Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 Aout 1459 : Le Royaume, c'est beau, avec modération

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MessageSujet: Aout 1459 : Le Royaume, c'est beau, avec modération   Dim 16 Oct - 19:35

Ambryen a écrit:
[Quelque part, sur les routes, on s’ennuie !]


Elle en avait marre d’être sur les routes, elle en avait marre de chevaucher comme un chevalier. Elle n’était ni une voyageuse, ni un chevalier.

Si elle avait accepté ce voyage, c’est parce qu’elle croyait qu’elle allait enfin retrouver Brue en Normandie.
Ils n’avaient jamais mis les pieds en Normandie.
Bref passage par l’Armorique mais sans plus.

La Bulle, puisqu’il s’agit bien d’elle avait passé son temps à cheval, grimaçant, pleine de courbature après tout juste deux jours. Mais il y avait du progrès, la blondinette ne tombait plus aussi régulièrement, son bras douloureux suite à la visite au domaine de Viam allait bien mieux, plus aucune douleur, juste celle d’avoir chuté devant son père alors qu’elle n’aurait pas du se trouver là.

Elle avait vu Brue à ce moment, mais la visite, écourtée à cause de cette malencontreuse chute, n’avait pu la contenter. Des semaines qu’Ambr’ n’avait pas vu celui qui serait à n’en pas douter son futur mari. Elle l’adorait et s’était faite à l’idée, seul son paternel faisait durer le suspense en gardant sa réserve sur ce mariage. Deux semaines qu’ils étaient sur les routes, chevauchant au gré des intempéries et du soleil qui étouffait quand il daignait se montrer. Deux semaines, enfin à ce qu’elle croyait, ça faisait un moment qu’elle avait arrêté de compter les jours.

M’enfin, Bulle d’Ambr’ avait profité de ce voyage pour entamer son enseignement religieux. Après avoir passé seize ans chez les nonnes, c’était pour elle une formalité, mais les documents à lire et bientôt une licence en théologie, ça lui occupait l’esprit. Tout comme de croiser Nola sur les routes, au détour d’une taverne Bretonne, enfin, il semblait à la Bulle qu’elle était Bretonne cette taverne. Et puis, se plonger dans les documents lui permettait de ne pas voir les restes des champs de batailles qu’ils traversaient, elle et son groupe de voyage.

Elle en rédigeait des courriers, mais rarement elle les envoyait … Là, elle suivait lascivement son père, sa monture marchant d’un pas calme et tranquille, la tête qui tombait vers le bas, certainement aussi las que sa cavalière.


Cast ?

Bullette se racla la gorge, son père, juste devant ne l’avait même pas entendue, elle reprit, un poil plus fort.

Père ?

Cette fois, il avait entendu, elle le savait, il avait émis un grondement, surement à cause du nombre de fois trop importante ou Bulle lui parlait pour ne rien dire, mais ça occupait la jeunette de faire la conversation à son paternel qui s’avérait tout de même d’agréable compagnie quand il n’était pas trop occupé à ses affaires.

C’est quand qu’on arrive ?

Petit blanc.

C’est quand qu’on arrive ?

Nouveau blanc.

On va où ? On va faire quoi ?

Petite inspiration de la jeune femme.

C’est quand qu’on arrive ?

Soupire, il ne répondait pas, il n’allait surement pas répondre.

Père, je veux voir Brue !

Petit sourire en coin de la Bulle qui commençait à connaître son papounet et qui savait que si elle casait Brue dans la conversation, pour sur qu’il allait réagir.

Elle ravala son sourire lorsque ce dernier prit la peine de se retourner pour la regarder. Elle jaugea son regard. C’est bon, il n’allait pas l’incendier sur place pour lui avoir une nouvelle fois cassé les pieds. Et puis, il pouvait être indulgent, cela faisait un bout de temps qu’elle n’avait été ni désobéissante, ni maladroite, ni chieuse, ni même bulleuse. Un bout de temps qu’elle n’avait pas bullée.


J’en peux plus de ce voyage, je veux retrouver Narbonne ! Pourquoi est-ce qu’on se traîne ici, les gens comprennent même pas quand tu parles … Si au moins on allait en Auvergne je pourrais dire bonjour à mon vieil ami … Mais là, on fait que traverser des champs de batailles, pis, elles sont où les armées ? Si au moins y’avait du monde à renco…

Machine que trainaient les pieds, un antérieur qui tapa dans un caillou qui dépassait sur la route, enfin, chemin, enfin, truc sur lequel les chevaux se déplaçaient. La percussion eu pour conséquence de faire légèrement trébucher la jument et Bulette fut coupée dans élan. Ne finissant pas ce qu’elle avait à dire, elle reste là, à attendre que son père lui réponde.

Alors ? Je m’ennuie !

Castelreng a écrit:
    Quelque part sur les routes.... On rumine !


C'était pour lui faire plaisir qu'il étaient partis. C'était pour non seulement lui permettre de revoir ce jeune freluquet qui lui avait tourné la tête mais aussi lui faire voir du pays et, avec un peu de chance, lui faire oublier le garçon.

C'était bien sur sans compter l'incident survenu des jours plutôt alors qu'ils s'étaient arrêtés pour une visite de courtoisie au domaine de Viam. Comme il regrettait cet arrêt. Comme il regrettait d'avoir un jour mis les pieds sur le domaine de Sindanarie Carsenac Dame de Viam, comme il regrettait l'invitation que lui avait lancé Bruenor, quand bien même il avait trouvé la dame fort charmante. Le simple fait de penser à ce garçon lui donnait des envies de meurtre. Il ne pardonnait pas la façon donc ce jeune chiot s'était arrangé pour qu'un mariage avec la jeune fille ne soit inévitable. Castelreng ruminait donc cet état de fait alors que les lieues défilaient lentement.

Il s'était un peu trouvé soulagé en voyant que sa fille s'était prise de passion pour la religion, s'était même laissé aller à penser qu'elle refuserait ces épousailles devenues obligatoires pour se tourner vers le Trés Haut. Force lui fut cependant de constater qu'il n'en était rien, bien au contraire. Comme chaque jours, lorsque la fatigue commençait à se faire sentir, sa Bulette lui posait la même question. Question d'ailleurs qui ne tarda à se faire entendre...

