien. Le docteur décidera lui-même de le prévenir s’il y a lieu de s’inquiéter… Allez vite mon enfant je vous pris….

La demoiselle partie aussitôt après avoir baiser la main de sa maitresse. Oriabel ressentait un instinct tout aussi maternel avec elle, comme si c’était une de ses filles. Elle la regarda rapidement partir ensuite, attendant qu’ils reviennent à son chevet pour voir ce qui allait se passer par la suite.


(suite ici]

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:45

Citation :
La même journée, quelques heures plus tard....



Il venait de prendre un bain, avait mangé un morceau et bu, il aurait du se sentir bien ! Hors il n'en était rien ! Il ne savait que penser...

Il avait traversé la cour et se trouvait maintenant devant l'écurie où le palefrenier le reçu quelque peu étonné de le voir revenir si vite.


fais moi seller Espoir.....

Messire..... Votre destrier n'est pas remis de votre voyage..... z'êtes sûr que vous ne voulez pas une monture plus... fraîche ?


Castelreng regarda un moment l'homme, sans rien dire, avant de comprendre qu'il avait raison, que son cheval ne pourrait pas assurer la course qu'il comptait faire.

Hum... oui  tu as sans doute raison ! Y'a t-il une monture capable de supporter une bonne chevauchée  ?

Oui Messire ! nous avons là une jolie jument qui ne demande qu'à se défouler !


Tout en s'avançant dans la bâtisse, le palefrenier le guida vers la bête en question. Elle avait tout pour plaire au seigneur, nerveuse, fière, la robe d'un noir luisant, la jument ne semblait pas avoir plus de 4 ans. Castelreng lui caressa les naseaux, lui parlant d'une voix douce, l'admirant.

Elle est parfaite Georges !
dit-il se souvenant du nom de son palefrenier Selle là en vitesse que je vois un peu ce qu'elle vaut au galop !

Il se recula donc pour céder la place pour retourner dans la cour attendre.

Nous la nommerons Confiance Georges !


Il était arrivé à la porte de l'écurie lorsqu'il faillit être bousculer par un valet qui arrivait en courant.

vite Georges ! selle moi un cheval la maîtresse a besoin d'un médecin !


A entendre le valet, Castelreng se figea et blêmit. La panique le gagna, il se sentit fautif, il avait été dur avec elle, ne l'avait pas ménagé malgré son état.

Donne lui Confiance magnes toi !
lâcha t-il avant de courir vers la maison.




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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:47

Citation :

Il ne lui avait pas fallut longtemps pour traverser le hall, monter quatre à quatre les escaliers et traverser le couloir qui mène à la chambre seigneuriale. La panique l'avait pris, la peur le tenait, il se sentait trembler de toute part. Il ne cessait de se demander si il était la cause de l'état de son épouse. Il ne l'avait pas ménagé, n'avait même pas eut la décence de lui demander si elle se portait bien, pour quand était prévu la naissance. Il ne lui avait pas fait part non plus de la joie qu'il aurait à être de nouveau père. Il avait été loin de penser à toutes ces choses qui, quelques mois plutôt, auraient été d'une évidence...

Il craignait pour sa vie et celle de l'enfant qu'elle portait. Il ne pourrait se pardonner si il venait à arriver malheur à l'un ou l'autre. Il avait dut l'effrayer ! Pourquoi n'avait-il pas réussi à pardonner ? Il n'arrêtait pas de se poser la question. Il ne parvenait pas à oublier qu'il avait failli tuer sa meilleure amie et reportait cet acte sur la faute de son épouse.

Il était là, devant la porte de la chambre, à faire les cent pas, n'osait en franchir le seuil par peur. Peur de la voir souffrir, peur de voir de la rancune dans ses grands yeux bleus, peur d'oublier également la trop lourde peine qu'elle lui avait fait porter et les actes impardonnables qu'il avait fait dans le désespoir qui le tenaillait.

Personne dans ce couloir ! Où était donc la femme de chambre qu'il avait imposé à son épouse ? Dans la chambre sans doute à veiller sur Elle...
Pourquoi ne sortait-elle pas ? !! N'avait-il pas demandé à ce qu'elle reste a ses cotés ?

Le couloir lui semblait d'une longueur interminable. Il l'arpentait comme un lion en cage, regardant cette porte fermée où aucun sons ne lui parvenaient. Que ce passait-il ? Qu'avait-elle ? Le réclamait-elle ?
Il avait l'impression de devenir fou. Combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'il avait croisé le valet ? Sans doute très peu mais il lui semblait que les secondes duraient des heures.

De rage et d'inquiétude il donna un violent coup de poing dans l'armure qui ornait le couloir et qui tomba lourdement et bruyamment sur le sol. A grand coups de pied il l'écarta de son chemin et se posta devant la fenêtre d'où il avait vu sur la cour. Ses mains posées sur le rebord de l'ouverture se fermèrent pour ne plus former que des poings dont les doigts blanchirent tant il était crispé. Le besoin de hurler sa peur lui nouait la gorge et il serrait les mâchoires pour le retenir.

Dans quel état était-elle ? Que faisait ce valet à ne pas revenir avec le médecin ? Il l'aurait étranglé si il l'avait eut sous la main en cet instant, calmerait sans doute ses nerfs sur lui à son retour....

Mélisandre a écrit:
Il n’avait pas tardé à ce que la première tâche confiée, elle s’en fut déchargé et renouvelé par une toute autre de plus grande envergure. La rouquine dévalait les escaliers à la recherche de quelqu’un qui pourrait aller quérir le médecin à sa place. Sa maitresse avait besoin d’elle et il était hors de question de l’abandonner.

Elle se souvenait trop parfaitement de ses premiers instants dans cette famille. Mélisandre n’avait beau être qu’une simple domestique mais, elle s’était sentie apprécié aussitôt par eux et couvert d’amour d’eux tous… enfin presque tous. Un seul nom la faisait encore frémir et elle préférait ne pas entendre parler de lui. Il y avait longtemps que cet oiseau de mauvais augure avait quitté le nid sans y revenir. Longtemps qu’elle n’avait plus aucune de ses nouvelles et sa peine s’était transformé en haine. Elle n’avait pas été la seule dans cet état d’esprit. Elle avait vu son Maitre se transformer également pour sa Maitresse. Elle savait qu’entre eux, quelques choses clochaient mais, ils faisaient un couple si heureux avant, si beau à regarder tel des dieux païens de l’amour. Aujourd’hui tout semblait brisé… Bien qu’elle comprenait le Seigneur de cette maison, elle avait une profonde affection pour la Dame. Elle l’avait prise sous son aile, l’avait accueillit comme aucune autre, comme une mère qu’elle n’avait plus depuis bien longtemps. Elle se sentait déchirer entre ses sentiments pour ses maitres. Loyauté, amour… Dur de trouver un refuge dans ses émotions ainsi….

Perdue dans ses moindres pensées confuses, elle trouva tout de même un des autres domestiques de la maison enfin qui travaillait à éplucher des pommes de terre pour le futur repas du soir.

Toi… tu arrêtes ça tout de suite !

L’homme la regarda, se demandant pour qui elle se prenait celle là !  L’air interrogatif sur son visage en disait bien long. Il ne prenait pas ses ordres de cette pauvre femme de compagnie mais de ses Maitres alors, elle pouvait bien aller se faire voir.

La Dame de la maison à besoin d’un médecin et tu vas aller le chercher et tout de suite !!! C’est prioritaire. Je crois pas que tu voudrais qu’elle sombre et que son mari rabatte sa colère sur toi non ?


L’homme la dévisagea encore un moment et lâcha tout, se précipitant vers les écuries. La belle soubrette soupira d’aisance. Au moins une chose de faites et elle pourrait retourner au chevet d’Oriabel comme cela. Elle prit un seau d’eau très chaude puisqu’elle se trouvait à la cuisine, en profita pour le ramener avec elle et quelques linges propres. Cela devrait lui être utile.  Elle remonta les escaliers pour se rendre à la chambre des Maistre lorsqu’elle trouva le Maitre justement devant la porte.

Messire, j’ai fais quérir le docteur pour votre femme, je retourne à son chevet si vous le permettez….

Elle ne savait trop s’il le lui permettrait. Elle n’était certes pas la plus expérimentée pour cela mais, elle ne voulait en aucun cas la laisser seul surtout que lui semblait vouloir rester dans le couloir à faire les cents pas… Elle se doutait bien qu’il lui était difficile autant de rester là que de rentrer dans cette chambre. Elle ne pouvait cependant pas l’aider, seul lui était maitre de son destin.


