Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 Chapitre V Bis : Octobre 1458 Sur les routes...

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MessageSujet: Chapitre V Bis : Octobre 1458 Sur les routes...   Mar 14 Déc - 14:31

--Pierric a écrit:
[hrp]
Ce RP est là pour faire l'entrée en matière du reste de la maisonnée Dict du Cougain qui iront se greffer ensuite dans le RP en cour. Merci donc de ne pas y intervenir sans en avoir demandé avant l'autorisation qui pourra d'ailleurs vous êtes accordée si votre intervention à une logique dans l'histoire.  Bonne lecture et bon jeu à tous. PNJ Pierric[/hrp]




Le pigeon parvenu à Cordas annonçant que le reste de la famille devait  rejoindre  Narbonne, Pierric, avec l’aide de Mélisandre, n’avaient pas perdu de temps  à tout organiser pour ce départ précipité. Des chariots avaient été chargé de malles contenant tout ce qu’avaient besoin les enfants de Cordas, un chariot avait été aménagé pour le confort  des deux jeunes enfants et celui de la nourrice de la petite dernière. Deux  hommes en tête, deux en queue. Pierric et Greg, le compagnon d’Hélie, encadraient la Damoiselle Mélisandre,  et la jeune Joséphine, tous en selle en ce début de trajet, le percepteur du jeune garçon suivant loin derrière, se renfrognant à l’idée de devoir quitter sa belle province pour le Languedoc où il n’avait jamais mis les pieds..

Les premiers jours de voyages se déroulèrent au mieux et ce, à la grande surprise de Pierric qui s’attendait à voir le jeune héritier à faire des siennes.  Pourvu que cela dure ne cessait-il de se dire lorsque ses yeux se portaient vers l’enfant terrible. Car terrible il l’était ! Ne ratant pas une bêtise s’ingéniant même à en faire de «  savoureuse » Si seulement il avait été un peu plus comme sa sœur se pensait Pierric.  Calme, silencieuse, la jeune Joséphine ne se plaignait jamais, ne répondait  pas plus. Elle se laissait vivre, préférant la solitude à la compagnie, passant des heures durant à jouer de sa harpe. L’idéal en somme par rapport au petit démon qu’était Tristan. Cependant, la sagesse de l’enfant l’inquiétait. Ils venaient de traverser  pratiquement tout le comté toulousain et Tristan jusque là s’était tenu fort sage que Pierric était à se demander si l’enfant n’était pas malade.

Cependant le voyage se poursuivait tranquillement. Ils faisaient plus d’arrêt qu’il n’aurait fallu mais ne pouvait faire autrement avec les enfants qui avaient besoin de se défouler les jambes.  Jusque là, le temps leur avait été clément. Même si le matin il commençait à faire frais, la journée, le soleil était de la partie ce qui rendait le voyage beaucoup plus  agréable et les journées semblaient moins longues à tous excepté le précepteur...

Ce soir là, alors qu'ils étaient proche de la frontière Languedocienne,  Ils firent tous halte dans une petite clairière en retrait de la route, où, abrité par des arbres et boissons, un petit cours d'eau leur apporterait le nécessaire pour se rafraichir et se désaltérer. Une tente aux couleurs de Cordas fut érigée pour y coucher les trois enfants et leurs femmes. Les hommes , comme d'ordinaire s'enrouleraient dans leur fourrure autour du feu et deux d'entre eux, à tour de rôle, monteraient la garde. Pas question qu'il arrive quoi que ce soit durant ce périple. A cela, Pierric en faisait un point d'honneur.

____________

--Melisandre a écrit:


Chaque jour se suit mais ne se ressemble pas...

La jolie rouquine qu’elle était en faisait les frais depuis un petit bout de temps maintenant. Un jour elle se refusait à l’homme le plus irrésistible que la terre est portée et le lendemain, elle sombrait dans ses bras pour un envoutement de lèvres que jamais elle n’oublierait… Un jour elle était à remplacer le percepteur de Tristan pour son jour de congé… bien mérité… assise avec le plus adorable des petits démons blonds, à lui lire une histoire… Le lendemain, elle sillonnait les routes avec toute la famille pour rejoindre les terres Languedociennes. Si après toutes ses années passés auprès de la famille Dict. du Cougain, elle avait appris une chose, c’était que le vent tournait toujours chez eux… tôt ou tard… bien ou mal… mais il changeait constamment de cap.


Tout préparé avait été aisé pour partir rapidement. Les domestiques à Cordas savait à quoi s’en tenir et était très efficaces. Si le Maistre ordonnait, ils s’exécutaient… point à la ligne ! Lorsque Pierric était venu la trouver pour préparer la famille et ses besoins, elle n’avait pas eu trop de difficulté à distribuer les tâches et tout avait été prêt dans la nuit pour le départ aux aurores. Par contre, elle n’avait pas su le pourquoi de cette soudaine expédition. Hélie était partie à Narbonne pour voir comment allait l’hiérarchie familiale. Cela n’aurait dû prendre que quelques jours… mais n’était toujours pas rentré et on leur demandait de se rendre là bas le plus rapidement possible. Elle était inquiète pour Hélie, son absence la pesait lourdement et ne pas savoir ce qui se passait encore d’avantage !

Ce qui avait été le plus ardue avant d’entamer le voyage, fut de convaincre le percepteur de Tristan de les accompagné. Il avait refusé, boudé, crié même… Il fût le seul obstacle de Mélisandre. Sous aucun chef  il ne quitterait sa demeure et sa famille. Elle détestait ce servir de chantage mais avec lui, elle en avait eu recours. Sans savoir si la rumeur était fondée ou pas, elle lui avait chuchoté au creux de l’oreille que s’il n’était pas assez sage pour les suivre, elle raconterait à sa femme qu’il l’était encore moins lorsque son travail terminé, il trainait aux cuisines. L’homme avait tellement rougit, partie faire ses malles sur le champ que Mélie avait compris que ce n’était pas un ragot. Elle s’en était voulu aussitôt mais bon… il ne lui avait pas laissé le choix. Elle ne pouvait pas surveiller Joé, bien qu’elle ne demande pas beaucoup de soins, toujours à rejeter tout le monde, n’ouvrant que très rarement la bouche, et Tristan… Cette petite tornade aussi blonde que sa mère était à son septième percepteur ce mois-ci… et le dernier en liste, celui les accompagnants ne ferait pas long feu… la rouquine le savait.

