Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 La maison des prédilections

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Oriabel
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MessageSujet: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:09

--Elizabeth a écrit:



Elle était encore là à se faire taper le postérieur sur sa selle de cuir, la pluie tombant toujours aussi durement. Elle était trempée et commençait à être de très mauvaise humeur. L'homme qu'elle suivait n'avait pas l'air d'être épuisé et de vouloir s'arrêter. grrrrr.... quel phylécastrope celui là ! Mais elle ne pouvait lui en vouloir vraiment finalement, il suivait sa route sans se douter qu'elle était non loin....Elle ronchonnait et se demandait si tout cela valait la peine, elle n'était même pas certaine que ce soit celui qu'elle recherchait depuis des années.... Mais si c'était lui ? Sa vengeance serait d'une terreur inimaginable mais, elle espérait quelque part au plus profond d'elle que ce ne soit pas le cas. Elle avait apprécié sa compagnie et son petit côté Casanova de basse-cour de n'avait pas laissé in- intéressée.

Elle rêvassa à se dîner partagé lorsqu'elle le vît enfin faire halte. Elle allait remercie tous les saints lorsqu'elle se dit qu'elle ne pouvait pas s'arrêter là également, c'était impossible.... Les espoirs vites anéantis. Pourtant elle rêvait de douces chaleurs d'un feu rougeoyant et d'un alcool très fort pour reprendre de l'énergie. Simplement,donner des explications sur sa présence en ces lieux devant tout le monde ne l'intéressait pas du tout et moins il y aurait de témoin, mieux se serait. Elle devait trouver un endroit où elle pourrait l'observer et l'attendre mais... où dénicher un tel exploit ?

Elle dépassa la petite auberge où Bagerand s'était arrêté et cherchait non loin de là un endroit de prédilection pour se camoufler, l'attendant. Elle aperçue à deux trois maisons de là, un royaume pour les vagabonds. Un peu éloigné du bord du chemin était dressé une grande maisonnée sombre. Elle avait déjà dû être magnifique mais, maintenant, elle était restée à l'abandon puisque l'herbe haute l'envahissait, des vignes jonchait la pierre, quelques carreaux de fracassés, un pigeon sortant d'ailleurs de là à l'instant même où elle regardait justement. Ce serait parfait....Elle ne serait pas dérangée... et lui vient même une autre idée....

Elle s'assura avant que les lieux étaient déserts, faisant le tour rapidement de la maison. D'innombrables pièces, toutes vides de vie mais, toutes entièrement aménagées encore avec leurs meubles étrangement. L'ancien propiétaire avait quitté les lieux très rapidement.... Quelques effets naturellement semblaient manqués par vol dû à des itinérant possiblement mais, elle était tout de même en état et tiendrait le temps encore quelques années. Elle se dit que une fois réaménagée, elle pourrait en faire quelque chose de bien, quelques idées mêmes lui trottait dans la tête. Elle n'avait nul endroit où aller, elle pourrait voir avec la mairie à lui vendre cet endroit qui sait....

Elle griffonna un mot à l'intention de Bagerand et ressortie dans la pluie, allant jusqu'à la monture de celui-ci qu'il avait laissé à l'écurie adjacente de l'auberge et épingla son message sur sa selle, s'assurant qu'il le trouverait...

[rp]Bonsoir Messire Bagerand,

Je crois que nous avons à discuter vous et moi.... J'espère vous voir assez courageux pour venir rejoindre votre destin. Vous me trouverez à la sortie de votre repas dans une maison sur la droite, non-habitée. Que vous et moi .... Je vous y convie pour prendre un dernier verre tout en bavardant du passé....

X [/rp]

Elle n'avait naturellement pas signe son prénom, il aurait pu facilement savoir de qui il s'agissait, il serait surement venu si c'était le cas mais, elle préférait voir s'il était curieux de savoir qui le conviait ainsi. Elle gardait une part de mystère et cela la fit sourire.

Elle refit le sens inverse et retourna dans le demeure presque fantomatique pour l'y attendre, prenant quelques bûches qui restaient dans l'âtre pour faire départir l'humidité et l'odeur de poussière et de moisi de l'endroit lugubre. Confortablement assise dans un des fauteuils, elle attendit patiemment que les dés du destin digne lui révèle la vérité de son passé....




--Bagerand a écrit:



L’estomac lesté par une nourriture pas trop dégueulasse et une piquette en guise de vin, Bagerand était donc ressorti de ce rade de cinglés où il avait passé quelques heures. La pluie n’avait pas pour autant cessée et c’est d’un pas pressant, relevant le col de sa cape qu’il se dirigea vers sa monture qui l’attendait dans la sommaire écurie. Une fine lueur éclairait l’intérieur de la bâtisse dut à la lampe à huile suspendue à une poutre maîtresse du baraquement. Le solitaire qui en était à se demander où il allait bien pouvoir passé sa nuit, arriva à l’encolure de son cheval, décrocha le harnais sans omettre de lui donner une tape amicale. Le pied sur l’étrier, près à monter, ses yeux se collèrent sur la selle tachée par un morceau de vélin savamment épinglé. Que pouvait bien être ce message et de qui ?

Il ôta son pied de l’étrier, tira sur l ‘épingle et s’empara du pli qu’il ouvrit en s’approchant de la clarté de la lanterne. Du message il ne retenu que quelques termes qui titillèrent sa curiosité.

nous avons à discuter vous et moi... assez courageux ….votre destin….
maison sur la droite, non-habitée…..tout en bavardant du passé....


Aucun doute ! Les Revenge l’avait retrouvé ! Un instant les paroles du patron de ce clan lui revinrent en mémoire « Tu me trahis t’es mort ! Ta vie désormais m’appartiens » un sourire cynique éclaira son regard alors qu’il était à fourrer le pli dans la poche de son mantel. Il lui fallait aller voir, il fallait qu’il sache qui des Revenge avait réussi à le suivre jusqu’ici. Il savait déjà que ce n’était pas l’infâme Lazard, ce chef « au grand cœur » cet homme hideux auquel il avait un temps scellé son destin. Il éclata de rire, repensant à la façon dont il lui avait faussé compagnie. Pour sûr que ce Roi des brigands, cet impitoyable, n’avait pas apprécié de voir l’un de ces hommes se tirer sans crier garde avec une donzelle tombée d’on ne sait où ! Lui, n’aurait certainement pas pris la peine d’écrire, il l’aurait attendu embusqué avec quelques hommes et lui aurait fait la peau avant même qu’il est pu s’en rendre compte. Rattachant le harnais du cheval à l’anneau rouillé, il énumèrerait les noms des acolytes de l’époque, cherchant lequel d’entre eux pouvait bien avoir pu le suivre sans qu’il ne s’en rende compte.


« Maison à main droite…. Abandonnée.. »

Simple à trouver même par cette nuit sombre et mouillée ! Glissant une de ses dagues dans sa manche sénestre, sa dextre sur le pommeau de sa rapière, il se dirigea vers l’endroit indiqué qu’il n’eut aucun mal à trouver.Ses yeux eurent vite fait de s’accoutumer à l’obscurité. Depuis tout temps il était coutumier des excursions de nuit et y voyait aussi bien qu’un chat.

La haute bâtisse en question semblait encore plus grande qu’elle ne devait l’être, la nuit augmentant d’autant ses dimensions. A pas de loup, il en fit le tour extérieur..
Un cheval, un seul et qui plus est pas des mieux dissimulé !
Une porte sur le coté, qui devait en tout lieu servir aux communs était entre-baillé, restait à espérer qu’il y aurait encore suffisamment de graisse aux gonds pour qu’il puisse entrer sans éveiller l’attention de « son hôte » ! La chance jusque là était avec lui, aucun son ne se fit entendre, Il lui fallait maintenant trouver dans quelle pièce il était attendu…

Un long couloir déservait plusieurs pièces, au fond, une lueur…
Sans faire plus de bruit qu’un chat, il avança à pas sourds vers cette pièce sommairement éclairée certain d’y trouver l’auteur de l’invitation faite. Il prit en main la dague qu’il avait encore à la ceinture et arrivé devant la porte de grande ouverte, il put enfin voir…

Une salle éclairée par un feu de cheminée, meublée de tentures délabrées aux fenêtres qui en leur temps avaient dut être fort belle, de lourds fauteuils qui lui tournait le dos, et … un coude reposant sur l’accotoir d’un des lourds sièges . Il eut été difficile de savoir à qui pouvait appartenir cet avant-bras !

Toujours avec autant de prudence, Bagerand avança lentement… très lentement... la dague au poing vers ce siège occupé et, une fois derrière, sans même perdre de temps à savoir qui était assis là, sa courte lame alla se poser, pointe menaçante, contre la gorge de « l’hôte » et, seulement après, il se plaça de coté afin de voir Qui…

Sa surprise fut énorme lorsqu’il reconnu la fille.Celle là même avec qui il avait prit son dernier bon repas... au fin fond de la Bretagne ! Déjà une myriade de questions fusait dans son esprit, son bras menaçant retomba comme une masse le long de son corps. Que venait faire cette fille ici et que lui voulait-elle ? Comment avait-elle fait pour le savoir là ? Elle l’avait suivi, il en était certain ! Mais pourquoi ?


Vous ?….
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--Elizabeth a écrit:


Confortablement assise, le feu crépitant dans l’antre par le bois presque mort qu’elle avait mis dedans, Lizzy était presque endormi. La nouvelle chaleur diffusante l’avait envoutée, séchée quelques peu et tranquillement elle sombrait. Elle avait combattu autant que cela lui était possible en attendant son invité mais, il devait jouer au chat et à la souris avec une jeune demoiselle, c’était bien son genre après tout, ne l’avait-il pas fait plutôt avec elle ?

N’en était-il donc pas moins, rêvasseuse, elle n’entendit nullement Bagerand qui d’ailleurs faisait tout pour surprendre celui qui l’attendait en faisant le moins de bruit possible. Cela lui réussit parfaitement, c’est la pointe froide d’un couteau qui réveilla la tigresse. Elle ne paniqua pas, elle se serait attendu à ce genre de chose même réveiller mais, lorsqu’elle ouvrit les yeux sur Bage, son regard n’était plus d’émeraude mais noir et glacial. Elle détestait qu’on la menace et jamais elle ne laisserait quiconque le faire. Heureusement, la lame se décrocha rapidement de la chair tendre de son cou, l’homme qui se tenait devant elle paraissait très surpris, ce qui valu un sourire malicieux sur les lèvres de la belle, assez satisfaite.

Oui Bagerand…. Moi…. Ravie de vous revoir

Elle était presque sincère, son regard discourait contre cet adonis tranquillement, tout en perdant de sa froideur au fur qu’elle l’examinait. Toujours aussi beau garçon, elle devait bien l’admettre, surtout avec les cheveux mouillés et placardés sur sa tête. Elle retourna ancrer ses yeux dans les siens doucement.

Peut-être pourriez-vous ranger votre jouet. Je ne pense pas que vous en aurez besoin dans l’immédiat. Disons que c’est un terrain neutre pour l’instant….

Elle lui adressa un petit coup de menton vers sa main allongée contre son corps qui tenait l’arme du réveil. Elle s’imaginait vu la stupéfaction toujours évidente chez lui que des milliers de questions hantaient son esprit. Cela la faisait sourire, si c’était bien celui qu’elle recherchait, la mémoire lui reviendrait assez rapidement. Quand au contraire, il ne serait que la pour la divertir l’effluve d’un doux moment peut-être.

Elle attendit sagement qu’il s’exécute, pendant qu’elle croisa les jambes l’une contre l’autre, dévoilant ainsi par l’ourlet de sa jupe qui s’était levé légèrement ses jambes fines. Elle tapota de ses doigts le bras de son fauteuil lui indiqua son impatience involontairement.



--Bagerand a écrit:



Qu’est ce que tout cela voulait dire ? Loin de penser que la belle était tombée sous son charme ce fameux soir en Bretagne au point de le suivre, il ne voyait vraiment pas ce qu’elle lui voulait. Lui parler du passé, voilà bien une question ! Ils n’avaient, lui semblait-il aucun passé en commun mis à part les quelques heures passées à la même table. Remettant sa dague à sa ceinture comme elle lui suggérait impatiemment, il ne la quittait pas des yeux. Les flammes venant de l’âtre, illuminait l’ébène qu’il trouva différente de son premier et dernier revoir sans arriver à savoir pourquoi. Il ne chercha pas outre la raison de ce changement, préférant de loin savoir pourquoi elle était là et ce qu’elle lui voulait.

Avant même de lui répondre, il s’accorda le plaisir de la détailler plus sérieusement. Après tout, il avait devant lui une donzelle plus qu’appétissante, il aurait eut grand tord de se priver de ce mince plaisir. Son abondante chevelure sèche lui confirma qu’elle devait se trouver là depuis déjà un bon moment. Son regard, qu’elle avait planté dans le sien, était redevenu moins sombre, il ne put retenir un léger sourire se pensant que cette fille avait de très beaux yeux. Il ne s’y attarda pas cependant et poursuivit son examen, détaillant chacun de ses traits. Se pouvait-il qu’il l’eut rencontré ailleurs que dans cette auberge bretonne ? Si cela avait été comment ne s’en serait-il pas souvenu ce soir là ? Elle n’était pas fille qu’on oublie, son regard de braise, ses lèvres pulpeuses ne pouvait s’oublier aussi facilement. Il est certain qu’à leur dernière rencontre, il avait autre chose en tête, mais se pouvait-il que ce soit au point d’en oublier un tel visage ? Possible après tout ! Il fréquentait trop les bordels, prenant fille le temps de et repartant sans se retourner. Possible aussi que ce soit l’une de ces campagnardes qu’il aurait forcé au détour d’un chemin. Mais là, il avait quelques doutes, en général ces filles n’étaient plus en étant de faire quoi que ce soit. Il laissa là ses réflexions pour attarder son attention sur les jambes fines que la robe relevée lui laissait le loisir d’apprécier. Sans toutes les questions que cette rencontre lui apportait, il aurait eut l'appétit grand ouvert... !