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:48

Castelreng a écrit:
Il ne l'avait pas entendu monter trop pris par ses pensées et il sursauta lorsqu'il entendit une voix lui dire :

Messire, j’ai fais quérir le docteur pour votre femme, je retourne à son chevet si vous le permettez….

Il se retourna en un mouvement rapide comme frappé et fit face à la jeune fille qui n'était autre que  Mélisandre


Je sais ça ! j'ai croisé le valet ! Qu'a t-elle ? M'a t-elle réclamé ? Bon sang ! que lui arrive t-il ??? !!!


Sa voix était cassante et apeurée en même temps, il sentait ses mains trembler tant il craignait pour la vie de son épouse.


Ne restez pas là a me regarder comme si j'étais un fantôme ! Allez auprès de ma femme et assurez vous...... aidez là du mieux que vous pouvez....

Sacré bon sang ! que fait ce médecin !!!!! Filez ! dites moi comment elle va ! Dites moi ce qu'elle a !


La pauvre fille devait le prendre pour un fou à lui demander de partir tout en lui demandant des détails sur ce qu'avait sa femme. Castelreng n'était certes plus en état de quoi que ce soit, il se sentait dépassé par les évènements, ses nerfs à vifs n'allaient pas tardé à craquer.....


Mélisandre a écrit:
Tenant toujours son seau, ses mains tremblantes par l’expression du visage du Seigneur de Cordes ainsi que le ton de sa voix énervée, le pauvre Mélisandre ne savait plus où se mettre.  Allez voir la Dame ok… non, donner de ses nouvelles… ok… et puis le voilà qu’il changeait encore d’avis. Elle soupira doucement. Elle comprenait son état d’inquiétude, c’était palpable mais elle dansait sur des feux ardents là ! Elle fit quelques pas vers la porte, se posant entre lui et cette dernière. Elle se retourna pour faire face à son Maitre et parla calmement bien qu’assez durement, l’osant pour la première fois, espérant le ramener à un état plus stable également.

Sire, votre femme semble avoir des maux de ventres du à l’enfantement. Je crois que le bébé n’était pas à son terme et malheureusement les contractions ne semblent pas s’évanouir. Elle souffre c’est tout ce que je puis vous dire, je ne suis pas médecin mais dame de compagnie. J’aimerais bien faire mon travail si vous le permettez mais je ne puis répondre et être à son chevet. Soit vous restez là ou vous entrez  vous enquérir de son état vous-même. Pardonnez-moi d’être aussi sèche dans mes propos mais le temps n’est pas relatif en ce moment, comprenez-moi…

Sur ce, elle baissa la tête timidement, se rendant compte qu’elle avait été dure avec lui bien plus qu’elle ne l’aurait voulu et le ton qu’elle avait pris pour lui parler était répréhensible. Des représailles seraient à prévoir mais elle s’en fichait. Elle tourna la poignée de porte et entra tout en la laissant entrouverte pour Castelreng s’il se décidait enfin à entrer ou pas….


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 11:55

Castelreng a écrit:
Une douche froide n'aurait pas fait mieux que le ton sec que prit la jeune femme, Castelreng en resta un instant bouche bée, le temps pour Mélisandre d'entrer dans la chambre sans en refermer la porte. Planté là comme un navet il pouvait voir par l'ouverture le lit. Il ne voyait cependant que les pieds recroquevillés de son épouse. N'y tenant plus , il poussa la porte et entra.
Un seul regard sur ce grand lit où Bel lui sembla si petite et fragile le fit pâlir. Il était incapable de dire quoi que ce soit, mais qui aurait-il à dire à ce moment là ? Il se passa la main tremblante dans les cheveux, faisant les cent pas de nouveau au pied du lit, la regardant à chaque aller retour. La peur se lisait dans ses yeux, ses poings serrés faisaient blanchirent ses doigts, il avait le coeur battant à tout rompre.

Un regard vers la porte où le médecin ne se pressait toujours pas de franchir, un regard à son épouse lorsqu'il l'entendit gémir de douleur, trois pas dans un sens... quatre dans l'autre.... C'est un cauchemar éveillé qu'il était à vivre là !


Que pouvait-il faire ? Il n'en avait aucune idée ! Elle allait le fiche dehors, il en était convaincu et appréhendait le moment où elle le lui dirait vertement il n'en doutait plus. si seulement il parvenait à lui dire quelques chose ! Les mots cependant ne parvenaient pas à franchir ses lèvres....

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:03

Oriabel a écrit:

Oriabel a écrit:
Inspirer, expirer… doucement, recommencer et ainsi de suite. Les douleurs ne s’estompaient pas réellement,  mais étrangement, elles semblaient moins prononcées. Oriabel n’osait plus bougé de son lit. Elle aurait eu envie de se lever, de faire quelques pas mais, elle avait peur en se faisant de re-déclencher une vague de fureur dans son ventre incontrôlable. Elle replaça seulement ses oreillers et s’y appuya. Un grand bruit sourd dans le couloir la fit sursauter. Le bruit du métal semblait résonner dans le couloir. Mélisandre venait de se prendre les pieds dans l’armure de collection que son mari avait faire reluire lorsqu’il était tombé en amour avec cet antiquité ou quoi ? Elle sourit délicatement en imaginant la scène qui se jouait à l’extérieur. Les contractions semblaient s’espacer, enfin…. Ou ce n’était que son imagination ? Elle n’aurait su le dire véritablement pour le moment.

Tentant de chasser ses maux, se calmer étant primordiale, elle le savait, elle posa ses mains comme une couveuse sur son ventre arrondi et se mit à chantonner une petite berceuse comme elle l’avait si souvent fait pour ses deux autres grossesses, cette même chanson qu’elle avait fredonné à ses enfants le soir pour les endormir ensuite.

La porte s’ouvrit et elle découvrir la jolie rousse muni d’un seau, probablement à son attention. Elle sourit franchement à Mélisandre, ses maux, évaporés. La demoiselle la regarda perplexe et Bel s’empressa de la rassurée aussitôt.

Je vais bien, ne vous inquiétez pas, une fausse alerte je crois… un peu trop d’émotion et de fatigue en cette journée. Je devrais être plus prudente je crois, J’ai surestimé mes facultés en ce moment….

Sans y attendre, une autre personne franchit le seuil de la porte et elle y découvrit Castelreng empli d’une nervosité qu’elle ne lui connaissait que très rarement, habituellement si sur de lui… même lorsqu’il était en colère. Pourtant, c’était loin d’être le cas en cet instant.  La main qu’il passa dans ses cheveux était assez singulière face à son sentiment. Était-elle si mal en point ? Au même moment, une contraction beaucoup plus forte que toutes les précédentes se fit ressentir. Elle qui pensait que tout était fini…. Apparemment non… elle en gémit et se tordit de douleur, cachant son visage dans un de ses oreillers par timidité. Ses doigts se crispèrent autour de son ventre, Mélisandre se précipita à son chevet pour tenter de la calmer mais en vain. Elle avait l’impression que ses entrailles se déchiraient cette fois. La souffrance était pire qu’avant , si terrible qu’elle n’est eue le temps d’ajouter autre chose, elle perdit momentanément conscience.

Ohh non.....

Mélisandre prit aussitôt un linge et l'imbiba d'eau fraiche qui était déjà à son chevet pour faire revenir sa maitresse, espérant également que le médecin ne tarderait plus. Elle ne savait pas quoi faire dans ce genre de situation.  Heureusement, l'état de la Dame blonde ne dura pas.

Elle revient à elle au moment où deux hommes franchissait la porte, l’un d’eux était un de leur serviteurs qui s’excusa et repartie aussitôt après avoir annoncé le médecin et l’autre, le concernée se précipitant vers elle.

L’homme était d’un âge mûr, il avait suivi la demoiselle tout au long de son internant au couvent. Sa grossesse avait été difficile dès le départ et elle savait qu’elle devait se reposer, il le lui avait dis mainte et mainte fois….

Oriabel, vous saviez que cette grossesse était à risque… vous aviez promis de ne pas faire d’efforts et d’éviter les excès d’anxiétés… à croire que je parle dans le vide ! Le travail est bien entamé, je ne crois pas que même avec certaines herbes ou tisanes, je puis l’arrêter….

Il se tourna vers la jeune femme qui s’était légèrement reculée pour laisser place au médecin et lui donna des instructions. 

J’ai besoin de linge, d’eau chaude, beaucoup d’eau chaude… et rapidement, ça ne va pas tarder et j’aurais besoin de vous pour cet accouchement, ça risque d’être compliqué…. Et vous, qui êtes vous ?