Cela l’attristait tout de même. Elle passait de si agréable moment avec la petite terreur. Que ce soit lorsqu’elle lui racontait des histoires, lorsqu’il la réclamait la nuit enclin à des cauchemars ou simplement lorsqu’il avait mal et qu’il demandait ses bras consolant ou même lorsqu’il ne voulait que discuter ou  se confier… elle avait toujours été là pour lui. Depuis un an, elle lui avait un peu servi de mère de substitution. Dona de Cordas manquait à sa famille et parfois, elle se disait que cela devait surement jouer sur le tempérament  du fils chéri des Cougain.

Enfin, depuis des jours que le voyage allait bon train et aucun incident. C’était presque un exploit. Joséphine se terrait dans la lecture, ne pipant mot que si on la forçait. L’adorable bambin qu’était Floriabel nous égayait de ses nombreux sourires aussitôt qu’on l’approchait. Tristan se tenait étrangement tranquille…. D’ailleurs, elle appréhendait qu’il mijote quelque chose… il était trop calme, à croire que des ailes lui avait poussé… les cornes bien caché sous sa chevelure blonde, elle n’en doutait point. Pierric quand à lui trouvait la situation certes anormal mais elle faisait tellement son affaire qu’il ne chercha pas plus loin aux désespoirs de son amie rousse.

Le soleil avait déclin rapidement en cette journée, les terres du Languedoc n’étaient plus très loin. Un jour, peut-être deux et ils seraient à Narbonne. Tout allait dépendre du nombre d’halte future et de leurs durées respectives. Elle avait hâte d’y être mais comprenait que leur confort des enfants primait sur ses propres envies. Ils s’arrêtèrent tous pour la nuit dans une petite clairière parsemée d’arbre et qu’un cours d’eau qui laissait une douce mélodie en guise de fond sonore.  Elle s’occupa d’alimenter tout le monde pendant que les gardes s’activaient à monter le campement, des tantes poussant comme des champignons. Elle avait laissé Joé dans cette avec la nounou et le bébé. Elle cherchait Tristan des yeux sans pour autant le trouver. Elle fût prise d’une inquiétude sans pareille. Il était là… tout près d’elle, il n’y avait pas si longtemps !


TRISTAN ?!!! TRISTAN ?!!!!

Le soleil n’était plus qu’un souvenir maintenant et la nuit s’installait confortablement. Il était l’heure pour lui de filer vite sous la couette si demain il voulait être en forme pour le reste du trajet. Elle demanda à plusieurs gardes mais personne ne l’avait vu jusqu’ici. Où pouvait se cacher ce petit monstre encore ?!! Elle fit le tour des carrioles, la cache-cache étant un jeu qu’il appréciait mais c’était loin d’être le moment. Lorsqu’elle trouva le percepteur dans une des tantes, elle explosa.

Romain, où est Tristan ?

Les yeux qu’elle lui lançait aurait pu lui glacé le sang sans aucun doute.

J’en sais rien moi mademoiselle.

Comment ça vous n’en savez rien ? Il est sous votre responsabilité. J’ai cherché partout, il est introuvable ! Vous feriez bien de vous mouvez parce que si une tête tombe parce que l’héritier des Cordas est porté disparus, ce sera la vôtre, je vous le garantie !

Pavée d’inquiétudes, de colère envers cet incompétent de percepteur elle se détourna de lui, sortie de la tente dans un fracas de tissus qui venait de claquer derrière elle.

Pierric !!!!

Elle partie à la course vers son ami, vers le homme de garde en chef et en pleurs, se jeta dans ses bras.

On ne… trouve plus…. Tris…tan, il a dispa…rue….cherchée …. Part...outtt…

Elle bafouilla parmi ses larmes qui ravageaient son joli minois. Il ne pouvait pas être loin… mais où ? Et si quelqu’un l’avait enlevé ? Et s’il s’était égaré ? Et s’il avait peur tout seul dans le noir ? Et si… et si….


Tristan.ducougain a écrit:
Tristan n’y comprenait rien aux affaires des adultes, tout ce qu’il voyait en ce long périple était qu’il devait quitter à contre cœur le domaine pour partir on ne sait ou. Il avait eu beau questionner les grands, ils ne lui avaient rien avoué de ce long voyage.

Tristan regardait les bois et plaines défiler en chemin, il restait pensif. Laisser derrière lui ses cachettes préférées, les domestiques qu’il s’amusait à taquiner gentiment, ce grand terrain de jeu idéal à la mesure de ses petites fourberies lui déplaisait au plus haut point. Tout cela allait fort lui manquer. Enfin le voyage n’était pas si désagréable que ça. Long … très long pour un jeune enfant très actif comme il l’était. Au moins passait il ses journées de voyage aux côtés de Melisandre. Malheureusement celle-ci avait eu la très mauvaise idée de faire suivre le dernier précepteur entré au service de la famille.
Mais pourquoi donc avoir entraîné avec eux ce précepteur ! Il trouverait bien en chemin un bon tour pendable à lui faire, quelque chose d’amusant qui pourrait accessoirement le faire disparaître des environs. Son septième du mois … il avait déjà fais mieux et celui-ci n’était pas de taille à lui résister. Et puis d’abord Melisandre pouvait tout à fait s’occuper de son éducation, il préférait passer du temps avec elle plutôt que se faire remplir sa petite tête de choses qu’il jugeait inutiles et rébarbatives !
Tristan repensait à cet instant aux derniers précepteurs qui avaient défilés dans la demeure… le dernier en date avait lourdement chuté dans les escaliers de la tour, et sa descente sur son séant lui avait procuré de fort beaux éclats de rires. Dommage que Père n’ait pas apprécié la plaisanterie. Ce ne pouvait être de sa faute comme le lui avait reproché Melisandre … après tout il n’avait fait que découper consciencieusement les liens des chaussures de son précepteur… pouvait il imaginer que celles-ci cèderaient juste en haut de l’escalier ?

