Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...

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MessageSujet: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 12:33



Alors que le Juge venait de quitter son bureau pour enfin pouvoir retrouver chez lui, il vit arriver un sombre pigeon message en patte. Il se dirigea donc vers ce volatile, laisser un soupir de lassitude s'échapper, prit le vélin qu'il déroula ensuite et fit lecture.

Les écrits étaient des plus importants, il alla donc sur la grand place a grands pas et y placarda le parchemin a la vue de tous.

Citation :

Au Juge Castelreng,
Aux membres du Conseil Comtal,
Au Comte Charles de Castelmaure,
Au Peuple Toulousain,

Salut à toi,

Prendre la plume m’tanne toujours la race, surtout pour écrire aux autorités comtales censées être compétentes… mais vu qu’y’a une baltringue de maire d’votre coin, en l’occurrence Stiv, maire de Foix, qui s’permet d’raconter des fadaises sur la trogne de Libertad afin d’s’amuser , va falloir remettre les pendules à l’heure et vous balancer du détail des plus intéressants…

Y’a d’ça presque deux s’maines, des membres de notre confrérie ont été approchés par un Toulousain, les effluves remontent jusqu’à nos museaux, s’agit d’un plan tout prêt, tout chaud concernant une prise de mairie, celle d’Albi… on a en main toues les infos, le nombre de miliciens, de maréchaux, des indications concernant les défenseurs probables et les lances présentes sur le sol dudit bled…

La personne qui a contacté les Libertadiens et leur a fourni des infos (foireuses au passage, c’qui est fidèle à la réputation qu’traine ce zigue derriere lui) est un mariole bien connu d’certaines connaissances, Crategos. Cette petite enflure, non seul’ment nous prend pour des guignols, mais essaie d’nous entuber… c’qui s’fait pas dans l’monde dans l’quel nous vivons, tout l’monde est d’accord… jouer dans les deux camps comporte quelques contraintes, à savoir, tu trahis jamais c’lui qui peut t’compromettre… sinon, t’assumes la misère dans laquelle tu viens d’te foutre…

Pas d’bol, les commanditaires de l’affaire sont allés déposer un petite lettre à la justice nous impliquant… alors qu’pour votre gouverne, les plans foireux dans c’genre là sont laissés d’coté… on a d’autres chats à déglinguer…

Vous voulez savoir pourquoi on a été contacté, j’vais vous l’expliquer en quelques mots… La mairesse d’Albi, Lady Passion, insupporte nos commanditaires parc’que bien implantée dans sa cité, elle est gênante, les élections comtales approchent (le coup devait être effectué aux alentours du début des votes)… ils s’posent la question du cumul de mandat, restera t’elle maire, ira-t-elle au conseil… mais quoiqu’il en soit, ils l’aiment pas et veulent qu’elle dégage et qu’elle soit décrédibilisée… et qu'les elections aillent dans leur sens...

Tous les moyens nous ont été donnés pour la faire tomber, y compris l'acceptation de l'usage de la violence et autre torture dont certains d'entre nous sont adeptes... Dans les faits, on gardait le butin du pillage, en devant laisser un peu d’mailles à la ville pour vivre et apporter d’la graille du pillage sur Foix…

On d’vait aussi afficher sur le panneau d’la mairie des sal’tés sur la mairesse pour justifier notre intervention…
Pour la fuite, devait pas y avoir de souci assurait Crategos, la ville étant frontalière… V’la donc comment un parti et une baltringue jouent des élections… J’ai aucun interet dans l’affaire, j’suis pas dans votre coin, et j’m’en bats la race de c’qui va s’passer… mais pour l’principe, quitte à s’faire entuber, autant qu’les autres marioles apprennent c’qu’est l’revers de la médaille… mais j'en profite pour les r'mercier au passage pour toutes les infos filées...

Au plaisir d’avoir des r’tours dans nos trognes,

A tantôt, Bireli, Libertad.


Une fois la lettre placardée il retourna en son bureau, appela deux gardes

Vous deux! trouvez moi de suite le Prèvôt et le Procureur et qu'ça saute ! Je les veux ici au plus vite je me fais bien comprendre !

Oui Messire !

Les deux gardes sans attendre, partirent donc. Ils savaient que trop bien que dans ces cas là il leur faudrait faire diligence, le juge n'était pas de plus commode ces derniers temps.



Kali rangeait ses dossiers dans son bureau, la journée fut lourde de plaintes diverses, de dossier, de garde à mettre en place. Bref tout se travail que le prévôt devait faire [/i]

TOC .TOC.

Qui a cette heure tardive ou enfin elle pouvait rentrer ce détendre venait encore lui donner du travail ? D’une voix lasse et peu engageante, elle répondit.

Entrez !!

Une garde poussa la porte sans la moindre délicatesse, il avait quand même eut la politesse de frapper. D’un ton neutre, l’homme lui dit.

Dame prévôt je viens vous cherchez sur ordre du juge messire Castelreng.

Kali regarda l’homme qui avait l’air de l’attendre, souffla, *que me veut il à cette heure* ? pensa t elle .

Bon c’est d’accord je vous suis



Alors qu'elle cuvait au coin d'une table fuxéenne, deux gardes firent une entrée fracassante.
Un sursaut plus tard, Aldara se retrouva encadrée des deux militaires.

Dame Procureur, je viens vous chercher sur ordre du juge messire Castelreng.

Allons bon, qu'est-ce qu'elle avait encore fait?...
Ni une ni deux, elle rajusta son corsage, arrangea ses cheveux, se fila une claque ou deux pour désaouler plus vite et sortit de la taverne, le plus dignement possible.
Le grand air jusqu'au bureau du juge finirait de la réveiller!
...
Voilà de longues minutes qu'elle était dans le bureau de Castelreng, un étrange parchemin entre les mains. Elle n'en revenait pas. Elle n'en revenait pas!!!!! Le nom de son mari, encore, sur un funeste velin!!! Et pas un mot à elle, sa femme!!!!
Avant de le juger, il fallait qu'elle en sache plus et qu'elle ait sa version.
Pour le moment, elle attendait le juge.




Kali avait suivit les gardes, non s’en faire la tête .Mais on ne discute pas les ordres du juge .
Elle marchait derrière eut comme un automate .Se demandant bien ce que voulait le juge
Arrivée dans le bureau elle prit connaissance du parchemin .Ses yeux s’ouvrirent tout grand .Crategos qui voulait la chute d’une mairie, du comté .L’homme avait donc tant de haine pour ce comté qui l’avait toujours rabaissé
Sa lecture et son étonnement fut interrompu par deux gardes qui firent une entrée fracassante, tenant Aldara .Et bien sure elle s’était encore mit dans un état minable .Kali n’avait jamais été la voir pour l’aider, elle se le reprocher.

Aussi elle s’avança de la proc en train de lire à son tour la missive


Aldara cesse de te détruire comme cela ,peut être puis je te venir en aide .Bien sure que le lecture que tu es en train de faire ,ne vas rien arrangé .

Kali mit sa main sur son épaule et la laissa digérer cette nouvelle



La Prévost était là, tentant de la réconforter. Mais là, il allait falloir se lever de bonne heure!
Non mais tu te rends compte???!!! Je ne peux y croire! Il faut le convoquer ici pour qu'il dise ce qu'il sait!! Non mais tu te rends compte!!!??? Pense-t-il à moi?? Le mari du Procureur qui projette la prise d'une mairie!! Alors que j'y étais en plus! Qu'on aurait pu m'y tuer ou pire! me croire complice de cet acte ignoble! Je suis atterrée...

Pour le coup, elle avait les idées claires à présent, tout l'alcool du Royaume n'aurait pu la chavirer...


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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 12:43



]Crategos reçut un pigeon assez étrange d'Aldara qui lui demandait de passer au bureau du juge.

Etait-ce pour fêter la fin de ce mandat?, pensa-t-il.

Il se décida d'aller au rendez-vous. Arrivé devant le bureau du juge, il poussa la porte et découvrit un petit colloque étrange. Prévôt, procureur, juge rassemblés à cette heure, cela était anormal. Un peu inquiet, il s'avança.

Le juge lui tendit une lettre. Crategos la parcourra, tout d'abord le papier semblait officiel, donc rasoir. Mais quelle ne fut pas sa surprise de voir écrit son propre nom sur ce parchemin. Ces yeux s'ouvrirent d'avantage, sa lecture devient plus lente et longtemps il s'arrêta sur la signature : Libertad.