Il s’était retourné vers l’homme au pied du lit, aussitôt que la rouquine était sortie en trombe chercher encore de l’eau chaude, le reste, déjà à la porté du maitre de science. Son regard était noir sur le pauvre Castelreng qui faisait les cents pas inquiet plus que jamais. Pourtant, il ne voulait que le bien de sa patiente sans même savoir à qui il s’adressait….

 

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:03

Castelreng a écrit:
Il fut sur le point de se jeter sur le lit lorsqu'il vit son épouse perdre conscience. Mélisandre avait cependant les choses en main et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire Bel retrouva ses esprits alors que Castelreng se retrouvait figé les mains agrippant le bois de lit.
Peu de temps passa et le valet fit enfin entrer le médecin. C'est ce qu'en déduit a juste titre Castelreng lorsqu'il l'écouta s'adresser à Oriabel. C'est là aussi qu'il comprit que la situation se présentait mal, que cette grossesse avait, depuis le départ, été à risque. Et lui qui ne l'avait pas ménagé quelques heures plus tôt ! En plus de tous ce qu'il avait sur la conscience, il pouvait y ajouter cette journée !

Il ne parvenait toujours pas à parler, regardait tour à tour sa femme, son médicastre et Mélisandre qui sortait en trombe. Il avait l'impression d'être le spectateur d'une très mauvaise pièce de théâtre. Ce n'en était cependant pas une....

Il vit rouge, il vit noir lorsque le médicastre s'adressa à lui avec ce ton sec et coupant. En deux pas il fut sur lui. l'homme qui s'était assit sur le bord du lit près de son épouse se retrouva debout maintenu par le col par une poigne de fer. Castelreng plongea alors ses yeux de glace dans les siens et lui dit entre les dents en détachant bien chaque mots.


Je suis le mari !


Il le relâcha aussi vite qu'il l'avait attraper sans se soucier qu'il pourrait ou non perdre l'équilibre. L'angoisse le poignait encore plus maintenant qu'il avait compris que sa femme allait enfanter bien trop tôt.

Fais ton office médicastre..... Sauve les tous les deux !


Pas un mot pour son épouse, il n'y arrivait toujours pas, son coeur pourtant en débordait. Il posa un instant son regard sur elle, fragile et maintenant en danger. Un instant leur regard s'accrochèrent, une seconde son amour enfuit depuis des jours transperça... une seconde seulement cependant.....

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:04

oriabel a écrit:
Étendue sur son lit, Bel avait regardé la scène entre son médicastre et son époux.  Elle s’était contentée de hocher la tête, faisant le moindre effort aux réprimande de son médecin mais son mari lui, semblait hors de lui cette fois. Elle tenta de se relever un peu et planta ses yeux dans ceux de Castel. Au départ ils dégagèrent de la fureur de voir comment il traitait ce pauvre homme qui avait pris soin d’elle des mois durant mais ensuite, elle vit bien que l’inquiétude rongeait son époux… ou est-ce les remords, elle n’aurait sut dire réellement…. Elle adoucit son regard avant que celui qui s'était rivé au sien avait fuit.

Castel… le médicastre ne peut travailler sous la contrainte ainsi, il fera son possible pour nous sauver tous les deux, je n’en doute aucunement. Mais dans l’état où tu te trouveeee…..


N’avait pas eu le temps de finir sa phrase, une violente douleur la reprit lui donnant l’impression que son être se fendait en deux partie inégale. Elle agrippa les couvertures et tira de toutes ses forces pour s’accrocher à quelques choses. Ce ne fut pas un gémissement mais carrément un cri qui sorti de ses lèvres charnues, vermeilles habituellement mais cette fois très ternes et livides.  Elle reprit constance après un petit moment, regardant Castel et lui montra la sortie doucement du doigt.

Tu sors… je te veux pas ainsi, c’est bien assez dur sans tes reproches. Vas-t’en s’il te plait…

Elle avait le cœur en miette de lui demandé une telle chose. Elle aurait voulu au contraire qu’il reste, qu’il la rassure mais, il était loin de pouvoir accomplir ce qu’elle souhaitait et l’avoir ainsi près d’elle, immobile à seulement déverser son fiel était loin d’être agréable, valait mieux qu’il parte.

Oriabel, nous devons agir vite, je crains que votre mari n’est compris que la situation est précaire, nous devons agir  vite.

Elle hocha la tête et tenta de se relever. Mélie revenait au même moment avec ce que lui avait demandé le médicastre. Elle déposa les deux seaux et regardait la scène stupéfaite.

Demoiselle, aidez Oriabel à se dévêtir et mettre quelques chose de plus ample je vous pris. Sieur, nous allons discuter dans le corridor en parfait gentleman maintenant si vous le voulez bien d’accord ?


Le médicastre semblait vouloir prendre les choses en main, il avait parlé à Castel de façon très calme et respectueuse. A voir maintenant si cela avait calmé l’époux nerveux ou non….Quant à Mélisandre, elle aida la Dame de la maison à exécuter les ordres du soigneur, laissant les deux hommes discutés sans être interrompu.


Castelreng a écrit:
La tristesse qui lui empoigna le coeur quand son épouse lui demanda de sortir fut immense. Il ne pouvait pas s'attendre à autre chose, il le savait mais il eut l'impression qu'une partie de lui même était en train de mourir. Blesser, il ne la regarda pas et tenta de se réfugier derrière le rempart qu'il avait construit petit a petit durant son absence. Elle ne l'aimait donc pas autant qu'elle le lui disait, il ne s'était donc pas trompé. Il tourna donc le dos au lit le temps que le médicastre était à parler.  La seule phrase qu'il dit à son épouse lui donna des frissons et sa muraille s'effondra comme un château de carte. Il avait vu juste, Bel était en danger et l'enfant tout autant.

Mélisandre revint ensuite chargée comme une esclave ; pauvre petite... Castelreng ne la vit même pas, il ne voyait plus rien si ce n'était le danger que courait son épouse et l'enfant. Pourquoi avait-il été si dur avec elle ? Pourquoi ne lui avait-il pas dit les mots que son coeur lui hurlait de dire ? Sans doute n'en serait-elle pas là si il avait été moins dur. Il avait beau essayé de se résonner, il ne parvenait à rien, il était incapable de dire quoi que ce soit de réconfortant. C'était comme si tous ces mots que son coeur lui criait de dire se perdaient avant d'arriver sur ses lèvres.

Lorsque l'homme de science lui demanda un entretien dans le couloir, il lui montra d'un geste la porte et s'y dirigea sans se retourner. Le coeur à tout rompre, l'esprit embrouillé, il avança vers la fenêtre où il se trouvait un peu plus tôt. L'armure avait retrouvé sa place initiale, les domestiques avaient dut la replacer et il ne les avait pas entendu. D'ordinaire le moindre bruit ne lui échappait pas. Cette constatation l'inquiéta une seconde et puis... il l'oublia...

Une fois parvenu devant la fenêtre, il se posta de biais et fit face au médecin. Il avait les nerfs a vif et le manque de sommeil qui le tenaillait depuis des jours n'était pas pour arranger son état d'esprit. Il ne dit rien. Il en était incapable et laissa donc la parole au savant. La peur de les perdre tous les deux grandissait et son visage décomposé par ces sentiments devait être effrayant pour celui qui le regardait. Qu'allait-il lui annoncer ? Qu'il lui faudrait choisir entre sa femme et l'enfant ? Cette pensée lui donna la nausée. La perte de l'enfant serait, il le craignait, la perte définitive de son épouse qui ne lui pardonnerait jamais et l'en tiendrait responsable. Plus que tout il souhaitait que l'enfant soit vivable. Que tout se passerait au mieux. Le doute là aussi pourtant le taraudait. 

 

 Le médicastre ne semblait pressé de prendre la parole et le regardait comme si il était une bête curieuse. Il respira à grand coup, tentant de se contenir ne voulant parler avant cet homme. 

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:05

Oriabel a écrit:
Le visage de Castel meurtri par sa requête laissa Oriabel dans un état de tristesse profond. Comment aurait-elle pu faire autrement ?  Quelques minutes avant, il était à menacé la seule personne capable de leur sauver la vie à tous les deux. Son époux n’était plus maitre de ses émotions et c’était sa faute. L’avait-elle rendu sans cœur ? Avait-elle brisé la moindre parcelle d’amour dans cette âme qui pourtant en débordait avant ? Si c’était bel et bien le cas, elle ne se le pardonnerait jamais… vaudrait mieux qu’elle meure finalement en mettant au monde la seule chose qui pourrait rendre un peu d’humanité à l’homme qu’elle aimait et qui l’avait perdu par sa faute.