Cette fois s'était-il dit, alors que par deux fois elle venait de l'interpeler et qu'il n'avait pu retenir un grognement, il s'efforcerait à faire le sourd. Il ne se retournerait pas, non pas cette fois !
Non pas cette fois....
Pourtant....
Lorsqu'il entendit le seul nom qu'il ne souhait entendre, ce fut comme un réflexe que de se tourner vers sa fille, les sourcils froncés, la mine renfrognée, n'augurant rien de bon. Il garda cependant le silence, la laissant poursuivre, car, il était certain qu'elle ne s'arrêterait pas là. Et comme de fait, sa pipelette de fille poursuivit...

Il ne put cependant pas réprimer le sourire qui lui vint lorsqu'elle se plaignit de la difficulté qu'il avait eut parfois à se faire comprendre, oubliant bien souvent que l'Oc n'était pas langage courant dans ces régions. Quand ensuite elle lui fit part de son envie d'aller en Auvergne, il réalisa que la colère l'étouffant il avait omis de lui dire que c'est par là justement que leurs chevauchées allaient les conduire. Un instant il fut proche de le lui affirmer avant de se raviser. Petite vengeance se pensa t-il que de la garder dans l’ignorance et grand plaisir de la voir souriante lorsqu'ils seraient arrivés à Montpensier, car, c'est bel et bien là qu'ils allaient avant de rentrer à Narbonne.

Il l'écoutait donc, pas pressé de lui répondre, bien au contraire, mais lorsque la jument qu'elle avait honteusement nommée " machine" trébucha, il réalisa qu'il était plus que temps de faire une courte pose.
Il inspira un grand coup, puis, montrant sur sa droite un endroit charmant où coulait un ruisseau, se contenta de dire.


Nous allons nous arrêter là un moment ma Bulette puisque tu t'ennuies. Tu vas pouvoir ainsi soigner ta jument qui semble bien plus épuisée que toi.... Et si ce n'est pas suffisant tu pourras toujours t'amuser à nous préparer un court repas.... voilà qui devrait te faire plaisir !!

C'est ainsi donc que Castelreng coupa court aux blablas incessant de sa fille et dirigea les montures vers le petit coin de verdure.

Ambryen a écrit:
[Quelque part sur les routes, on fatigue et on nargue !]


Nous allons nous arrêter là un moment ma Bulette puisque tu t'ennuies. Tu vas pouvoir ainsi soigner ta jument qui semble bien plus épuisée que toi.... Et si ce n'est pas suffisant tu pourras toujours t'amuser à nous préparer un court repas.... voilà qui devrait te faire plaisir !!

Quoi ? Il se foutait d’elle ?

Elle voulait des réponses à ses questions et lui, il se contentait de la faire s’arrêter et de lui proposer de faire la popote, mais bien sur …


Humph .. Ouais, je vais m’occuper de Machine, si tu as faim, t’as qu’a préparer le diner toi-même ! J’suis pas ta cuisinière, Namého !

Voilà, il venait de la mettre en rogne, ne pas répondre à sa question, enfin, à ses questions et en plus de ça, trouver une excuse pour qu’elle se taise, pour la Bulle, s’en était trop. Alors, arrivé dans ce coin aussi désertique que le reste du royaume qu’elle avait eu à loisir, le temps d’observer, la jeune femme sauta de sa monture et l’accrochant à un arbre, lui retira selle et équipement sans un regard à son père.

Elle ronchonnait, il arrivait aisément à la faire ronchonner, surtout ces derniers temps. Elle aimait la compagnie, certes, elle ne sortait que très peu, mais elle aimait la compagnie et l’animation et rester là, à parcourir les routes, sans croiser personne, ne s’arrêtant quasiment jamais dans les villes pour flâner dans les marchés, Ambr’ avait presque pour l’occasion, envie de buller.

La Bulle d’Ambr’ était presque sûre qu’il souriait de la voir ronchonner, il avait fait exprès de ne pas lui répondre, d’arranger la conversation comme il en avait envie. Après ce temps passé avec Machine, la blondinette commençait à la connaître, même s’il fallait l’avouer, l’équitation n’était définitivement pas sa discipline favorite. Elle fit le tour des membres de sa monture, pas de blessure, pas de cailloux coincés sous les fers, juste de la fatigue.

Bulle retira ses chausse et se bas et remonta ses braies aussi haut qu’elle le pu avant d’attraper les rênes de sa camarade de route. Elle s’adressa alors à Cast, occupé à on ne sait quoi, certainement quelque chose d’inintéressant pour la jeunette, comme toujours.


Je vais la faire marcher dans l’eau, ça lui fera du bien.

Maladroite et toute en jambes, la Bulle était tout de même agile et souple, ce qui lui avait sauvé la vie de nombreuses fois, suite à des chutes malencontreuse, elle pouvait alors sauter à cheval sans avoir besoin de la selle.

Avançant jusqu’au ruisseau, elle se dit qu’il était temps de faire réagir son père, mais qu’est ce qui pourrait le secouer pour qu’il s’active un peu ?


Cast ? Tu crois pas que ça ferait du bien à ton vieux ch’val de gambader dans l’eau ?

Elle leva les yeux au ciel, admirant les oiseaux qui piaillaient dans les arbres alentours puis la Bulle posa de nouveau son regard sur son paternel.

Et sinon, c’est par où la Normandie ? Et l’Auvergne ? Et Narbonne ? Et Viam ?

Castelreng a écrit:
    Quelque par sur les routes, on rumine moins et on taquine !


Parfait se dit-il lorsqu'ils parvinrent à la clairière et que Bulle commença à ronchonner à l'idée de devoir faire le repas. Il ne lui répondit pas et la regarda s'occuper de sa monture. Le temps qu'elle serait à soigner sa jument, elle ne serait pas à lui répéter inlassablement un " où on est.... c'est quand qu'on arrive" qui, il faut bien l'admettre l’excédait quelque peu. Lui avouer que chaque lieu l'éloignait de son Brue l'aurait mise dans un tel état qu'il ne valait mieux pas y songer. Lui dire qu'il se trouvait à un jour de l'Auvergne l'aurait tellement excitée qu'elle en serait devenue infernale.

De son coté, il s'était lui aussi occupé de sa monture, lui otant sa selle et, alors qu'il était à l'étriller avec une poignée d'herbes qu'il venait d'arracher, il laissa sa main en suspens lorsqu'elle nomma son palefroi "vieux cheval"


Vieux cheval !! et pourquoi pas bourrique tant que tu y es !! Vieux cheval ! écoutez la donc ! Dis donc jeune fille tu le trouvais pas si vieux mon cheval quand tu t'accrochais à lui pour que je t'emmène à Narbonne... Hum... ?


Lâchant la touffe d'herbe qu'il avait toujours en main, il n'en dirigea pas moins sa monture vers le cour d'eau où, une fois dans l'onde, la bête s'empressa de se désaltérer.