Quelle idée aussi de manquer d’équilibre à ce point !

Melisandre qui était à sa hauteur le regarda interloquée de cette affirmation sortie de la bouche de Tristan, celui-ci lui jeta un sourire angélique que le regard interrogateur de la jeune femme ne troubla point. Sans rien dire de plus il reprit ses observations au dehors… la tête ailleurs.

Rester calme lui coûtait mais la crainte de rester ou d’être oublié en un lieu isolé lui faisait peur. Et puis cette petite bouderie lui allait bien après tout, Melisandre et tout le personnel semblaient s’inquiéter de sa nouvelle attitude et restaient aux petits soins avec lui, venant régulièrement s’enquérir de sa santé ou de son bien être. Et il aimait en profiter mais après tout en tant qu’héritier tout cela lui était dû.
Mais il s’ennuyait ferme il faut bien l’avouer. Pas que l’attelage dans lequel il se trouvait avec ses sœurs soit des moins confortable. Pierric avait fait les choses comme il fallait et rien n’aurait pu manquer à un enfant de son âge. Mais Tristan n’était pas enfant à se contenter de tout cela.

Il vint finalement s’assoire dans un coin rembourré du chariot et bien calé contre un coussin de velours il se laissa bercer par le ballottement lancinant du chariot sur la route parfois caillouteuse sur laquelle ils circulaient. C’est à la tombée de la nuit que Tristan se fit réveiller par Melisandre. Il constata avec bonheur qu’ils s’étaient arrêtés. Enfin il pourrait se dégourdir les jambes, courir à satiété, se défouler en somme.

Tristan descendit du chariot alors que les gens s’afféraient à préparer le campement. L’endroit semblait calme et isolé, en bordure de forêt, un cours d’eau s’écoulant lentement juste à côté du campement en préparation. Melisandre qui avait toujours un œil attentif au blondinet ne le quittait pas du regard. Il n’était quand même pas si turbulent que ça ! Pourtant à chaque éloignement de sa part la jeune femme le rappelait à l’ordre pour qu’il reste à ses côtés. Certes il faisait sombre mais ces grands arbres impressionnant l’attiraient irrémédiablement. Il n’en avait jamais vu d’aussi grands et fournis en feuilles et branches. Le mouvement lent de leur feuillage l’hypnotisait. Il fut tiré de ses rêveries par l’appelle du repas. Il s’installa donc à l’endroit qu’on lui avait préparé pour le souper… cela ne valait pas les repas qu’on lui offrait au domaine mais l’appétit ne lui manquait pas et il dévora plus qu’il ne mangea. Et c’est le ventre remplit qu’il rejoignit Melisandre au cœur du campement.
Malgré l’insistance de la jeune fille à le garder à ses côtés, l’appel de l’aventure se faisait ressentir de plus en plus fort. Profitant d’une inattention peu commune et inattendue de la belle rouquine, Tristan s’éclipsa en se faufilant sous l’un des chariot. Une fois certain que sa fuite n’avait pas été repérée, il se faufila de chariot en chariot jusqu’à atteindre le dernier en bordure de camp. Las le garde posté à cet endroit lui coupait la route jusqu’à la lisière de la forêt. Il était temps d’établir un plan d’attaque !

Tristan chercha comment obliger le garde à quitter son poste… pour une fois il remercia ces précepteurs pour leurs leçons d’histoire et surtout leurs barbants cours de tactique militaire. Il devait donc trouver moyen de détourner son attention. Un caillou lancé dans les sous bois aurait sans doute fait l’affaire … mais indigne par sa simplicité de son esprit vif pensa-t-il.

Des bruits de pas derrière lui le firent trembler, mais il fut vite rassuré, on venait juste d’apporter le repas du garde. Une gamelle toute fumante pas très ragoûtante… Soudain le visage du blondinet s’éclaircit d’un sourire qui ne présageait rien de bon pour le pauvre garde. Il avait repéré un buisson juste quelques mètres derrière lui à l’intérieur du camp. Il le connaissait pour les inlassables recommandations que les jardiniers du domaine lui avaient fait quand aux propriétés purgatives de ses baies. Il avait d’ailleurs pu tester la véracité de ces dires sur la personne de son cinquième précepteur… à moins que ce ne fut le quatrième. Toujours le plus furtivement possible, Tristan revint auprès du buisson, quelques baies en poche qu’il écrasa ni vu ni connu dans le plat du garde.
L’effet des baies ne se fit pas attendre, et bientôt ce côté-ci du camp résonnait des gargouillis monstrueux qui émanaient du ventre du malheureux. Très vite le garde se tordait littéralement de douleurs abdominales accompagnées de sonorités distinctives. Tristan avait toutes les peines du monde à se retenir de ne pas éclater de rire, et ce fut le départ catastrophé du garde en direction d’un grand buisson touffu qui ramena le jeune garçon à son plan initial.

Passant rapidement mais le plus silencieusement possible non loin du buisson ou le garde se soulageait, il pénétra dans la forêt et s’y enfonça sans un regard vers le camp. Heureusement pour lui l’état de la lune lui offrait juste assez de luminosité pour se diriger. Malencontreusement pas assez pour éviter une petite clairière boueuse dans laquelle il s’enfonça, et ce ne fut qu’au prix d’un gros effort qu’il se libéra … l’une de ses bottine n’eut pas la même chance. Un peu dépité de devoir continuer son exploration ainsi il n’en fut pas décidé à mener plus loin sa quête d’aventure, s’enfonçant plus encore dans les bois.
Bientôt le garçonnet dû se rendre à l’évidence… il s’était perdu. Installé sur un gros rocher, il cherchait dans la pénombre les feux du campement. Il ne savait plus d’où il était venu et dans quelle direction il devait se rendre. L’obscurité se fit plus intense, et il commença à prendre peur des bruits incessants et surtout inconnus qui l’entouraient. Il repéra un grand arbre massif dont les branches lui permettraient une escalade facile pensait-il.