Elle détourna le regard du seul homme qu’elle n’eut jamais aimé et fit plusieurs pas avec Mélisandre qui l’aidait à se dévêtir silencieusement. Par la porte entre-ouverte, elle entendait parfaitement la discussion qui se déroulait entre le médicastre et son mari qui s’était arrêtés dans le couloir.

Sieur, pardonnez-moi d’avoir été un peu brusque avec vous plutôt. Il va de mon devoir de n’avoir aucune distraction à mes côtés. Je ne vous cacherais pas la situation, c’est grave. Oriabel aurait dû enfantée  dans deux mois environ seulement. Le bébé sera viable mais très faible, je ne peux affirmer qu’il survivra…. Les prochaines semaines seront critiques pour lui…. Pour votre femme également. Ses douleurs ne sont pas normal… il est possible qu’elle ne puisse plus en avoir d’autre encore où qu’elle ne passe pas au travers de cet accouchement… le bébé n’est pas dans le bon sens… je vais tenter de faire mon possible mais, il est possible que tout ceci s’aggrave, je veux que vous sachiez que je ferais mon possible pour sauver les deux personnes que vous aimez.

Le médecin marqua une pause, laissant le temps au mari d’Oriabel d’assimiler ses paroles.

Je vais avoir besoin de vous, de votre calme. J’ai besoin que vous rassuriez votre femme, vous pouvez faire cela ?  Je ne sais si votre situation est réglée… Et oui, je suis au courant…je suis votre femme depuis le début de sa grossesse… de ses saignements… elle a bien faillit perdre cet enfant au périple de sa santé plus d’une fois. Mais elle tenait à cet enfant puisqu’elle savait que vous y teniez également. Elle a mis sa vie en danger pour vous offrir un enfant, pouvez-vous seulement l’épauler dans cet épreuve, c’est très important que vous soyez présent pour elle….

La belle blonde n’entendit pas la réponse de Castel, revenant avec Mélisandre dans son lit, simplement vêtue d’une chemise de nuit, se tenant le bas du ventre qui elle avait l’impression était plus dure que la pierre à chaque fois que la douleur irradiait tout son corps à l’en faire frémir. La peur résidait dans le fond de ses yeux mais si elle devait mourir cette nuit, elle voulait au moins entendre le premier cri de cet enfant qui annoncerait une ère nouvelle, du moins, l’espérait-elle…


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:05

Castelreng a écrit:
Enfin le silence fut rompu par l'homme de science. Ses paroles cependant étaient lourdes de conséquence et Castelreng se sentait de plus en plus mal. Elle ne voulait plus d'enfant, elle le lui avait dit bien avant cette grossesse et qu'avait-il fait lui ? L'avait-il au moins écouté ? L'avait-il pris au sérieux ? Non ! Bien sur que non ! Puisqu'il n'avait pas fait en sorte de respecter son souhait ! Il se traita d'égoïste et de bien d'autre chose encore. Sa femme était pas sa faute en danger une fois de plus et avec ça il l'avait tellement malmené plus tôt et avait encore aggravé son cas. 


 Il prit une profonde inspiration, tentant de calmer ses nerfs au bord de la rupture, le médecin était lui à lui dire qu'il avait besoin de son aide. Cette affirmation lui apporta au plus profond de son âme perturbée, un début de réconfort. Puisque le médicastre pensait que sa présence pouvait aider son épouse, c'est qu'il y avait certainement de l'espoir quand même ! Il voulait y croire plus qu'à tout, cependant,il se demandait comment Bel réagirait en le voyant revenir dans la chambre. Elle lui avait bien dit qu'elle ne voulait pas de lui, «Sors... vas t'en » lui avait-elle dit. C'est tout ce qu'il avait retenu d'ailleurs.... Comment devait-il s'y prendre pour qu'elle ne voit pas à mal son retour à ses cotés ? Devait-il écouter la demande de cet homme ou devait-il aller s'enfermer dans son bureau et attendre que tout soit terminé ? Que tout soit terminé.... Qu'allait-il arriver ?? L'angoisse monta encore d'un cran, il fallait qu'il se reprenne, il fallait qu'il fasse part d'une décision au medicastre qui le regardait et attendait de le voir réagir. Plus que tout il voulait être aux cotés de son épouse, l'aider à supporter cette épreuve, la rassurer de douces paroles, Mais y parviendrait-il ? 


 Il ferma les yeux pour faire le vide de tout, pour ne penser qu'à ce qui était à se préparer un peu plus loin, dans la chambre, ne vit plus que sa femme si vulnérable, avec ses  longs cheveux épars sur l'oreiller, son visage très pâle déformé par la douleur et ses grands yeux, si beaux d'ordinaire, emplis d'angoisse. Ce pouvait-il qu'il l'aime toujours autant ? Évidemment !  Il ne souffrirait pas tant si il en était autrement ! A cette évidence, il finit par réagir et plongea des yeux emplis de décisions dans ceux du médecin.
   
 
 
 Allez vite auprès de mon épouse, je vous rejoins dans un instant, le temps d'ordonner qu'on monte suffisamment de bois et d'eau. Si Aristote veut que mon épouse et mon enfant vivent il faudra au nouveau né beaucoup de chaleur. Je vais aller chercher les fourrures les plus douces et plus chaudes que nous ayons là. Une femme ….. oui ! Il faut une femme qui connaisse l'enfantement, la jeune Mélie ne sait rien de ces choses …. La cuisinière en a eut plusieurs ....  je vais la faire quérir...... Allez vite … dites à mon épouse que je..... que je serais à ses cotés dans cette épreuve.. Que.....

 
 
 Il ne parvint pas à dire plus, il voulait qu'elle sache qu'il l'aimait toujours mais les mots, encore une fois, ne purent sortir. Laissant là le médecin qui, déjà s'en retournait dans la chambre, il se dirigea dans celle qu'il avait investi pour y prendre tous le bois qui s'y trouvait. Chemin faisant il alpaga un domestique à qui il demanda d'aller chercher la cuisinière et des femmes pour monter suffisamment d'eau et toute les fourrures douces qu'il y avait dans la maison.


 Pendant ce temps, le médicastre était très certainement à rassurer Oriabel....

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:06

Oriabel a écrit:
Sans savoir ce qui s’était passé entre le médicastre et son époux, elle vit le premier revenir seul. La Dame de Cordes soupira délicatement. Il ne s’était donc pas calmé et avait choisit de ne pas assister à cet accouchement pour l’aider. Elle en était peinée, se sentait également coupable de lui avoir demandé de quitter. Pourtant, ce n’était pas réellement ce qu’elle avait désiré. Simplement, elle ne pouvait l’avoir dans cet état auprès d’elle.

L’homme pressa son ventre, lui faisant mal involontairement ce qui fit pousser à la belle un gémissement plaintif.

Désolé Oriabel, je devais voir comment le bébé se présentait. Je vais tenter de le faire tourner avec mes mains, cela ne sera pas évident et surement un peu douloureux mais c’est notre seule chance sinon risque d’être plus pénible encore l’accouchement d’accord ?

Elle avait envie de pleurer. Tout ça n’aurait pas du se passé ainsi ! Rien… que ce soit sa grossesse seule, son retour à la maison, son couple qui périssait, cette accouchement horrible… Rien n’allait jamais comme il fallait. Elle aurait voulu mourir en cet instant. Plus rien ne valait la peine d’être vécu ni encore d’être continuer dans ce genre de situation.

Oui, je vais faire mon possible mais promettez moi une chose… si entre ma vie et celle du bébé, il devait avoir un choix, vous choisirez la sienne… il compte plus à mes yeux que ma propre vie. Suis-je claire ?


L’homme hocha la tête, la pauvre Mélisandre la regardait estomaquée tout en restant muette.

Oui, je ferais ainsi mais vous allez vivre tout les deux, je vais travailler en ce sens. Demoiselle, je vais vous demandez de sortir. Messer Castelreng devrait revenir sous peu vous remplacez. Prenez congé et reposez-vous. Nous aurons besoin de quelqu’un pour veillez sur le bébé à sa naissance.