Alors qu'il pensait bien que sa fille en aurait fini avec ses éternelles questions, elle se remit en route tel un jouet incessant dont les piles n'étaient pas prêtes de rendre l'âme.

Un soupir.... long soupir...
Puis un sourire lorsque ses yeux se posèrent sur la damoiselle.


Fort bien damoiselle ma fille ! je vais te dire mais ensuite - Il insista bien sur ce dernier mot - Je ne veux plus t'entendre me demander quand nous arrivons et autres questions du même bain.

La Normandie et Viam sont derrière nous. L'Auvergne droit devant, il se pourrait d'ailleurs bien que nous y entrions plus tôt que tu ne crois.

Puis montrant de la main une direction, il ajouta

Et Narbonne est par là, vers le sud... Et tu vois là bas

Ajouta t-il ensuite en lui montrant sa selle est ses sacoches.

Il y a le repas qui n'attend que tes petites mains pour être sorti de son sac...

Un sourire taquin aux lèvres, il retourna toute son attention à ce que la damoiselle avait nommé " son vieux cheval"....
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MessageSujet: Re: Aout 1459 : Le Royaume, c'est beau, avec modération   Dim 16 Oct - 19:37

Ambryen a écrit:
[Quelque part sur les routes, on ronchonne et on agace !]


D’abord, oui, ton canasson il est vieux, regarde, y’a des poils blancs qui lui poussent partout et puis, il se traine, pauvre bête, à moins que ce soit toi qui pèse sur son dos !

Et vlan, il se prenait ça, non pas pour cet air ronchonneur qu’il avait ou pour cette malice qui commençait à se pointer, mais pour le coup des petites mains et du repas. La Bulle, fidèle à elle-même ne ferait pas de remarque quant à cette dernière remarque de Cast, son père qui savait qu’elle avait une sainte horreur de faire la boustifaille, surtout pour lui qui mangeait comme un ogre, toujours affamé, jamais rassasié. Elle qui pouvait se contenter d’une miche de pain pour deux jours.

Toujours à cheval, toujours dans le ruisseau, la blondinette faisait avancer sa monture doucement, qu’elle puisse profiter du courant et se détendre les tendons. Rien de mieux pour l’animal que l’eau fraîche là où les hommes préféraient la chaleur, les chevaux eux aimaient la fraicheur. Tandis que sa jument Machine buvait sans faire de bruit ou même un mouvement visible, Bulette reporta son attention sur son père. Il voulait qu’elle arrête ses questions, elle allait continuer, pour le plaisir.


Je ne verrais pas Brue ! Puisque où qu’il soit, il est derrière nous …

Elle fit la moue, inutile de continuer sur cette option là, ça la mettrais en colère de savoir qu’elle l’a raté et qu’il n’a pas pris la peine de lui écrire depuis qu’ils ont quittés Viam. Mais l’idée d’avoir l’Auvergne devant lui rendit son sourire.

Mais l’Auvergne, c’est devant, ça veut dire qu’on y va ? Dis, c’est vrai ? On va en Auvergne ? On va s’arrêter à Montpensier ? Ohhhh … mais il faut que j’écrive à Abel !!

La dessus, la Bullette sauta de cheval directement dans l’eau et laissant sa monture là où elle se trouvait, fila à sa besace pour y prendre de quoi écrire. Elle rédigea une missive à l’adresse de son ami et s’étonna de ne pas voir le pigeon partir en direction de l’Auvergne, haussa les épaules et sourit largement.

Tu crois qu’il se souvient de moi ? Tu sais qu’il m’a embrassé une fois ?

Elle sourit en coin, se remémorant rapidement sa dernière soirée qu’elle avait passée avec son ami, elle reporta son attention à son père et toute guillerette, s’en alla vers les sacoches de nourriture, lança un coup d’œil à Cast et à son bourricot et sourit.

Alors, qu’est ce que tu veux manger ? Je prépare, uniquement si nous allons à Montpensier !

Un nouveau sourire, l’idée de revoir son ami l’enchantait, l’espace d’un instant, elle avait oublié Brue et son sourire.

Castelreng a écrit:
    Quelque part sur les routes, on garde son calme et surtout on tente le sourire !



Il ne répliqua pas aux allusions trop évidentes sur l'age avancée de son palefroi. Le regardant alors qu'il était à boire, il se remémora le nombre de fois où la fidèle bête l'avait servi. Incalculable.
Un soupir quand à l'évidence de la remarque de sa fille. Son cheval vieillissait, il ne pouvait le nier, il lui fallait changer, il le savait et ce depuis un moment mais ne parvenait pas à s'en détacher pour autant. Il allait s'enfuir dans ses souvenirs quand Bulle le ramena à la réalité en nommant celui dont il ne voulait entendre le nom depuis qu'ils avaient quitté Viam.

Les sourcils déjà froncés, il se força cependant à garder son calme et inspira un grand coup pour expirer ensuite doucement et pour toute réponse elle n'eut droit qu'à un vague mouvement de tête de gauche à droite et de droite à gauche. Pas question se dit-il qu'il se laisse prendre au piège qu'elle lui tendait là sans le cacher.
La consternation fut ensuite sur son visage lorsqu'il la vit partir vers les selles, qu'ils avaient laissé au pied d'un hêtre séculaire comme si elle avait le diable aux trousses, laissant là sa jument.

Un autre soupir, il prit les rênes de la jeune pouliche et entraina les deux montures vers la jeune fille qui était déjà à gribouiller dieu sait quoi à dieu sait qui. Pas le temps de dire ou faire quoi que ce soit que déjà le pigeon était à tournoyer au dessus d'eux.

Alors qu'il allait la gronder, lui demander qui était cet homme qui l'avait embrasser, ses mots restèrent coincés dans sa gorge quand il vit le doux sourire qu'elle affichait. Préférant donc s'abstenir, se disant qu'au moins pour un temps elle avait oublié son Brue et du même coup ses incessantes questions.

Il attacha les chevaux à une branche basse les laissant se délecter de l'herbe grasse qui les entourait et se posa aux cotés de la jeune fille qui était à farfouiller dans la besace pour y sortir de quoi manger un peu.


C'est ce qu'on appelle du chantage ça jeune fille ! un morceau de pain et un peu de fromage si il en reste me suffiront ma Bulle. Quant à notre destination, tu le sauras dès demain.

Souhaitant lui faire oublier son ami auvergnat et plus encore son promis, il se mit à lui parler chevaux, lui disant qu'une fois à Narbonne il mettrait donc en retraite son fidèle Espoir pour un jeune étalon.