Tristan entreprit donc de gravir ce grand arbre, au fur et à mesure qu’il montait, la fraîcheur de la nuit s’enroulait autour de ses épaules et s’infiltrait par le col de sa chemise. Il regrettait bien de ne pas avoir pris plus de temps pour préparer son excursion nocturne. Arrivé assez haut dans l’arbre il chercha le camp mais ne trouva rien qui ressemble de près ou de loin à des feux. Déçu il entreprit de redescendre. La nuit l’englobait, il avait peur mais surtout il se rendit compte qu’il était incapable de redescendre plus bas ne voyant pas ou il mettait les pieds. Tant bien que mal il atteignit une série de branches emmêlées bien abritées du vent léger qui soufflait un air glacial. Tristan se recroquevilla et tant par la fatigue que sous l’effet de la digestion le garçonnet s’endormit à cet endroit.

--Pierric a écrit:



Une journée de plus qui se terminait.
Une de moins pour ce voyage longuet..
Une de plus à se demander.....

Pierric s'était installé un peu à l'écart du campement de sorte d'avoir une vue d'ensemble. Assis au pied d'un arbre, le dos bien calé contre ce dernier, il arborait une mine sombre. Il pouvait enfin ne plus se masquer, être enfin lui même. Souvent, il se demandait si il n'aurait pas mieux fait d'aller faire fortune ailleurs. Non qu'il n'était pas bien à Cordas, au contraire ! Mais il lui pesait de plus en plus de côtoyer journellement son entourage à Elle.
Elle qui croyait douce et aimante...
Elle qu'il avait connu à Montpensier quand toute sa famille était venue s'y installer...
Elle pour qui il aurait pu  faire n'importe quoi...
Elle qui avait fui sans explication pour se cacher dans un couvent...

Il lui pesait de retourner à Narbonne, là où il l'avait vu pour la dernière fois...... il y avait de ça de long mois.

Il plaqua un sourire forcé lorsqu'on lui apporta son repas, le mangea avec appétit et posa l'écuelle vide sur ses genoux. Fermant les yeux, il remâcha sa colère contre celle qui lui avait broyer le cœur. Plus jamais il ne se laisserait allez à croire en un beau sourire et des promesses. Et c'est bien ce qu'il avait fait depuis !!! Soupirant, il se laissa envahir par les bruits que la nuit apportait avec elle. Le courant du ruisseau, chantant et apaisant, le cri d'un hibou annonçant son éveil, un battement d'ailes.
Soirée calme pour son âme tourmentée. Il pouvait dormir un peu, les gardes étaient en place, il ne prendrait la relève que dans quelques heures. Les enfants Cordas devaient être endormis, bien encadrés par ces dames. Tout était donc normal et parfait.

Trop parfait....

Il commençait à se laisser aller au sommeil, l'écuelle qu'il avait sur les genoux avait glissé au sol, la tête tombante, il sentait tout son corps se détendre.


Pierric !!!!!

Dans un sursaut il se retrouva campé sur ses pieds, l'épée sorti du fourreau, prêt à la défense. Il baissa sa main armée lorsque Mélisandre se jeta dans ses bras en larmes. Bon sang !!! elle bafouillait tant qu'il lui fallu un moment avant de comprendre.

Trop parfaite cette soirée....
Vraiment trop parfaite. ...

Il aurait du s'en douter ! Cette peste de gamin avait été trop sage jusque là. Nom d'un chien ! il en méritait des raclées ce garnement ! héritier ou pas !!!


Il ne peut-être bien loin Mélisandre.... Nous aurons tôt fait de le trouver ce....

Il se mordit la langue pour ne pas dire "bon à rien" vite remplacer par...

Tristan...
Faites le tour des tentes, fouillez les chariots avec Romain, je vais voir les gardes, prendre des hommes et nous irons au besoin explorer l'extérieur du campement. Mais ne vous affolez pas trop vite... il se sera très certainement endormi derrière une malle ou sous un chariot... ce serait bien de lui ça.


Il laissa donc Mélisandre partir à ses recherches et s'empressa d'aller questionner un à un les gardes.
A chaque fois qu'il demandait si le fils Cordas avait été vu, on lui répondait " Non chef, la dernière fois que je l'ai vu il était dans le chariot avec la petite et sa nourrice"
Il ne pouvait quand même pas avoir disparu !!! Ne cessait-il de se dire lorsqu'il se rendit au abord de la petite forêt où il avait fait placer le dernier garde.
Dernier garde qui ne se trouvait pas à son poste....

Se tournant vers le campement il hurla


Qu'on m'apporte des torches vite !!!!

Alors qu'il était à remarquer l'écuelle retournée du garde, il perçut des bruits venant d'un boisson proche, leva les yeux pour voir ce fameux garde arriver prestement, plié en deux à remonter ses braies. Les conducteurs des chariots accompagnés de Greg, arrivèrent avec dans chaque main une torche. Après les explications quelques peu nébuleuses du garde qui avait tout l'ait d'être malade, Pierric laissa à son ami Gregory le soin de se charger de la sécurité des deux autres enfants et commença à s'enfoncer dans le bois avec les autres hommes.

La nuit était plus sombre malgré la lune, les torches leurs permettaient de voir comme en plein jour. Ils avançaient lentement, en ligne, appelant le garçon à grand cri chacun leur tour.
Rien.
Aucune trace du garnement.
L'inquiétude grimpait d'un cran au fur et à mesure que le temps passait.
Temps qui semblait s'être figé.


Làà ! M'sieur !!!
Annonça l'un des hommes. Une bottine !!!

Pierric se précipita vers cette voix et lorsqu'il reconnu la bottine cru un instant à un enlèvement. Il fit scinder le groupe en deux, une partie continuant à s'enfoncer dans le bois, l'autre cherchant à relever une éventuelle trace de sabot, confirmant qu'il y aurait bien eut enlèvement. Lui, continuant à avancer criait de plus en plus fort...

TRISTAN.....      TRISTAN........

Ne voulant croire malgré tout qu'on eut pu embarquer le gamin pratiquement sous son nez.....

__________________

--Melisandre a écrit:


La rouquine avait été chanceuse tout de même. Elle s’était jetée dans les bras de son ami sans faire attention à sa main armée. Fort heureusement pour elle, il avait baissé sa garde au moment propice. A pleurer de tout son saule, sans savoir s’il y comprenait quelque chose, elle le maintenait contre elle, découragée par la situation, par la peur qui la tenaillait.