La Dame de la maison sourit à la jolie soubrette qui pris congé silencieusement, livide plus qu’à son habitude. Elle laissa ensuite le médecin pratiquer sa magie contre son ventre. Les pousser dans un sens comme dans l’autre lui faisait un mal de chien tout ça agrémenter des contractions qui l’affaiblissait. Elle ne passerait jamais au travers de cette épreuve… elle le présentait. Ou bien est-ce simplement l’épuisement qui lui donnait cet impression ? Difficile à savoir pour le moment….


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:06

Castelreng a écrit:
Castelreng arriva sur ces entre-faits, les bras chargés de bois et suivi de près par la cuisinière qu'il avait fait mandé et deux servantes. L'une chargée de peaux  et l'autre d'un chaudron pour maintenir l'eau chaude. Il laissa son regard se poser sur son épouse, alla directement vers la cheminée où il déchargea son fardeau, remit quelques bûches dans l'âtre.

Posez tous ici .... et sortez.. des linges.... il faut des linges... Revenez avec du bois dans deux heures... Dit-il aux servantes. Les deux jeunes femmes ne se le firent pas dire deux fois et s'empressèrent de ressortir un visage inquiet pour leur maîtresse.

Les linges sont là Seigneur avec les peaux.... osa dire timidement la cuisinière.

Il prit le chaudron qu'il accrocha à la poterne, y versa un seau d'eau qu'il mit à chauffer. S'adressant ensuite au médicastre, sans pour autant se retourner, il lui présenta la femme qui était restée sagement près de la porte.

Voici Marthe ..... elle pourra sans aucun doute aider...


Il versa ensuite un peu d'eau dans une bassine et y trempa un linge. Il se redressa et s'approcha du lit, posa le récipient sur la table de nuit, essora le linge et s'assit sur le bord de la literie. Avec une infinie douceur qui le surpris, il passa le tissus humide sur le front de son épouse et d'une voix douce qu'il ne croyait être que ses pensées, il s'entendit à peine dire

ça va aller ma douce..... je suis là.... sois forte...


Ses mains tremblaient légèrement, ses yeux suivaient les moindres gestes du médicastre, les gémissements de douleurs de Bel étaient pour lui une torture insupportable et il avait bien du mal à le cacher. Il avait mis de coté ses rancœurs, peines et craintes qui l'avaient maintenu debout jusqu'ici, ne se concentrant plus que sur l'état inquiétant de sa femme, priant silencieusement pour sa survie et celle de l'enfant à naître. le temps des reproches arriverait ensuite quelque soit le dénouement de cette horrible journée.

Il finit par poser un regard anxieux sur la femme fragile, souffrant mille maux, qui était la sienne encore aujourd'hui et à jamais. Pour le meilleur comme pour le pire, dans le bonheur comme dans la peine. Ils se l'étaient juré. Le temps du bonheur et des joies était semble t-il passé, il fallait vivre à présent le pire et la peine, main dans la main, comme ils se l'étaient promis.

Sa main vint alors chercher celle de son épouse et dans un geste machinal il y posa ses lèvres avant de la presser sur sa joue rappeuse. Il ferma les yeux qui le brûlaient. Il ne devait pas lui montrer ses craintes mais au contraire lui donner la force. Y parviendrait-il ? Il ne le savait pas...

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:07

Oriabel a écrit:
Le médicastre continuait d’alimenter ses souffrances en lui pétrissant le vendre. Le feu des entrailles… la pauvre Oriabel savait de quoi il s’agissait maintenant… elle le présentait en elle, au creux de son ventre qui brulait comme une incendiaire. Crier… hurler sa rage de n’avoir peu vivre des bons moments qu’elle s’était elle-même priver de son mari… Crier… hurler, la souffrance qui la maintenait dans un état second… elle aurait voulu, elle aurait souhaité faire sortir cette hargne d’elle mais rien sinon que des plaintes gémissantes s’élevaient d’entre ses lèvres. Comment exprimer tout et rien à la fois ?!! Elle avait su jadis, que par un simple regard mais aujourd’hui, il semblait si vide, dénué d’expression par les tourments et la douleur qui l’animait.

Après un temps, long … peut-être pas, elle n’aurait su dire tellement sa transe était sans égal, elle aperçut Castelreng revenir d’elle ne savait où accompagner de servantes dont elle n’aurait même pas pu dire leur nom en ce moment. Elle n’avait pas réellement conscience de ce que faisaient tout ses gens dans la pièce jusqu’à ce que son bien-aimé pose un linge humide et éponge son front. Les yeux bleus de la belle blonde se posèrent sur son mari, cherchant le réconfort face à l’avenir ténébreuse qui l’attendait. Pourrait-elle mourir sans lui dire encore une fois qu’elle l’aimait, qu’elle n’avait jamais aimé que lui seul ? Qu’elle regrettait …. Il le savait, elle le lui avait fait comprendre tout cela mais…. Le mais avait une telle signification… jamais elle ne pourrait réparer ses erreurs maintenant. La vie ne tient qu’à un fil de soie, si fragile, si délicat qu’un mince coup de vent pu le rompre. Tel est ainsi la vie…

Ça va aller ma douce… je suis là…. soit forte…

Elle aurait voulu lui sourire, le remercier d’être là mais... les mots encore lui faisait défaut. Elle avait l’impression d’être prisonnière de son corps, son âme déjà partie vers l’autre monde…. Elle suivit ses mouvements des yeux, ses dents se crispant entre elle dans un claquement pour combattre la douleur et enfin un apaisement. Les mains de son dictateur venaient de se retirer de son ventre.

Nous y voilà Oriabel, le moment critique est venu. Je crois que le bébé se présente mieux maintenant. Nous n’avons pas le choix, c’est le moment de poussé… nous serons fixé sous peu. Dame Marthe, préparer les linges et l’eau chaude pour le bébé. Il sera faible et petit. Aussitôt au monde, vous le donnerez à l’autre demoiselle qui vient de sortir et doit attendre non loin. Elle va devoir maintenir ce bébé sous la chaleur toute la nuit sinon il ne survivra pas… la chaleur sera son salut si seulement il survit à l’épreuve qui va suivre…, vous êtes prêt ?

Elle vit le magicien de la science les regarder à tour de rôle, attendant confirmation qu’il s’était bien fait comprendre. Lorsque tous ainsi qu’elle eu acquiescé d’un mouvement de la tête ou verbalement, il se posa tout près d’elle, entre ses jambes les écartant légèrement.

C’est le moment Oriabel, soyez courageuse, je veille à ce que tout ce passe bien !

La Dame du Cougain serra la main que son mari venait de baiser dans la sienne et la serra de toute ses forces, remontant le haut de son corps en appuis sur ses coudes et laissa faire la magie de la naissance cette fois….

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:07

Castelreng a écrit:
La souffrance qui se lisait sur le visage de sa tendre lui faisait oublier la rancœur qui l'habitait depuis quelques mois. Attentionné, il essuya la sueur qui ne cessait de faire briller les traits de douleur sur le minois tant aimé. Le temps passait vite peut-être lent pour lui angoissant. Les mains du médicastre ne cessaient de maltraiter son épouse qui retenait ses cris ne laissant échapper que des plaintes gémissante.Castelreng lui tenait la main, se retenant de s'en prendre à l'homme de science qui pour lui était seul responsable de la douleur de sa femme. Son cinquième enfant était à poindre le bout de son nez, on ne savait si il y survivrait, Castelreng qui n'avait assisté à un enfantement sentait grandir en lui une peur jusque là impensable. Se pouvait-il que les femmes souffrent autant en donnant la vie ? Il se sentait coupable. Elle lui avait pourtant assez dit son envie de ne plus avoir d'enfant. Pourquoi n'en avait-il pas tenu compte plus que ça ? Si il venait à ce que l'un deux ne survivent pas il serait le seul responsable ! Egoïste  était le seul mot qui lui venait.

Sa main qui ne cessait de poser le linge humide sur son front tremblait sans qu'il ne puisse rien y faire. L'inquiétude grandissait, oppressante lui laissant une boule au ventre de plus en plus douloureuse. Lorsque le médicastre annonça qu'il pensait avoir remis l'enfant dans le bon sens, il ne se sentit pas plus soulager pour autant. Les yeux posés un instant sur son épouse lui montrèrent l'état d'épuisement dans lequel elle se trouvait à présent. Que se passerait-il si elle n'avait plus assez de force pour la suite ? Il n'osait y penser alors que la question s'imposait malgré lui. L'enfant avait des chances si il était maintenu au chaud aussitôt sorti du cocon protecteur de sa mère. Mais serait-il en vie ? Non il ne fallait pas penser à ça, il ne devait en aucun cas montrer ses craintes à Bel, il devait au contraire lui insuffler la force de poursuivre, la force de vivre. Il fallait qu'il y croit ! Mère et enfant s'en sortiraient il le fallait ! pour lui.. pour Elle plus que tout.