Que me vaut le plaisir de cette étrange invitation… ?

Il reporta son regard couleur glacier dans la verdure du sien, un sourire ironique aux lèvres.


Vous aurais-je troublé à ce point Beauté pour que vous me suiviez jusque là ? Car vous m’avez suivi…..

Il se retint d’ajouter « t’en as perdu du temps poupée, j’t’aurais réchauffé avec plaisir ! » Il garda néanmoins le ton qu’il lui avait donné ce fameux soir, fait de mots corrects et s’en étonna presque. Pourquoi donc avec cette donzelle il parvenait à être courtois ? Ce n’était pas dans ses habitudes ! D’ordinaire, il ne mâchait pas ses mots ! Une seule mis à part elle jusque là avait eut droit à ce traitement de faveur, Lolite... Mais c’était si loin…. Ça lui semblait même une autre époque, un autre temps ces jours Languedociens où il s’était laissé emporter par la beauté d’une femme, la passion d’un corps….



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Oriabel
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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:13

--Elizabeth a écrit:


Elle osa trouver son regard tout après que celui de Bagerand s’aventura sur elle. Elle était loin d’être dupe ou encore stupide, elle savait que son apparence en laissait plus d’un patois, lui, n’était qu’un homme parmi tant d’autres, ces instincts de prédateurs possiblement en trop forte dose en ce moment devaient le démanger. Il rangea son couteau sagement comme elle lui avait demandé aimablement, tel un toutou charmer par la voix de son maitre. Elle sourit à cette petite pensée, les traits de son visage s’étirant dans ce demi-cercle avec grâce. Bien entendu, il ne resta pas sans voix et admiratif très très longtemps, les raisons de sa venu ici semblait le travailler tout autant qu’elle tout compte fait.

Bien entendu, je vous dois des explications puisque c’est exact, je vous ai suivi….


Elle se replaça dans son fauteuil, sans le lâcher du regard pour le moment, gardant cette touche de mystère qui flottait dans l’air avec un arôme mi-sucré, mi-amer. Elle joua d’une main légèrement dans ses cheveux avant de poursuivre son récit.

La raison est fort simple, vous m’avez légèrement intriguée cette nuit-là à St-Pol. Certes, surement pas sur le ton que vous le souhaiteriez cependant…. Voyez-vous, j’ai été troublée, oui je dois l’admettre par l’éclat dans vos yeux qui me rappelait celui peut—être d’une autre personne, je ne sais pas encore… C’est justement ce dont je cherche à savoir et il est primordiale pour moi d’aller au fond de cette histoire, vous comprendrez pourquoi sous peu….une fois que vous serez installer confortablement, je vais vous raconter une histoire fort peu commune.

Elle attendit qu’il soit communément installé contre un des autres fauteuil poussiéreux, non loin d’elle tout devant l’âtre rougeoyant qui diffusait une sublime aura tout contre eux de chaleur bienfaisante.

Lizzy se replongea dans ses souvenirs lointain, ceux de plus d’une dizaine d’année où c’était jouée le drame, à son adolescence même. Lui ne devant être qu’un peu plus âgé qu’elle, sans plus. Elle lui raconta avec l’émotion et la douceur tout à la fois ce petit monceau de sa vie.

Je fus élevée par des parents dans une petite fermette au nord de la France. Venant d’une famille nombreuse, j’avais droit à beaucoup de liberté que la majorité des enfants n’ont pas. Les plus vieux travaillant au champ et les plus jeunes dont je faisais partie ayant la chance de vagabonder où ils leurs plaisaient.

Elle devait commencer du tout début pour qu’il comprenne l’importance qu’il avait à ses yeux. Elle reprit donc, le regard lointain, ravagé par ce souvenir douloureux qu’elle n’avait confié à personne.

A l’époque, mon endroit de prédilection était les champs. Le seul endroit où je me sentais libre et à l’aise. J’étais, je dois l’admettre très arrogante donc solitaire puisque les autres évitaient ma compagnie, ne me cherchant pas querelle ainsi, ma seule véritable amie et qui traînait toujours avec moi, était ma benjamine, Vanessa. Nous étions des enfants débordantes d’imagination, toujours amenées à faire les 400 coups. J’étais l’aînée d’à peine une année mais nous aurions pu passer pour des jumelles identiques. Les gens nous confondaient souvent soit par nos bouclettes de jais, ou nos traits fins, nos yeux verts tels ceux d’un chat qui sont très rare, encore pour des ébènes tels que nous. Cela nous leurs donnaient un attrait irrésistible et nous savions parfaitement en joué ou en déjoué selon la situation avec au pire des cas, une moue divine. Cela nous a sorti plus d’une fois de faux pas je dois dire.

Son regard s’assombri lorsqu’elle parti dans le relatement des faits qui était plus douloureux.

Bref, par une journée forte simple d’été, la maîtresse de famille nous envoya toutes deux au marché. Deux adolescentes immature vêtues de robes fines dévalant les rues jouant l’une de l’autre et en chantonnant, vous imaginez bien la scène…..Quoi de plus simple, une journée fort ordinaire pour nous à l’époque. Nous avions achetées les vivres tels que demandés. Moi, la plus vielle avait pris les marchandises, laissant à ma jeune sœur, le soin de sa liberté gestuel qui me faisait tellement rire. Rentrant au bercail, une charrette s’était amenée dans une course folle. Cela ressemblait à une poursuite puisque des chevaux suivaient derrière. Nous nous sommes écartées pour les laisser passer, les bruits de sabots bourdonnant dans mes oreilles, la terre tremblotait sous mes pieds. Vanessa me précéda sur le sentier battu, me faisant dos. Comme je venais pour la rejoindre elle fut projetée durement sur le bas coté, inconsciente, par un des retardataire qui tentait de rejoindre les autres à vive allure. Il ne s’arrêta même pas après l’avoir piétiner. Lorsque je repris ma vivacité primaire j’ai appelé ma sœur. Aucune réponse ne m’était parvenue. Je me suis lever et la cherchait des yeux. Je la vît enfin, étendue en plein milieu du chemin, ensanglantée et sans vie. Je me suis agenouillée auprès d’elle, la serrant fortement contre mon cœur. La vie de ma benjamine s’était envolée, le seul être que j’ai affectionné.

Mais là au moment où je tenais de demande de l’aide, quelques secondes à peine après l’incident, un dernier cavalier venait dans le même sens. Un jeune homme, pas beaucoup plus âgé que moi, il s’arrêta, vaguement quelques secondes, du moins c’est ce dont je me rappelle. Il avait une lueur de regret dans les yeux mais, une aussi profonde tristesse que la mienne. Cela même que vous cacher dans vos yeux Sir Bagerand…. Bref, il me jeta un magnifique rose blanche, bredouillant les regrets vis-à-vis ses aïeux et reparti sans demander son reste.


Elle leva enfin les yeux sur Bagerand, ils étaient troublés et envahir par la tristesse et le doute. La femme forte qu’elle était s’était endormi l’espace d’un court instant, faisant place à une demoiselle beaucoup plus frêle qui l’habitait mais qu’elle ne démontrait pour ainsi dire, jamais habituellement….

Je recherche toujours en ce jour ce jeune homme puisqu’il est le seul lien contre les assassins de ma sœur. Le retrouver est la seule piste qu’il me mènera jusqu’à ses personnes dont je souhaite la mort maintenant toutes les nuits depuis plus d’une dizaine d’années. Vous comprendrez que j’ai pu espérer que vous étiez cet homme. Je n’ai donc pas hésiter plus de quelques secondes à vous suivre bien que au départ, je n’étais pas assuré que ce soit vous, encore maintenant malgré que vous en sachiez beaucoup plus sur moi….


Elle ancra ses deux émeraudes qui reprenait leur teinte neutre peu à peu dans les siens, cherchant à voir si c’était bien la personne qu’elle cherchait depuis autant de temps ou pas. Le sonder pour déceler mensonge s’il avait lieu d’être. Si c’était l’adolescent qu’elle cherchait, ce n’est pas contre lui qu’elle se vengerait mais, il serait la seule piste sur laquelle s’étendre pour retrouver ceux qui avait fait d’elle ce qu’elle était devenue maintenant…



--Bagerand a écrit:


Enfin il allait savoir ce que la fille lui voulait, connaître la raison pour laquelle elle s’était empressée de le suivre à la trace. Tout portait à croire qu’il allait y passer la nuit ! nonchalamment, il retira sa cape trempée et la laissa tomber sur le bord du dossier d’un des lourds sièges qui meublaient la pièce. Ce devait être à l’époque où cette maison vivait encore, un salon ou une bibliothèque à en voir ce qui composait encore cette salle. Le feu crépitant apportait une douce chaleur et un certain mystère à cet étrange rendez-vous. Bage alla donc s’installer dans un des fauteuils poussiéreux, face à cette belle inconnue. Fortement résolu à ne pas l’interrompre, se disant qu’au pire il s’endormirait si ce qu’elle avait à lui conter ne retenait pas son attention, il étendit donc ses jambes, posant le talon de ses bottes sur le chenet de l’âtre. Bras croisés, il regardait la jeune femme.

Pensant bien au départ du récit qu’il finirait bien par s’endormir, la voix douce de la fille alliée à la chaleur du feu n’insistait qu’au repos ! Pourtant, au fur et à mesure, elle parvint à capter son attention, bien plus qu’il n’aurait pu se l’imaginer. Et pour cause…..

Doucement et inconsciemment, elle le replongeait dans un passé qu’il avait enfui au plus profond de lui. A mesure qu’elle racontait, il revivait cette période sombre qu’avait été sa vie.
Il revoyait la scène comme ci elle se déroulait là devant les yeux, son visage se crispait lentement, ses bras jusque là croisés s’étaient posés sur les accotoirs du fauteuil et ses poings se serraient doucement faisant blanchir les jointures de ses doigts. Cette journée remontant à plus de dix années avait clôturé les deux seuls jours de bonheur qu’il avait pu vivre avec sa mère….

Sa mère…. Une femme d’une grande beauté…
Sa mère…. D’elle il avait hérité la couleur claire de ses yeux et son sourire…
Sa mère… la seule qui ne lui montré que tendresse pour le peu qu’il la voyait. Elle était l’une des filles de son père, sans doute une fille de noble enlevée, maltraitée puis vendue, elle aussi à cette ordure qui était son père….

Trois jours avant cette journée maudite, ils étaient parvenus à fuir. Tout avait été savamment préparé pour que rien ne vienne se mettre en travers de cette fuite. Bagerand était parvenu a dégoter une charrette et, par une nuit sans lune, alors que le vieux cuvait son vin dans les bras d’une des filles, il avaient pris la poudre d’escampette avec une fille guère plus âgée que lui dont sa mère avait pris sous son aile. Ils avaient roulé aussi vite qu’il était possible de le faire, en direction de la mer du nord où ils espéraient bien pouvoir embarquer sur un navire en partance. En ce jour donc, alors qu’ils pensaient avoir mis assez de distance entre eux et leur pire cauchemar, ils s’étaient arrêtés le temps de refaire quelques provisions pour le reste du voyage. Durant cette journée et demi, Bage avait put enfin voir sa mère sourire lorsqu’il lui disait qu’enfin ils allaient être heureux. Bonheur éphémère …..

Alors qu’il revenait vers la charrette où l’attendait les deux femmes, les bras chargés, une rose blanche bien coincée dans sa veste pour sa mère, il la vit passer à grande vitesse et arriver à sa suite une troupe de cavalier et à leur tête, son géniteur. L’angoisse et la peur qui semblait l’avoir quitté depuis des heures revint et lâchant les pains, sans chercher à comprendre, il enfourcha le premier cheval à sa portée et partit à bride abattues à leur poursuite. Qu’une seule idée en tête, sauver sa mère !

Il regardait la jeune femme, recherchant dans ses traits la fillette en larmes tenant dans ses bras le corps d’une autre. Il avait oublié ce moment où galopant derrière ces hommes qui en voulaient à sa mère, il s’était arrêté un cours instant, ne se souvenait pas de ce qu’il avait bien pu dire à cette pauvrette avant de lui laisser la rose qu’il destinait à sa mère comme seule réparation au mal qu’était encore coupable celui qu’il n’avait jamais nommé père.

Ses yeux pourtant clair s’étaient assombris au retour en mémoire de cette journée qu’il croyait bien avoir oublié pour toujours. La suite du drame qu’avait vécu la jeune femme avait durant des mois hanté ses nuits. Elle lui faisait revivre le pire sans le savoir. Quand elle eut terminé, le solitaire qui jusque là se croyait à l’abri des douleurs que le cœur peut ressentir, regardant dans le vague raconta d’une voix basse, sans même s’en rendre compte, la suite de cette journée…


Lorsque je suis parvenu à rattraper la charrette, elle était abandonnée … j’ai tout de suite compris que le vieux avait réussi à reprendre ma mère… je suis donc retourné de là où nous venions de fuir… Quand je suis arrivé, le lendemain, une bande d’hommes avait débarqué,
le vieux avait mis ma mère dans les pattes d’un d’eux. Je n’ai entendu que ses hurlements de Je suis entré en trombe dans la chambre une dague à la main, abruti par les cris de ma mère…J’ai foncé droit sur l’homme qui la malmenait et je l’ai égorgé comme un porc. Mais c’était trop tard …. Il l’avait…. Tué… torturé… Quand les autres s’aperçurent qu’un des leur avait été égorgé ils le firent payer cher… Je n’ai eut que le temps de me cacher dans la cave, n’entendant que hurlements…je suis resté là deux nuits avant de ressortir pour découvrir que tout avait flambé…


Le crépitement du bois remplaça un long moment les paroles, Bagerand regardait comme hypnotisé les flammes léchant les bûches, l’esprit vidé, jamais encore il n’avait parlé de cette journée qui avait fait de lui ce qu’il était à ce jour.