Si tu veux ma Bulette, tu choisiras le nom de mon prochain cheval...

Lança t-il avant de réaliser qu'il avait sans doute fait là une terrible erreur quand on connaissait le nom dont elle avait baptisé sa jolie jument. Trop tard cependant pour se rétracter et tant pis pour le pauvre animal qui se verrait affublé d'un nom des plus... étrange...
Un sourire se dessina sur les lèvres de l'homme imaginant par avance le choix qu'elle ferait et se promettant de l'accepter quoi qu'il fut.

Ambryen a écrit:
[Quelque part sur les routes, on s’active !]


Demain ? Je veux savoir ce soir dans quelle ville on arrivera aujourd’hui, ce soir ! Et oui, c’est du chantage ! C’est comme ça que ça fonctionne.

La Bullette sorti vite fait un morceau de pain et du fromage de la besace pour son affamé de père et s’en alla lui offrir.

Tiens, voilà de quoi te rassasier, ensuite, on reprend la route, je n’ai pas faim et les chevaux sont reposés ! Passer dans l’eau leur aura fait du bien, pis c’est comme nous hein, tant qu’ils sont chaud, ils ne sentent pas qu’ils sont fatigués !

Disant cela et observant Castounet qui se remplissait la panse, elle sourit en cherchant un nom pour la prochaine monture du papounet, remettant la selle sur Machine la bien nommée, la blondinette avait hâte d’arriver à Montpensier, espérant vraiment revoir son ami. Elle ne lui avait pas donnée de nouvelles depuis qu’elle était à Narbonne. Amie bien ingrate qu’elle avait été, mais beaucoup de choses s’étaient passées et elle en avait oublié de rédiger ses courriers. Elle avait écrit une fois à Pépino, mais il ne lui avait jamais répondu ... lui qui devait la faire monter dans un bateau.

Que penses-tu de Truc ? C’est facile à dire, facile à se rappeler !!

C’est bon, tu as fini de manger, on peut repartir ?


Trop impatiente pour attendre une quelconque réponse, elle monta sur Machine, légèrement plus habile que la première fois où elle avait eu l’honneur de chevaucher l’animal. Elle avait traversé le royaume depuis cette première fois. Même les courbatures paraissaient moins douloureuses.

Si on se dépêche, je trouve un joli nom à ton cheval en arrivant à Narbonne ! Et pas comme Machine ! Même si je trouve que ça lui va magnifiquement bien !

Elle lança sa monture au pas, tranquillement, se retournant sur sa selle pour observer Cast.

Allez, dépêche toi un peu, je veux voir Abel avant qu’on ne reparte d’Auvergne. Pfff, jamais vu quelqu’un d’aussi lent !

Castelreng a écrit:
    Quelque part sur les routes, on prend le temps de digérer ? Et bien Non !



Il lui avait pourtant, lui semblait-il, demandé de cesser son interrogatoire ! Aussi lorsqu'elle repartie dans ses incessantes questions, se contenta de répondre par un haussement d'épaules et tendre la main pour prendre son repas.

Tu ferais bien de manger quelque chose jeune fille si tu comptes voir une ville au plus vite. Te connaissant dans une heure tu vas pleurnicher que ton estomac te fait mal.


Le pain dans une main le morceau de fromage dans l'autre, Castelreng savourait comme il se doit son simple repas. Qu'il eut été bon de pouvoir manger en ne pensant uniquement à ce qu'on met en bouche ! Ce fromage de chèvre était qui plus est, excellent. Il la regarda se lever prestement pour vite aller remettre la selle sur le dos de sa jument, ne prenant même pas garde à son conseil de manger quelque chose. Déjà la jeune fille semblait partie vers l’Auvergne et ses souvenirs. Cependant, elle le surprit de nouveau en lui parlant d’un « Truc », se demandant bien ce qu’elle voulait dire là, lui, ayant déjà oublié son prochain changement de monture.

Ouvrant la bouche pour lui demander de quoi elle était à parler, il n’eut pas le temps de prononcer un mot que la voilà qui était à le presser de finir son simple mais savoureux repas. Là aussi il lui fallut ravaler le « Non je n’ai pas terminé et rien ne presse » qu’il la vit monter en selle avec adresse cette fois. Un sourire de fierté se dessina sur ses lèvres, il se surprit presque en constatant qu’il avait englouti son reste de fromage parce qu’elle lui demandait de se presser. Secouant la tête en se pensant qu’elle était belle et bien une fois encore à le mener par le bout du nez, il enfuit dans sa poche son reste de pain qui lui donnerait d’ici quelques lieues. Car il ne doutait certainement pas que la damoiselle se plaindrait de faim d’ici là !


Fort bien Bulle ! Je me presse mais si tu as tant hâte d’arriver à Montpensier tu aurais fort bien pu seller Espoir le temps que j’étais à manger, ma digestion s’en serait portée à merveille jeune fille !

Une tape affectueuse sur l’encolure de son palefroi et il lui remit son équipement.

Navré que tu ne puisses te reposer plus mon beau, mais la damoiselle semble avoir le diable aux fesses… Dit-il a son cheval alors qu’il mettait pied à l’étrier.

Un joli nom pour mon cheval disais-tu ? Hum…
Lui dit-il une fois qu’il l’eut rejoint. Ça vaut la peine de se presser un peu même si tu es encore à me faire du chantage. Pour tout te dire, je craignais le pire pour cette pauvre bête… mais dis ?... quand tu as parlé de « Truc » tout à l’heure… ce n’était tout de même pas .... ?

Réalisant avant même qu’elle n’eut le temps de lui répondre, qu’il visait juste, il s’esclaffa.

Vraiment pauvre bête… N’as-tu pas encore remarqué la honte dans les yeux de ta jument lorsque tu l’appelles ?

Ils étaient à présent de nouveau sur la route, devant eux se dessinait une colline qu’il leur faudrait monter. De l’autre coté, Montpensier. Le beau temps les accompagnait pour cette journée et incitait plus à la promenade qu’au galop, aussi laissa t-il sa monture aux pas, forçant ainsi la Bulette à ronger son frein.


Rien ne presse Bulle, le soleil brille, les oiseaux chantent, profite donc un peu ! Nous arriverons bien assez tôt ! Et d’ailleurs qui est donc cet Abel dont tu ne cesses de parler ?

Ambryen a écrit:
[Quelque part sur les routes, on s’impatiente doucement et on sourit !]