Il ferma les yeux afin de se rappeler où il avait pu entendre ce nom auparavant. Il lui semblait que c'était un mouvement de brigands qui sévissait dans les parages. Mais pourquoi avoir monté une affaire aussi grotesque?

Il regarda les trois personnes en face de lui.


Pourquoi suis-je ici en fait? Qu'est-ce cette lettre de mauvais goût?



Le Bourgmestre ayant eu vent de ce pigeon était resté à écouter la discussion avec le juge pour en savoir davantage.

Il était outrée de lire ce pigeon placardé et souhaita demander une plainte pour diffamation au sujet du Bourgmestre de Foix.

D'ailleurs celui ci ne connaissait point le messire en question ne l'ayant jamais croisé à Foix et ne l'ayant jamais vu ni d'adam ni d'eve.

Il alla demander des explications au juge ainsi qu'aux différentes partie sur le sujet de cette attaque du Bon Village Fuxéen. Pourquoi attaquer Foix ? Il se posa des questions sur ce sujet et se demanda toujours qui était les Libertads n'en n'ayant il pensait jamais croisé à Foix ou ailleurs.

Il resta intrigué et demanda réparation au Juge et une plainte pour diffamation à son encontre au sujet du messire qui le traine dans la boue. Alors que le Bourgmestre de Foix n'étant point là pour s'occuper de quelques marauds ne sachant point quoi faire de leur journée.

Il souhaita que chacun et chacune des différentes parties en présence explique le déroulement des faits pour que tout le monde comprenne clairement qui sont les libertads et pourquoi ils viennent à Foix.

En tout cas pour ma part pensa t'il, plutôt mourrir pour sauver ma mairie que de laisser des avortons la piller et la prendre.




Le juge qui attendait la venue du proc et du prévot vit arriver à leur suite un nombre impressionnant de personnes non attendues. Lui qui était déjà d'une humeur de chien se trouva dans une telle colère qu'il se leva de son fauteuil , regarda les intrus un par un et clama.

Vous vous croyez où là ! dans une taverne ? Dehors et toute suite ! Kalimalice sortez moi tous ce monde, je les recevrais en temps et en heure.



Crategos vit le juge s'énerver et en fut surpris.

Le bourgmestre et moi-même ne partirons pas d'ici si aisément votre Honneur. Vous avez sali notre personne en place publique. Est-ce là encore une méthode peu louable durant les élections? L'intimidation ne me fait pas peur.

Pour un juge, vous devriez savoir qu'on n'avance rien sans preuve. Cela est de la diffamation pure et dure. J'aimerais donc que vous retiriez ce torchon de là. Quoi de plus aisé que de demander à un brigand un beau témoignage à visage caché bien entendu pour le placarder en place publique. Que cherchez-vous au juste?




Le ton de Castelreng ne demandait pas de discussion et il est vrai qu’à cette vitesse la son bureau allait vraiment être des plus petits .

Kali se leva et appela ou plutôt cria


Gade, garde !!

Mettez-moi tout ce beau monde dans le couloir ou plutôt dans la salle de réception car j’ai bien peur que le couloir ne soit lui aussi pas assez grand

Un fois le bureau vide , kali s’approcha du juge .

On peut savoir ce que tu nous veux et pourquoi tu envoies des gardes nous chercher .comme si Aldara et moi on été deux voleuse.

Elle se campa devant lui, d’une humeur elle aussi plutôt massacrante, croyait pas ce juge qu’ elle était à ses ordres quand même



Les gardes une fois entrés sous l'ordre du Prévot, le Sieur Cratégos prit bien sur la parole. Le juge le toisa.

Messire votre avis m'importe peu, vous suivez les gardes, j'ai à m'entretenir avec le Prévot et le Procureur pour le moment et non pas avec le comté au grand complet. De plus sachez messire qu'on est pas là dans un moulin la moindre des choses aurait été que vous frappiez avant d'entrer. Que dis-je ! avant d'être invité à entrer, alors maintenant DEHORS !

Les gardes étaient restés perplexes sur le coup, le prévôt leur donna l'ordre :

Mettez-moi tout ce beau monde dans le couloir ou plutôt dans la salle de réception car j’ai bien peur que le couloir ne soit lui aussi pas assez grand

Une fois tous le monde sortis, Castelreng invita Kalimalice et Aldara qui la pauvre devait se sentir mal par les actions de son époux. Il les regarda tour à tour, gardant le silence un cours instant, pas assez pour que la colère qu'il ressentait ne passe. Il était trop à bout de nerfs ces derniers temps pour pouvoir retrouver un sans blanc de calme.

Il se leva et alla chercher une bouteille de gaillac blanc qu'il avait toujours d'ouverte, ainsi que trois verres. Posa le tous sur le bureau après avoir emplit les verres du beau liquide blond.


Mes Dames, finit-il par dire. Je vous ai mandé car j'ai ce soir reçu un courrier. Courrier qui se trouve d'ailleurs affiché aux vues de tous, c'est vous dire la gravité de son contenu. Les regardant tour à tour. Peut-être en avez vu pris connaissance avant d'arriver ici? Libertad ça vous dis quelques choses?

Tenez, un verre nous aidera à réfléchir à ce qu'il faut penser de ce courrier.



Crategos se fit sortir encadré de gardes du bureau, lui qui était venu suite à une invitation. Ces propos étaient tout simplement scandaleux et ce juge vendu qui préférait croire des brigands plutôt qu'un maire ou un ancien conseiller comtal. Cela ne se passerait pas ainsi!
Il est juge certes, mais, il y a des limites dans une campagne électorale et cette tactique écœurante ne passera pas sans un procès pour diffamation éhontée avec réparation demandée.
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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 12:52



Les garde avaient sortir tous ce petit monde qui accourait dans ce minuscule bureau et le juge n’avait pas épargné Crategos

Messire votre avis m'importe peu, vous suivez les gardes, j'ai à m'entretenir avec le Prévôt et le Procureur pour le moment et non pas avec le comté au grand complet. De plus sachez messire qu’on n’est pas là dans un moulin la moindre des choses aurait été que vous frappiez avant d'entrer. Que dis-je ! Avant d'être invité à entrer, alors maintenant DEHORS !


Quelle magistrale sortie pour l’homme .Kali n’osait ouvrir la bouche. Le juge n’était pas à prendre avec des pincettes. Aldara ne disait, plus rien
Castelreng les regardait tour à tour, les deux femmes aussi mal à l’aise l’une que l’autre attendait les explications.
Castelreng se leva, kali commençait à s’inquiéter, mais il se dirigea vers un meuble d’où il sorti un vin blanc et trois verres.
Enfin il leur donner la raison de pourquoi il les avait fait venir.


. Je vous ai mandé car j'ai ce soir reçu un courrier. Courrier qui se trouve d'ailleurs affiché aux vues de tous, c'est vous dire la gravité de son contenu. Les regardant tour à tour. Peut-être en avez vu pris connaissance avant d'arriver ici? Libertad ça vous dis quelques choses?

Kali commença par prendre une gorgée du breuvage il lui fallait bien ça pour se remettre .Apparemment il n’avait pas de grief contre elle.

Oui effectivement en t’attendant j’ai lu le courrier. Courrier des plus étrange d’ailleurs qui met en accusation le mari de notre procureur .Bien sure que j’ai entendu parler des Libertad si je me trompe pas c’est une confrérie ou plutôt devrais je dire une organisation brigande
.Apparemment le ils auraient joué le rôle de mercenaire à la solde de certain qui veulent le pouvoir .Que veux- tu il est plus facile de faire appel à ce genre de personne que d’avoir le courage de se battre contre ce qui dérange.


Kali attendait de plus amples explication aussi reprit elle son verre et continua cette fois plus détendue



i] Le procureur restait là sans pouvoir rien dire, ce qui se comprenait que trop bien d'ailleurs.
Castel lui bouillonnait intérieurement, encore une tuile qui lui tombait dessus, une de plus, celle de trop sans doute. Il fit pourtant comme à son habitude depuis un temps, n'en montra rien.[/i]

Mes dames, maintenant le tous est de savoir avant toute chose si le contenu de ce courrier est exact. Je vous dirais que vu la vitesse où on débarqué les gens ici, je me demande si il n'y a pas une part de vérité dans tous cet écris. Cependant, vous serez d'accord avec moi pour dire que cette lettre ne constitue pas une preuve suffisante. Aussi je vous propose de mener enquête afin de savoir quel bout va devant.