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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:15

--Elizabeth a écrit:


Vers la fin de son récit, Elizabeth put voir un léger changement s'opérer chez son invité qui capta tranquillement son attention sans vouloir juger trop vite. Elle ne voulait pas s'emballer trop rapidement à l'approche de signaux qui auraient pu lui démontrer, que enfin, elle avait retrouvé la personne qu'elle cherchait depuis les dix dernières années. Cependant, le visage inexpressif de Bagerand au départ se mua au fil de son histoire, il avait été neutre pour se voir graduer de compréhension, de révélations, de tristesse et finalement de haine. Tout comme ses traits faciaux, son corps en mua tout autant, devenant crisper par endroit. En ancrant ses yeux dans les siens, bien avant qu'il ne parle, elle sut qu'elle ne s'était pas trompée. Sans même le savoir, elle venait de réveiller l'eau profondément endormie dans un tumulte de l'ampleur d'un ouragan.

Elle écouta la suite de l'histoire qui ne tarda aucunement, s'emboîtant comme par magie à la suite de sa propre épopée. L'histoire de Bagerand, bien que très, courtement, raconté en un bref épisode lui démontra que sa vie n'avait été guère mieux à la suite de cette journée fatidique, autant que la sienne. Sans même le savoir, ses deux êtres partageaient beaucoup plus qu'ils ne l'auraient cru au premier abord. L'attrait physique était une chose mais, elle venait d'aller chercher un morceau de l'âme de cet homme sans coeur sans même s'en rendre compte.

Elle fut soudainement déçue cependant en entendant la fin de son récit, à ses dires, tous avaient périls. Bien que selon lui, ce fût dans d'atroces souffrances, cela ne lui fit que l'effet d'une énorme déception. Elle n'aurait pas la chance de venger Vanessa elle-même. La fureur se rependant en elle, avoir sacrifié autant de temps pour rien à cette quête qu'elle ne pourrait même pas en jouir légitimement ! Elle aurait voulu hurler pour se soulager de toute cette frustration qui s'accumulait, ses yeux étaient redevenus sombres et ternes, sans aucun éclat sous la colère, sa mâchoire s'était resserrée dans une crispation hors de l'ordinaire.

Elle dût rester quelque minute sans rien dire, le silence venant éclore sur les faits dont elle ne pouvait rien y changer, la douleur et l'acceptation ne devant plus que faire un à présent. Lentement, elle se remit à respirer, son sang bouillonnant toujours dans ses veines mais, sous plus de contrôle, elle n'allait pas ''peter'' sa crise de désespoirs. Sa quête, ses recherches, tout était fini, elle serait libre maintenant....

Bagerand était toujours hypnotisé par le crépitement du feu, replongé dans sa lourdeur de son passé, dans les tourments d'une vie entière. Lentement, elle ouvrit la sacoche à ses côtés et en sorti un objet. Elle se leva et alla se glisser devant lui, lui tendant un livre. Le regard qu'il lui portant ensuite, tout en relevant le visage vers elle, démontra toute son incompréhension, pourquoi lui donner un recueil de page, écrite d'une femme inconnue, qu'est ce qu'elle cherchait à lui faire comprendre maintenant ? Elle prit la couverture qu'elle ouvrit doucement dans ses mains, sa propre écriture relatant sa vie y était inscrite ici et là mais, ce n'était pas le plus important, tournant la page, une rose blanche séchée y figurait.

Merci Bagerand, merci simplement d'avoir pu mettre fin à des années de ma vie qui doivent être enseveli maintenant....

Elle n'était pas du genre à remercier qui que ce soit mais, lui, il ne pouvait en être autrement. Bien qu'elle ne pourrait jamais se faire justice soit même, elle était convaincue que la racaille qui avait assassiné sa soeur était morte, le pauvre adolescent qu'avait été Bagerand n'était d'autre qu'une simple victime de la vie tout comme elle, s'en prendre à lui ne servirait pas à alléger son mal. De toute manière, c'est ce qu'il venait de faire en complétant sa propre histoire.

En entrant dans ces lieux plutôt, elle avait eu une idée, elle mettrait peut-être cet éclair de génie à exécution. Pour l'heure, elle regardait l'homme fort musclé, un vrai homme comme on dit souvent, avoir l'air d'un enfant égaré reprendre ses esprits. Elle était attendrit par lui, bien des nuits elle avait rêvé de ce regard qu'il avait toujours au fond de ses yeux, elle avait l'impression de le connaitre finalement, bien que ce n'était pas le cas réellement, elle ne savait rien de lui sinon qu'elle avait déjà jadis croisé son chemin, changeant sa vie à tout jamais....



Bagerand a écrit:



Toujours mué dans son silence, il bouillonnait, se reprochait d’être entré un soir dans cette auberge bretonne. Il avait la désagréable sensation de s’être mis à nu devant cette femme, de ne plus avoir la carapace qu’il s’était forgé au fil des années. Pourquoi avait-il fallu qu’ils se rencontrent ? Les choses étaient si simples jusque là ! Mais la vue de cette fille assise seule dans cette salle bondée de monde avait titillée sa curiosité ! Il avait fallu qu’il l’approche, qu’il lui parle, qu’il la déshabille du regard ! Et voilà où ça l’avait mené ! dix ans en arrière à revivre le pire de ce qu’avait été sa vie.

Losqu’elle s’approcha, mettant devant ses yeux toujours baissés, un livre, il releva la tête un cours instant pour la regarder, sans trop comprendre ce qu’elle voulait. Une fine écriture couvrait les premières pages, et soudain… Une rose séchée dont les pétales dévoilaient trop bien qu’elle avait dut être blanche. Instinctivement, ses doigts allèrent caresser les vestiges de cette fleur qu’il avait su belle pour l’avoir lui-même choisi afin de l’offrir à sa mère. Cette fille le mettait à la torture ! Il se releva brusquement alors qu’elle était à le remercier d’avoir mit fin à son calvaire, se dirigea vers la cheminée et s’y accouda. Le silence tomba de nouveau un long moment, lui permettant de reprendre ses esprits petit à petit.

Qu’allait-il faire d’elle qui maintenant connaissait sa faiblesse ? Ses remerciements ne cachaient-ils pas autre chose ? Après tout, il ne savait rien d’elle ! Devait-il faire comme avec d’autre ? Gouter son corps qu’il avait trouvé fort appétissant et la laisser là où personne ne se soucierait de savoir qu’il y a un cadavre ! L’embarquer avec lui pour l’avoir toujours à l’œil ? Elle serait une gène trop évidente ! La vendre ! Oui ! On n’était pas trop loin de la grande bleue ! Ce pouvait être la solution, la seule qui lui permettrait de reprendre le fil de la vie qu’il avait avant sa rencontre.

Il se retourna pour lui faire face, avec en tête ce qu’il se devait de faire. Certain qu’ainsi il n’y aurait de témoin de sa faiblesse. Soudainement, il se sentait mieux, arrivant à faire fi de ce qui venait de se produire. Il la détailla alors de bas en haut, non pas avec le regard d’un loup affamé, mais avec curiosité et, quand son regard rencontra le sien, tout les projets qu’il avait en tête retombèrent. Dans ses yeux émeraudes il y vit la même tristesse qu’avait été la sienne, il y lut le merci qu’elle avait prononcé plus tôt, il y vit le besoin de refermer ce livre pour toujours. Le regard d’Elizabeth s’était tourné vers l’avenir. Il eut un soupir qui vint casser ce trop grand calme, il se tourna vers le siège où il avait abandonné sa cape, s’apprêtant à partir et s’entendit dire


Maintenant que vous savez…. Je vais pouvoir reprendre ma route…

Pourtant, il ne bougea pas pour autant, il restait comme aimanté, scrutant de nouveau son regard sans savoir ce qu’il y cherchait. Il ne savait d’ailleurs pas où conduiraient ses pas une fois sorti de cette étrange maison, ne se le demandait même pas. Cette fille semblait le retenir sans qu’il sache vraiment pourquoi.

Au loin, le chant d’un coq se fit entendre, suivit de peu par d’autres. Le jour ne tarderait plus à se lever. Ils avaient passé la nuit à parler, en avaient oublié la fatigue de la route, ce qu’ils s’étaient dit avait pris tout pouvoir sur les forces qu’ils leurs restaient.




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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:17

--Elizabeth a écrit:


Elizabeth vit les doigts larges de l'homme qui glissaient contre les pétales fragiles de la fleur dans un geste si mélancolique que son âme se déchira. Elle comprit en ce geste, en cet instant, que l'apparence de Bagerand cachait une douceur mais, aussi une âme blessée et tourmentée, tout comme elle par le passé. Naturellement, il ne faut jamais se fier aux apparences, elle le savait bien, c'était aussi bon pour elle. La jeune femme qui couchait sur papier sa vie était loin d'être une gamine innocente. Elle l'observa un long moment, ne sachant quoi dire lorsqu'il fut prit d'une profonde émotion, quelque chose, étrangement comme de la colère se faisait ressentir chez lui, le transgressant de toute part. Il se leva faisant tomber le livre au sol et se réfugia contre la cheminée pour contrôler ce qui se consumait en lui sans qu'elle en sache la véritable nature. Elle prit soudain un peu de méfiance vis-à-vis de l'homme qu'elle avait sous les yeux. Après tout, elle ne connaissait rien de lui, l'adolescent aux yeux de milles excuses devait être bien loin depuis toutes ses années, sa main se portant la base de sa jupe par réflex, s'apprêta à devoir se défendre s'il décidait de faire l'imbécile. Pourtant, ce n'est pas ce qu'elle souhaitait....

Il avait passé un bon moment tous les deux en Bretagne, c'était d'ailleurs même lui qui l'avait rejoint jouant les bourreaux des coeurs à sa table, ne l'impressionnant nullement jusqu'à ce qu'elle croise véritablement son regard et en reste troublée. Ensuite elle l'avait suivi cherchant sans relâche le pourquoi de cette poursuite jusqu'à ce qu'elle réalise... Maintenant, elle lui dévoilait ses plus noirs secrets, décidément, elle devait être un peu cinglée pour penser qu'elle s'en serait sortie aussi facilement.Il était facile de comprendre que l'homme qu'elle observait en cet instant précis n'était pas un enfant de coeur non plus.... Ses yeux trouvèrent ceux de Bagerand à l'instant où il se retournait, elle les y ancra si profondément qu'elle aurait pu le transpercer. La tristesse du passé, celle de devoir se battre chaque jour pour sa vie, la résignation à l'avenir, tout y était indiqué dans ses pupilles qui scintillaient dans les siennes.

Son visage dur fit place à nouveau à la même tristesse qu'avant qu'il ne se lève, il prit son mantel et s'élança dans des ''au revoir'' sans convictions. Touchée par lui, bien que tout était dit, bien qu'elle n'était réellement pas du genre à s'amouracher de quiconque, les hommes n'étant que des proies parfaites à se satisfaire elle-même, quelque chose était différent avec lui, liés par ce chemin sinueux peut-être, elle n'aurait su réellement le dire.

Elle finit par s'avancer vers lui, baissant sa garde et sa méfiance pour l'instant et posa une main contre sa joue dans une caresse. Elle était moite et mal rasée pour des jours et des jours de chevauchées, pourtant, les doigts de la belle ébène glissaient sur cette chair à l'en faire frissonner, sillonnant entre ses poils drus au contact. La chaleur qui émanait d'elle devenait vite un peu plus ardue, flamboyant cette joue à son contact, ses yeux toujours rivés aux siens.

Certes si vous partez, soyez prudent....il pleut toujours....

Les lèvres de Lizzy viennent remplacer cette main, frôlant maintenant sa joue sans qu'il n'ait le temps de ronchonner ou autre. Les pulpes jumelles et tendrement charnues s'octroyaient un doux massage de cette chair lentement, que par simple frôlement divin et puis un murmure vient fendre le silence....

Adieu….

Il lui avait donné l'absolution de sa quête qui aurait pu s'étaler encore des années, voir indéfiniment. Elle venait de lui donner sa bénédiction de tout effacé à nouveau de sa mémoire si vivre ainsi pour lui était plus supportable. Elle s'écarta doucement, sa joue frôlant contre la sienne, parsemant son odeur tout contre lui, un dernier regard et elle se retourna sèchement, faisant abstraction du reste comme elle savait si bien le faire. Tourner la page était un art facile pour elle une fois complétée. Elle se pencha pour reprendre le livre que le sol avait accueilli. Quelques pages avaient malheureusement pris la fuite et elle les rassembla, sachant pertinemment qu'il l'observait encore, toujours dans son dos...