Il mangeait, elle ne prit pas la peine de lui répondre, haussant juste les épaules, qu’est ce qu’elle ferait avec un morceau de pain dans le ventre alors qu’elle n’avait qu’une hâte, revoir son ami au plus vite. Il avait raison sur un détail, Bullette aurait pu seller Espoir, cela lui aurait épargné une remarque et le temps perdu par son paternel à poser la selle sur le dos de son dada. Elle chevauchait donc devant son père, attendant qu’il la rattrape et qu’il se mette au ralenti, à croire qu’il le faisait exprès. C’est certain qu’à la vitesse à laquelle Cast prenait un plaisir à faire mariner sa fille, à défaut de rejoindre rapidement Montpensier, celle-ci allait se mettre bien vite à ronchonner.

Un nouveau haussement d’épaule se pointa lorsqu’il aborda la question du nom du cheval et surtout celui de la jument de Bulle. Elle l’aimait bien ce nom et puis le cheval n’en avait que faire de son nom, de toute façon la bourrique ne savait pas ce que voulait dire son nom, Bulle aurait pu la baptiser Pimprenelle ou Colchique que ça n’aurait rien changé.


Il est très beau le nom de ma jument et elle ne ressent aucune honte ! Et puis d’abord, Machine, ça lui va bien ! C’est une machine à avancer !! Et toc !

Elle allait se mettre à ronchonner pour de vrai à le voir se prélasser encore, la blondinette n’en pouvait plus de le voir trainer comme un lézard profitant du soleil. Nous arriverons bien assez tôt qu’il disait … A cette vitesse c’est surtout bien tard qu’ils arriveraient. Encore la colline, surement encore de la route, caillouteuse et poussiéreuse, un coup à la faire tousser encore. Et puis, elle avait répondu déjà à son cours au séminaire et n’avait rien d’autre à faire que d’écouter les fameux oiseaux, ce qui l’ennuyait encore plus.

Bullette allait faire une remarque sur le soleil et les oiseaux mais là dessus, son père ajouta une remarque qui laissa un sourire sur les lèvres de la jeune fille. Il lui demandait de parler d’Abel, qu’allait-elle raconter ? Une histoire bien gentillette sur un ami comme d’autres, ou bien celui qui l’avait tant aidé à sa sortie du couvent. Qui avait bien cerné la blondinette à ce moment là encore brunette. Cast avait-il déjà oublié que Bulle avait lâché dans la conversation qu’il l’avait embrassé ? S’il savait qu’elle avait été bien plus proche de lui que de Brue, il en serait vert de rage et ferais faire demi tour dans l’instant. Enfin, plus proche, il l’avait embrassé par deux fois, là où Brue s’était arrêté à un seul, celui au lac ne comptant pas, c’était juste pour lui donner la technique. Alors, qu’allait-elle bien pouvoir dire ? Ambr’ inspira un bon coup et se lança.


Alors, Abel … c’est … c’est … un soldat de Montpensier, gentilhomme, quand je suis arrivée à Montpensier, après m’être fait détrousser, il m’a offert du travail et de la nourriture pas chère. Il m’a aidé à retrouver des forces et tout et tout.

Et puis, il était là tous les jours à s’inquiéter pour moi, savoir si j’avais tout ce qui me convenait et il est devenu mon ami. J’ai découvert à cave de la taverne de Montpensier, tu sais, celle avec la troisième marche cassée … Il buvait beaucoup et à force de passer mon temps avec lui, il buvait de moins en moins. Quoiqu’il dise, il me faisait rire. Tu sais, je l’aime beaucoup … j’espère que je le verrais.


Elle allait continuer dans ses explications quand Bulle se rendit compte qu’elle allait forcement parler des baisers. Elle zapperait donc ce passage, espérant évidemment que son père avait oublié ce qu’elle avait dit plus tôt dans la journée et fini son explication.

Et ensuite, nous avons pris la route pour Narbonne.

La jeune fille jeta un coup d’œil à la butte qui les séparait de la ville.

Tu sais quand est-ce que qu’on arrive ? Tu crois qu’il a déjà reçu mon courrier annonçant notre arrivée ? Tu penses qu’il sera content de me revoir ?
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MessageSujet: Re: Aout 1459 : Le Royaume, c'est beau, avec modération   Dim 16 Oct - 19:40

Castelreng a écrit:
Leur chemin se poursuivait tranquillement sous un soleil agréable, sans se presser, ménageant leurs montures. La jeune fille avait pour le moment cessé ses éternelles questions et babillait avec entrain au plus grand soulagement du paternel. Il avait lui semblait-il trouvé enfin le sujet de conversation adéquat. Aussi se fit-il un devoir de ne pas l’interrompre et se laissa aller à ses pensées.

La douce voix de la blondinette et les divers bruits de la campagne agréable qu’ils étaient à traverser l’emplissait comme une tendre mélodie, sans fausses notes, favorisant l’évasion et la nostalgie. L’homme réalisait que ce voyage aurait été encore plus agréable si son autre fille avait été de la partie. Un lent sourire se dessina sur ses lèvres avant de disparaitre aussi vite qu’il était venu, alors que moult questions venaient se bousculer dans son esprit. Comment se portait-elle sa tendre Joséphine ? Quand daignerait-elle sortir de son couvent ? Serait-elle rentrée à la maison lorsqu’ils seraient de retour ? Il espérait que oui et éprouvait une certaine hâte de la revoir, de l’entendre le taquiner comme elle avait coutume de le faire et de lui parler sérieusement. Il avait tant à lui dire !

Il se secoua mentalement, revenant au présent, au babillage de sa Bulle qui était à lui dire : « Tu sais, je l’aime beaucoup … j’espère que je le verrais »
Il se tourna vers elle, se demandant un instant de qui elle était à parler de cette façon, venant même à se reprocher de n’être pas resté attentif à ce qu’elle était à lui conter. Lâcha un grognement autant pour lui-même que pour la blondinette, façon détournée de lui faire croire qu’il avait été attentif à ses dires et ce qu’il en pensait…

La suite du récit de la jeune fille et plus encore les questions qui revinrent en trombes lui fit reprendre le fil de la conversation sans problème. Elle avait donc parlé de son ami... comment se nommait-il déjà ? … Albert ?... Non Abel ! Qui était-il celui là ? Elle le lui avait très certainement dit, si il avait prêté l’oreille au lieu de laisser airer son esprit, il ne serait pas à se poser la question. Un froncement de sourcils, comme voulant se gronder, le silence entre eux venait de tomber. Il lui fallait répondre à ses interrogations si il ne voulait pas qu’elle s’aperçoive le peu d’attention qu’il avait pris à son récit.