Il posa son regard sur Aldara, se pensant qu'elle aussi n'avait vraiment pas la chance de son coté.

Aldara, je comprendrais fort bien que cette affaire te soit pénible, aussi serait-il mieux de la faire faire par la prévoté, mais c'est là une idée.

GC peut -être serait-il bon que tu vois avec la douane si dernièrement l'un de ces Libertad, ou .... Pardonne moi Aldara..... l'un des deux " accusés" ne serait pas entrés ou sortis du Comté, ça pourrait être un début de piste.


Il pris son verre et le vida cul sec, il n'avait qu'une hâte c'était d'en finir.

Il n'est pas question de faire de dépôt de plainte contre qui que ce soit, juste d'arriver à en savoir plus sur la véracité de cette lettre. On est bien d'accord !

Ceci dit, il se leva et se dirigea pour aller prendre cape, épée et dague dont il ne se séparait jamais. Attrapant ses armes, sa cape, il fit par ses mots.

Mes Dames, vous m'excuserez mais j'ai encore à faire, je vous laisse ce bureau....

Une fois épée et dague remis en place, la cape sue les épaules, il ouvrit la porte de son bureau, avec, comme au fond de lui un soulagement,consciemment il ne savait pourquoi encore. Inconsciemment, c'était autre chose....



" Crategos, Libertads, plainte, accusé, enquête, vérité..."
Les mots se bousculaient dans sa tête sans parvenir à trouver leur place, leur légitimité.
Crategos était un homme ambitieux, fougueux, irrévérencieux, colérique, mais un décapiteur municipal... Ca, elle n'arrivait toujours pas à le croire. Pourquoi se présenter aux élections comtales après avoir mis à sac deux mairies? Qu'il faudrait aider, par des denrées, par une levée d'impots sur les autres villes peut-être, par des sacrifices comtaux... Puisqu'on faisait de Crategos un personnage vénal et assoiffé de pouvoir, ne voyait-on pas là incohérence?...
Le juge dit qu'elle peut se dédouaner de cette affaire, étant donné les... circonstances.

Merci Cast, je salue ton geste. Mais tu comprendras aussi le mien qui sera de vouloir connaitre la vérité, quelle qu'elle soit. Je suis prête à tout entendre, dès lors qu'on me montre des preuves. Je pense qu'il faut raison garder et se dire que c'est peut-être une tentative de déstabilisation électorale. Stiv et Crategos sont de deux partis différents, même s'ils se connaissent, et probablement se soutiennent. Deux "petits" partis face à deux mastodontes, deux acteurs qui pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans un autre, pour l'élection du nouveau Coms...

Elle soupire, secoue la tête. Elle n'est pas très coutumière de tactiques politiciennes mais elle pense que ce Comté est un ramassis de raclures aux rêves de gloire et de puissance. Sur de telles bases, pas de quoi être fier... Et dire qu'elle avait commencé à penser annuler son départ de Toulouse...
Alors qu'elle rumine, voilà que le juge tire sa révérence, les laissant là, se débrouiller avec "ça"... Non mais quel toupet! Elle ouvre la bouche, prête à pester, que la porte se referme déjà. Regard halluciné vers Kalimalice, doigt qui montre la porte.

Non mais je rêve! Dites-moi que tout ça n'est qu'un cauchemar, que je vais me réveiller, c'est pas possible! Et voilà Castelreng qui nous lâche!Je sais bien qu'on arrive à la fin du mandat mais tout de même! Ah il va m'entendre, le machouilleur de menthe!
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MessageSujet: Quand la vérité frappe de plein fouet…   Mer 17 Sep - 13:08



La nuit était tombée depuis fort longtemps quand il quitta le procureur et le Prévôt, les laissant seules dans son bureau. Le ciel était chargé, il ne lui serait encore pas possible de retourner sur Albi ce soir. Il lui faudrait encore rester sur place et ça il ne le supportait plus.

Marre ! Il en avait plus que marre de cette vie qu’il menait.
Des semaines qui se forçait, souriant quand il le fallait trompant son monde en leur disant que la vie était belle, qu’il était le plus heureux des hommes.
C’était loin d’être le cas.

Sa journée avait commencé par son retour à l’église, des mois qu’il n’y avait pas mis les pieds. C’était d’ailleurs la première fois qu’il y allait depuis son arrivée à Albi.
La raison de ce changement fut la rencontre avec l’Abbesse albigeoise… l’envie d’épouser Oriabel officiellement alors que …..

Le sermon de ce jour fit sur Castel l’effet d’un reflet dans un miroir. Lui qui était d’humeur sombre, pensant trouver un moment de paix en cette messe ressortit plus sombre encore qu’à son entrée. On pourrait penser qu’il serait rester à profiter de sa famille en ce dimanche, pourtant il n’en fut rien. Sitôt femme est enfants à la maison, il se remis en selle, direction Toulouse et son fort-château. Le travail, toujours le travail et ses obligations…

Alors qu’il était à traverser la cour centrale du Château, se dirigeant vers l’écurie afin de récupérer sa monture, il se sentit las très las, trainant les pieds plus qu’autre chose. Ne pas pouvoir rentrer chez lui alors qu’il aurait eut tant besoin de ce confort douillet, de ces moments uniques, de sa femme surtout et de ses enfants. Un troisième venait de naître et c’était tout juste s’il l’avait vu.

Une fois entré dans l’écurie, il n’eut pas la patience d’attendre que le palefrenier lui selle Espoir, il se chargea de le faire, bousculant et maugréant contre ce pauvre erre qui ne faisait que son travail. Jamais selle ne fut mise aussi vite, jamais cavalier ne fut en selle aussi prestement. Il était à peine sortit de l’écurie qu’il fit aller sa monture au galop. C’est donc comme un pourchassé qu’il passa le pont levis sous les yeux étonnés des gardes en fraction qui se demandèrent quelle mouche avait bien le put piquer.

Plus qu’une idée en tête, être à Albi au plus vite, peu lui importait l’heure déjà tardive, il n’arrivait plus a réfléchir sereinement. Convaincu qu’une fois chez lui le poids trop lourd qu’il avait sur les épaules s’en irait aussitôt le seuil de sa demeure franchit. Prendre les chemins de Traverse pour gagner du temps, garder Espoir au galop pour arriver encore plus vite. Rentrer, retrouver son cocon, retrouver son Ange, lui dire … tant de choses !

Entre deux nuages lourds, la lune éclaira sa route jusqu’à l’orée de la forêt. Ce raccourci, homme et monture le connaissait que trop bien pour l’avoir empreinté tant de fois, c’était d’ailleurs par là qu’il était arrivé ce jour là. Il connaissait le moindre obstacle, le moindre creux et s’est donc sans réfléchir qu’il galopait. Raison ou inconscience ?
Inconscience sans nul doute. La nuit apportait avec elle tant d'imprévus…

Il n’entendait pas les loups au loin hurler à la lune, encore moins le hululement des hiboux à la recherchent de leurs repas. Soudain, Espoir fit un écart brutal, se cabra hennissant de mécontentement, Castel réagit comme tout bon cavalier qu’il est, mais ne put voir que sa trajectoire en avant été dévié. Dans un « yép » ! Il remit son cheval au galop. A quelques dizaines de mètre, la forêt se faisait moins danse, sachant qu’une fois sortit du bois les remparts d’Albi étaient en vu, il se savait arrivé et n’en était que plus pressé. Les portes de la ville étaient fermées certes et depuis longtemps mais il n’aurait pas de problème pour se les faire ouvrir puisque connu des gardes.

Pourtant, il était écrit que jamais il n’arriverait..

Le choc fut violent, il ne se rendit compte de rien, ne se vit pas être éjecté de sa monture qui elle continua sa course folle. Gisant au sol, inconscient, une plaie profonde sur le front, l’arcade sourcilière ouverte et le nez cassé, sa tête était allé heurter une pierre. Un bras replié sur son torse, l’autre encadrant sa tête, un jambe repliée sous l’autre, aucune vie ne semblait l’animer.

Pas de douleur, le noir total, le calme, aucune sensation même pas celle du sang qui petit à petit lui recouvra le visage, si ce n’est celle d’un bien être longtemps perdu. Sa vie, jusqu’à ce qu’il se prenne cette branche en pleine face, défila…..