--Bagerand a écrit:



Prenant sa cape pour quitter les lieux, il ne l’avait quitté des yeux. Ce qu’il ressentait alors était tout autre qu’à leur première rencontre quelques semaines plus tôt. Cela venait-il du fait qu’il se retrouvait lié d’une certaine façon à la vie de cette jeune femme. La cause de son malheur était identique à la sienne. A elle aussi cet enfoiré, ce déchet venu tout droit des enfers, celui qu’il n’avait jamais nommé « père » était la raison de la peine qu’il avait lu dans ses yeux. Le seul instant de joie qu’il avait ressentit dans cette terrible journée fut lorsqu’il entendit les cris d’effoi que son géniteur avait poussé sous les tortures des écorcheurs. Ce fut pour lui une sorte de délivrance, elle eut été complète si sa mère n’avait pas succombée juste avant. Il était certes devenu un homme depuis mais il gardait jusque là la souffrance d’un enfant à qui on avait arraché la mère.

Cette main qu’elle posa sur sa joue après s’être approché de lui le troubla à un point qu’il n’en bougea pas, ses yeux rivés aux siens le désarmaient. Il se retrouvait tel un jeune garçon lors des premiers contacts avec le sexe opposé. Il mit ça sur le compte d’une trop longue abstinence, essayant de chasser le malaise qu’elle était en train de lui infliger. Il ne comprenait ce qui le retenait de lui sauter dessus pas c’était pourtant si simple, elle était là tellement près !
Il ne fit même pas attention aux mots qu’elle lui dit, les lèvres qui venaient de remplacer sa main lui mirent les sens en éveil. Mais ce contact fut si cours que le temps qu’il puisse réagir, elle s’en était déjà retourné dans un « adieu » qui le réveilla…

Elle allait de se redresser après avoir rassemblé le livre qu’il avait involontairement maltraité, qu’il laissait retomber sa cape sur le dossier du fauteuil. Il ne parviendrait pas à partir....

Ses lèvres qu’elle avait déposées lui brûlaient encore la joue. En trois pas il fut sur elle, qui redressée, lui tournait toujours le dos. Il posa une main ferme sur son épaule et la fit se retourner. La prenant fermement par la taille sans ménagement aucun, il la colla contre lui alors que son autre main se plaçait sur sa nuque et sans qu’elle n’est le temps de réagir alla prendre ses lèvres avec fougue…

Il lui fallait s’exorciser, se guérir une bonne fois pour toute de ses démons et en elle il y voyait la prêtresse. Dans ce baiser hors normes, il y déchargeait sa rage, sa peine, sa haine, tous ces sentiments trop longtemps contenus. Elle avait allumé un feu qui couvait depuis trop longtemps, il fallait bien maintenant qu’il s’éteigne une bonne fois pour toute.


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--Elizabeth a écrit:


Son regard tel la fonte des glaces, même penchée et de dos, elle pouvait le sentir toujours sur elle à l'en faire frissonner. Elle écoutait le silence. Que le feu qui léchait une des bûches, résonnait presque de manière infernale, lui parvenait tellement l'écho de l'endroit était morbide. Elle se méfiait de lui, elle ne savait pas ce qu'elle avait pu réveiller dans cet homme au regard innocent. Elle se redressa lentement, en prenant tout son temps, avec une précaution infini, ne faisant aucun geste brusque de peur d'attirer l'attention sur elle comme lorsque vous êtes face à une meute de loups affamés. Elle porta une attention particulière à tout ce qui l'entourait, prête à réagir si besoin était. Un froissement de tissus et quelques pas. Elle eut quelques difficultés à trouver le discernement entre l'éloignent ou le rapprochement de ses soit disant pas justement. Le silence ensuite, il était parti ?

Trop lourd, trop pesant, elle n'osait plus respirer.....Une fraction de seconde s'était écoulée entre le dernier pas et cette main qui la fit sursauter qui se posait sur son épaule dans une poigne ferme. Son coeur s'emballa, la peur venant la troubler durement. Elle n'aurait pas dû... Faire renaitre les souvenirs ne sont pas toujours ce qui aurait dû être fait bien que pour elle, c'était essentiel....

Elle se trouva forcée à lui faire face, la détermination qu'elle vit dans le regard de Bagerand la foudroya sur place. Quelles étaient ses intentions ? Allait-elle simplement y survivre ? Elle pourrait naturellement se défendre contre lui, elle avait tout de même réussi à semer une bande de marins assoiffés de chair, ce n'est pas un homme seul qui lui ferait peur mais,.... Il était différent pour elle. Trop de temps à penser à lui, trop de moment où elle avait revu ses yeux et son visage plutôt vague dans ses souvenirs, trop de choses partagées durant toutes ses années sans mêmes les avoir vécu mutuellement.

Un bras musclé vient lui encercler la taille, une main large lui agripper la nuque, son corps beaucoup plus frêle que celui de la brute qui la ramenait contre lui trembla, comme une feuille sous l'impulsion du vent déchainé. Tout cela n'avait pris que quelques secondes à s'exécuter mais, elle avait tout ressentit au ralenti étrangement. Les lèvres muettes de l'inconnu de ses nuits se muèrent aux siennes sous une impulsivité exemplaire. Elle en resta figée par sa fougue et son audace. Elle ne réfléchit même pas et une gifle se perdit dans une réaction instantané contre sa joue, mettant fin au baiser dans un claquement sonore que les murs allèrent absorber que bien longtemps ensuite. La rage se lisait dans les yeux verts d'Elizabeth.

Elle lui devait sa nouvelle liberté soit, elle avait joué, un peu cherché aussi quelque part mais... mais... mais rien finalement.... Son regard se mit à changer encore, passant de l'ivresse colérique à un rouge passion lorsqu'elle retrouva celui de Bagerand qui la regardait avec cette folle envie de haine, de tristesse cachée, de plaisir à assouvir également. Elle l'agrippa par la chemise pour le ramener contre elle, ses lèvres venant happer maintenant les siennes avec une passion vive et étouffante. Celle de donner pour oublier, celle de recevoir pour encore mieux offrir, celle de se libérer des chaînes qui tout au long de la vie vous retienne ici et là sans rien pour les rompes.

Dans l'emportement presque bestial, elle lui mordit la lèvre, sa langue s'éminçant dans son antre pour trouver la sienne et entamer une danse endiablée, personne ne gagnerait cette bataille. Ils étaient perdus, tous les deux.... Tout le corps de cette charmante ténébreuse se retrouva comprimé dans les bras de l'homme, son corps ne devenant qu'un braiser d'envie brulant plus encore que ce feu de foyer qui s'efforçait de réchauffer la pièce. Mis à côté d'eux, il pouvait être jaloux., n'arrivant jamais à produire autant d'effluves chaleureuses...


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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:19

--Bagerand a écrit:



Cette bouche qui avait profané ce qu’il gardait bien profondément au fond de lui, en la prenant si violemment, il voulait qu’à jamais elle ne puisse reformuler tous ces mots.Tout son être était pris de ce besoin d’en finir avec cet épisode de sa vie, qu’il ne sentit pas le corps de la jeune femme se tendre de colère par ce baiser imposé. Une main vint s’abattre violemment sur sa joue, ravivant la brûle des lèvres qu’elle y avait déposée.

Une fraction de seconde, juste le temps d’un regard pour qu’il vit ses yeux verts s’assombrir de colère. Trop court instant pour une quelconque réaction, les deux émeraudes déjà se mettaient à briller de mille feux ! Avait-il éveiller la tigresse qui sommeil en cette femme et qui était liée à lui par les faits de son géniteur ? Pour Bage ça ne faisait aucun doute, il connaissait trop les femmes pour ne pas savoir qu’en chacune d’elles sommeille un fauve ! Ça brève impression s’avéra juste lorsque, lui agrippant la chemise, elle le ramena à elle…

La trêve était achevée, le combat, car c’était bien de cela qu’il s’agissait, commença. Bagerand s’y engagea à corps perdu. Un gout d’acier emplit sa bouche lorsqu’elle le mordît. Leur langues s’étaient trouvées, combattant sans relâche, les perles de sang venaient prendre part à la lutte. Il l’avait enfermé dans ses bras, la serrant avec force et sans ménagement, maintenant sa crinière de geai, enfonçant ses doigts dans sa nuque. Elle ne lui échapperait pas ! Il allait lui faire payer la blessure qu’elle avait réouverte ! Du moins le pensait-il....

Maintenant sa tête fortement, de son autre main, il lui arracha d’un geste vif son bustier, le lacet qui le maintenait céda facilement par la brutalité qu’il y mit, l’envoya valser au pied d’un fauteuil. La jupe qui était maintenu par ce haut, glissa et s’effondra au sol formant un cercle sombre aux pieds de la jeune femme. Sa main alors brûlante, vint violenter le satiné de son dos par des caresses voraces, descendant au-delà de sa taille, parcourant ses jambes qui seules avaient gardé leurs parures.

Il n’était plus lui-même, il n’était sans doute plus rien. Elle lui avait ôté l’identité qu’il s’était forgé jours après jours, mois après mois. Que serait-il à la sortie de ce combat où il ne voyait que le besoin d’étouffer à jamais son histoire ? Il n’y pensait pas, en était d’ailleurs incapable, se nourrissant pour l’instant de cette bouche offerte, de ce corps qui lui apportait un début d’oubli. Ce combat brûlant qui avait commencé n’était pas ou plus une vengeance comme il le pensait certainement encore, mais bien un besoin de réconfort, un besoin de tendresse aussi brutale fut-elle, s’abandonner aux délices d’une femme pour oublier le temps de cet échange la souffrance d’un enfant à la perte cruelle de sa mère.



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--Elizabeth a écrit:


Le souffle de cette belle ébène se trouvait raccourcit par ce mélange de lèvres qui ne cessait de s’accentuer dans une fougue des moins commune. Elle se retrouva emprisonnée dans les bras de Bagerand, de plus en plus comprimée contre lui-même. La main qui se faufila dans la soie de ses cheveux vient lui opprimer la nuque pour éviter qu’elle ne puisse s’enfuir ou s’octroyer une nouvelle vague de colère contre lui. Son cœur battait rapidement sous l’influence de cette passion soudaine, de cet envie qui ne faisait qu’augmenter au fil de ce baiser provocateur.

D’une main aussi experte que l'était se Casanova, il lui arracha son corsage qui ne puis résister à l’assaut brutal, allant virevolter contre le sol. Sa jupe ne tarda pas de faire la même chose. Se retrouvant complètement nue dans ses bras, elle se mit à frissonner, pas de fraicheur mais de ce désir violent qui l’engourdissait rapidement. La main qui savourait ses jambes effilées l’amena à redoubler d’ardeur contre ses lèvres….

Elle s’abandonnait contre toute résistance. Même si elle aurait voulu se refuser à lui, l’envie de prolonger ce moment était beaucoup trop fort que toute autre sensation. C’est même avec autant d’intérêt que sa main contre sa chemise l’en répartissait, elle voulait pouvoir sentir sa peau, tout ses courbes dont elle pouvait deviner à travers le fin tissus épouser son corps. Elle en avait besoin, tel un manque de belladone, une drogue qui coulait dans ses veines en diminution. Elle termina d’ouvrir chaque bouton avec une lenteur étonnante malgré ce désir ardent. Elle le faisant languir, profitant de ses mains contre ce corps en même temps, l’émoustillant un peu davantage. Ses deux mains parcoururent ensuite son ventre, longeant certains renflements de peau dû à des cicatrices évidentes. Ses doigts de fée profilaient chaque morceau de ce nectar de chair, remontant jusqu’à ses épaules pour faire choir ce bout de tissu beaucoup trop contraignant maintenant.

Elle embrassa ses yeux bleus clairs des siens, cherchant à voir ce qui pouvait animer cet homme. Elle avait l’impression d’avoir deux personnes entre ses bras, un homme viril et dur dont l’impulsion était excessif, rustre mais doux tout à la fois ainsi qu’un petit enfant venant de se faire égratigner et demandant un câlin pour cesser de pleurer. Peut lui importait finalement. Quel qu’il soit, seul l’instant présent persistait.

Elle porta ensuite ses mains tout contre la ceinture de ses braies et tout en s’abreuva de ses lèvres comme une assoiffée parcourant le désert depuis des jours et des jours sans eau, elle détacha la dernière barrière entre leur deux corps maintenant nus. Ses mains s’attardèrent longuement contre ses hanches pour déviées ensuite vers ses fesses, maintenant son corps contre le siens. Elle pouvait sentir facilement l’état dans lequel se trouvait l’homme contre elle et inversement, pour lui. Ses yeux verts se transformèrent en de véritables torches par l’illumination du désir qui y régnait.



--Bagerand a écrit:


L’avait-elle ensorcelé ? Lui qui d’ordinaire se n’encombrait pas de préliminaires.... Il se retrouvait à être patient, parcourant et savourant le galbe de ce corps pour le moment inconnu, découvrant la douceur alors qu’il n’était que brutalité. Sous les doigts de la belle, le loup se transformait en agneau, se laissant emporter dans cette découverte tendre, s’abreuvant aux lèvres offertes, oubliant ce qui l’avait mené dans cette maison abandonnée face à cette fille qu’il ne pensait jamais revoir.

Une fois tous les deux dans la simple tenue qu’avait vu leurs naissances, alors que leurs mains et lèvres se découvraient et l’entraina sur le sol, au pied de l’âtre. Seuls leurs doigts parlaient, faisant frissonner chaque fibre de leurs corps. Les mots étaient là bien inutiles, il n’y avait rien à dire, juste savourer ce que l’autre offrait. Bagerand ne pensait plus qu’à l’instant présent, à ce corps qu’il sentait s’ouvrir sans contrainte. De caresses en baisers, peau contre peau, il l’emporta dans une aventure endiablée, s’abreuvant à ses monts, tel un assoiffé à la découverte d’une oasis retrouvant ses forces à chaque gorgées prises, pour repartir dans cette idylle à corps perdus.

