Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 Chapitre IV Bis: Flamand rose, Crevette, Ébouriffé à la soupe héraldiq

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MessageSujet: Chapitre IV Bis: Flamand rose, Crevette, Ébouriffé à la soupe héraldiq   Mar 4 Sep - 15:26

Vanyel a écrit:
Le Sud, l'été, la chaleur, les éclats de voix & le chant des cigales...
Un soleil qui vous prend dans ses rais et vous emberlificote l'air de rien, un quotidien qui berce doucereusement et demande en somme deux fois plus d'effort que d'ordinaire pour rester à flot, avec un minimum d'attention et non pas le nez en l'air à rêver.
Pourtant, malgré le panier de crabes dans lequel elle était tombée - pas depuis toute petite heureusement, et puis un panier ce n'est pas une marmite - elle rêvait de revoir la mer & les flamands roses. Certes pour leur piquer des plumes au passage, mais c'était un détail, et puis elle avait une affaire à régler.

Des plumes d'ailleurs... elle en avait une seule avec elle lorsqu'elle avait pris la route. Elle aurait pu passer son temps à la faire rouler entre son pouce et son index pendant le voyage si elle n'avait pas décidé de prendre un choual plutôt qu'une voiture qui aurait de toute façon été étouffante. Et puis elle avait été plus rapide ainsi, ce qui n'était pas un mal.

Les pigeons, ou chouette selon, étaient partis, le rendez-vous était fixé, et contrairement à ses habitudes, il serait de bon ton qu'elle ne soit pas en retard.

Après une étape à Agde, qui lui permit de se débarrasser de la poussière du voyage et de prendre des affaires de rechange pour éviter d'arriver en garçon manqué, elle avait fait le reste du trajet tout de même en voiture, toutes fenêtres ouvertes. Heureusement que son chignon était bien serré, ce qui lui permit de survivre.

Arrivée vers les locaux de la hérauderie, elle décida de provisoirement piquer la plume de flamand rose dans ses cheveux et s'annonça à l'entrée. Elle fut conduite par un page vers un coin de jardin qu'elle entreprit d'explorer - en particulier l'ombre des arbres - en attendant d'être rejointe. Elle repassait dans sa petite tête ce qu'elle ne devrait pas oublier.

Castelreng a écrit:
Courrier reçu, il s'était mis en route sans tarder cette fois. Pas question qu'il ne soit pas à l'heure. Non qu'il soit à l'égal de ces dames qui, changeant de toilettes un nombre incalculable de fois revenaient bien souvent sur sur la première enfilée, se coiffant et se recoiffant avant d'être satisfaites. Il avait juste la mauvaise habitude de prendre route trop peu de temps avant l'heure à laquelle il était censé être là et quand il prenait les devants, il avait la malchance qu'il lui arrive une tuile en court de route. Cette fois au moins, il était certain que sa monture ne perdrait pas un fer en route puisqu'il ne pouvait encore pas le monter.

C'est en voiture qu'il fit le trajet le séparant de Narbonne à l'Hérauderie Languedocienne et l'attelage avait été vérifié avec une grande minutie.
Il avait une sainte horreur de se déplacer de la sorte, ayant l'impression d'étouffer dans cette boite trop étroite à son gout. Il finirait par faire couper ce toit pour voyager au grand air. Oui c'était là une belle solution et il se promit de voir au plus vite le charpentier afin qu'il lui arrange une voiture à ciel ouvert.

La chaleur de cette journée estivale avait failli l'endormir, seuls les cahots de la route se répercutant dans ses reins étaient parvenus à le maintenir éveillé et grimaçant par moment. Le trajet n'était pas si long, une chance car il serait descendu de sa "boite" complètement cassé en deux. Là, s'il penchait légèrement vers l'avant en mettant enfin pieds au sol, il finit toute fois au bout de quelques pas à se redresser correctement sous l’œil un peu narquois d'un valet posté.

Ronchonnant intérieurement contre ce dos fragile et cette canne qu'il ne pouvait casser sur la tête de l'insolent car il en avait trop besoin, il dirigea ses pas vers la bâtisse, donna ses noms et la raison de sa présence à un jeune page en fraction qui, tout en le guidant lui annonça que la Comtesse d'Ossau et Vicomtesse d'Agde venait d'arriver et attendait dans le jardin.