Son arrivée à Narbonne en aout 54, ses moments passés à boire et rire en taverne, sa vie n’était qu’amusement. Il se plaisait à charmer les belles, il se retrouva à dire oui devant l’autel qui mit un point final au bonheur. De son épouse, il ne vit que ses départs permanents en retraite. Vie d’attente pour ne se contenter que de quelques heures à la voir dormir devant sa chope entre deux départs.
Son entrée à l’Ost Languedocien qui vit suivre celle dans la maréchaussée…
Sa rencontre avec la trop belle Kali, ange le jour et démon la nuit, meilleur membre du clan des Revenge. Fiancée à son meilleur am, Balian et venue à Narbonne afin de se faire baptiser.
Leur vint combat pour ne pas céder à leur coup de foudre.
Cette embuscade dans une clairière narbonnaise, ce combat contre les Revenge où il faillit laisser la vie ainsi qu’Esmé et Ethan. Sans l’arrivée du lieutenant de caserne qui, ne voyant pas ses soldats au rapport le lundi matin, Ils seraient tous les trois passés de vie à trépas.
Les semaines passées à l’infirmerie à se remettre de ses blessures sans que son épouse ne s’inquiète de son absence….
L’abandon du domicile conjugal pour vivre sa passion...
Les jours passé à Rome pour obtenir l’annulation de mariage faite par son épouse...

Les battements de son cœur ralentissaient, l’humidité du sol remontait doucement alors que la nuit tirait sa révérence pour laisser place petit à petit au jour naissant. Les nocturnes étaient tous prêt à fermer l’œil, le chant lointain d’un coq se fit entendre, Castel ne sentait pas le froid humide qui s’emparait de lui. Il flottait entre son passé et cette sensation de repos…

Kali… Pourquoi a-il fallut que la vie se déchaine contre nous…

Il revoyait son Ebène, revivait les moments de bonheur trop court, les tempêtes que cela créa,les harcèlements de l’ex fiancé pour la récupérer.
L’annonce qu’il allait être père, leur déchirante séparation.
Sa course à travers le royaume pour tenter de la rattraper.
Son retour à Narbonne où il n’était plus qu’une ombre.


Tous repassait dans sa tête à une vitesse folle…

Son arrivée à Valence avec Sara, les retrouvailles à sa Belle Ebène, la naissance mouvementée des jumeaux Hélie et Heaven, le bonheur retrouvé, la décision de Kali de le suivre où qu’il aille et le cauchemar…
Partie embrasser et annoncer son départ à son fils ainé qu’elle avait eut de Balian et qu’il avait en garde, Il ne se serait jamais imaginer devoir fuir pour protéger les jumeaux, devoir abandonner toute idée de retrouver Kali que le chef des Revenge avait fini par retrouver.


Depuis combien de temps était-il là inconscient ? Le jour s’était levé, les portes d’Albi venait de s’ouvrir, une monture sans cavalier passa aux pas, semblant savoir où aller. A l’orée de cette immense forêt gisait un homme. Le sang de ses plaies avait fini par coaguler, quelques mouches peu farouches tentaient de s’y aventurer, Castelreng se revivait les premiers doux moments passés avec Oriabel...

Il avait fait sa connaissance sur le marché de Valence alors qu’il était avec Ethan, arrivée le jour même, à faire les achats urgent pour la naissance des jumeaux. La jolie blondinette, était elle accompagnée de Jenifaël, sœur cadette de Kali….
Les nourrissons arrivés, Hélie, lui joufflu à souhait alors que sa sœur Heaven se trouvait être toute menue et de santé fragile, la jeune mère trouva bon de prendre une nourrice pour alléger sa tache. Oriabel, qui lui avait été présenté par Jeni, fut prise à ce poste.


Tous ces flashs se bousculaient dans sa tête, passant de l’un à l’autre.

La douceur de vivre au cotés d’Oriabel...
Le tragique jour où il découvrit le corps sans vie de Kali, méconnaissable par les tortures qu’elle avait enduré...
La joie lorsque que Bel lui annonça la venu d’un enfant pour aout, la peine qu’il avait eut en enterrant le corps de son Ebène…
La fatigue due à ses trop lourde tâches….


Le délire avait prit place aux cotés de l’inconscience…


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MessageSujet: Quand la vérité frappe de plein fouet…   Mer 17 Sep - 13:08



Il y avait très longtemps qu'elle errait ici et là maintenant. Flottant à travers le temps, l'ange déchu continuait de ne rien ressentir, d'être le spectre qui observe tout ce qu'elle avait manqué, tout ce qui lui avait été refusé, tout ce qui aurait pu être sien. Condamnée à vivre dans ses tourments pour ce faire absoudre de ses fautes jusqu'à ce que justice soit rétablie, jusqu'à ce que celui qui avait fait d'elle ce qu'elle était, succombe à son tour.

Chaque jour elle immergeait à un endroit, ne ressentant ni la faim, ni la soif, ni la chaleur du soleil ni la froideur de la nuit fraiche de l'automne qui s'égayait maintenant, combien de saison avait passé depuis qu'elle était ... ? Elle ne savait pas, elle n'avait pas la notion du temps. La même routine tous les jours, épier ceux qui avaient marqué sa vie et dont elle avait aimé ou détesté. Chaque fois le même rêve, celui de devoir être tout près de ses enfants, de tendre la main et de vouloir sentir la chaleur de leur peau mais.... Rien ! Le vide, c'est bien ce qu'elle était.... Rien et vide !! Il devait bien avoir une raison pour qu'elle se retrouve ici encore et pas où elle devrait être mais, elle ne l'avait toujours pas trouvé si ce n'est que cette lueur de vengeance qui grésillait toujours dans son âme éprise dans les limbes.

Ce soir-là, comme tous les autres avant, elle était auprès de ses jumeaux. Ils dormaient à poing fermés. Elle les regardait souvent, pouvant y passer des nuits entières. Hélie et Heaven, ses deux bébés, qui ne l'avaient jamais connu. Elle aurait dû ressentir de la tristesse ou même de la haine de voir ses enfants appeler une blondinette qui se pendait au coup de son amoureux mais, non, rien, le vide, encore et toujours que ce gouffre sans fin ! Aucun sentiment n'arrivait à la gagner réellement, sauf une fois.... Chelsey, elle avait pu lire dans le regard de son fils ainé l'envie de mourir, la colère et le désespoir si aiguë que cela l'avait traversé et faire ressentir un frisson, elle avait passé sa main contre sa joue, sans réellement le toucher pour autant et tout c'était ensuite dissipé comme par magie. Elle avait retrouvé sa routine coutumière sans revoir ce genre d'exploit. Rien, que le vide éternellement....

Elle observait Hélie, aussi costaud que son père, un sourire sur les lèvres même lorsqu'il dormait, identique à Castel. C'était bien le fils de son père bien que physiquement, il lui ressemblait beaucoup tout comme Heaven qui elle était son portrait tout craché. Les bouclettes ébènes étendues sur son oreiller, le visage un peu plus dur, le caractère fort mais, avec une joie débordante de malice dans l'âme. Elle soupira de ne pouvoir leur dire qu'elle les aimait et qu'elle veillait sur eux. Aimer ? Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier tout compte fait ? Elle n'éprouvait pas non plus cette émotion. Un vague souvenir tout simplement de ce que cela avait pu être subsistait mais, elle savait que peu importait. Si des gens elle avait aimé ou devrait aimer encore, ils en feraient partis sans aucun doute. Eux et quelques autres....

Des bruits étranges attirèrent son attention, il était très tard, elle pouvait le constater par la hauteur de sa meilleure amie qui demeurait dans les cieux. La lune plombait de sa majestuosité et régnait sur les étoiles froidement bien que supérieures en nombres. Quelqu'un faisait les cents pas dans une des pièces de la maison et tentait de s'occuper pour passer le temps ou ne pas sombrer dans l'inquiétude. Il ne pouvait s'agir que de la blonde que ses enfants appelaient maman, Oriabel. Castel n'était pas encore rentré, elle le savait, elle sentait parfaitement l'odeur de son corps encore. Chose étrange tout de même puisqu'elle ne percevait même pas celle d'une fleur lorsqu'elle se penchait au-dessus simplement. Elle n'avait jamais compris ce fait mais, n'avait pas cherché à savoir plus amplement les mystères de son existence fantomatique.