Plusieurs heures furent les seules témoins de leurs ébats, laissant place à celles qui les virent s’endormirent l’un contre l’autre, les jambes encore mêlées, lui, une main posé sur un sein. C’est un pale rayon de soleil qui éveilla Bagerand, qui, l’instant d’une seconde se demanda où et avec qui il se trouvait. De ses doigts il ôta le rideau de jais qui couvrait le visage de Lizzy, se demandant ce qu’elle allait faire désormais. Question qui ne manquerait pas de lui poser à son réveil !



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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:24

--Elizabeth a écrit:


Tout ce passa tellement rapidement, bien qu'elle avait l'impression que tout ce qui arrivait n'était pas réel. Comment déterminer que tout ceci n'était pas qu'un rêve, que ce n'était pas une simple vape de brouillard qui l'engourdissait et la faisait dévier dans un moment donc l'extase ne se décrivait même pas ? Pourquoi ce sentiment ? Lizzy avait connu bien des hommes déjà, elle n'était pas une fille aux moeurs faibles mais, avait plus d'une fois dû se servir de ses charmes et atouts pour se sortir de situation périlleuses mais, étrangement, il y avait quelque chose de différent avec lui. Rien à voir avec une galipette d'un soir dénudée de sens. Il était si mystérieux, une énigme sans nom. Il pouvait être à la fois si dur, si sur de lui et surprenant, regorgeant de fureur pour ensuite, finir par ressembler à une douceur extrême. Le contraste était si palpable entre ses doigts, qu'elle avait peine à trouver un point de chute où se raccrocher. Elle finit donc par s'abandonner tout contre cette paire de lèvres qui l'envahissaient, damnant tout contrôle possible. Elle se perdit dans ses bras, finissant langoureusement entremêlée à lui contre le plancher de la veille demeure délabrée.

Une forte étreinte, un moment merveilleux, une magie sans fin. Jamais elle n'aurait pu imaginer que faire l'amour avec un inconnu même, redevable d'une libération à son passé, puisse être aussi transportant. Une symphonie de gémissements, un ordre de sensations plus divines que les précédentes avaient été acquises par les minutes, l'heure qui s'était ensuivie. Brutal mais doux, déchainé tout autant que sensuel. L'acte qui avait été consumé en demeurerait, elle le savait, un souvenir chérissant même à travers le temps. Une précipitation soudaine, un besoin de liberté pour en finir par un grand moment marquant d'une vie, un apothéose cinglant, tranchant un moment précis d'une entité, voilà ce qui avait été écrit par ses deux amants en cette nuit de pluie. Son corps haletant, épuisée, épongée de rivières de sueurs, elle n'avait pas tardé à sombrer dans un repos salvateur dans le creux de ses bras sans un mot dire par la suite. Que pouvait-on dire à ce genre de personne après avoir passé un moment aussi charmant et inimaginable ? Il ne serait probablement plus là à son réveil, cela réglerait le problème avant même de l'avoir créé de toute façon.

Elle s'était trompée cependant, lorsque la sensation de lourdeur l'envahie, d'inconfort dû à sa position couchée sur un froid planché, son corps nu, frigorifiée par l'antre qui s'était éteint cette nuit, elle ouvrit les yeux pour voir un visage en train de la contempler dans le sommeil. Elle resta muette sous le choc, cherchant à rassembler toutes les dernières brides d'évènements qui affluaient à une vitesse fulgurantes dans son esprit. Elle aurait pu être presque gênée de cette situation si elle ne s'était pas ressaisit à la dernière minute. Se retrouver dans les bras d'un inconnu pouvait arriver mais, jamais, au matin il n'était encore là.Cette situation particulière était une première pour elle. Elle les quittait bien avant, ne partageant que leur couche brièvement. Pourquoi n'était-il pas parti, pourquoi était-il encore là, à la fixer à la première lueur du jour ? Elle se mordilla un peu la lèvre et se releva doucement, cherchant ses vêtements du regard.

Hum… on gèle ici….

Elle n'avait trouvé que cela à dire... qu'aurait-elle pu lui prononcer encore ? Merci pour cette nuit ou fout le camp ? Très peu approprié un comme l'autre, surtout que oui, elle aurait bien voulu le remercier mais, pas ainsi, autrement, quelque chose la rognait intérieurement sans qu'elle puisse définir ce que c'était. Quant à le faire disparaitre de sa vie, peut-être serait-ce plus judicieux mais, l'envie de le voir s'en aller lui faisait un drôle d'effet et loin d'être véritablement agréable.... Elle devait se ressaisir et vite !


[/quote]

--Bagerand a écrit:


Tout en la regardant dormir, son inconscient repassait les heures qui avaient précédées leurs sommeils. Moment plus agréable qu’il ne voulait encore l’admettre. Des années qu’il n’avait vécu pareils instants où l’harmonie avait été présente. Pourquoi avait-il fallut que ce soit avec elle ? Elle qui lui avait refait vivre son passé qu’il avait si durement essayé d’oublier durant ces années. Il n’était pas homme à croire au destin et autres niaiseries de ce genre, mais il sentait bien au fond de lui que cette nuit passée changerait le court de sa vie. Incapable de savoir quoi précisément, il n’en restait pas moins persuadé qu’où il aille, il ne pourrait pas l’oublier. A cette constatation une once de colère contre lui l’envahit. Avoir une fille en tête n’était vraiment pas ce qu’on pouvait faire de mieux dans l’existance qu’il s’était choisi.

Il ne parvenait pas à la quitter des yeux et encore moins la quitter tout court ! Il s’en voulu de n’être pas parvenu à s’éveillé avant que le jour se lève pour filer en douce sans pouvoir la regarder aussi nettement que le jour lui permettait maintenant, se trouvant l’excuse qu’ainsi sut été plus facile, d’autant qu’il ne la connaissait pas plus que ça. Mais le fait de sentir sa peau nue contre la sienne, sa douce odeur suite à leurs ébats firent qu’il était toujours là.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, c’est un sourire dans ses prunelles de glace qu’elle découvrit. Il ne s’apercut même pas que la température avait chuté dut au feu mourant. Il était habitué à passer ses nuit dehors donc il n’y avait à cela rien d’extraordinaire. C’est lorqu’elle dit avoir froid tout en se relevant qu’il refit réellement surface. Il se redressa prestement à sa suite pour attraper sa cape qu’il lui mit sur les épaules. Tant de prévenance n’était pas dans ses mœurs, mais de cela non plus il ne rendit compte, ne trouvant qu’à lui dire avant d’aller renfiler ses braies.


Ta robe est morte….. t’as autre chose à t’mettre ? Tu crois qu’y’a du bois dans l’coin?





--Elizabeth a écrit:


Elle cherchait sa robe toujours du regard, évitant de poser ainsi ses yeux sur ceux qu'elle avait trouvé à son éveil. Tant de douceur y avait été forgé contrairement à cet air malicieux qu'elle avait eu l'habitude d'y voir les quelques fois qu'elle avait osé ancrer ses yeux émeraudes dans les siens. Elle était troublée, c'est le moins qu'on puisse dire. Jamais personne ne l'avait regardé ainsi. Plusieurs personnes représentaient les yeux comme les fenêtres de l'âme, si c'était véridique, elle venait de purger celle de Bagerand, qui sait....

Elle bougonna légèrement entre ses lèvres au moment où elle vit un lambeau noir un peu plus loin, à l'instant précis où elle senti l'homme à ses côtés se relever doucement afin de lui déposer, avec délicatesse une cape sur les épaules. Elle resta stupéfaite, ne s'y étant pas attendu. Tout chez lui, tout ce qu'il représentait, était un vrai mystère. Ce n'est pas ainsi qu'elle l'avait imaginé, ou était-ce une image qu'il tentait de refléter mais, avec elle, il n'y parvenait pas. Elle n'aurait su dire mais, depuis qu'elle était réveillée, elle osa pour la première fois laisser son regard dériver sur lui. Ses yeux s'attardèrent lentement sur la courbe de ses hanches, éveillant en elle un souvenir flagrant de la nuit dernière où elle y avait posé ses mains. Un large frisson la propulsa dans les confins du désir qu'il émergeait en elle à un simple regard de ce genre. Elle respira doucement, retrouvant une légère maitrise d'elle-même pour lui répondre.

Une autre robe ? Heu... Arf non, je n'ai rien de tout cela malheureusement....


Avec le naufrage de quelques semaines plutôt, elle n'avait que cette robe pour la vêtir. Elle avait prévu bien entendu de renouveler sa garde-robe mais, la nuit où elle avait rencontré Bagerand, avait eu tôt fait de lui faire oublier ses nouvelles ambitions. La tête occupée ailleurs dans les anales de son passé ressurgit de nulle part.

Quant au bois, c'est plus facilement touvable, il y en a dans l'autre pièce, j'ai fait le tour du propriétaire en arrivant hier.

Elle sortie une main de sous la cape pour lui désigner la pièce adjacente. Elle le regarda ensuite partir lentement vers le lieu indiqué, le mouvement de ses fesses lorsqu'il marchait eu rapidement un effet bondissant en elle. Dieu qu'il était sexy, musclé et désirable ! Elle devait se reprendre, trouver une solution pour ses vêtements. Elle ne pouvait pas sortir ainsi pour s'acheter de quoi la mettre plus décente en ville et surtout pas par ce temps ! Quoique, elle fera surement connaissance plus que rapidement avec la communauté du coin.... Un léger sourire orna ses lèvres, imaginant le visage outrées des femmes qui la regarderaient déambuler dans le plus simple appareil. Elle sortie de sa rêvasserie au retour de Bage, ce petit sourire, toujours sur ses lèvres.

Tu crois que tu aurais des vêtements à me prêter, le temps que je trouve le nécessaire au marché, je veux faire bonne impression à la mairie, j’aimerais bien acquérir cette demeure. Je pense pas qu’il y aura le moindre problème vu son état d’abandon mais, fait bonne image ouvre facilement les portes et aide au non-refus….


Elle passa une main dans sa chevelure noire pour en retirer les plis dû au sommeil, évitant l’entremêlent de ceux-ci par la même occasion, toujours le regard dirigé sur lui bien que ce contentant de son visage à épier. Plus sage comme image reflétée que son corps nu.


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Oriabel
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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 17 Jan - 0:26

--Bagerand a écrit:


Un sourire amusé naquit aux coins de ses lèvres quand il la devina à regarder ce qui restait de sa robe. Un instant il se laissa aller à penser qu’elle se trouvait là à sa merci. Cette idée l’amusa, le laissant quelque peu rêveur au souvenir de cette nuit écoulée. Elle avait éveillé en lui un calme trop longtemps disparut. Il n’aurait sut dire si cet état de fait était dut à une trop longue abstinence ou si elle seule en était la raison. Il n’y pensait d’ailleurs pas tout en se rendant compte cependant qu’elle avait changé quelque chose en lui.

Lui montrant de la main la pièce où se trouvait le bois, il s’y rendit dans le plus simple appareil. La fraîcheur environnante le revigorait un peu et lui permettait de rester sage dirons nous. Il trouva donc sans problème quelques buches abandonnées là ainsi qu’une poignée de pommes de pin fort sèche. De nouveau dans ce qui ressemblait à un salon, il se dirigea vers l’âtre et se mit aussitôt à rallumer le feu, il commença par chercher dans l’amas de cendres quelques braises avec l’aide d’un fine bûche, déposa ensuite les pommes de pin qui commencèrent à fumer avant de s’enflammer, puis ajouta quelques bûches. Le feu reprenait doucement, il put donc se retourner pour regarder la belle ébène au moment où elle lui demandait de quoi la vêtir.


J’dois avoir ça en sacoche sur mon cheval Mais tu vas ressembler à un épouvantail alors que là…. Il eut alors un sourire gourmand. T’es plutôt attirante….


Il ne lui laissa pas le temps de répondre à sa remarque, souhaitant la laisser cheminer dans sa jolie tête.

Viens te chauffer, je vais aller te chercher ça….

Il s’habilla donc sous l’œil qu’il devinait de la belle et se dirigea vers la porte qu’il avait emprunté la veille pour entrer.
L’air vif de l’hiver le saisit lorsqu’il se retrouva à l’extérieur. La pluie avait cessé et un vent glacial annonçant le début des longs froids frais soufflait par rafale. Il se pressa d’aller rejoindre sa monture qu’il avait laissé à l’abris, pris les deux sacoches qui pendaient derrière sa selle et revint sur ses pas.

Il ne lui fallut que peu de temps pour faire cet allé-retour et quand il franchit de nouveau ce « salon », qu’il lui présenta la sacoche emplie du peu d’effet qu’il avait, il lui demanda.


Tu veux faire quoi dans cette bicoque Tu comptes t’enterrer dans ce bled ? T’as pas peur de t’emmerder dans ce trou à rats ?

Ouvrant l’autre il sortit un reste de pain et de viande séchée qu’il lui présenta.

Tiens si t’as les crocs, mange et raconte moi un peu ce que tu comptes faire maintenant…. J’ai rien qui presse…




--Elizabeth a écrit:


Tout en resserrant la cape sur ses épaules, elle observa Bagerand partir vers la pièce qu'elle lui avait désigné. Naturellement, Élisabeth n'avait pu s'empêcher de poser un regard sur ce fessier ferme à faire pâmer d'envie. Mais qu'est ce qui lui prenait à la fin ? Ce n'était qu'un homme sans autre attribue que masculin, point ! Rien à se pervertir de la sorte et pourtant... Son oeil dessinait parfaitement conjointement à son esprit la fin ligne du galbe de sa fesse rebondissant à chaque pas....