Quand arriverons-nous ? Hum… et bien… quand nous serons sur l’autre versant de cette colline ! D’ici une petite heure... à peine.


La regardant de nouveau, il ne put que sourire en découvrant la moue qu’elle affichait.

Ton pigeon a déjà délivré son message ne t’en fais pas et ton ami ne pourra qu’être content de te revoir. Qui ne le serait pas ma Bulette ?

Sans la prévenir, il talonna son vieux palefroi, le mettant au trot, sans plus. Il fallait bien la monture ! Et c'est en silence qu'ils firent le court trajet qu'il leur restait.

Franchissant les portes de Montpensier une heure plus tard, Castelreng resta attentif aux réactions de sa fille. Le large sourire qu'elle affichait lui alla droit au cœur et il en vient à regretter d'avoir tout fait pour retarder cette arrivée.


Nous y voilà ma Bulle !! Tu vois que tout vient à point à qui sait attendre !
Dans quelle taverne veux tu que nous fassions halte pour commencer ? Je crois que tu as bien mérité une bière coupée et un vrai repas !

Ambryen a écrit:
[Quelque part sur les routes, on arrive en ville]


Il n’avait pas écouté un mot de ce qu’elle avait dit, si ça avait été le contraire, il aurait questionné la Bullette sur son ami. Ce n’est pas pour lui déplaire à la crevette, ça lui évite toute une tripotée de questions auxquelles elle n’avait pas envie de répondre. Alors, pour faire passer ça, la Bullette se mit à se réjouir de savoir qu’il ne restait plus beaucoup de temps avant d’arriver à Montpensier.

Elle lui sourit, il n’avait rien suivi et il avait l’air content, la blondinette suivi donc son père, chevauchant Machine bien moins difficilement qu’auparavant. Plus vite, ils iraient et plus vite ils arriveraient. Et puis, elle avait la dalle ! Bulle n’avait rien avalé depuis le matin et son estomac commençait à le lui faire remarquer. Les remparts de la ville, fortement gardé, le camp d’une armée postée juste après la bosse, la jeunette se demandait si enfin, il y avait avoir du monde et si Abel était de cette armée.

Son sourire qui ne s’effaçait pas, Bullette apprécia l’entrée dans la ville, il suffisait d’entendre parler son père au garde pour savoir qu’ils n’étaient pas d’une province en guerre contre la Couronne. Pour ce que les autres le comprenait de toute façon. Il faisait des efforts pourtant pour parler au maximum comme les gens d’ici, et la blondinette ne pouvait s’empêcher de se moquer. Au moins, elle, elle le comprenait, alors, elle n’avait pas à s’en faire ! Il sorti de son mutisme de la dernière heure avec un :


Nous y voilà ma Bulle !! Tu vois que tout vient à point à qui sait attendre !
Dans quelle taverne veux tu que nous fassions halte pour commencer ? Je crois que tu as bien mérité une bière coupée et un vrai repas !


Bullette haussa un sourcil.

Coupée, pourquoi veux-tu couper ma bière ? Mais c’est vrai que je ne suis pas contre un bon repas ! Et si nous allions chez Foug’, tu sais la taverne avec la marche cassée ! Et puis peut-être qu’Abel y sera !!

Père ? Si mon courrier lui était arrivé, ne crois-tu pas qu’il m’aurait déjà donné une réponse ? Puisque nous étions à une heure de cheval, mon pigeon aurait dû arriver et même revenir !


Bah, elle était en ville, alors pourquoi s’en faire plus. Il fallait d’abord qu’ils commencent par se reposer et puis la soirée pointait le bout de son nez et la fatigue accumulée de toutes les journées de voyage se faisait sentir. Elle devait encore répondre à son cours au séminaire, quelle idée aussi de suivre le séminaire religieux par correspondance. En tout cas, ça lui plaisait pas mal, c’est toujours avec plaisir qu’elle répondait à son cours et surtout qu’elle le lisait avidement.

Se souvenant d’un cours qu’elle avait reçu y’a pas si longtemps, elle regarda son paternel alors qu’ils étaient à se rendre à la taverne.


Père ?

Rhoo ... encore une fois, il n’écoutait pas, c’était décidément une habitude pour lui, et surtout aujourd’hui, qu’est-ce qu’il avait encore bien pu voir pour lui détourner l’attention de sa fifille adorée.

Papa ?

A ça y est, le voilà qui revenait à lui.

C’est quoi un Vidame ?

Castelreng a écrit:
    [ Montpensier, où les belles vous laisse rêveur.. ]


Il avait passé outre sa question sur la bière coupée profitant qu’elle était à lui parler d’une taverne de leurs connaissances. Cette fameuse taverne à la marche cassée, celle la même où ils avaient fait connaissance. Un sourire se dessina sur les lèvres de l’homme au souvenir de leur rencontre quelques mois plus tôt.

Va pour cette taverne alors !!

Il fit diriger leurs montures vers l’écurie la plus proche, démontèrent et confia leurs bêtes au jeune palefrenier contre quelques piécettes, puis se dirigèrent tranquillement vers l’établissement du sieur Foug’. Ecoutant sa fille babiller, il regardait les gens aller et venir, certain se pressant à rentrer chez eux alors que d’autres en sortaient pour gagner les tavernes de la ville.

Pourquoi t’aurait-il renvoyé ton pigeon alors que tu lui as fait savoir que tu arrivais ? Cesse donc de t’inquiéter ! Il sera très certainement à t’attendre dans cette taverne où nous allons.

Cette saison estivale avait l’avantage pour le regard d’un homme de pouvoir contempler les femmes vêtue plus légèrement. Castelreng ne se privait pas de ce que cette douce journée lui permettait de regarder lorsqu’il apercevait une jeune femme. Son regard se posa d’ailleurs sur l’une d’elle, lui faisant presque oublier sa fille à ses cotés.

Jolie plante, cheveux lâchés, lui retombant sur les épaules, d’une couleur châtaine, belle teinte lui rappelant l’automne. Ralentissant le pas afin de mieux détailler la beauté qu’il avait sous les yeux, il laissa ses yeux descendre de sa chevelure pour contempler le reste. Son regard glissa lentement et l’enchanta et découvrant que, bien que menue, la belle à la chevelure couleur d’automne avait tout ce qu’il fallait pour faire se damner un saint. Des formes généreuses qu’il pouvait deviner sous sa chemise vertes, de longues jambes que ne pouvaient cacher ses braies d’un rouge flamboyant, une taille fine, si fine qu’il s’imaginait pouvoir en faire le tour de ses mains. Remontant ses yeux pour les mettre à la hauteur de son visage, il esquissa un sourire. En plus d’être bien faite, elle n’en avait pas moins un visage des plus charmants. De grands yeux dont il ne pouvait voir la couleur, lèvres bien dessinées appelant aux baisers, il en était à se demander comment pouvoir faire sa connaissance, se voyant déjà à la suivre pour pouvoir l’aborder. Déjà ses pas le guidaient vers elle…


Papa ?