Elle sortie, laissant ses petits bébés dans des rêves magnifiques vu leur doux visages angélique et alla observer ce remue-ménage à côté. Oriabel s'était calmée à son arriver et nourrissait le petit dernier de Castel, le bébé coller à sa mère par ce lien existentiel, une main toute frêle contre son sein ne voulant pas qu'elle se détache de lui. Cette scène aurait pu donner un tableau parfait si ce n'était pas du regard triste de la maman qui se perdait par la fenêtre guettant une absence prolongée, rongée par l'inquiétude. Elle comprit une nouvelle fois que ce sentiment qu'elle appelait amour, régnait fortement dans cette maison. Elle décida de sortir, de semer sa mélancolie d'incompréhension dehors, aux grès des feuilles qui tombaient, poussées par le vent.

Aussitôt dehors, malgré le vent qui soufflait et laissait sa chevelure inanimée, elle sentit quelque chose d'étrange l'envahir, comme une détresse, un aura de souffrance qui n'était pas la sienne. Quelque chose hurlait au loin et directement vers elle. Elle ne comprenait pas du tout ce qui pouvait l'attirer ainsi vers les portes de la ville. Elle pensa d'abord à Chelsey, le seul ayant eu un lien étroit avec elle depuis sa mort mais, se rendit compte rapidement que ce n'était pas le cas. Elle se guida vers le besoin qu'on réclamait d'elle. Elle se retrouva dans le boisé qui ornait la ville pour enfin se rendre au pied d'un homme inconscient. Elle mit du temps à le reconnaitre, son visage était couvert de sang mais c'est cette odeur qui emplie l'air qui la fit réaliser de qui il s'agissait, Castelreng. Elle observa avec étrangeté ce corps inerte dans un coussin de feuilles mortes, une main tout contre son coeur, paisible bizarrement. Elle fut foudroyée par la compréhension. Pourquoi avait elle put être touchée par la détresse de Chelsey et celle de Castel et pas les autres ? Tout simplement parce que le premier souhaitait mourir et le deuxième, lui, s'éteignait en cet instant même et qui avait été très proche d'elle par le passé.

Le jour commençait son ascension lorsqu'elle s'accroupit à côté de lui. Les premiers rayons de soleil viennent éclairer ce visage qui s'affaiblit. Elle le regarde intensément, elle voudrait bien l'aider mais, pourtant, elle n'y peut rien. Elle ne peut même pas prévenir la femme tourmentée à la maison qui guette le moindre signe de son mari qui passerait la porte éventuellement. Elle sent pour une rare fois une colère immonde l'encercler, elle ne peut le laisser mourir. L'impuissance est extrême et définitive. Elle décide de lui parler, peut-être est ce la seule chose qu'elle peut faire, elle ne sait rien faire d'autre et est liée à ses chaînes immortels. Peut-être ne l'entendra-t-il pas mais, elle a besoin de lui parler de toute façon, de lui faire sentir qu'elle est là près de lui dans ce moment décisif, dans son ultime combat.

Castel…..

Elle guette son visage qui ne semble pas réagir pour l'instant, son murmure incompréhensible et porté par le bruissement du vent. Comment espérer qu'il puisse l'entendre, elle est morte. Elle puise en elle son essence et penche sa tête tout près de son oreille et se démène encore pour avoir raison de cette dimension qui les sépare par le vide.

Je suis là.... Tout près de toi mon Amour, j'ai toujours été là.....ne succombe pas, j'aimerais bien t'avoir à mes côtés pour l'éternité mais, l'heure n'est pas venue. Pense à tes enfants, pense à ta femme, à ton nourrisson qui comme Hélie et Heaven aura perdu un parent à peine né.... Bat toi je t'en supplie, relève toi, tu es plus fort que cela .... Castel..... CASTEL.......


La douleur dans ses paroles, dans ses mots pourtant chuchotés dont il n'a surement rien compris mais, pourtant, tel un hurlement dans ce nouveau jour qui pointe. Une délivrance pour elle. Elle colle lentement son visage contre le sien, ne ressent pas la chaleur qu'il pourrait s'en dégager, ni même rien du tout.

Un dernier son parmi tant d'autre....

Je t'aimerais au-delà du temps, au-delà de cette raison qui n'existe plus.....

Ses lèvres frôlèrent les siennes, si elle avait pu pleurer, cela se ferait en ce moment, bien que ne ressentant plus les émotions de la même façon que les gens, il en était pas moins qu'elle pensait tout ce qu'elle venait de lui dire. Par enchantement, elle l'avait accompagné quelques instants maintenant, elle se dissipait, très faible mais, beaucoup plus légère, ayant pris tout ce qu'elle pouvait d'énergie pour lui transmettre qu'elle se tenait tout près de lui. Elle disparue comme elle était arrivée. Partie quelque part où elle aurait déjà dû se trouver, ayant fait la promesse de l'attendre à jamais. L'amour qu'ils s'étaient promis au-delà de la vie, elle avait tenu cette promesse, elle pouvait partir en paix. Plus besoin de vengeance, plus besoin de colère, l'amour a raison de tout, même de la mort.

Elle avait fait ce qu'elle avait pu pour l'aider, le reste ne dépendait plus d'elle. Ce qui devait être avait été fait. Il ne tiendrait qu'à ceux qui l'aime ainsi qu'à lui de se battre pour les bonnes valeurs, pour les objectifs fixés dans une vie, qui se transmettre bien au-delà de ce que les gens ne comprennent pas de leur vivant. Pour Kali cela avait été le cas, il en était probablement ainsi pour tous.....


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MessageSujet: Quand la vérité frappe de plein fouet…   Mer 17 Sep - 13:08



Il y a des jours lorsqu'on se lève, on croit que cette journée sera spéciale. C'est bien ce qu'avait pensée la petite tête blonde ce matin-là. La famille s'était rendue à la messe de très bonne heure. Castel avait insisté pour une raison qu'elle n'avait pas comprise, il n'y allait jamais mais, il n'était pas dans son état normal ces derniers temps. Elle l'avait donc suivi sans demander plus, prenant plaisir à passé un moment ensemble. Il avait dû quitter rapidement ensuite, le travail l'exigeant, comme trop souvent malheureusement. Le dur retour de la réalité qui était la leur. La journée avait été donc des plus quotidiennes pour elle par la suite... Le petit train-train habituel, rangement, préparation des repas, moment de détente avec les enfants à jouer dans les jardins qui adjancents la propriété des Castelreng. Journée fort ordinaire et singulière mais, très agréable comme toujours puisque passé en compagnie de ses enfants. Oriabel avait mangé avec eux, attendant sagement le retour de l'homme de la maison mais, en vain. Le souper avait passé, son assiette refroidit contre la table, les enfants regardant cette espace vide qu'occupaient leur père habituellement le visage triste. Encore une fois, il passait à côté de choses simples mais, qui font la différence dans une vie.

Elle avait lavé les enfants, leur avait raconté une histoire et ils s'étaient rapidement endormis, épuisés. Elle avait jeté un oeil au petit dernier qui lui dormait paisiblement depuis un long moment. Elle prit l'assiette de Castel et en jeta le contenu. Il était très tard, il devait avoir été retenu au tribunal ou dans son bureau encore pour une affaire quelconque. C'était toujours ainsi. Elle s'assied dans le fauteuil du boudoir en regardant la nuit qui majestueusement avait fait sombrer le jour.

De vagues souvenirs veinèrent la hanter. Elle revoyait le jour où il était parti voir s'il pouvait être utile dans cette nouvelle ville et avait postulé au poste de Lieutenant. Elle l'avait encouragé à le faire, sachant qu'il avait besoin de se rendre utile. Ce jour-là, il lui avait fait une promesse, que son travail n'irait jamais à l'encontre de sa famille. Il avait déjà vécu cela lorsque Kali était morte, ne reconnaissant même pas ses enfants lorsqu'ils rentraient le soir, tellement il était peu présent à la maison. Il avait tenu promesse.....Au moins jusqu'à ce que tout déboule, jusqu'à ce que le monde dans lequel il séjournait ne puisse plus se passer de lui. De simple lieutenant d'Albi il fut promu à celui de tout le comté pour la Maréchaussée pour ensuite être l'adjoint du prévôt et maintenant Juge. Ces journées s'étaient allongées lourdement, passant de quelques heures par jour à des journées entières sans rentrer à la maison. Pliant aux caprices des uns pour exaucés celui des autres ensuite Avec son nouveau poste, souvent elle ne le sentait que s'installer tout contre elle dans leur lit, se levant le matin pour voir cette espace de nouveau vide. Certaines fois elle se demandait bien si elle n'avait pas rêvé.