Il laissa donc le jeune garçon devant l'entrée du jardin en le remerciant et se mit en quête de la" Crevette" qu'il découvrit se baladant à l'ombre des arbres. Avant de lui faire part de sa présence, il se plut à la regarder, lui qui avait fort peu l'habitude de la voir autrement que vêtue comme un homme. Il s'amusa en voyant la plume rose qui trônait sur son chignon et s'annonça donc de la sorte :


Dame Crevette voudrait-elle se transformer en Dame Flamand rose ?


Puis, allant la rejoindre, ajouta un large sourire aux lèvres :

Bonjorn Vany...

Vanyel a écrit:
Héraut préviendu, c'était fait, c'était quand même un élément essentiel du procédé. Pas de héraut, pas de cérémonie, simple.
Ébouriffé préviendu, pareil, fait. Il était réveillé, elle espérait qu'il ait fini de se remettre correctement mais elle avait un doute sur sa capacité à rester végétatif... si déjà il ne s'était pas refait mal en zêlant, ça ne serait déjà pas si mal.
Recherche de seigneurie, c'était fait depuis un moment, elle le savait et pour cause... elle réprima un soupire et secoua la tête pour chasser de sombres pensées. Elle n'oubliait pas le passé, mais là c'était le présent. Fief donc, c'était bon.
Papouille symbolique, c'était bon aussi.

Elle était songeuse... l'Étiquette l'enquiquinait. Plutôt utiliser du "tu" ou alors du "vous". C'était une question au moins fondamentale! Elle se demandait si elle n'allait pas tirer la réponse à pile ou face quand elle fut interrompue dans ses réflexions par une voix qu'elle reconnut.

Tournant la tête vers la provenance du son, elle sourit en le voyant arriver. Ses yeux se plissèrent légèrement en passant sur la canne... la folie humaine et ses conséquences mettent toujours trop de temps à être gommées... A nouveau, elle ferma la porte à un train de pensées qu'elle se refusait à suivre ce jour.


Bonjorn Cast, ton voyage s'est bien passé ?


Tournant la tête pour qu'il puisse voir son profil droit, puis le gauche, elle rajouta taquinement.


Moi? me transformer en flamand rose? mais non voyons... c'est une technique pour éviter ce redoutable prédateur crevettivore! d'où crois-tu qu'il tient sa jolie couleur ? Ce n'est qu'un juste retour des choses qu'une Crevette leur pique des plumes non?

Castelreng a écrit:
Alors qu'ils étaient cote à cote, il fit une légère grimace quand elle évoqua son court voyage pour arriver jusque là.

Je ne supporte pas ces maudites litières on est secoué comme un prunier et on y étouffe ... mais que faire si non recevoir la colère de Nane.


Il oublia vite ses problèmes de transport, souriant largement en la voyant faire la coquette à tourner sa tête de droite et gauche afin de bien montrer la plume rose trônant comme étendard après la victoire et s'amusa de ses réflexions.

Je vois je vois... tu es donc là en mode camouflage... Cela dit ça te va à ravir même si c'est un peu étrange au premier abord. Mais ne t'inquiète plus trop pour ces crevettivores je te promet de les dresser sous menace de les déplumer et les faire cuire afin que tu n'aies plus la crainte de te voir dévorer par ces prédateurs.

Il se perdit un instant dans ses réflexions se demandant, tout comme elle et sans le savoir s'il le faudrait reprendre le protocole et en revenir au vouvoiement et autres courbettes lorsque le Roy d'Armes ferait son entrée. Alors qu'il lui posait la question sans trop se rendre compte qu'il passait du coq à l'âne, il trouva cependant la chose amusante d'autant plus qu'entre deux il n'avait jamais été question de protocole.

Dis Vany ? .... Va t-il nous falloir sortir les grands mots et tout ce qui va avec lorque le Roy d'Armes sera arrivée ?

Ingeburge a écrit:
Il était difficile d'extirper une Ingeburge de ses lectures quand celles-ci touchaient à l'étude de cartulaires, d'actes notariés et autres paperasseries que certains se faisaient fort de dénigrer mais qu'ils réclamaient dès lors que cela touchaient leurs intérêts. Tous ces documents étaient une mine d'or pour tout héraldiste qui se respectait et c'était d'autant plus vrai lorsque l'on était pas du coin comme la très nordique Herzogin von Berg. Il fallut plusieurs salves de raclement de gorge de la part d'un valet très stylé et un brin embêté pour tirer ladite duchesse de son examen minutieux et lui faire son mignon petit nez. Celle-ci, les yeux encore gros de tout ce qu'elle avait lu lança une vague question qui voulait grosso modo signifier " quoi? " mais en plus poli et en beaucoup plus long et à cela, le domestique à l'accent chantant indiqua que la còmtessa d'Ossau se trouvait dans les jardins. Les jardins? Pourquoi pas?