Il ne fit aucune remarque lorsque le médicastre dit qu'il faudrait confier l'enfant à Mélisandre, mais il n'en serait pas ainsi. Si quelqu'un devait se charger de maintenir le nouveau né au chaud pour sa survie ce ne pouvait être que lui. Il le devait à son épouse comme à ce petit être qui n'avait pas demander un tel départ dans ce monde déjà trop cruel.

Un coup d'oeil à la cuisinière.

Elle s'affairait déjà à maintenir ce qui lui faudrait comme eau chaude, remettant dans l'âtre une bûche avant de se mettre à trier les linges les plus doux et les fourrures les plus chaude pour le petit être qui ne tarderait plus. A la voir faire, la décision de Castelreng se fit encore plus forte. L'enfant sitôt né se nourrirait de la chaleur paternelle.

Il reporta alors toute son attention sur son épouse qui lui serrait la main de plus en plus fort. Il sentait ses ongles s'enfoncer dans ses chaires, elle pouvait lui lacérer la main si il le fallait, lui transmettre le mal qui lui déchirait les entrailles, l'insulter même. Tous ce qu'elle voulait dès l'instant où elle ne s'abandonnerait pas au bien être de la fatigue. Comment lui dire  qu'il fallait qu'elle se batte ? Comment lui faire comprendre qu'elle était son tout. Etait-il trop tard pour lui avouer que sans elle il ne pourrait vivre ? Le moment n'était pas aux explications et aux confidences pourtant tout en lui lui criait " sois forte mon amour car je t'aime de toute mon âme... je t'aime de tout mon coeur." Il ne trouvait les mots et dans son regard chargé d'angoisse la tristesse qui s'y accrochait lui ferait peut-être comprendre tout l'amour qui lui avait toujours porté.

Le moment de pousser était arrivé, la peur de Castelreng était à son apogée. Les minutes qui allaient suivre changeraient à jamais leur vie. Le compte à rebours était en route, rien ne pourrait à présent l'arrêter.....


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:07

Oriabel a écrit:
Il ne suffit de presque rien pour à jamais changer une vie... Une parole, un regard, un sourire ou un soupire… et à jamais, notre vie se voit transformer complètement.  Et cela, plusieurs fois dans une même vie parfois… C’était bien le cas de la future maman pour une énième fois …. Plusieurs années auparavant, son avenir s’était vu transformer par un simple regard posé dans l’homme qui lui maintenait la main au même moment. Après, tout en avait découlé sur un laps de temps donné. Aujourd’hui, sa vie et celle de son bébé était sur la corde raide qui menaçait de se rompre à tout instant.  Étrangement, elle ne repensait même pas à cela, une seule chose hantait l’esprit d’Oriabel… le fait qu’elle n’avait pas eu le temps d’aimer son mari comme elle l’aurait dû toute ses années….

Certes, elle s’était dévouée à lui. Elle avait été une femme toujours présente à ses cotés malgré les nombreuses heures qu’il passait à des réunions politiques, à son commissariat, à tâcher d’acquérait un nom pour eux… Elle avait souvent mené dure cette bataille contre la solitude, plusieurs fois cela avait mis leur couple en péril mais pourtant, après toutes ses énormes vagues, ils avaient toujours été ensembles.  Tout s’était ternie dû à une mauvaise rumeur, elle avait décidé d’y porter jugement et foi. Pourquoi ?!!! Pourtant, elle savait au fond d’elle-même que son mari n’aurait jamais été capable de faire une telle chose. Il l’aimait, elle le savait, elle l’avait toujours su. Mais est-ce le fait de tous cette ses années à combattre ou simplement le besoin de fuir, de croire en quelque chose même si cela pouvait les détruire qui l’avait fait partir loin de lui ? Elle regrettait, il lui avait fallut du temps pour admettre ses erreurs mais, une fois cela fait, elle aurait voulu mourir plutôt que de venir le supplier de lui pardonner. Maintenant que sa vie se jouait sur un coup de dé… elle était prête à tout mais… trop tard…

Le médicastre l’as rappela à l’ordre, la sortant des songes qui dans une simple fraction de seconde avait paru pour elle une éternité qu’il était temps.

Allez Oriabel, c’est le moment, respirez et poussez…. MAINTENANT !!!!

Elle inspira rapidement et sentir son ventre se tendre et s’étirer si lourdement qu’elle avait l’impression qu’il allait s’ouvrir dans un déchirement atroce. L’avancement du bébé se fit quelque peu, elle l’avait senti tout près de sortir. Son corps s’affaissa doucement par l’épuisement de ce dernier. Elle n’y arriverait pas… elle le sentait. Elle regarda Castel, posant ses grands yeux bleus sur lui. Elle tentait de retrouver son souffle bien qu’elle voulait lui dire… comprendrait-il qu’elle avait fait tout ce qu’elle avait pu pour rattraper le coup ?  D’avoir une famille unie… De le rendre simplement heureux bien qu’elle avait échouée…. Seul deux  mots sortirent de ses lèvres dans un murmure désespéré…

Pardonne-moi….

Lui pardonner d’être partie, de n’avoir su être à la hauteur, d’être sur le point de ne plus savoir se battre, de le laisser seul à nouveau mais cette fois éternellement… Les larmes conjointement à la fatigue ravageaient son visage qui jadis avait rayonné de luminosité.  La fin, les derniers mots de se chapitre se révèlerait et elle n’en était plus l’auteur. L’encre à jamais sècherait de sa fatalité… Les drames n’ont pas toujours une fin heureuse, fort malheureusement….


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:08

Castelreng a écrit:
Il avait l'impression d'entendre tomber lourdement, un par un, dans un bruit sourd lui martelant la tête, les grains de sable d'un sablier pourtant invisible. La fatigue sur le visage de son Aimée lui faisait un masque dont il n'aimait le teint. La peur le gagnait de plus en plus et il ne parviendrait plus à la cacher bien longtemps. Le médicastre avait demandé à ce qu'elle pousse, acte qu'elle avait fait mais pas assez fortement, il s'en était rendu compte. Elle est l'enfant se trouvaient en danger.

Pardonne moi laissa t-elle échapper dans un souffle. Il fronça les sourcils n'osant comprendre le sens de ces deux mots. La panique le gagna, immense, indéfinissable, effrayante. Il laissa tomber le linge humide qui lui servait à rafraichir sa douce et glissa son bras entre son corps frêle et le matelas de plume.


Bas toi Bel ! Bas toi ! N'abandonne pas ! Commença t-il a dire dans la panique.

Il se pencha ensuite de sorte que leurs visages se touchèrent. Joue pale contre lèvres.

Tu peux le faire mon Ange... je t'en prie... Chérie... n'abandonne pas.... j'ai... besoin de toi....

Il redressa la tête vivement pour faire face au médicastre. Son visage décomposé par la peur de perdre sa femme en devenait effrayant.


Aidez là nom d'un chien ! Sauvez là ! Sauvez les.... Faites quelques chose...dites moi ce que je peux faire.... la laissez pas sombrer..... Sauvez là !

Il était proche de l'hystérie tant il craignait l'impensable. Elle ne pouvait pas mourir elle ne pouvait pas le laisser, ils avaient encore tant de choses à vivre ensemble , tant de mots à se dire. Il avait l'impression qu'une moitié de lui était en train de le quitter. Se tournant de nouveau vers son épouse épuisée. Les yeux profondément encrés dans les siens, souhaitant que de ce seul regard elle puise la force dont elle avait besoin, qu'elle lise l'amour profond qu'il lui vouait. D'une voix douce qui n'était que pour elle il lui dit suppliant.


Tu vas y arriver  Trésor.... je vais t'aider.... Tous les deux mon coeur.... tous les deux.... on va mettre au monde notre enfant... notre amour.... Crois-y ma douce.... un effort.... je t'en prie... un dernier..... je te quitte pas.... tous les deux mon Ange..... n'abandonne pas.... tu es plus forte que ça... je le sais.. je le sens...


Tout en murmurant à présent mille mots doux qu'il ne pensait d'ailleurs plus connaitre, il attendait, tendu, la décision et les actes de l'homme de science dont il doutait de plus en plus de son savoir. Lui donner envie de se battre, il s'y efforçait de toute son âme. Il se retenait de mettre ses mains sur son ventre rebondi pour le presser afin d'aider l'enfant à naître. Ne sachant si ça aurait été un bien ou un mal, il se retenait donc et se sentait  impuissant.