Elle aimait un fantôme, une présence qui n'était que très rarement auprès d'elle. Elle l'avait pourtant toujours secondé, naturellement elle lui avait fait part plusieurs fois de son manque ce qui avait toujours tourné à la dispute mais, elle comprenait bien la réalité dans laquelle il vivait et ne voulait pas être celle qui anéantirait tous ses rêves et besoins. Elle encaissait sans plus rien dire depuis des mois maintenant, le laissant ouvrir les yeux lui-même un jour.

Elle s'était assoupie dans son fauteuil lorsqu'elle se réveilla soudainement, voyant qu'il était très tard. Elle vérifia et vu que sa cape n'était toujours pas là et qu'il ne l'avait pas réveillé donc pas encore rentrer. Elle tourna comme un lion en cage dans la maison, il faisait froid, elle mit quelques bûches dans l'antre qui se mourrait lentement. Le bébé se réveilla et réclama sa pitance, Oriabel prit sa fille et tentant de se réconforter par ce geste maternel, pensant à autre chose un court moment. L'inquiétude pourtant était figée en elle, elle ne parvenait pas à songer à tout et rien, que lui l'obsédait. Qu'est ce qu'il pouvait bien fabriquer à cette heure, habituellement, bien que rentrant très tard, il était déjà là.....

La petite puce fini de boire, blottie et endormie tout contre son sein. Elle la caressa et ensuite la recoucha. Elle la regarda dormir un long moment, attendrit par ce petit être nouvellement nait. Le fruit de leur amour était là, toute petite, ne demandant rien qu'ils n'étaient pas en mesure de leur offrir. Elle était si belle, un ange.... leur ange. Elle aurait voulu partager ce moment avec son mari mais.... Elle se sentait rageante de frustration, elle n'en pouvait plus de voir ce qui advenait de sa famille qui s'éclatait doucement depuis un long moment, trop long. Elle n'avait pas prévu cela le jour où elle était tombée amoureuse de lui. Ce n'est pas ce genre de vie qu'elle aspirait.

Elle alla quérir la nounou pour qu'elle prenne la relève, elle allait au bureau de Castel et avait bien l'intention de mettre au clair cette situation qui n'avait plus de sens. Elle prit un cheval à l'écurie, le sella. Oriabel se mit en route lorsque le soleil commença à monter ses couleurs orangeâtres. Il exagérait. Soit son travail lui prenait trop de temps, soit il avait fait de sa secrétaire sa maitresse et dormait à même son bureau maintenant. Dans l'un ou l'autre des cas, elle saurait à quoi s'en tenir ensuite. C'est furibonde qu'elle passa les herses de la ville. Les gardes qui la saluèrent ne réçurent même pas un hochement de tête en signe de reconnaissance. Sa monture se fit malmenée pendant un moment, elle la poussa jusqu'à l'épuisement tellement la tristesse parsemée de rage aveugle coulaient dans ses veines.

Entre deux arbres, son attention fut déviée par un cheval errant. Elle n'allait pas en faire un cas lorsqu'en y réfléchissant un moment, plus loin elle fit faire demi-tour à son propre cheval. La bête qui broutait son herbe fraîche était nulle autre qu'Espoir, le cheval de son mari. Elle s'arrêtait à proximité de la bête et descendit de la sienne.

Hé.... Viens ici mon beau.....

Elle l'attira par les brides contre elle, le cheval se rua mais s'apaisa au contact de sa main sur son encolure. Elle regarda partout mais, ne voyait pas Castel nulle part. L'angoisse se fit plus grandissante, devenant une boule dans son estomac qui lui faisait mal à la plier en deux. Elle attacha les deux chevaux à un arbre, côte à côte et se mis à la recherche de son Ange.

Après quelques minutes, elle fini par le trouver, il avait dû tomber de cheval et être éjecté sur le côté puisqu'il se tenait derrière un buisson, la tête ensanglantée. Elle se précipita sur lui, l'énervement passé, l'anxiété et la culpabilité s'émouvant en elle.

Castel.... Oh mon dieu non, non.....noooonnnn!!!!

Elle lui prit la nuque et le guida sur ses genoux au lieu de la pierre qui faisait office d'appui-tête, laissant une coulisse rouge-noirâtre dans la paume de sa main, l'horrifiant. Elle porta immédiatement l'oreille contre son coeur, repoussant sa main auparavant qui était étrangement froide. Elle fut rassurée un peu voyant qu'un petit bruit sourd s'échappait de lui. Il était toujours vivant. Les larmes ravageaient les joues de cette femme blonde prise au dépourvue, ne sachant que faire dans ses moments là. Le sang ne s'écoulait plus heureusement, il n'était qu'inconscient et avait une vilaine blessure au front aussi. Son nez avait un angle bizarre ainsi que de durs cernes noirs commençaient à prendre de la vigueur autour de ses yeux. Il n'était pas très beau à voir, méconnaissable.

Elle berça la tête qu'elle tenait toujours contre elle, prise dans un moment d'impuissance vif, ses perles d'eaux tombant dans un déluge contre le visage de l'être aimé. Elle avait imaginé les pires atrocités et lui gisait inconscient dans ce bois, luttant probablement pour rentrer chez lui. Quelle égoïste elle était devenue, ne pensant qu'à elle, qu'à ses aspirations. Comment pourrait-elle se le pardonner ?

Castel..... Je t'en supplie..... Ouvre les yeux.....

S'il fallait qu'il abandonne, jamais elle ne se pardonnerait, la tristesse serait son châtiment éternel si elle n'en mourrait pas avant. Tout son corps tremblait sous les sanglots qui se déversaient. Elle hurla, de tout son être, un cri ultime pour atteindre quelque chose ou quelqu'un, peut importe.

Aidez nous.... S'il vous plaît.....

Les aidez à le sortir de là, les aidez à retrouver ce qu'ils avaient égaré quelque part, ce besoin de l'un de l'autre qui avait toujours été primaire et pourtant, envolé. Aidez à reconstruire ce qui avait été détruit, aidez à s'aimer dans une passion sans barrière infranchissable.

Elle baissa la tête, appuyant la sienne tout contre lui, ne voyant plus autre chose que son chagrin qu'elle tenait entre ses mains cruellement.


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MessageSujet: Quand la vérité frappe de plein fouet…   Mer 17 Sep - 13:09



Un léger vent faisait chanter les feuilles qui commençaient tout juste à prendre une couleurs automnale. La journée serait encore belle et à quelques lieux de là, sur les pentes de Gaillac, les vendangeurs entonneraient leurs joyeux chants en cueillant le raisin. A cette heure, d’ordinaire, Castelreng franchissait la herse du château narbonnais. Mais pas cette fois cependant.

Il était toujours inconscient, comme flottant entre deux mondes, l’un lui remettant en mémoire des souvenirs mélangés, l’autre, lui faisant froid au dos.

Il se retrouvait dans leur chaumière, sur la plage narbonnaise, elle était là devant lui l’éveillant d’un cauchemar qui semblait avoir duré des mois…

Je suis là.... Tout près de toi mon Amour, j'ai toujours été là.....ne succombe pas

Aucun mots n’arrivaient à sortir de sa bouche, pourtant il voulait lui dire « Mon Âme.. tu me sors du pire des cauchemars…Je me suis vu t’enterrer…Lazard t’avais retrouvé, torturé…tué... »

j'aimerais bien t'avoir à mes côtés pour l'éternité mais, l'heure n'est pas venue. Pense à tes enfants, pense à ta femme, à ton nourrisson qui comme Hélie et Heaven aura perdu un parent à peine né.... Bat toi je t'en supplie, relève toi, tu es plus fort que cela ..

Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus. De quelle femme parlait-elle ? De quel nourrisson ? Pourquoi encore ne voulait-elle pas rester ?

« Eb n’est plus ma femme…on a pas d’enfant…Tu repars encore…Pourquoi cette fois…De quoi tu parles…
Je suis fatigué …. Tellement fatigué…. »


Elle disparu comme par enchantement, emportant avec elle leur chaumière, ne lui laissant qu’une sensation de ses lèvres sur les siennes…

Rêve ou réalité… ?