Heureusement, il avait compris ce qu’elle avait voulu lui dire même emprises sous les sanglots. Il prit les choses en main, la dirigeant à jouer à la cache-cache avec ce petit diable de Tristan pendant que lui faisait les interrogatoires des gardes. C’était son domaine de toute manière, ils étaient sous ses ordres et non les siennes. C’était donc parfait… enfin… du moins de ce que ça pouvait l’être. Pourvu qu’il le retrouve sinon… elle n’osait imaginer la déception dans les yeux d’Hélie, de la colère du Seigneur de Cordas, de la tristesse des yeux de Donà Oriabel. Cette famille qui allait déjà si mal serait plus que mal en point cette fois… jamais elle ne se remettrait de la perte de leur petit prince.

Elle sécha ses larmes qui avaient sillonné ses joues pendant qu’elle observait Pierric partir vers le premier garde qui hochait négativement la tête. Elle reprit ses recherches vers le premier charriot, le fouillant de fond en comble.

Tristan…. Je t’en supplie…. Ce n’est plus l’heure de jouer… tu es là ?

Elle tenait tous les moyens en visitant la prochaine carriole.

Tristan... j’ai une surprise pour toi si tu te montre…

Rien à faire… il était introuvable. Elle avait espéré à chaque tente retournée, le voir sortir derrière une couche et faire ‘’ Haha… je t’ai eu Mélisandre ‘’ Mais non… rien… il s’était évanoui dans la nuit. Elle revient à la tente du percepteur et le percuta de pleins fouet à s’en ramasser les fesses au sol. Il avait été ébranlé aussi mais ce tenait toujours debout lui comparativement à elle. Il la toisa méchamment du regard, des sacoches sur l’épaule. Le salaud !!! Il partait. Enragée la belle fut emplie de fureur, ne fit qu’un bond et se retrouva à le marteler de ses poings. Fragile, elle ne l’était plus soudainement, la colère avait fait jaillir en elle une dose d’adrénaline excessive.

Vous partez lâche que vous êtes !  Vous pouvez… si vous pensez que le Seigneur de Cordas ne vous retrouveras pas s’il ne récupère pas son fils… vous le sous-estimer… il vous poursuivra sans relâche jusqu’à ce que votre tête finisse sur un billot...

Il lui agrippa les poignets pour l’empêcher de le rouer de coups. Elle lui cracha au visage avant de souffler une malédiction sur lui.

Prenez garde Romain… où que vous irez… si ce gamin ne revient  pas à sa famille… vous ne trouverez jamais le repos… j’en fais le serment que je vous arracherais les yeux moi-même ! Et cela même si je dois parcourir tout le royaume...  

La rage luisaient dans les yeux émeraude de la demoiselle en furie. Il se mit simplement à rire et la rejeta vers l’arrière où elle alla frapper un des arbres qui se trouvait là. La sonnant durement. Lui s'essuya la joue et disparue du champ de vision de  Mélisandre. Elle mit plusieurs minutes à reprendre aisance, grimaçant de douleur. Elle aurait un de ses bleus sur les reins. Elle scruta les alentours, rien, tout était calme mais au loin, elle pouvait voir les flammes des torches fouiller la lisière de la forêt. Des sabots résonnèrent dans l’autre direction, le percepteur venait de démissionner… un autre…

Oh Tristan… tris… tan….

Les larmes avaient repris naissance dans ses yeux. Que dirait Hélie lorsqu’elle viendrait lui porter la nouvelle qu’elle avait faillit à sa tâche, qu’elle avait perdu cet enfant. Elle tuerait à jamais l’amour naissant entre eux…


Tristan.ducougain a écrit:
Depuis quelques jours Tristan faisait toujours le même rêve, ce n’était pas à proprement parler un cauchemar mais ce n’était pas un songe agréable, il en résultait pour le garçon un réveil en sueur, accompagné parfois de petits cris de déception et de douleur. Tristan jouait dans la cour de la grande propriété comme à ses habitudes lorsqu’il était surpris par une voix résonnant au loin qui prononçait son nom. Le garçonnet se retournait mais ne voyait rien ni personne derrière lui. La voix, une voix de femme, l’appelait par delà les grilles du domaine.
Échappant à la vigilance des domestiques il courrait à perdre haleine à travers les champs et les prés en direction de cette voix. Peu à peu sur une colline verdoyante se dessinait la silhouette d’une femme… sa mère en était-il persuadé. Accélérant du mieux possible sa course, du moins ce que pouvaient lui permettre ses petites jambes, Tristan traversait les quelques mètres qui le séparaient de sa mère quitte à en perdre l’équilibre par ici une motte de terre, là un caillou ou encore une racine à demi déterrée.

Plus il s’approchait de sa mère et plus son visage se troublait, sans doute à cause de l’effort, mais une fois enlacé dans les bras de sa mère, il se rendait compte avec effroi de l’absence de visage… une voix en lui implorait qu’il se souvienne de celui de sa mère pour qu’elle apparaisse enfin devant lui mais rien à faire, il n’y parvenait pas malgré ses efforts. La silhouette se transformait en masse informe et sombre qui allait l’englober et la terre se fendait sous pieds. Alors qu’il allait être plongé dans ce gouffre sombre, Tristan implorait sa mère de le sauver, une main aimante et douce le recueillait … mais le visage qui lui souriait alors n’était autre que celui de Melissandre.
C’était à ce moment là que le garçonnet se réveillait en pleur… ce qui ne manqua pas ce soir là, perché qu’il était sur ce grand arbre en pleine forêt.

Prit d’angoisse, ne se souvenant plus ou il était, le garçonnet tenta de se redresser mais il perdit l’équilibre et sentant le vide sous son pied essaya tant bien que mal de s’agripper à ce qui lui tomberait sous la main. Peine perdue, la chute était inévitable. Heureusement pour lui les branchages feuillus amortirent une chute vertigineuse d’à peu près … 2 mètres.
Tristan atterris les fesses les premières sur un amas de mousse épaisse et humide. Revenu de sa frayeur, il reprit ses esprits, regarda au dessus de lui le petit nid ou il avait passé quelques minutes ou peut être quelques heures de la nuit. Sentant l’humidité sous son derrière il se releva prestement.