** Oh misère, je suis damnée… **

Ses songes confirmaient bien son d'état d'esprit actuel, il y avait bel et bien quelque chose en cet homme qui la troublait. Elle ne chercha pas plus loin, sortant de sa petite bulle de pensées encore une fois lorsque ce dernier justement revenait les bras chargés de quoi les réchauffer. Accroupi à remettre un peu de chaleur dans cet antre, elle se mit à rêvasser à la caricature qu'elle avait vu jadis d'un dieu grec, elle aurait pu presque le comparer à tel dans cette position, une mèche de ses cheveux égayant sa tempe de profil. Elle soupira d'aise lorsque le feu reprit et il répondit enfin à sa question.

J’dois avoir ça en sacoche sur mon cheval Mais tu vas ressembler à un épouvantail alors que là…. T’es plutôt attirante….


Elle le regarda, aucune rougeur sur ses joues, elle n'était pas du genre comme toutes les paysannes à virer au rose aussitôt un compliment fait, elle savait bien ce dont elle avait hérité génétiquement et en était plutôt fière. Elle afficha tout de même un sourire chaleureux pour le remercier de ce compliment et une pointe de malice se créa chez elle lorsqu'elle lui répondit du tact au tact.

Cela t’empêchera peut-être de rêvasser Casanova….

Il lui offrit l’antre pendant qu’il se rhabillait, elle osa bien naturellement un petit regard mais, sans plus. L’image de lui dans cet état était déjà gravé dans sa mémoire et pourrait le consulter à loisir si elle en avait envie.

Elle se rapprocha donc de la cheminée qui diffusait maintenant une intense chaleur pendant que lui sortait au froid. Assise au sol, si près de cette ante qu'elle semblait bouillir maintenant, les frissons complètement disparus, elle laissa la cape tomber contre ses épaules fines venant masquer ses fesses de la vue extérieure. Elle était toujours dans cette position lorsqu'il revient, amenant avec lui, un nouveau frisson glacial sans que pour autant, elle ne cherche à se camoufler de nouveau. Il déposa sur ses cuisses une besace bien maigre. Elle le regarda, un peu surprise de voir que c'est tout ce qu'il possédait. Bien dommage, il aurait pu avoir bien plus s’il le désirait surement…

Tu veux faire quoi dans cette bicoque Tu comptes t’enterrer dans ce bled ? T’as pas peur de t’emmerder dans ce trou à rats ?


Elle était en train de sortir une chemise défraîchît et effectivement trop grande pour elle lorsqu'elle lui répondit.

J'ai effectivement quelques activités prévues pour cette demeure ancestrale, elle à un cachet parfait pour ce que je veux y faire. Et non, avec mon ambition, je ne crois pas m'emmerder comme tu dis dans ce bled. Et vaut mieux m'emmerder ici que de n'avoir qu'un sac tout maigre à trimbaler non ?


Elle lui fit un splendide sourire charmeur tout en s'habillant de la chemise de Bagerand. Elle s'avança, telle un félin vers lui, à quatre pattes et vient prendre un bout de pain de ses lèvres qu'il venait de couper pour lui entre ses dents. Elle l'avala et souri encore une fois.

Merci.... Et euh... ce que je compte en faire, c'est une maison close ! Bien naturellement, je vais omettre de le dire au cadastre, sinon je risque de me voir décliner mon offre mais, je compte être assez persuasive pour le convaincre. D'ailleurs...

Elle lui prit des mains sa nourriture qu’elle déposa sur le côté de ses cuisses et assied justement sur ses dernières, face à lui, son regard toujours aussi malicieux.

Si rien ne presse comme tu dis, que tu n’as nulle part où aller, que je saches jouer de mes charmes pour te convaincre également, tu ne voudrais pas m’aider à retaper un peu cette maison délabrée ?


Elle dit ses paroles tout contre ses lèvres dans un murmure sensuel, prête à l’embrasser mais le languissant encore, ses yeux rivés aux siens. Qu’est ce qu’elle était en train de faire ? Au lieu de le mettre dehors de son futur chez-soi, voilà qu’elle l’invitait à rester un peu plus longtemps. Elle était réellement en train de perdre la tête….



--Bagerand a écrit:



Il s’était assis près de l’âtre et coupait des petits morceaux de pain qu’il mangeait ensuite, n’avait rien perdu de ce qu’elle lui avait offert lorsqu’elle enfila sa chemise et ce, tout en l’écoutant. C’était sans doute une solution pour elle de rester dans ce bled, la vie d’errance était rude pour une fille et plus il la regardait, plus il pensait que malgré ses airs rudes elle n’était pas faites pour ce genre de vie, celle là même que lui avait. Il n’arrivait pas à l’imaginer menacer et se battre pour survivre comme il avait coutume de faire. Il ne doutait pas non plus qu’elle possédait plus d’un tour dans son sac, il voyait parfaitement qu’elle était futée, cependant il y laissait un « mais.. ».

Lorsqu’elle vint à lui telle une chatte ronronnante son corps se réveilla, s’affamant au souvenir de la nuit passée. Alors qu’elle était à se nourrir du peu qu’il avait porté à ses lèvres, lui libérant ses mains prises par le pain et le couteau, lui avouant ses projets futurs en s’installant trop confortablement sur lui. Il posa alors ses mains sur ses flans, les laissant glisser sur ses cuisses l’envie de la béliner là toute suite, lui mettant le sang en ébullition. Les paroles mourantes sur ses lèvres, ses yeux émeraudes rivés dans les siens il y vit un piège tendu, mais tellement tentant cependant, il stoppa ses caresses laissant ses mains sus ses cuisses et tenta de rassembler ses idées.

Elle voulait faire de cette masure un bordel. Tout portait à croire que sa vie à lui tournerait toujours autour de ces maisons de closes. Il se revit des années en arrières quand il vivait au Voluptates, cherchait à voir si il aurait quelques avantages à rester. Il ne doutait pas que si il acceptait, il aurait droit aux faveurs de la belle, se dit qu’en plus l’hiver étant là, il serait sans doute mieux ici, qu’il n’avait pas de projet arrêté et puis…. Il n’avait pas le goût de la quitter si vite. Il ne voulait pas se l’avouer encore, mais cette fille ne le laissait pas indifférent du tout.

Il la sondait, cherchant à lire dans son regard ce qu’elle voulait vraiment de lui si il restait, savoir ce qu’elle ferait une fois sa bicoque en état.


Hum….. mouais…. Faut voir… ça se négocie ça…




--Elizabeth a écrit:


Le corps de Bagerand ne tarda pas à s'éveiller. Les yeux félins d'Élisabeth plongés dans les siens, ses lèvres toujours à lui parler tout en frôlant ses pulpes soyeuses, l'homme ne mit pas trop de temps à répondre à son arrogance sexuelle en déposant ses mains contre ses flans et ensuite ses cuisses. Un long frisson revigorant se propagea dans tout le corps de la belle sylphide. Et puis il s'arrêta net, laissant sur les lèvres de Lizzy un gout de non-repus, comme lorsque l'on mange quelque chose et qu'on s'aperçoit que c'était si bon mais, que malheureusement il n'en reste plus rien.... Elle fit la moue, désappointée qu'il s'arrête déjà, ses yeux presque suppliant qu'il la touche encore, qu'il la façonne comme un forgeron de son art. Elle se gifla silencieusement, mais quelle con elle faisait, qu'est-ce qui lui prenait à la fin. Cet homme, elle ne le connaissait pas finalement. Ils avaient naturellement partagé un souvenir du passé puis un autre la nuit dernière mais, sinon, que connaissait-elle de lui ? Absolument rien....


Mais bien qu'elle tentait de se raisonner, son coeur se resserrait doucement dans sa poitrine. Il y avait bel et bien quelque chose chez lui qui la faisait fondre, face à lui, elle se sentait si faible. Elle détestait cela, elle n'était pourtant pas ainsi ! Elle finit par prendre ce qui lui faisait envie avant de répondre à sa question détournée, ses lèvres tout contre les siennes se firent douces, enivrantes, divinement exaltantes au fur et à mesure qu'elles assouplissaient son contact chaleureux. Lentement, elle se détacha de ses jumelles idolâtrées et toujours son regard comprimé dans le sien, elle lui répondit.

Bien, je suis prête à négocier …. Cela dépend de ce que tu désires, de l’argent j’imagine ? C’est une possibilité envisageable….

Elle en avait accumulé un petit pactole d'écus, on pouvait dire cela, tous bien caché dans un endroit connu d'elle seule. Heureusement, jamais elle ne la trimballait sur elle parce que sinon, elle aurait tout perdu dans se foutu naufrage. Elle avait amplement les fonds nécessaires pour acheter la demeure, la remettre en état et engager un peu de personnel pour faire tourner les affaires. Héritage familiale, gains dû à ses charmes et vols avaient augmenté son petit coussin monétaire. Elle espérait cependant que ce n'était pas la seule chose que ravirait ce beau ténébreux mais, jamais elle ne se l'avouerait.... Beaucoup trop fière pour tomber dans le piège qu'était l'amour. Jamais elle n'avait laissé ses sentiments prendre le dessus sur la raison et bien qu'elle aurait dû admettre d'avoir le coup-de- foudre pour cet adonis, pas question de laisser cela lui monter à la tête !

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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Mar 27 Jan - 18:47

--Bagerand a écrit:




Savourant les lèvres de la belle, il réfléchissait à la situation. Son esprit bouillonnait. Elle cessa ses aguichements à son grand regret d’ailleurs, ça lui permettait de mettre ses idées en place. Elle recula donc son visage du sien, certainement pour mieux tenter de lire dans ses yeux ce à quoi il pensait tout en lui proposant des écus sonnant et trébuchant, hors ce n’était pas pécunes qu’il pensait mais à toute autre chose. Les écus, il préférait les prendre par force, c’était beaucoup plus existant que de se voir payer, surtout par une donzelle, pour un quelconque travail.

Il était parvenu à mettre de coté le fait qu’il n’avait pas envie de la quitter, même si il ne voulait chercher les raisons pour lesquelles il éprouvait le besoin plus que l’envie de sa compagnie. Quand il s’agissait de parler affaire, rien d’autre ne comptait ! Les yeux dans les yeux à chercher la pensée de l’autre, un sourire espiègle aux coins des lèvres, Bage échafaudait son plan.

L’aider à retaper la bicoque ne lui déplaisait pas bien au contraire puisqu’il pourrait, il en était certain, continuer à profiter de ses charmes. Mais connaissant les gonzesses, il savait qu’une fois obtenues ce qu’elles voulaient, elles passaient à autre chose. Il ne la connaissait pas après tout ! Certes elle ne le laissait pas de marbre, bien au contraire et il soupçonnait que son manège de séduction n’était que pour faire de lui le parfait pigeon. Hors, il n’avait certainement pas l’intention de se voir congédier sitôt la masure prête à recevoir de quoi s’amuser, mais bien au contraire le dessein de profiter des avantages qu’il pourrait y trouver.


Et bien au risque de te décevoir la belle …. T’es écus m’intéresse pas…T’as besoin d’un mec.. moi d’une piaule en permanence pour le cas où. Alors j’te propose mon aide pour retaper ta turne et toi tu t’engages à m’recevoir quand bon me semble et l’temps qu’il m’plait.
C’est à prendre ou à laisser Elisabeth.


Sur ses derniers mots, ses mains qui n’avaient pas bougé de ses cuisses, se mirent de nouveau en mouvement remontant en douceur vers leurs intérieurs. Son regard devenait lentement plus brûlant. Si elle jouait à le séduire pour obtenir un homme à bras, il allait faire de même pour qu’elle accepte son négoce.


--Elizabeth a écrit:


Cette belle ébène avait beau le fixer de ses grands yeux verts, parsemés de grands cils, elle n'arrivait tout simplement pas à savoir ce à quoi il pensait. Elizabeth voyait bien dans ses yeux aciers qu'elle insistait à percer cruellement, qu'il échafaudait un plan mais, elle n'en voyait pas du tout la contenance. Enfin... pas encore.... Élucider le mystère la fit craindre tout à coup. La jeune femme qui se tenait fièrement la veille devant lui, prête à courir faire face à un assassin pour venger sa benjamine, semblait s'être évanouie subitement. Elle n'avait pas réellement peur de Bagerand, bien qu'il aurait surement pu l'étouffer dans son sommeil ou même encore durant un ébat s'il l'avait voulu. Ce n'était pas cela.... Mais plutôt, un sentiment de peur de le voir partir. Un genre de pincement s'était rependu dans son corps. Sans même sans apercevoir, elle avait laissé une porte close s'entrouvrir légèrement avec lui, tellement qu'elle n'avait pas eu le temps de la refermer qu'il y était entré en fracassant cette saleté de porte qui aurait toujours dû rester cloisonnée. Un simple béguin, voilà à quoi elle songeait en ce moment, il ne pouvait en être autrement. Des semaines à le suivre, à mater de loin ce corps de rêves... Oui, ce n'était que cela, une folle attirance, une petite amourette comme en vive les adolescents jouvencelles. Aussitôt le travail dans cette maison finie, il prendrait son argent, elle sa vie. Elle l'oublierait rapidement.... Du moins, son instinct le désirait plus que tout, contradictoirement à une autre partie d'elle....

Et bien au risque de te décevoir la belle .... T'es écus m'intéresse pas...T'as besoin d'un mec.. moi d'une piaule en permanence pour le cas où. Alors j'te propose mon aide pour retaper ta turne et toi tu t'engages à m'recevoir quand bon me semble et l'temps qu'il m'plait. C'est à prendre ou à laisser Elisabeth.

Voilà de quoi la faire descendre de son nuage assez rapidement. La bouche légèrement entrouverte, elle était stupéfaite. Tout dans son regard était figé, ainsi dans son corps légèrement, bien qu'étrangement, frêle tout à coup, pouvait dire à Bage qu'il l'avait surpris et la laissait sans voix.