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:08

Oriabel a écrit:
Fatalité... dévastation, chaos... Est-ce là que tout s’achevait ? Elle avait toujours pensée épanouir son dernier souffle, endormie dans le creux des bras de cette homme qui bien des années auparavant l’avait ensorcelé. Tout y était  presque pour cette dernière offrande à la vie sauf qu’elle ne dormait pas…  Le dernier acte avait été transformé par elle, par sa fuite. Tout était sa faute… Elle était une très mauvaise actrice.

La panique se fit immédiate  chez Castelreng, le seul homme à qui elle s’était donnée autant émotionnellement que charnellement.  Elle aurait voulu lui faire taire cet état mais comment ? Elle était tout aussi mal en point que lui, peut-être même plus. Plus aucune force ne l’animait. C’était la fin, pourquoi se battre contre l’inévitable. Elle s’était battue de nombreuse fois contre toute sorte d’adversaire mais… la faucheuse elle, elle était beaucoup trop forte pour cette pauvre mortelle.  Elle la sentait gagnée du terrain sur elle, le froid semblait alimenter cette pièce malgré le foyer qui pourtant crépitait avec les bûches que sa servante ne cessait de rajouter.

Bas toi Bel ! Bas toi ! N'abandonne pas !

Les premières paroles de Castel lui firent comme un coup de couteau au lieu d’un fouet pour la réveillée. Se battre… se battre… n’avait elle pas fait tout ce qu’il fallait encore ? Ne voyait-il pas qu’elle était à bout de souffle ?  Que l’eau de la rivière quittait son nid tranquillement par les larmes qui se déversaient contre son visage ? Soudain elle senti des lèvres fraiches se presser contre sa joue brulante de fièvre. Elle était chaude mais pourtant avait si froid. L’enfer n’est peut-être pas aussi chaud que ce que nous laisse croire la mythologie.  Et pourtant, c’était bien là qu’elle trouverait refuge, dans les quartiers du démon pour avoir brisé la vie de ceux qu’elle aimait…

Tout était perdu… et puis non… voilà que le deuxième souffle qu’elle cherchait venait de lui être insufflé par celui qui faisait battre son cœur comme nul autre. Il avait besoin d’elle. Est-ce bien ce qu’il avait dit ? Pouvait-elle se raccrocher seulement à ce moindre fil ? Ca valait le coup d’essayer…

Castel s’était relevé vivement et engueulait le pauvre médicastre qui lui ne faisait que du mieux qu’il pouvait. Une nouvelle contraction l’assailli. Elle donna tout ce qu’elle pouvait, laissant échapper un nouveau cri de stupeur par la force de ce dernier. Le bras de son mari la soutenant toujours dans son dos l’aida à se redresser suffisamment pour pousser de toutes ses forces aidées de nouveau par les encouragements qu’il lui administrait. L’expulsion se vit avec l’aide de l’homme de science qui réceptionna ce pauvre petit ange. Aussitôt se dernier l’enveloppa dans une couverture douce, soyeuse mais surtout très chaude pour éviter qu’il ne perde de sa chaleur. Quand à la mère, elle s’effondra mollement contre la couche. Serait-ce là son cercueil ? Il était trop tôt pour le dire. Aucun pleur ne parvenait encore dans la pièce beaucoup trop silencieuse à son gout.

Elle regarda son mari, pria que ce seul petit bruissement lui parvienne du corps de son bébé… Elle ne pouvait pas sombrer avant de savoir… pourtant, ses yeux se refermaient. Épuisée, elle n’avait plus rien à se raccrocher, entre la réalité et le subconscient qui l’appelait pour réparer les dégâts, un petit cri retenti. Avait-elle rêvé ou son bébé était bien envie… elle ne le saura avant de reprendre conscience, si seulement c’était le cas….


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:08

Castelreng a écrit:
Pourvu qu'elle réussisse ! Faites que tout aille bien . Ce furent les seules phrases qui bourdonnaient sans relâche dans sa tête à cet instant. Le teint cireux de son épouse n'annonçait rien de bon. La peur et la panique qui s'étaient emparées de lui depuis, lui semblait-il des heures, embrouillaient ses pensées. Il ne parvenait plus à rassembler de saines réflexions. Il ne savait plus à quel Saint se vouer, sentait que les choses lui échappaient sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Qu'avaient-ils fait tous les deux pour que rien ne leur soit épargné ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas aspirer à une vie simple comme beaucoup avaient ? Quelle faute avaient-ils commis pour être ainsi punis ? Le bonheur devait-il être à ce prix ? 
 
Castelreng ne savait plus que penser. Il l'aimait pourtant d'un amour des plus pur ! Etait-ce là la raison de toutes ces déchirures ? Se pouvait-il que le trop plein de ses sentiments soit le résultat de ce qu'ils enduraient tous les deux depuis des mois ? Il en était de plus en plus convaincu et était à présent prêt à tout pour que cela change. Qu'on me donne une dernière chance priait-il si pour cela il me faut moins l'aimer.... si pour cela il me faut rester distant je promet Aristote qu'il en sera ainsi. Tout, je suis prêt à tout dès l'instant qu'elle me reste elle et l'enfant.....
 
Il la sentit alors se raidir de douleur par une nouvelle contraction. Se redressant légèrement, criant de douleur dans cette poussée, il la soutint de son bras, lui donnant la force qu'elle n'avait plus pour aider au mieux son travail. Son cri lui déchirait le cœur il ne parvenait plus à la regarder et se concentrait sur le médicastre qui s'affairait entre ses jambes. Il vit alors entre les mains de l'homme de science, un petit être tout chétif, gluant, mou et …. silencieux.
 
Le temps s'arrêta........ Un silence de plomb tomba, lourd, pesant....
 
Les gestes du médicastre furent précis, rapide et l'enfant se retrouva emballé dans de chaud tissu avant d'être confié à Marthe qui se trouverait toute proche à attendre la réception de l'enfançon pour lui prodiguer les premiers soins.
 
Le temps était en suspend..... 
 
Castelreng sentait la mort roder dans la chambre, tel un fauve s'apprêtant à prendre sa proie pour l'emporter loin de tous regards. L'air en devenait oppressant, la chaleur qui régnait en était étouffante et pourtant il se sentait glacer par l'effroi.     La faucheuse était là à tournoyer autour de sa femme et son enfant, il pouvait la sentir mais pourrait-il la combattre ? Jamais il aurait cru qu'un jour il serait aussi impuissant. Son épouse, après cette ultime poussée s'était effondrée dans ses bras et avec la plus grande délicatesse, comme s'il avait là la plus fragile et la plus précieuse des porcelaines, ce qui, en fait était le cas, il l'avait déposé sur l'oreiller. Lorsqu'il finit par poser sur elle son regard, il eut le sentiment qu'elle était prête, résignée sans doute aussi, à le quitter pour toujours cette fois. Son regard qu'elle avait porté sur lui était si résigné, si triste. Ses paupières, trop lourdes à présent, retombèrent lourdement sur ses yeux couleur océan. Près de l'âtre, un léger pleur se fit alors entendre.     

Le temps repartait, tel un amputé, il reprenait sa marche sur une jambe.
 
Castelreng pencha la tête vers son aimée, qui semblait être déjà loin, déposa doucement ses lèvres sur les siennes avant de lui murmurer, comme un souffle de vie.
 
 Il est vivant mon Ange...... toi aussi … Ne te laisse pas emmener ….. Je t'aime.... 
 
 Qu'aurait-il put dire de plus ? Il ne savait si elle pouvait l'entendre mais le souhaitait plus que tout. Se redressant pour porter son regard sur le médicastre qui finissait auprès de Bel, il lui dit d'une voix sans timbre.
 
 Faites Tous pour qu'elle s'en sorte Tous ! 
 
 Laissant le savant ausculter Oriabel, il s'approcha de l'âtre où se trouvait Marthe qui finissait d'emmailloter l'enfant dans une chaude fourrure. Ouvrant sa chemise pour dévoiler son large torse, il tendit ensuite les bras et dit
 
Donnez le moi Marthe je m'en charge à présent.
 
 Avec des gestes  lents,  il prit le nourrisson et le posa contre son torse, son petit visage reposant contre son cœur. De sa seule main libre il referma  comme il put sa chemise. Son enfant allait puiser dans la chaleur paternelle bercé doucement par les battements de son cœur.  Fille ou garçon, il ne savait encore et ne pensait pas à s'en enquérir ayant pour le moment des préoccupations plus importantes que de connaître le sexe de son dernier né.
 