Bulle ! Il en avait oublié ce qu’il faisait là et sa blondinette de fille à ses cotés ! Il se retrouvait comme pris en faute. Tournant la tête vers la jeune fille, il ne put cacher sa contrariété et retenir un soupir de déception vite transformé en une interrogation. Etrange question qu’elle était à lui poser là ? Mais les questions incessantes de sa bulette n’étaient-elles pas toujours plus ou moins surprenantes à défaut d’être fatigantes ?

Un vidame ? Et bien une personne qui tient les terres d’un évêché ou d’une abbaye et qui les défend, il me semble… Tu as de ces questions toi !

Reportant son regard droit devant, espérant voir de nouveau la belle qu’il était à admirer juste avant, il lâcha un grognement, constatant que la beauté s’était envolée. Il n’avait pu voir la direction qu’elle avait prise, il ne la reverrait sans doute jamais, dommage se pensa t-il alors qu’ils se trouvaient devant la taverne du Sieur Foug’. Il en poussa la porte, laissant le passage à Bulle et lui emboîta le pas….

Alcideline a écrit:
[Un passage, Un regard]


Alcidieline avait quitté depuis Bourges. ville qui l'avait accueilli. Ne se sentant pas à sa place Elle avait fait route pour Montpensier. Les jours passant elle arriva enfin a sa destination. Elle travailla sans avoir le gout sa petite vie était calme peut être un peu trop.

Après s’être noircit le bout du nez, Alcideline suivi un groupe de femme qui sortait de la mine pour rejoindre leur foyer. En chemin pour l’auberge qui la loger le temps de son séjour à Montpensier, Elle senti un regard se poser sur elle. Ayant peur de voir qui pouvait bien poser l’ envelopper du regard, elle hésita a lever les yeux. Elle entendit alors une voix féminine sans doute jeune.

Papa ?

Alcideline osa alors lever la tête afin d’apercevoir le regard qui c’était poser sur elle un peu plus tôt mais celui-ci c’était envolé. Un homme faisait demi tour pour rejoindre une jeune fille sans doute sa fille ou sa femme. Pour Alcideline, l’homme était fort bien vêtu. Elle eu a peine le temps de voir son visage… Mais elle senti son cœur s’arrêter et un frisson la parcouru. Se croyant malade, Alcideline pris le chemin de l’auberge, a pas rapide, pour se reposer avant de faire un tour en taverne.

Ambryen a écrit:
[En taverne, Chez Foug']


Ils venaient d’entrer dans la taverne, elle la connaissait par cœur pour y avoir passé des heures et malgré le temps qu’elle avait passé dans le sud, rien n’avait changé, rien n’avait bougé, la troisième marche encore cassée, il ne manquait que Foug’ et son pilier de comptoir adoré, certainement qu’ils étaient encore à traîner ensemble. Pas une seconde dans son raisonnement, Bullette se dit que tous deux étaient soldats et que certainement, ils étaient en train de se battre à Pétaouchnock les Oillons …

Alors, la blondinette crevette commanda un bon repas, son paternel à côté fit de même et elle se lança dans la recherche de l’absence en cette taverne de son ami. Elle s’arrêta un instant pour admirer la voracité de son père, il venait de manger … hum allez, deux petites heures plus tôt et le voilà qui engouffrait son diner somme s’il avait une fringale de plusieurs jours, alors qu’elle qui avait faim picorait doucement son repas. Elle avait pour paternel un ventre à pattes grognon ! Parce qu’il avait l’air de ronchonner un peu de temps en temps, en fait, il avait plus l’air d’une grosse peluche qu’on arrive à faire grogner, une sorte d’ours … sans le miel, sans les abeilles ! Quoique vu les regards qui se posaient sur lui, l’ancien avait de la chance que la Bullette ne soit pas sa compagne parce qu’elle aurait eu des envies de meurtre.

Mais alors qu’il était à se faire reluquer par une bande de groupie, la jeunette se prit d’affection pour un pigeon qui lui tournait autour, c’est quand elle comprit qu’il avait un message à sa patte qu’elle sursauta, elle n’attendait de courrier que d’Abel, elle s’était résignée à ne pas avoir de nouvelles de Brue de toute façon. Elle attrapa le message et sans même prendre le temps de le lire, survola l’ensemble du texte pour admirer la signature. C’était celle de son ami Abel. Alors, elle tira la manche de son père, occupé encore à on ne soit trop quoi et l’agressa presque tant elle était contente d’avoir de ses nouvelles.


Papa, papa, il m’a répondu, tu vois, il m’a répondu, il a écrit !! Papa !!

La Bullette tirait toujours sur la manche de son paternel, parcourant en même temps, les quelques lignes qui composait le courrier et plus elle avançait dans la lecture, moins elle tirait fort et moins elle souriait. Il n’était pas là, il était en guerre et à en croire cette lettre, il avait frôlé la mort, il était immobilisé en Touraine …

Il est pas là … Il est blessé …

La Bulle laissa sa lettre sur la table, repoussant un peu son assiette, encore une fois, son estomac se contenterait de la mince portion que la blonde avait bien daigné lui donner. Elle ne grimaçait pas, elle ne ronchonnait pas … Elle avait juste perdu sa langue, l’espace d’une soirée, le temps de se remettre de la nouvelle, elle se contenta d’observer les gens, de les voir rire, de les voir s’amuser. Même Castel qui avait tenté de la consoler s’était laissé entraîner par l’effervescence ambiante. Il était occupé avec une dame. Sa tête lui disait vaguement quelque, mais elle était incapable de savoir où elle l’avait déjà vue ou aperçue, peut-être qu’elle la connaissait, peut-être qu’elle l’avait que croisée, peut-être même qu’elle l’avait à peine vue, mais qu’elle avait enregistré son visage. En tout cas, son père avait le sourire et c’était bien là l’essentiel, demain, Bulle aurait oublié que son ami n’était pas là, elle lui écrirait pour savoir comment il se porte, s’il se soigne correctement.