Ah ben me voilà propre … je vais encore avoir droit à un sermon parce que je ne suis pas soigné avec mes affaires.

C’est alors que Tristan sentit une autre marque humide à hauteur de son bras. Sur l’instant, l’adrénaline de la frayeur la lui ayant camouflée, le jeune garçon ne s’était pas rendu compte de la légère plaie sur son bras d’où s’écoulait un mince filet de sang. Il observa la manche de sa chemise déchirée d’un air inquiet.

Ouille… cette fois-ci Melissandre va m’étriper !

Soudain il lui sembla entendre des cris dans la forêt. Se retournant de tous côtés, il lui semblait qu’on l’appelait mais il était incapable de déterminer d’où venaient ces appels. Il fronça les sourcils pour tenter de percer l’obscurité. Là juste devant lui semblait se trouver un petit monticule de terre, dans un espace dégagé de tout arbre, suffisamment haut l’espérait-il pour pouvoir observer correctement les alentours avec l’aide de la lune.
Tristan se mit donc en marche et escaladant quelques rochers, manquant parfois de chuter, il parvint tant bien que mal sur le sommet de cette petite colline. L’endroit était en effet propice à l’observation. Sur sa droite il distingua les feux du camp… comment avait-il pu marcher aussi loin dans une telle pénombre ? Aux pieds de la colline il pouvait observer de petites lumières espacées les unes des autres qui évoluaient à un rythme régulier dans la forêt : Pierric !

Il devait les rejoindre ! Tristan se mit en route, en tentant d’aller tout droit il tomberait sur eux à coup sur. Il avançait avec prudence mais une certaine anxiété, les bruits peu rassurants de la forêt, l’impression d’être observé par une bête immense prête à le dévorer, tout cela l’inquiétait certes mais ce n’était rien quand à la future colère qui ne tarderait pas à s’abattre sur ses épaules et son derrière quand il tomberait dans les mains de Melissandre et de Pierric.
Cette anxiété s’accrut lorsqu’il put enfin observer d’assez près les lumières des feux des gens qui étaient à sa recherche. Leurs voix se rapprochaient, nul doute qu’ils n’étaient plus très loin.

Accaparé par ses pensées, Tristan ne prit pas garde à la racine qui se trouvait en travers de son chemin, prit par son élan, le garçonnet bascula vers l’avant, tentant de reprendre l’équilibre il ne fit qu’accélérer une chute assez rude sur ses fesses et se mit à glisser à grande vitesse dans la boue pour finir par chuter dans un trou.
Rassuré de ne pas avoir d’os brisé, inconscient du danger Tristan éclata de rire, la chute n’ayant pas été si déplaisante que ça. Il déchanta très vite se rendant compte qu’il était à peine assez grand pour avoir les yeux à hauteur du sol en se mettant sur la pointe des pieds.

Et bien … me voilà frais !

Après quelques efforts inutiles pour s’extirper de ce piège, Tristan s’égosilla à appeler à l’aide, espérant bientôt voir un visage familier se pencher au dessus de son trou.


Dernière édition par Admin le Mer 12 Oct - 14:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre V Bis : Octobre 1458 Sur les routes...   Mar 14 Déc - 14:32

--Pierric a écrit:



Au fur et à mesure que le temps passait, l’angoisse montait. Pierric commençait à se demander si le fils de Cordas ne s’était pas fait enlevé. Des heures maintenant qu’ils étaient à fouiller le moindre recoin de cette forêt sans y avoir trouvé plus qu’une bottine. Certes, les recherches n’étaient pas des plus simples par cette nuit qui les enveloppait. Comme s’étant concernés, à tour de rôle, ils appelaient le garçon. Sans avoir de réponse en retour. Leurs appels revenaient en écho, amplifiés par le trop lourd silence qu’apporte le levé de la lune, invitant l’imagination et l’angoisse à sortir de chacun pour venir les envelopper d’un voile où le bruit d’une simple brindille sous une botte peut se transformer en pas d’une bête sauvage prête à bondir. Pierric n’osait s’imaginer ce que pouvait ressentir le garçon qu’il était à chercher. Il devait être mort de peur !! Que lui était-il arrivé ? Pourquoi personne ne l’avait-il vu s’approcher des abords du campement ? Qui ou quoi l’avait-il poussé à s’éloigner ? Pourquoi n’avait-il pas été plus vigilent ? !! Jamais il n’aurait du quitter cet enfant des yeux !! Même si il le croyait entre de bonnes mains… Il était dans le chariot avec ses sœurs en arrivant !! En toute sécurité !! Comment aurait-il pu penser que peu de temps après il aurait disparut ? Il aurait du pourtant parer à toute éventualité, il connaissait les frasques de cet enfant ingérable… Mais tout s’était si bien passé jusque là qu’il avait levé la garde.

Un appel !
Faible mais Pierric stoppa net, tendant l’oreille, espérant ne pas avoir été trompé par ses espoirs.
Un appel de nouveau.
Il n’avait donc pas rêvé !

Il avança lentement en direction de cette voix encore trop lointaine, les hommes l’accompagnant, poursuivant leurs recherches, appelant le garçon à tour de rôle.
Le terrain devenait de plus en plus boueux.
Les arbres du boisé, de plus en plus espacés.
La voix de plus en plus distincte.
C’était bien lui ! c’était Tristan !


Tristan…. !!!

Un soulagement immense l’empli. L’angoisse d’un quelconque enlèvement s’évapora. Il ne savait encore pas pourquoi l’enfant se trouvait si loin du campement, comment il était arrivé là et peu lui importait à présent. Il baissa légèrement sa torche, la faisant aller de droite à gauche afin de mieux voir le terrain.

… J’arrive garçon….


Après quelques mètres d’avancée et quelques minutes à passer au peigne fin le terrain, Pierric découvrit enfin l’enfant dans un trou boueux dont il n’aurait pu sortir seul. Il prévint à grands cris les autres chercheurs, s’agenouilla au bord de cette petite cavité, planta le bout de sa torche dans le sol meuble, se pencha en avant en tendant le bras vers l’enfant.