Le corps au repos, l’esprit en ébullition, il ne ressentait pas la douleur, ne parvenait pas à sortir de ce tunnel sombre où tous le parcourt de sa vie lui revenait. Combien de temps s’était écoulé ?…. Des heures à n’en point douter !

Il était dans cette clairière, venait de se battre avec Lazard . Gisant sur le sol, le flan ouvert d’un coup d’épée, la cuisse droite charcutée par une dague, baignant dans son sang, s’affaiblissant d’heure en heure. Le froid, ce froid qu’il l’envahissait, l’humidité du sol qu’il sentait s’infiltrer….

La sensation de se retrouver posé confortablement sur un oreiller de plumes, il avait froid, le ressentait, luttait pour sortir de cette noirceur sans pour autant y parvenir. Les bruits lui parvenait à présent, des chants d’oiseaux, puis une voix qu’il connaissait, faisant s’envoler le passé.

Castel..... Je t'en supplie..... Ouvre les yeux.....

Pourtant, il n’immergea pas de ce sommeil, tout en lui se nourrissait de ce repos, l’appréciant d’autant plus qu’il se sentait bercer. Dormir….. Dormir encore, tels étaient les ordres de la matière grise...

Bel… Il devait forcément se trouver chez lui puisque son Ange tenait à ce qu’il se réveille.

« je ne peux pas mon Ange…Je n’y parviens pas… Sors moi de cette obscurité… »

Un combat s’engagea alors, les délires semblaient être partis le laissant seul aux portes closes de la réalité…


Aidez nous.... S'il vous plaît.....


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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 13:10

--Automne a écrit:
Une jeune femme, tout de noir vêtue,  un masque sur son visage, des cheveux couleur de nuit, chevauchait un bel étalon tout aussi sombre que sa maîtresse.  Le soleil se levait à peine et la lune était encore présente, ce moment de calme, où juste quelques chants d’oiseaux, quelques paroles douces des lève-tôt, moment ennivrant, où la damoiselle se laissait aller à des rêves chevaleresques, où tout lui est permis…

Elle progressait lentement entre les arbres, admirant la couleur bronze des feuilles; un soupir s’échappa de ses lèvres… Comme elle aurait voulu tout recommencer, s’envoler et rejoindre la douce chaleur du soleil… Sa besace dans son dos lui rappelait les derniers évènements… Elle avait fuit… La douce tentatrice qu’est l’aventure l’avait attiré comme une force venue d’ailleurs. Elle s’arrêta et leva les yeux au ciel, cherchant des réponses à des questions non posées…

Tout à coup, des oiseaux s’envolèrent,  comme signe de danger, ou de peur…Présence humaine… Des brigands peut être? Elle n’avait pas peur, elle posa la main à son épée et descendit de son cheval. Elle écouta le silence pesant quand…


Aidez nous.... S'il vous plaît.....

Pas de doute, une  voix de femme, une voix emplie de peur et de désespoir.. Sans réfléchir plus, elle se mit à courir en direction de cette voix, cherchant du regard un infime indice qui pourrait dévoiler sa présence.

Puis, à côté d’un arbre, elle les vit. Un homme allongé, on aurait pu croire qu’il dormait, mais en regardant de plus prés, une de ses jambes formait un angle anormal, son visage était couvert de sang, son nez gonflé semblait cassé… Penchée au dessus de lui une dame d’une rare élégance et d’une grande beauté, ses joues inondées de larmes, ses mains sur le visage de l’homme.  

La damoiselle ajusta son masque, on pouvait voir ses yeux vert terrorisés,  mais elle ne pouvait plus reculer, elle se devait de les aider. Elle avait les connaissances de bases en médecine et ne pouvait laisser mourir un homme. Elle avança alors, et le craquement d’une branche sur laquelle elle marcha trahit sa présence. La dame leva alors les yeux vers elle…


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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 13:11



Les larmes du destin s'écoulaient, rien de ce qu'elle pourrait exiger ou désirer ni ferait. Ce n'était pas à elle de décider. Elle n'avait pas les armes pour se battre. La vie qu'elle tenait et berçait contre son coeur était livrée à elle-même. Oriabel ne pouvait que l'accompagner dans ses tourments et châtiments. Les pleurs persistaient, elle ne pouvait se résoudre à l'abandonner, jamais..... Il faisait partie d'elle, que deviendrait-elle sans lui ? La blessure béante sur son coeur s'infectait de douleur, tellement elle allait devenir folle à cette peur qui l'envahissait. Il ne pouvait en être autrement puisqu'elle donnerait sa vie en échange de la sienne, vivre sans lui était tout simplement impossible. L'inverse serait moins douloureux, si seulement c'était possible....

Son cri d'aide s'était percuté dans la rosée matinale, l'écho faisant fuir les oiseaux, qui donnaient leur dévouement au soleil en entonnant son hymne. Le silence maintenant, seul le bruit d'une femme engourdi par le mal résidait entre ses arbres. Elle avait beau caresser son visage et souhaiter qu'il ouvre enfin les yeux mais, rien, toujours rien. L'attente était intenable, comment faire pour qu'il entrouvre les yeux, qu'il la voit, qu'il sache qu'elle est là.... Elle l'aurait giflé si cela avait pu changer quelque chose mais, elle savait bien que ce n'était pas le cas. Ces blessures n'était apparemment pas trop grave, en fait, elle n'en savait rien ! Elle n'était pas médecin et s'il était en train de mourir, malgré que son coeur bat toujours ? Le hisser sur la selle et regagner la ville, quelqu'un l'aiderait sans nul doute là-bas. Oui mais jamais elle n'arriverait à le soulever pour le mettre sur Espoir. Espoir..... Il n'en résidait aucun en ce moment, elle touchait le fond et ses larmes elles, augmentaient sans cesses. Elle prit sa main et la resserra brutalement contre la sienne.

Je t'en supplie Castel..... t'as pas le droit de me faire ça.....

Le droit ou pas, il n'avait pas décidé d'en arriver là, esclave du destin tout comme elle. Elle perdait toute lumière qui pourtant l'environnait de plus en plus, elle ne voyait que cette noirceur qui les enveloppait tous les deux, de cette ombre de la mort qui planait sur leur tête, de ce froid qui la faisait frissonner malgré la chaleur que l'astre plus haut dans le ciel renvoyait.

Un bruit de branche et elle sursauta. Elle leva la tête cherchant d'où provenait le bruit. Une attaque par des loups ne serait que le maitre final du jeu, elle ne se défendrait même pas, toutes forces l'ayant abandonnées maintenant. C'est la bure flottant d'un inconnu qui fit naitre une petite flamme dans son esprit. Par l'élégance dans lequel se tenait l'inconnu, elle se rendit compte que c'était une femme, cela avait vite fait de chasser l'image d'un brigand qui aurait pu en profiter pour les massacrer et voler leur bourse. Son visage était camouflé mais, peu lui important, elle sentait qu'elle pouvait remettre leur vie entre ses mains. Elle n'avait rien à perdre de plus qu'elle n'avait déjà égaré de toute façon. Elle mendia son aide malgré les yeux de chat qui l'observaient perplexes.

Aidez-moi..... Je vous en supplie.... Je vous donnerais tout ce que vous voudrez en échange....


Ces paroles étaient douces et suppliantes, elle ne pouvait compter que sur cette femme dorénavant. Elle l'appellerait Espérance puisque c'est réellement tout ce qu'elle représentait pour elle, pour lui, pour eux. Les yeux bleus d'Oriabel avaient une teinte plus grise par la douleur et le désespoirs qui l'engourdissait. Les larmes continuaient de perler sans qu'elle puisse y faire quelque chose laissant sur ses joues des traces dans les tâches de sang qui figurait maintenant sur son visage de l'avoir appuyé contre celui de son mari. Elle guettait la réaction de la jeune femme, attendant tel le bourreau qui va abattre sa hache contre son cou d'un instant à l'autre.
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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 13:12

Automne a écrit:
Le silence. Un silence de mort s’installa après que la Dame lui fit cette requette :

Aidez-moi..... Je vous en supplie.... Je vous donnerais tout ce que vous voudrez en échange....

La damoiselle la regardait, sans un mot; on avait l’impression qu’elle essayait de lire à travers elle, de voir son âme, voir si elle méritait l’aide souhaité. Pouvait elle voir dans ses yeux cette immense douleur, ce trouble profond, cet amour étrange mais fort? Oui, elle se mit à ressentir la peine de cette femme aussi bien que si elle la possédait. Elle pouvait voir dans ses yeux l’espoir d’une renaissance, l’espoir d’une vie nouvelle.