 Messire..... 
 
 La voix du médicastre le fit se retourner vers le large lit.
 
 …. Les prochaines 24 heures seront décisives pour votre épouse..... Je ne puis vous en dire hélas.... Tout dépend d'elle..... 
 
 Un soupir de désespoir échappa à Castelreng et ses yeux brûlant d'angoisse se posèrent sur son épouse qui devrait encore se battre. Cette fois pour la vie. Il ne trouvait rien à dire, qu'aurait-il put dire d'ailleurs ? Sa main large, se posa d'instinct sur le petit corps niché dans sa chemise, le recouvrant en grande partie tant il était petit.
 
….. Il vous faut au plus vite trouver une nourrice pour l'enfant. En espérant qu'il est assez de force pour téter......
 La partie n'était finalement pas gagnée, il aurait du le savoir. Le destin voulait le pousser à bout, lui faire perdre pied en ne lui laissant que de faibles espoirs et que pourrait-il faire contre cette fatalité ? 
 Trouver une nourrice pour le petit pour commencer et attendre.... Attendre de voir qui de ce destin cruel ou lui l'emporterait.
 
 Restez auprès de mon épouse …..
 
 dit-il en s'emparant d'une longue et épaisse fourrure dont il se couvrit le torse, enveloppant plus chaudement le nourrisson. 
 
Je vais de ce pas donner des instructions pour la nourrice. Marthe... Poursuivit-il sans se tourner vers la femme. Vous serez grassement récompensé.... Vous pouvez retourner à vos fourneaux.
 
 C'est à contre cœur qu'il se dirigea vers la porte de la chambre pour en sortir, la cuisinière à ses talons, Devoir laisser ne serait-ce que quelques instants son épouse l'angoissait, craignant qu'à son retour elle ne soit plus qu'une coquille vide. Mais il n'avait d'autre choix cependant et ne serait pas long à revenir......
 

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:09

Simon a écrit:
Maitre des lieux après ses maîtres, Simon n'ignorait rien de ce qui se passe entre ces murs. Aussi savait-il que le fils de son maitre, parti depuis des mois, était de retour depuis une paire d'heure. Ce jeune homme qu'il avait vu grandir était la fierté de Simon et il n'avait qu'éloges à son encontre.
Il connaissait ses habitudes et savait  donc qu'il aimait se détendre avant que la domesticité ne se charge de lui.
D'ordinaire, Simon aurait fait envoyer une soubrette lui apporter un collation lui permettant d'attendre l'heure du diner. Cette fois c'était lui qui le ferait. N'ayant pas vu le jeune homme depuis des mois, il voulait s'égayer la journée de son " Bien le bonjour Simon ! "

Un plateau chargé de pâtés chauds, d'une tourte, de fruit et de vin, il montait tranquillement les escaliers desservant l'étage qui menait aux chambres.
Il n'en avait pas grimpé la moitié qu'il fut arrêté dans son élan........

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:09

Castelreng a écrit:
Fourrure lui couvrant le torse et retombant sur son épaule. Une main alerte soutenant son précieux fardeau. Castelreng avait traversé le couloir de l'étage et gagnait les degrés qui le mènerait dans le halle. L'enfançon qu'il tenait chaudement contre lui se tenait tranquille, dormant paisiblement et Castelreng pouvait sentir sur sa poitrine son léger souffle de vie. Dans ce moment de panique il n'avait même pas songé à demander le sexe de ce petit être. Il s'en rendait compte à présent. Fronçant les sourcils, il se demanda un instant si cet oubli n'était pas du au fait que ce petit ange était en sursis. Chassant vite cette sombre pensée de son esprit, il se concentra de nouveau sur ce qu'il était parti faire se disant qu'il lui fallait faire vite pour aller rejoindre son épouse.

Elle avait été d'un grand courage, jamais il n'aurait cru qu'une naissance pouvait être aussi dure. Pourtant il savait comme tous que l'enfantement n'était pas sans risque. Combien de femmes ne s'en relevaient pas ? ! A cette constatation la crainte le reprit. Il avait laissé Bel tellement épuisée, inconsciente dans ce lit où elle paraissait si petite. Fragile petite femme qu'il avait aimé plus que tout quelques mois de ça. A cette heure, ses sentiments étaient en pleine bataille avec l'angoisse du moment et la crainte qui ne l'avait pas quitté ces derniers mois.

Parvenu au centre de l'escalier, il se retrouva devant celui qu'il cherchait. Simon en effet était a monter avec entre les mains un plateau appétissant.
Levant un sourcil, le seigneur des lieux se demanda une seconde pour qui étaient ces victuailles. Simon ne serait pas jusqu'aller lui porter à manger compte tenu de la situation. Peu importait en fait, il fallait faire vite et trouver une nourrice pour l'enfant. Aussi ne lui posa t-il aucune question et alla droit au but.


Ha Simon ! Il nous faut au plus vite une nourrice, faites partir au village autant de valet qu'il faut et qu'il ramène une femme de bonne consistance avec ce qu'il faut pour nourrir mon enfant. Le temps presse qu'ils n'aille pas traîner la gueuse en route Simon. La vie de l'enfant dépend en partie de la rapidité de lui donner une nourrice.

Il fit une pose le temps de reprendre son souffle et fit demi tour. Il monta une marche avant d'ajouter au dessus de son épaule.

Et faites remonter du bois dans la chambre de mon épouse.... un peu d'eau de vie aussi.....j'en ai grand besoin ajouta t-il pour lui même.

Il planta là le majordome pour retourner dans la chambre des maîtres pressé de retrouver son épouse et s'enquérir de son état auprès du médicastre qui était toujours a son chevet.

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 12:09

Simon a écrit:
Son seigneur et maitre  était là devant lui.  Simon  fut surpris de le croiser et de le voir avec sur lui une fourrure cachant une petite chose qu'il compris être le dernier né. Ainsi donc la Dame était délivrée. Il eut un instant l'envie de féliciter son maitre et de s'enquérir de l'enfant. Mais il fut coupé dans son élan avant même que le premier mot ne sortit de ses lèvres, le laissant bouche bée.

La demande de son maitre était sérieuse et il le comprit d'autant plus en voyant l'inquiétude sur son visage. Oublié le plateau, le jeune maitre et ses salutations. Simon sans attendre refit le chemin inverse, courant presque, risquant de renverser son chargement qu'il avait déjà oublié avoir en mains. Direction la cuisine, envoyer la Jeannette pour le bois et faire partir en vitesse des valets au village.
Plusieurs femmes risquaient d'arriver pour avoir l'honneur de nourrir l'enfant de leur seigneur. Peu importait, le choix n'en serait que mieux !


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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 14:04

3 Heures plus tard...



Devant la Porte de l'Horloge

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MessageSujet: Re: Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel   Mer 12 Avr - 14:08

Nane a écrit:
Elle l'avait promise depuis longtemps cette visite pourtant elle avait peine a trouver du temps pour la faire.

Ce matin la pourtant suffisamment remise de la naissance des jumeaux, elle avait enfourché Galopain collé les deux marmots dans les couffins de chaque coté des flancs du cheval et avait chevauché au petit trot jusqu'à Cordes.

Bientôt les grilles du domaine paraissent devant ses yeux, immense, impressionnantes.

Elle fait stopper Galopain et descend du cheval en attendant que l'on vienne lui ouvrir.

Oh !  La ! Gens du guet ! Serait il possible de visiter mon frère et ma belle sœur ?
ainsi que leur marmaille

Garde a écrit:
Nos deux gardes étaient dans leur guérite, comme de coutume à jouer aux dés et pour une fois, Jean l'emportait.

Oh !  La ! Gens du guet ! Serait il possible de visiter mon frère et ma belle sœur ?
ainsi que leur marmaille ^^

A cette annonce, ils se regardèrent, leurs yeux disant pour l'un "pour une fois que je gagne" et l'autre " Qu'Aristote soit avec elle ! "
Mais ne s'en lèvent pas moins pour aller à la grille accueillir la dame.
Se plantant devant la grille fermée, Sam commença à l'ouvrir alors que Jean regardait l'arrivante.

Bien l'bonjour m'dame ! Bienvenue à Cordas dit ce dernier.

La grille ne tarda pas à ouvrir laissa le passage et Sam ajouta

A c't'heure vous aurez pas d'mal a trouver l'palefrenier. Y s'occup'ra d'votre monture m'dame

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Chapitre I Février 58 : Naissance de Floriabel
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