Brusquement elle aurait voulu se dégager, aucunement d’accord avec cela. Une tempête coléreuse s’élevant en elle. Si elle acceptait ces conditions, elle ne pourrait jamais se l’enlever de la tête, elle qui bataillait déjà pour cela en ce moment. Mais, comme elle vient pour se lever, les mains de son hôte reprirent leur caresse contre ses cuisses, engourdissant ses sens. Devenant même plus audacieuses dans leur aventure et glissait vers les profondeurs de ses cuisses. Elle détestait les hommes ! Elle aimait les hommes ! Arf.... Les contractions se faisaient si ardues en elle. Se dégager de cette éteinte sensuelle et grisante ou le laisser faire jusqu'à ce qu'elle regrette sa stupidité ou cupidité, peut importe ? Prise à son propre jeu... Désolation.... Voilà en quoi elle en était rendue se disait-elle pendant que son bassin bougea doucement, ses cuisses s'écartant un peu davantage, lui laissant l'intime conviction qu'il marquait des points. L'envie de lui était tellement persistante, ce feu qui grésillait dans les yeux de Bage si envouteur. Comment résister ? Elle n'était qu'une simple femme avec des envies à assouvir.

Pourtant, d’un geste vif, avant qu’il n’aille trop loin, un moment d’éclair dans son esprit, elle lui attrapa les poignets, lui empêchant de poursuivre sa quête.

Minute beau brun…. Je pourrais prendre n’importe quel ‘’ mec ‘’ quidam justement. Je crois pas que j’aurais à ‘’quémander’’ bien bien longtemps….Si j’accepte à tes conditions, je risque de m’en mordre les doigts le jour où je voudrais te mettre à la porte puisque je n’ai qu’une parole…. Alors, dis-moi pourquoi je te prendrais toi plus qu’un simple ouvrier rémunéré ? Et tu comptes partir et venir à ta guise, certes mais, tu comptes aussi travailler ici pendant que tu seras sous mon toit ou simplement te prélasser dans les lits des autres filles ?

Elle avait mis délibérément le mot '' autre '' dans sa phrase, ne voulant pas lui démontrer une once de ce qui pourrait justement l'habiter. Pas qu'elle était jalouse, il aurait pu se taper toutes les filles du bordel un après l'autre, naturellement, si sa capacité masculine lui permettait, elle n'aurait jamais rien dit. Elle n'était pas du genre exclusif. Cependant, de voir un parasite vivre à son crochet et lui bouffer ses profits, elle n'était pas certaine que cela lui convenait. Amourette ou pas, béguin ou pas... pas si vite !Elle avait encore un peu de jugeote. Elle pourrait avoir ce genre d'adonis dans son lit quand elle voulait, certes sans rien éprouver comme avec lui malheureusement, mais, au moins il la paierait elle au lieu de dépenser ses écus. Il avait beau dire que l'argent ne l'intéressait pas, elle ne se laisserait certainement pas berner aussi facilement. Tout le monde avait un prix !Il avait intérêt à être convainquant s'il voulait qu'elle accède à cela sinon, il se conterait de l'argent ou de foutre le camp !


--Bagerand a écrit:


Un sourire satisfait aux lèvres lorsqu’il constata sa surprise. Il ne se trompait donc pas ; elle cherchait un pigeon pour remettre la turne en état contre quelques malheureux écus et ensuite « au revoir ». Plus de doute ! si il voulait passer l’hiver du temps "au chaud", il allait devoir se la jouer finement. Il regardait attentivement ses réactions et sourit intérieurement lorsqu’il sentit que ses mains baladeuses ne la laissaient de marbre. Les jambes de la belle s’ouvraient telle les pétales d’une fleurs sous la caresse du soleil naissant, ses mains s’aventuraient donc plus profondément, le bout de ses doigts atteignant déjà son trésor caché. Il sentait l’envie de gouter à nouveau à ses charmes doucement monter en lui. Elle était sous son emprise, sous peu il la renverserait pour la prendre comme la nuit passée. Enfin c’est ce qu’il crut….

Alors qu’il la croyait donc à sa merci, elle lui bloqua les poignets ce qui le surpris sans pour autant qu’il le lui montre. Il la sonda à nouveau et ne put s’empêcher de sourire lorsqu’elle lui dit qu’il n’était pas indispensable, qu’elle pourrait aisément trouver ailleurs. Parmi les clampins de ce trou à rats se dit-il. Cependant, il eut comme un pincement lorsqu’elle avoua qu’un jour elle pourrait bien avoir envie de le jeter. Etait-il en train de s’attacher à cette fille ? Il se refusait d’y croire, se forçant à penser qu’il avait juste envie de revivre un peu de la nuit passée, quelque temps encore…. Jusqu’à ce qu’il se soit rassasier de son corps. Il fallait qu’il l’endorme encore, qu’il l’envoute, chose qu’il avait pourtant cru faire !

Elle lui maintenait les poignets, empêchant ses mains d’aller plus avant, mais ses doigts se remirent à frôler en douceur le satiné de ses cuisses. Son regard s’emplit de malice, il allait donc de nouveau tenter de jouer à son propre jeu.
Il lui décrocha son plus beau sourire aisément lorsqu’elle lui dit pouvoir embaucher l’un de ces clampins du village.

….. Tu penses vraiment qu’un d'ces bouseux pourra faire aussi bien qu'moi. Lui pensait plus à la nuit précédente qu’aux divers travaux à faireBeauté, t’oublie un truc, c’est que je t’ai rien d’mandé au départ et qu’c’est toi qui voulais quej’t’aide…. Et t’es écus m’interesse pas, j’ai les bourses pleines poupée… t’en auras donc plus qu’tu crois…. Si toute fois ça t’tente…. Et j’compte r’venir oui…. Un ramonage par chez toi ça t’seras utile aussi tu crois pas….

Dans quel sens fallait-il qu’elle prenne ces mots ? Pour lui au figuré c’était certain, restait à souhaiter pour lui qu’elle ne ferait pas de même
Il accentua les mouvements de ses doigts et sans l’avoir quitté des yeux il ajouta

Chui doué d’mes mains… Alors à toi d’voir, un bouseux qui te décevras… ou un homme qui te dit savoir faire travailler ses mains…



Dernière édition par Admin le Mar 2 Juin - 9:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Mar 27 Jan - 18:47

--Elizabeth a écrit:


Les yeux d'un vert profond d'Elisabeth étaient plantés dans ceux d'acier de son compagnon du moment. Loin d'être tendre et désireux comme la veille, ils étaient plutôt défiant cette fois. Pas question de se faire avoir par une aussi belle gueule quelle qu'elle soit. Fallait avouer cependant qu'une gueule dans son genre avait tout pour la faire fondre. Que ce soit ses lèvres moyennement charnues et soyeuses qui auraient pu la faire flancher ou encore de ce début de barbe qui lui saillait à merveille. Elle chassa rapidement ses pensées avant de poursuivre son détaillement qui aurait tôt fait de la faire sombrer. Pas question ! Elle ne cèdera pas à un chantage quel qu'il soit !

Son petit béguin pour lui, aurait tôt fait de la faire changer d'avis tout comme ses doigts qui l'envoûtaient à se mouvoir tout contre elle en ce moment. La tête commença à lui tourner odieusement malgré ses efforts pour rester saine d'esprit. Ce sourire qu'il affichait, si malicieux et si irrésistible... Quelle femme pourrait lui tenir tête ? Lentement son corps se décrispa doucement, se laissant aller à cette caresse exaltante.

….. Tu penses vraiment qu’un de ces bouseux pourra faire aussi bien que moi. Beauté, t’oublie un truc, c’est que je t’ai rien d’mandé au départ et qu’c’est toi qui voulais quej’t’aide…. Et t’es écus m’interesse pas, j’ai les bourses pleines poupée… t’en auras donc plus qu’tu crois…. Si toute fois ça t’tente…. Et j’compte r’venir oui…. Un ramonage par chez toi ça t’seras utile aussi tu crois pas….

Juste au surnom de poupée, elle se renfrogna. Elle avait l’air de son jouet peut-être ? Non mais pour qui se prenait-il ? Elle n’eut pas le temps de lui cracher son venin en plein visage, la haine se mêlant au désir qu’il faisait naitre en elle en accentuant ses caresses de ses doigts. Elle tenta de refermer les cuisses mais, déjà, le désir était trop imminent chez elle. Elle savait qu’il avait raison sur bien des points. Elle ne pourrait trouver mieux que lui, c'était une certitude mais, lui céder en revenait à le laisser avoir main mise sur elle, éternellement. Elle était sûr que jamais elle ne saurait lui dire non.... Arf, qu'elle con elle pouvait être lorsque la veille elle s'était offerte à lui, laissant les sentiments l'envahir. Elle était plus prudente que cela habituellement, pourtant....

Chui doué d’mes mains… Alors à toi d’voir, un bouseux qui te décevras… ou un homme qui te dit savoir faire travailler ses mains…


Elle frémit au double sens de ses paroles. L'avoir sous la main pour réparer cette piaule ou encore la satisfaire était pas si mal après tout.... Elle pourrait s'en accommoder parfaitement.

Bon d'accord, disons que je t'engage, cela ne te donnera pas tous les droits Casanova.... N'oublie pas qu'ici, c'est moi la patronne. Mais je crois parfaitement, qu'on trouvera à s'entendre....

Sur ses mots, elle libéra l'entrave de ses poignets, le laissant prendre possession un court moment, s'enivrant de cette suave attention. Elle finit cependant par couper court à cette démonstration affectueuse de sa part en plaquant ses cuisses l'une contre l'autre. Ses lèvres formant un demi-cercle, un sourire malicieux s'y dessinant.Assez fière d'elle pour une fois contre lui. Elle savait que les prochaines semaines serait un jeu de chat et de souris. Qui ne voulant céder à l'autre... Elle aimait ce genre de caractère qu'avait l'adonis. Elle allait pas s'ennuyer avec lui. Elle n'en doutait pas un seul instant.

Elle déposa ses lèvres un long moment contre les siennes pour éviter un dialogue contradictoire et puis, ensuite, se releva.

Je te fais faire le tour du propriétaire et après, je file à la mairie. Allez magne tes jolies fesses don juan !


Elle se releva d'un bond, s'échappant de ses doigts qui tenaient de la retenir encore un instant... un trop long instant si elle s'était laissée faire....Elle enfila le pantalon trop grand qu'elle avait abandonné à côté de la besace de Bagerand avant d'avoir trop envie de ses lèvres, sachant le regard de son invité déçu que cela s'achève aussi brusquement, ses yeux définissant de nouveau ses jambes jusqu'au galbe rond de ses fesses qu'elle lui présentait en s'habillant. Le sourire toujours aux lèvres, satisfaite de le faire un peu damné à son tour, en se refusant ainsi. Elle l'attendit, qu'il se lève enfin à son tour pour la suivre dans les pièces avoisinantes.


--Bagerand a écrit:


Le sourire satisfait aux lèvres, avant même qu’elle ne lui réponde, il sentait bien que l’affaire était dans le sac, il l’avait lu dans ses yeux, ressentit dans ses poignets qu’elle ne tarderait pas d’ailleurs à lâcher. Bingo ! l’affirmation orale compléta ce qu’il avait pressenti et lui libéra ses gestes.

Ses mains se remirent aussitôt à l’action reprenant le chemin des paradis cachés, ses doigts déjà explorant l’endroit, mettant tous ces sens en éveils. Alors qu’il s’apprêtait à prendre de ses lèvres le bout de sein que la chemise mal fermée laissait entrevoir, elle referma ses cuisses comme une huitre se serait refermer afin de protéger sa perle. La frustration de Bage dut se lire sur son visage aux vues du sourire qu’elle afficha. Les lèvres qu’elle vint ensuite coller contre le siennes n’arrangea en rien l’affaire de notre homme. Le baiser échangé en fit qu’augmenter ses envies.

Elle se releva d’un bond, comme si une mouche venait de la piquer, le plantant là alors qu’il était en parti au garde à vous, lui annonça qu’elle allait lui faire faire la visite des lieux et ce toute suite ! N’arrivant pour le moment pas à bouger si ce n’est les yeux pour mater ses courbes qu’elle ne tarderait pas à cacher dans un froc où deux comme elle aurait pu tenir, Bagerand tentait en vint de se détendre. Pour sur qu’elle allait le rendre dingue, il lui faudrait prendre le dessus face à ce démon de sensualité. Parvenir à ce qu’elle en redemande et certainement pas l’inverse. Il ne savait si se serait le cas, n’y songeait d’ailleurs pas. Ses pensées allaient plutôt vers un baquet d’eau glacée où il se serait plongé afin d’avoir enfin les idée claire et le corps en paix.

Il finit quand même par se lever se disant que la visite de la turne le remettrait sans doute au repos si tentait bien sur qu’une des piaules ne soit pas en trop bon état. Sait-on jamais les idées qu’il pourrait encore avoir en entrant dans une chambre et y trouvant un lit accueillant….


J'te suis...... Ne trouva t-il qu'à lui dire tant il était au max de la frustration.

D'ordinaire il ne serait pas resté dans un tel état, c'était sans doute une des rares fois qu'il ressentait ce sentiment, il l'aurait plutôt prise de force pour assouvir la soif qui lui brûlait le corps. Mais elle ne perdait rien pour attendre, il savait bien que sous peu elle serait à sa merci. Le soir venu il comptait bien la passer à la casserole.