Une larme perla alors à ses yeux comme si elle prenait conscience du mal être de ces deux personnes, comme si elle sentait ce désespoir en eux. Elle s’avança , d’un pas léger et déterminé, une lueur nouvelle et indescriptible dans son regard. Arrivée à leur hauteur, elle se pencha doucement et prit la main de la dame, qu’elle serra doucement comme pour lui donner un peu de sa force. Leurs regards se croisèrent, elle lui sourit d’un air qui se voulait rassurant.

Puis, toujours sans prononcer une parole, elle se pencha vers l’homme, retira ses gants et lui toucha le visage. Elle écarta avec douceur quelques mèches ensanglantées posées devant ses yeux, et toujours aussi délicatement les lui ouvrit et observa avec attention, comme si elle cherchait à voir son âme à travers son regard vide. Elle crut percevoir un léger mouvement, et esquissa un sourire. Ensuite elle déchira de sa robe un morceau de tissu et essuya le sang qui coulait d’une entaille à la tête, elle sorti de sa besace un flacon vert, contenant quelques onguents de sa réserve et l’appliqua sur la plaie, puis elle noua le tissu autour. Un léger filet de sang au niveau du mollet montrait une blessure ouverte superficielle, rien d'inquiétant à ce niveau.

Elle tenta un sourire à la dame pour lui signifier qu’il ne mourrait pas. Elle regarda l’homme à nouveau et appliqua sur son nez une sorte de pâte épaisse et verte qui apaisait la douleur, puis elle sortit une petite fiole de sous sa cape, l’ouvrit et pris une goutte du brevage sur son doigt et humecta légèrement les lèvres de l’homme. Avec cela, son sommeil devrait prendre fin et le ramener du pays de ses rêves... Mais rien ne ce fit... Elle lui ouvrit à nouveau les yeux délicatement, et observa avec plus d'attention... Il était bel et bien plongé dans  l'inconscience... Elle attendit, le regardant d’un air inquiet. En l’observant d’avantage elle crut le reconnaître, mais ne montra signe de cette pensée. Sans en prendre conscience elle avait pris la main de la dame dans la sienne à nouveau et elles attendaient toutes les deux un signe de vie de sa part... Les oiseaux s'étaient remis à chanter, le vent se levait et faisait tournoyer autour d'elles les feuilles... Le temps semblait s'être arrêté, elles semblaient seules au monde. La jeune femme essuya délicatement les larmes du visage de la dame qui ne cessaient de couler...


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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 13:13



Pourquoi ne parvenait-il pas à s’éveiller ? Devrait-il rester ainsi sa vie durant ? Car vie il avait encore. Il sentit de douces caresses sur son visage, une chaleur contre sa joue, une humidité, ne pouvait savoir que c’était les larmes de son Amour qui en était la cause, ne parvenait pas encore à faire un mouvement. Son esprit semblait vouloir s'éveiller...

Il entendit lui dire


Je t'en supplie Castel..... t'as pas le droit de me faire ça.....

Qu’avait-il fait ? Que se passait-il ? Son esprit bouillonait, il n’avait pas souvenir de ce qu’il venait de se passer. Pour lui tout s’arrêtait à la vue de l’orée du bois, au bientôt chez lui, à enfin voir le plus beau des sourires, celui de l’être aimé, au plaisir d’aller regarder ses enfants dormir, au régal d’admirer le charmant tableau qu’était le moment de la tétée de Joé. Sa Puce, sa dernière née, celle qui hélas ne voyait que trop peu…

Des brides des derniers jours vécus se firent...


La semaine qu'il passa sur les routes du Comté pour mettre la maréchaussée en place..
La tristesse d' Oriabel à l'annonce de ce départ...
Leur retrouvailles à Castres..
Ce triste soir où ils se voulaient rester chez eux, en tête-à-tête et où ils virent arriver du monde pour parler politique...
Les larmes de son Ange...
Les méchancetés qu'elle avait dut subir et enduré suite à ça..
Leurs disputes.... leurs réconciliations...
Le ventre de son Ange qui s'arrondissait de semaine en semaine...
Ses retours à la maison de plus en plus tard...
La soirée d'anniversaire qu'elle avait organisé.... Ce qu'il en découla... : Le départ précipité de sa belle soeur Jeni et de son fiancé Murdockx... Le pigeon qu'il reçu lui annonçant leur accident grave sur la route d'Albi et Villefranche les immobilisant 45 jours à l'hospital...
L'accouchement de Bel la nuit suivante.... Il n'en remerciera jamais assez la Nounou pour avoir pris les choses en mains .
Sa joie d'avoir une fille ! Joséphine...sa si jolie Joé...


Dans sa tête résonnait ..


Castel..... Je t'en supplie..... Ouvre les yeux..... Je t'en supplie Castel..... t'as pas le droit de me faire ça.....




Il sentit qu’on lui prennait la main et la serrait avec force. Il était comme un enfant, un nourrisson dormant, repu, qu’on pouvait caresser sans qu’il ne s’eveille. Etait-ce celà la mort ? Non, puisqu'il parvenait à entendre...

Des branches qui craquent... des paroles....


Aidez-moi..... Je vous en supplie.... Je vous donnerais tout ce que vous voudrez en échange....

Un picotement ressentit au niveau du soucil droit.. Un grand flash et le retour dans le noir complet... Le bruit d'un tissus qui s'arrache....des mains qui se posent sur son front.... Une vive douleur au nez... Un gout amer sur les lèvres et de nouveau un flash...

Des minutes s'écoulèrent.... lourdement.. semblant être pour certaines des heures. Sa main, toujours dans celle d'Oriabel, ses doigts se refermèrent alors, englobant ceux de son Ange. Une terrible migraine l'envahit. Son dos lui faisait un mal atroce, une grimace de douleur se dessina sur ses lèvres, Il avait soif... très soif.. Sa langue glissa sur sa lèvre inférieur.. Ce gout amer...encore...


Hurmmfff.....


Dernière édition par Admin le Mer 17 Sep - 13:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...   Mer 17 Sep - 13:15



Le désespoir était si grand, la souffrance tellement palpable dans les environs et tout émanait de cette pauvre femme accroupi contre celui qu'elle aimait et qui ne voulait pas ouvrir les yeux. Rager, hurler, supplier, rien n'y ferait, rien ne serait assez fort pour révéler la vraie nature de l'âme d'Oriabel en ce moment. Les larmes ne voulaient pas cesser, beaucoup plus fort, l'inconscience de sa douleur se déversaient par le simple endroit possible aux vus de tous.
Le seul petit espoir qui vît naitre le jour résidait en cette femme qu'elle venait de voir arriver. Cette inconnue venait de prendre un fardeau très lourd sur ses épaules sans même sans rendre compte. La déception d'Oriabel serait énorme s'il venait qu'à trépasser. Elle ne pourrait jamais plus se relever, ni même de ce boisé qui l'entourait mais, de la vie qu'il faudrait continuer à devoir affronter sans lui. La force réside souvent dans ce qui vous entourent. La sienne résidait dans cet être qu'elle chérissait plus que tout.

La femme examina son mari et la rassura très rapidement. Elle la réconforta en lui prenant sa main libre dans la sienne, après s'être occupé de lui sans qu'elle n'intervienne . Des prières silencieuses s'élevaient de la blondinette qui ne voulait pas perdre ce mince filet d'espoir. Elle s'y raccrochait de toutes ses forces.

Ses espoirs, ses prières ainsi que ses efforts à ne pas perdre la tête dans ses douleurs lui sourirent enfin, récompensés. Castel bougea doucement, passant sa langue contre ses lèvres. Le visage d'Oriabel s'éclaira d'un bonheur d'indescriptible. Il revenait à lui, son coeur recommença à battre. La joie pouvait se lire sur son visage devenu plus expressif qu'un livre ouvert. L'encre ne coulait plus désormais, ses larmes avaient cessé, son souffle se retenait à ce gémissement.

Mon Ange..... Je suis là....

Elle lui caressait le visage de sa main qui avait quitté cette de la dame. Elle guettait tous les signes de l'éveil de son Amour, n'en perdant aucune miette, se suspendant à cet homme qui lui redonnerait le sourire très bientôt.
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Chapitre IX : Les derniers jours d'un Juge...
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