Attrape ma main Tristan ! Je vais te remonter…

Il ne fallut pas longtemps pour sortir le gamin de son piège. Boueux des pieds à la tête, le blondinet ne ressemblait plus qu’à un gosse des rues. Ces riches vêtements n’étaient plus que lambeaux. Il était dans un triste état, mais enfin retrouvé et en vie.

Pierric le garda dans ses bras, ne sachant que lui dire pour le rassurer. L’homme n’était pas habituer à ce genre de situation, il n’avait toujours eut à faire qu’à des hommes. C’est donc d’un ton bourru qu’il dit tout en reprenant le chemin du campement.


Mélisandre va s’occuper toi…

Cette annonce pouvait aussi bien dire que le garçonnet allait pouvoir se consoler dans les bras de la damoiselle, comme il pourrait fort bien se voir tirer les oreilles. Ni l'un ni l'autre en fait ne savait. Pierric n'avait pas interrogé l'enfant pour savoir pourquoi il se trouvait là, se rendant compte que le petit avait besoin, en urgence, de soin et de repos que d'une myriade de questions. Les questions viendraient... plus tard... Et Pierric attendait bien des réponses... A toutes !...

Ils ne leur fallut pas très longtemps pour arriver au campement. Finalement, se rendit compte Pierric tout en se dirigeant vers la tente des enfants, l'enfant n'était pas si loin. Ils ne leur restaient plus que deux jours avant d'atteindre leur but et l'homme se promis de garder un oeil sur ce jeune turbulent et ce, nuit et jour....

________________

--Melisandre a écrit:


La douleur était cinglante, l’inquiétude était encore plus souffrant pour la rouquine. Elle fit fît de son corps meurtri et se leva avec peine. Les larmes de peur ravageaient pour son petit protégé. Mais où était-il enfin ?

Tristan !!!! TRISTAN !!!!!!!!!!!

Rien à faire…. Que l’écho de sa voix qui se percutait contre les arbres et lui revenait en effet boomerang. Elle ne pouvait rien de plus, elle avait déjà cherché partout ! Elle ne pouvait abandonner mais que faire de plus ?!! De devoir annoncé la nouvelle de la perte de l’enfant prodige a ses parents serait catastrophique, jamais elle ne pourrait se pardonner une telle chose, elle le savait. Et eux ? Naturellement qu’ils lui en voudraient et avec raison !

Elle regarda les quelques gardes qui étaient restée dans le campement pour protéger le reste de la famille. L'inquiétude se lisait sur chacun de leur visage. Tous étaient inquiet pour ce petit démon que tous haïssaient et aimait par moment. Autant il pouvait être désagréable avec ses coups pendable, trop gâté… il était si adorable parfois, un petit être sans défense dans cette grande forêt qu’est la vie et il était complètement perdu avec les déboires de sa famille. On y serait à beaucoup moins… lui n’avait que 8 ans… il ne voyait que rarement son père, sa mère dormait depuis longtemps dans un coma…. Son frère était trop occupé pour s’occuper de lui, une de ses sœurs enfermée dans un cloitre, l’autre sur elle-même… que lui restait-il ? Si jeune et seul au monde…

L’attente la rongeait… elle jouait avec ses mains sans cesse. Pierric n’était toujours pas revenu. Elle avait beau faire les cents pas, son dos cogné durement par cet imbécile de précepteur, elle n’arrivait pas à penser à autre chose que Tristan…. Elle avait cessé de sangloter mais elle n’en demeurait pas moins soucieuse. Soudain, des bruits de blanchailles se firent entendre, les torches redevenaient plus précises et elle aperçut Pierric au début de la troupe, une forme dans les bras. Mélie en eut un grand bon dans l’estomac et couru… du moins tenta mais ralenti vite par son dos trop douloureux jusqu’à lui reconnaissant aussitôt Tristan dans ses bras. Elle remercia Dieu silencieusement et les attendit.

La belle était mitigée entre la fureur de lui passé un savon d’avoir été aussi indiscipliné, irresponsable et d’avoir inquiéter tous le monde … à la joie de le revoir. A en voir son état, la colère sombra bien rapidement. Il était dans un pauvre état.

Oh Tristan…. Mais qu’avez-vous fait… pfff… vous êtes incorrigible… vous serez puni, croyez-moi…. Mais pas ce soir, j’ai été si inquiète …. Ne me refaites plus jamais cela…

Les larmes roulaient de nouveaux sur ses joues mais c’était l’apaisement mêlé à sa joie de le revoir. Elle l’enlaça, l’embrassa malgré la boue qui lui collait partout.

Vous allez vous baignez… sous ma surveillance bien entendu et ensuite, ce sera une bonne nuit de sommeil, demain arrivera rapidement et nous devons poursuivre notre route. D’ailleurs…

Elle dérogea son regard du petit et regarda Pierric un petit air navrée sur les lèvres.

Je garderais Tristan à mes cotés… le percepteur s’en est allé… le lâche ! Il a fuit ….

Le reste de la nuit se déroula sans incident. Un fois le fils prodige lavé, rassuré, elle le garda avec elle dans sa tente. Elle ne trouva pas le sommeil, passant le restant de la nuit à éviter de souffrir de ses ecchymoses au dos et à surveiller ce petit chenapans qu'il restait bien là... Lorsque le matin sonna, la petite troupe reprit la direction de Narbonne. Elle suivit la famille malgré ses yeux très cernés sommeillant à moitié sur sa monture.



Tristan.ducougain a écrit:
Les deux derniers jours ne s’étaient pas fait dans la joie et la bonne humeur pour le garnement blondinet. Si Pierric n’avait pas jugé de son devoir de punir Tristan pour son escapade nocturne, Melissandre elle n’avait pas fait dans la demi-mesure. Le départ précipité de son dernier précepteur en date l’avait contrainte à reprendre l’éducation du jeune garçon. Les douleurs qu’elle ressentait dans le dos la rendait parfois un peu irritable avec le garçonnet et elle l’abreuvait de devoirs en quantités si grande qu’il en venait lui-même à regretter ce maudit précepteur.