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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Sam 7 Fév - 17:42

--Elizabeth a écrit:


Lizzy passa rapidement main dans ses cheveux, une manie qu'elle avait, le regard toujours concentré sur le Casanova non loin qui pour le moment, n'avait toujours pas bougé. La lumière qui entrait doucement par une des hautes fenêtres de la pièce, jouait de sa luminosité dans ses cheveux, lui donnant une brillance tel un ange descendu exprès pour la faire damnée.... Un démon avec une auréole.... Du jamais vu encore ! Pourtant, il y arrivait très bien ce mi- ange, mi-démon. Un soupire silencieux et elle attendit qu'il la rejoint non sur un ton qui laissait présager un désappointement loin d'être anodin. Elle finit par sourire, plutôt satisfaite d'avoir le dessus pour le moment sur lui. Elle se doutait bien qu'elle n'y arriverait pas toujours, résister à ces charmes étaient presque surhumain, déjà trop emprise de lui. Elle était loin de s'imaginer que ce serait le cas lorsqu'elle l'avait invité la veille, sinon, elle se serait surement préservé un peu plus...

Bagerand se retrouva à ses côtés en deux enjambés simples mais, elle pu voir à sa démarche qu'il n'était surement pas à l'aise dans ses pantalons, peut-être un peu trop à l'étroit . Elle se retenait d'éclater de rire, il y avait autre chose de plus sérieux à faire pour le moment mais, cette image la hanterait surement encore en allant chez le maire tellement il était cocasse de voir un tel gaillard épris de ses propres envies inassouvis.

Arrivé à sa hauteur, elle glissa sa main doucement dans la sienne, retrouvant un peu de la chaleur qu'il dégageait, ne pouvant presque plus s'en séparer désormais. Finalement, jouer à torturer l'autre lui revenait en plein fouet comme si elle avait frappé sur un bouclier d'une arme trop lourde pour elle, n'arrivant pas à le fendre, raisonnant de toute sa puissance en elle. L'effet ricochet était pénible mais, si exaltant....

La visite guidée commence…

Ils longèrent un étroit couloir où la peinture écaillait par endroit, les larges fenêtres, dont une cassée étaient sombres de saletés dû aux nombres d'années où la maisonnée avait été inhabitée.

Va falloir changer ce carreaux, refaire la peinture ici et ça... également à changer...

Elle lui démontra un énorme trou dans le plancher devant une des pièces ,juste au moment où il allait déposer le pied dedans. Possiblement que le bois avait dû pourrir et s'était effondré il y avait bien longtemps par un visiteur étranger à cette demeure. Ce n'était que le début des travaux à faire. Elle lui fit faire le tour des autres pièces, les multiples chambres à coucher étaient surtout poussiéreuses, elle se doutait cependant que ce n'est pas lui qui ferait le ménage. Comme les hommes adoraient le dire, c'était un travail de femme ! Vive les machos... Elle engagerait quelqu'un en ville pour l'aider dans cette tâche. Elle lui donna plus de précision sur ce qu'elle voulait à son nouveau complice quand à la peinture et autre à chaque nouvelle pièce visitée. Elle arriva à la cuisine où d'autres fenêtres seraient également à changer, la porte aussi, défoncée, les gonds arrachés violemment, signe d'intrusion. Et elle lui montra un énorme trou dans le toit pour finir.


Tu devrais commencer par cela à mon avis….. J’aimerais bien que ce soit fait avant qu’on soit à patauger dans la neige….

Elle lui démontra d’un doigt l’eau fondue accumulée sur le sol et lui fit un léger clin d’œil.

Y'a du pain sur la planche mais, on peu y arriver et je te fournirais l'argent nécessaire pour acquérir ce dont tu auras besoin. Pendant que je vais à la mairie pour l'acte de propriété, trouve un forgeron et un charpentier, tu auras surement besoin d'un coup de main.... Ça évitera de t'épuiser avant cette nuit !


Elle rit cette fois et délaissa sa main, une fois de retour dans la pièce qui les avait abrités la nuit passée. Elle lui lança une large bourse tintant d'écu.

Ça devrait suffire pour commencer.

Elle déposa ses lèvres sur les siennes avant de prendre congé.

A plus tard….

Elle se dit que c'était risqué ce qu'elle venait de faire, il pourrait prendre la bourse et foutre le camp comme un petit voleur de bas-étage. C'était un risque qu'elle était prête à prendre. Au pire, elle aurait largement payé ses services de cette nuit passée en sa compagnie. Elle en garderait un somptueux souvenir bien qu'une amère déception quand à la suite.... D'un pas certain, elle ne se retourna pas, prête à vivre cette expérience même seul s'il le fallait bien qu'elle chérissait l'espoir de le revoir à son retour. Direction la mairie et le marché maintenant... Une nouvelle vie s'offrait à elle, parsémé de passé et d'avenir.


--Bagerand a écrit:



Elle glissa sa main dans la sienne qu’il referma automatiquement caressant du bout des doigts le dos de cette petite main qu’il trouvait fort douce. Comment aurait-il put penser à autre chose qu’à la douceur de cette fleur sauvage ? Il tentait bien de penser à autre chose sans pour autant y parvenir. De mémoire, jamais encore il n’avait ressenti ce sentiment de frustration et ce simple contact n’était pas pour le calmer. D’ailleurs, il aurait très bien put casser cet attouchement mais quelque chose en lui l’en empêchait.


La visite commença, il tenta de s’y intéresser, regardant les murs à rafraichir, la fenêtre à changer, aux dires de la belle, essayant de se concentrer alors qu’une petite voix en lui lui murmurait « Bon sang qu’elle est bandante» Un combat contre lui-même commença…

Une partie de lui se laissait aller aux sentiments alors qu’une autre voulait reprendre le dessus. « Bordel ! Réagis ! C’est qu’une donzelle parmi d’autre ! Concentre toi » Les pièces défilèrent en même temps que les ordres, lui ne vit que les lits lorsqu’ils franchirent le seuil de chaque chambre « la prendre là sur ce lit…regoûter à sa peau.. » Pas le temps cependant de s’éterniser, c’était à croire qu’elle lisait en lui, le trainant d’une pièce à l’autre. C’est lorsqu’il faillit mettre un pied dans un trou du plancher qu’il finit par se demander ce qui lui arrivait, maugréant intérieurement contre lui-même « elle est en train de me rendre fou j’vais quand même pas m’laisser endormir pour un beau cul… » Ce fit sur lui l’effet « boule de neige »

Il se retrouva dans la cuisine avec enfin la tête à ce qu’il fallait faire pour remettre cette turne en état. Jusque là il n’avait pas tellement prête attention et finit donc par se rendre compte qu’il y avait de quoi faire. Le toit en effet devait être réparer au plus vite, à bien regarder ce n’était que quelques tuiles à remettre, rien de bien méchant en fait. Il ne fit pas plus attention que ça au clin d’œil qu’elle lui fit, pas plus qu’à l’allusion concernant la fatigue qu’il accumulerait, réfléchissant déjà à ce qu’il aurait besoin et au nombre d’homme qu’il faudrait pour faire avancer au mieux cette restauration.

Ils retraversèrent donc le couloir pour les mener de nouveau dans cette sorte de salon, là seulement sa main s’échappa, il en éprouva comme un soulagement se pensant désormais hors de son emprise. Il rattrapa la lourde bourse qu’elle lui envoya, n’avait encore rien trouvé à dire jusque là, s’apprêtait d’ailleurs à ouvrir la bouche pour lui annoncer un peu comment il allait s’y prendre, mais n’en eut pas le temps….

Ses lèvres, pulpeuses, douces, fruitées virent se poser sur les siennes le laissant déjà trop pensif…. Et le temps qu’il réagisse, elle était déjà devant la porte ne lui laissant qu’un « A plus tard.. »

Une fois seul dans les locaux, il posa la bourse près de sa cape et refit le tour de la masure afin de voir vraiment les travaux à effectuer. Là, elle hors de sa vue et ses sens, il pouvait désormais évaluer l’ampleur de la tâche. Ça ne lui prit pas trop de temps pour ce faire avant qu’il n’ailler récupérer les écus et sa cape pour à son tour sortir.


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MessageSujet: Re: La maison des prédilections   Ven 13 Mar - 17:26

--Lizzy a écrit:



Le parcours dans les rues de cette ville avait été assez simple. Elle avait commencé par se rendre au marché dont elle était tombé peut-être dessus par hasard mais, qui n’était pas très ardu à dénicher puisque au cœur de la ville. Il faisait très doux étrangement aujourd’hui. Le soleil diffusait une chaleur qui faisait étinceler des reflets bleutés dans ses cheveux ébène. Lizzy avait déambulé parmi tous les marchands, s’attardant à évaluer toutes leurs étalages. Elle avait rapidement trouvé ce qu’elle cherchait. Elle s’offrit une splendide robe noir qui saillerait ses courbes à merveille tout en contrastant avec son teint diaphane. Elle avait pris de quoi se nourrir ainsi que son invité chez elle pour les quelques prochains jours et avait filé vers une taverne pour pouvoir se changer.

Une fois débarrassé de son accoutrement de fortune, gentiment offerte par Bagerand, elle se sentait un peu plus féminine. Elle avait parfaitement choisi parmi toutes les tenues offertes. Elle l’avantageait, faisant d’elle une véritable femme bien que même dans des braies, il ne fallait pas se méprendre sur sa véritable nature. Elle demanda à un passant où elle pourrait trouver le cadastre de cette charmante ville. L’homme la dévisagea avec un sublime sourire et lui indiqua le chemin à suivre. Elle le remercia chaleureusement avec un sourire envoutant à son tour et repris le chemin.

Arrivé à un des bureaux de la maison qui servait d’office de cadastre, elle rencontra la personne en change de toutes les maisons de cette ville. Quand Élisabeth lui parla de la maison qu’elle avait en vu, il resta un peu stupéfait, lui demandant pourquoi cette ville bicoque en ruine. Elle lui dit qu’elle aimait tout simplement le charme rustique de la maisonnée. Jamais il n’avait espérer la vendre, il lui tendit même les papiers très rapidement, espérant qu’elle ne change pas d’idée en cours de négociation. Elle signa tous les formulaires adéquat et le paya grâcement pour ses services. Elle reparti ainsi avec l’acte de propriété sans pour autant avoir dû user de ses charmes pour le convaincre de la vendre. Elle était assez satisfaite, presque trop facile cependant.

Elle prit son temps pour rentrer, faisant un examen plus complet de la ville, s’attardant à chaque recoin pour voir à quel genre de place elle allait s’établir définitivement. Ce n’était pas rien pour elle, une nouvelle vie allait recommencer. Heureusement, Albi avait l’air d’être une ville tout à fait extraordinaire. Le marché était pleins de victuailles et regorgeait de gens, les tavernes animées et spontanées, le Tarn était magnifique même en hiver où quelques enfants s’amusaient à faire des batailles de boules de neige. Elle avait très bien choisi l’emplacement de son nouveau bébé, son nouveau gagne-pain.

Elle rentra pour trouver la maison close. Bagerand était parti apparemment trouver ce dont lui aurait besoin. Parfait, cela lui permettrait de se relaxer un peu. Cohabité avec lui ne serait pas aisé, elle le savait. La promesse qu’elle avait du lui faire lui brulait toujours les lèvres. Si seulement il n’avait pas insisté… elle avait bien peur qui finissent par être une entrave à ses projets par le simple coup-de-foudre qu’elle commençait à déceler pour lui. Cependant, il ne pouvait pas savoir tout le trouble qu’il animait en elle juste à poser son regard d’acier sur sa personne. Elle était une fille qui abandonnait son corps pour le plaisir d’autrui, il le savait…. Il ne pourrait jamais rien y avoir entre eux. Elle s’ôta donc rapidement cette idée de la tête en faisant chauffer de l’eau dans une grande marmite en fonte qu’elle avait trouvée dans la cuisine. Elle fit de même plusieurs fois et rempli le baquet, heureusement intact de la salle de bain. Elle pu ainsi retirer tout ses vêtements et s’abandonner dans une eau très chaude et salvatrice, rêvassant à tout ses projets qui allait sous peu se concrétiser….


--Bagerand a écrit:



Il avait donc passé la journée à arpenter les rues et les tavernes de la ville pour trouver la main d'œuvre et les matériaux qu'il faudrait pour retaper la maison. Durant tout ce temps, la brune ténébreuse lui était sorti de la tête, ce qui n'était pas forcément un mal, ça lui avait au moins permis de se concentrer sur ce qu'on attendait de lui.

Il était donc très tard lorsqu'il était revenu dans la bâtisse, un sourire de satisfaction aux lèvres. Il était parvenu à trouver assez de monde pour que les travaux avancent au plus vite et n'avait pas dépensé tous les écus qu'elle lui avait confié. Il l'avait retrouvé dans la même pièce, la seule en faite qui fut relativement habitable Il lui avait rendu son or avec un sourire qui en disait long, l'avait trouvé fort attirante dans cette robe neuve, le lui avait d'ailleurs montré à la nuit tombée.


Les jours, les semaines passèrent, les travaux avançaient et de plus en plus il sentait qu'il ne pourrait pas la quitter. Il emplissait ses jours entre peinture et autre rénovations et ses nuits à se nourrir de son corps dont il restait toujours affamé.

Un matin, une fois tous les travaux enfin terminé, il lui présenta une lanterne rouge, seule chose qui manquait encore et qui lui laisserait suspendre, comme la règle l'exigeait.


Voila Elizabeth.. te reste plus qu'à mettre ça...

Son contrat était terminé, il n'avait pas envie du tout de partir, ne savait encore ce qu'elle lui réservait. Lui dirait-elle de partir ? de rester ? Il ne tarderait pas à le savoir....


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