Pour l’heure, elle était fatiguée et elle préférait laisser son paternel s’amuser un peu avant de devoir reprendre la route, certainement pour rentrer cette fois, elle avait hâte de revoir Narbonne. La blondinette se leva, oubliant les habituels sautillements et interrompit la conversation de son père.


Je monte à l’étage, je vais me reposer, la route a été longue et ce n’est pas fini. Bonne nuit père et bonne nuit à vous madame.

Et elle fila dans une chambre à l’étage sans même leur laisser le temps de répondre.

Alcideline a écrit:
Alcideline était rentrée après la mine. Elle se donna la peine de se laver le bout du nez et changer de vêtement pour ne plus être noir de poussière. Depuis son retour chez elle, Alcideline était dans ses pensée et effectué ses tache sans s’en rendre compte. Elle était hantée par l’image de cet homme aperçu lors de sa sortie de la mine. Qui était-il ? Ou habitait-il ? Elle ne savait pas répondre à ses questions. Afin de se changer les idées Alcideline décida enfin de sortir en espérant oublier l’image de cet homme.

En chemin, elle rencontra des amies et ensemble elles prirent la direction de la taverne chez foug’. Toute à leur discussion, Les jeunettes ne se rendirent pas compte des personnes présente. C’est alors que l’une d’entre elle aperçu un bel homme pas très loin d’elles. Alcideline se permis de regarder dans la direction que lui indiquait son amie. Elle regarda et bloqua son regard sur cet homme. Quel ne fut pas sa surprise lorsqu’elle reconnue celui qui s’était accaparer ses pensés.
Les filles se dirigèrent alors vers l’homme en question. Elles en avaient toutes après tel des abeilles sur du miel. Pour autant Alcideline avait suivie le groupe mais resta toute fois en retrait ainsi elle se permit de le regarder pour graver ce visage dans sa mémoire.

Au fur et a mesure du temps les amies se séparent et vont chacune de leur coté pour discuter avec leur connaissance. Alcideline resta immobile devant celui qui envahissait ses pensées.

Il engagea la conversation et lui appris qu’il s’appelait Castelreng. Ils passèrent du temps a discuter puis sans s’y attendre une jeune fille celle qui était avec lui lorsqu’ Alcideline l’avait aperçu la première fois. Elle faisait une petite mine.


Je monte à l’étage, je vais me reposer, la route a été longue et ce n’est pas fini. Bonne nuit père et bonne nuit à vous madame.

Bonne nuit damoiselle reposer vous bien.

Alcideline se retourna alors vers castelreng

Belle jeune fille que vous avait la. Vous venez de loin ? vous reprenez route a moins que vous soyez a destination.

Castelreng a écrit:
Il laissa au soin de sa fille la commande d’un vrai repas pendant qu’il réservait deux chambres pour la nuit. Une fois attablé, le fumet des plats lui ouvrirent l’appétit et comme à son habitude se mit a dévorer de bon cœur. Une tourte à la viande ne fit que passer, il fit honneur au pâté apporté, englouti deux tranchoirs d’un excellent ragout, le tout bien arrosé par un vin pas trop aigre.

Tout à son repas, il n’avait pas trop prêté attention aux allés et venus de la taverne, tout comme il n’avait pris garde à ce qu’avait mangé sa fille. Une fois repus, il s’adossa à sa chaise, regardant enfin ce qui l’entourait alors que Bulette qui venait de recevoir un pigeon, était à lui tirer la manche pour gagner toute son attention. Il tourna donc la tête vers la blondinette et lui sourit lorsqu’elle lui dit avoir reçu réponse de son ami. Sourire qui s’éteint aussitôt à l’annonce de la blessure du jeune homme.

La guerre faisait rage en Touraine et ne laissait pas indifférent Castelreng. De plus en plus l’envie d’y prendre part le saisissait, de plus en plus le besoin de s’engager se faisait ressentir. L’ost ne le tentait cependant pas, il souhaitait s’engager plus. Il laissa néanmoins là ces questions encore sans réponses et essaya en vain de distraire la jeunette. Rien n’y fit. Un froncement de sourcils et il reporta son attention sur la salle.

Un groupe de jeunes filles était entré. Jeunesse insouciante se pensa t-il en les regardant rire de bon cœur. Un clin d’œil amusé à une blondinette qui le regardait en papillonnant des cils. Coin des lèvres qui se relevèrent lentement en voyant le groupe s’approcher. Se prenant au jeu, il s’amusa à répondre à leurs œillades et plaisanteries jusqu’à ce qu’elles s’éparpillent telle une envolée de moineau.

C’est alors qu’il la vit.

La belle aux cheveux couleur d’automne était là, devant lui, ses grands yeux rivés sur lui. Il ne pensait pas la revoir, l’avait pour ainsi dire oublié. Un fin sourire se dessina alors sur ses lèvres alors qu’il lui faisait signe de la main de s’approcher, engageant de suite la conversation sur des sujets les plus banals. Il se présenta, ne lui disant que son prénom et reprit leur conversation anodine. La chaise voisine grinça lorsque sa fille se leva, il l’avait presque oublié la petite tant il était à regarder le beau minois de la brunette. Tournant la tête vers sa Bulette qui était restée bien trop calme, se rendit-il compte, il la dévisagea un instant, l’air quelque peu inquiet tout de même. Pas le temps cependant de lui souhaiter bonne nuit, de lui rappeler de barrer la porte de sa chambre, de lui annoncer qu’ils reprendraient la route pour Narbonne dès l’aube. Rien, la sautillante jeune fille s’éloignait déjà vers l’étage, les épaules basses. Un relent de culpabilité le saisit que la jolie Alcideline eut tôt fait de lui faire passer.

Il retrouva le sourire lorsqu’il la regarda de nouveau et répondit aimablement à ses questions.


C’est un rayon de soleil que ma petite Bulle. Dit-il joyeusement.
Nous revenons d’une petite excursion sur les côtes bretonne. Je voulais montrer du pays à ma fille pour lui faire oublier un peu ses tourments.

Secouant tristement la tête tout en gardant néanmoins son sourire, il poursuivit de sa voix calme et douce.

Le temps n’est cependant plus aux voyages d’agrément, les conflits s’étendent il est plus que temps de rentrer pour la sécurité de ma fille. Nous reprenons la route dès demain pour Narbonne.

Tout en finissant sa phrase, il fit un signe à l’une des serveuses et commanda deux verres d’hypocras. Un court silence s’installa alors que leurs godets leurs étaient apportés, prenant le sien en main, il demanda.

Et vous damoiselle ? Etes vous d’ici ?

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