Sous surveillance constante Tristan avait passé les deux derniers jours cerné entre Melisandre et une troupe entraînée du personnel à ses frasques et coups pendables. Seul réconfort dans ces derniers jours de voyage, il avait passé les dernières nuits avec Melisandre, bien calé contre elle. Un secoure bien nécessaire pour Tristan dont les cauchemars ne cessaient de le hanter chaque nuit. Ses réveils en sueur, accompagnés parfois de cris s’étaient fait plus intenses et réguliers, parfois plusieurs fois dans la même nuit.

Sans pouvoir l’expliquer il ne parvenait pas à faire apparaître le visage de sa mère dans sa mémoire, à sa place il ne voyait que celui doux et calme de Melisandre. Le garçonnet était peut être très turbulent mais ce talent naturel à accumuler les bêtises et les coups pendables il le devait également à une faculté d’observation importante qui lui avait permis plus d’une fois de surprendre des conversations entre Pierric et ses hommes. Son esprit avait comblé les trous. Il était devenu évident qu’ils allaient rejoindre Père et Mère.

De son père Tristan avait des sentiments troublés. Les absences répétées de son père n’étaient pas pour lui donner une référence paternelle acceptable et bien qu’il lui passa presque tous ses caprices Castelreng l’impressionnait plus qu’autre chose. Etre fils héritier lui imposait d’être digne de son père et il craignait fort de le décevoir. Il en venait presque à ignorer tout sentiment d’amour paternel envers cet homme.
Quand à sa mère il l’avait pour ainsi dire oubliée, l’enfant avait beau chercher dans sa mémoire, les souvenirs de celle-ci restaient flous ou inexistant. Il en éprouvait une grande douleur et amertume.
En fait sa famille depuis longtemps se composait quasiment exclusivement de ses deux sœurs Joséphine enfermée sur elle-même et de la petite Floriabel qu’il adorait mais décidément trop petite … et que dire de cette odeur nauséabonde qui émanait en permanence de ses couches. A cette famille naturelle s’étaient greffés Melisandre, Pierric et quelques domestiques auxquels il était attaché.

Ce voyage en plus d’être long perturbait le quotidien et les certitudes de Tristan. Non seulement on l’avait obligé à quitter son domaine mais on lui avait par la même retiré tous ses repères. Bien qu’encore très jeune Tristan avait le caractère bien trempé de sa mère et peu à peu une certaine colère avait laissé place à l’amertume et la tristesse de devoir quitter un endroit ou il se sentait si bien.

Alors que Pierric faisait le tour du convoi pour prévenir que le voyage touchait à sa fin, renfrogné dans son coin Tristan se jura de faire payer ces adultes qui lui imposaient leur loi sans lui demander son avis.

--Pierric a écrit:


La suite du voyage se fit sans problème et ce au plus grand soulagement du chef d'escorte. De la fuite du précepteur, Pierric ne s'en formalisa pas outre mesure. Il était su de tout Cordas que le fils prodigue avait un don pour faire fuir à toutes jambes, tout homme de science voulant l'instruire. Il en avait d'ailleurs eut les confidences d'Hélie, l'ainé des Du Cougain, lui disant qu'il lui fallait payer de plus en plus cher pour arriver à avoir en demeure un précepteur pour son jeune frère. Il faut dire que dans les environs de Cordas, d'Albi à Villefranche, dans le cercle des professeurs, le jeune Tristan du cougain était connu. Qu'il aille au diable s'était-il pensé lorsque Mélisandre lui avait annoncé son départ. L'homme en question lui avait parut plus intéressé par ses gages que par son élève dont il s'occupait avec un flagrant manque d'intérêt. Chose guère étonnante en somme...

Ce fameux soir, lorsque Pierric avait remis l'enfant à Mélisandre, il l'avait rassuré, lui affirmant que le départ du précepteur était sans doute aussi bien, que l'enfant ainsi, confié à ses soins à elle, ferait sans doute moins d'ânerie et que, chose certaine, lui même, ne le quitterait plus des yeux.

Ce qu'il fit.

Au départ du lendemain, Pierric s'inquiéta de l'état de fatigue de la jeune femme. Il pensa sur le coup que Tristan avait encore du vouloir faire des siennes, puis chassa cette pensée se disant qu'il avait sans nul doute été épuisé par son aventure nocturne et, ce n'est que lorsqu'il la vit monter en selle qu'il remarqua la raideur inhabituelle chez elle à se mettre en selle. Il lui fut cependant attendre le campement suivant pour qu'il puisse s'enquérir de la sante de la jeune femme.
Après le peu qu'elle voulu bien lui confier, une partie des faits sans doute s'était-il d'ailleurs dit, il conseilla vivement à la damoiselle de terminer le voyage dans la charrette des enfants, allant même jusqu'à ajouter que de la sorte Tristan serait mieux encadrer.
Durant ces deux derniers jours de voyage, l'enfant ne put faire un pas sans avoir quelqu'un à ses basques.


    Enfin Narbonne fut en vue !!


Ils avaient repris la route depuis quelques heures déjà après avoir campé au bord d'un boisé quelques lieux après Carcassonne. Pierric avait bien pensé à les faire tous passer cette dernières nuit dans une auberge Carcassonnaise mais s'était vite ravisé craignant une trop longue perte de temps le matin venu. Il avait plus que hâte de voir le bout de ce périple et ne voulait surtout pas arriver avec la tombée de la nuit. Le bébé supportait fort bien le voyage donc il ne voyait aucune raison de ralentir leurs cheminements.

Lorsqu'au loin les remparts de la ville leurs apparurent, Pierric fit le tour du long convoi pour annoncer que sous peu ils seraient tous à destination. Des sourires fatigués se dessinèrent sur les lèvres de la jeune Joséphine et la nourrice de la petite Floriabel. Pierric regarda Tristan, renfrogné dans un coin du chariot et, voulant lui aussi lui tirer un sourire lui demanda doucement.


Cela vous plairez t-il jeune homme de finir la route à cheval ?

Il n'avait certes pas l'intention de laisser le jeune imprudent chevaucher seul en selle mais bel et bien le faire grimper devant lui. De ce détail, il s'abstint cependant de lui faire part, jugeant que l'enfant s'en rendrait vite compte. ...

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