Et c'est ainsi que Montjoie, Roi d'Armes de France, débarqua dans lesdits jardins, suivie d'une procession de servants transportant qui un pupitre, qui des fauteuils, qui une planche, qui des tréteaux, qui un plateau et de deux pages encombrés de son manteau de Pair de France et d'une besace remplie d'une foule d'objets fort utiles. Alors qu'Ingeburge vérifiant que son voile noir couvrait bien sa tête car qui disait jardins, disait soleil criminel pour les peaux d'albâtre, s'approchait de Vanyel croisée au campement de Memento Mori et d'un homme qu'elle n'avait encore jamais vu et qu'elle décida de considérer comme l'anobli du jour, la valetaille s'activait.

— Votre Grandeur, messire, le bonjour et la bienvenue. Je suis Montjoie, Roi d'Armes de France et responsable de la marche du Languedoc.

Et alors que la Prinzessin se présentait, la domesticité s'empressait. Une table fut ainsi montée, recouverte d'une nappe et chargée du plateau lui-même lesté d'un cruchon de vin, de hanaps et d'une corbeille de fruits. Le pupitre et son fauteuil furent mis dans un coin, un siège fut disposé non loin et un autre placé face à celui-ci.

Vanyel a écrit:
Elle avait un grand sourire satisfait lorsqu'il mentionna le dressage de flamands, c'était parfaaaaait.
Si tant est que ça soit possible, son sourire s'élargit quand il parla ni plus ni moins que d'étiquette, celle qui colle bien avec un grand "E".


Hum.. les grands mots tout ça... tu sais on a un jeu avec une homologue aux ambassades... Comme l'étiquette ça peut coller, ou être collant selon, on l'a un peu transformé en.. hum, euh, jeu.
Chaque erreur est comptée... bon après certes, les fins de parties ne sont pas forcément bien délimitées dans le temps, mais c'est un détail...
Si tu veux on peut considérer ça comme un entrainement, on ne sait jamais quand ça peut servir les Tiquettes...


Elle n'ajouta rien, le Roy d'Armes ayant fait son entrée. Elle lui lança un regard malicieux l'air de dire "Alors, on joue?" avant de reporter son attention sur Ingeburge.

Bonjorn Montjoie, je vous remercie de votre venue.

Elle se demanda un instant si c'était bien la bonne façon de l'appeler, les points à compter tout ça... les sièges la laissaient plus perplexe. Temporiser... peut-être qu'elle apprendrait s'ils étaient là pour la cérémonie, ou pour après ou... bref.
Futur vassal, héraut, cadeau symbolique, future suzeraine, il ne lui semblait pas qu'il manquât un ingrédient pour leur tambouille.


Messer Castelreng et moi-même sommes ravis que vous ayez accepté de nous prêter assistance, cela malgré votre emploi du temps.


Roy d'Armes, fauteuil, canne, Cast... ses yeux essayaient d'englober la scène oh pis zut, autant poser la question si elle voulait une réponse d'abord.

Les sièges sont-ils à notre intention pour la petite cérémonie en elle-même? ou permettre ensuite une discussion confortable à l'ombre?


Dernière édition par Admin le Mar 4 Sep - 15:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre IV Bis: Flamand rose, Crevette, Ébouriffé à la soupe héraldiq   Mar 4 Sep - 15:30

Ingeburge a écrit:
Les yeux pâles d'Ingeburge quittèrent un instant le visage de Vanyel pour se reporter sur la valetaille qui achevait l'installation des meubles. On se serait cru dans un petit salon de plein air et c'était bien le but recherché. Revenant à la comtesse, elle déclara simplement :
— Quand l'on m'a fait savoir que c'est au jardin que je vous trouverais, j'ai pensé que vous préfèreriez en profiter davantage. Nous pouvons donc procéder à la cérémonie ici-même. Sinon, nous pouvons rentrer, les fauteuils et les sièges nous suivront.

Pour sa part, elle préférait être à l'intérieur, n'étant guère portée sur les activités extérieures, sans compter ce soleil traître et sournois. Mais son pupitre avait été placé bien à l'ombre, selon ses directives, sa peau alabastrine n'en souffrirait pas. Aussi, ajouta-t-elle :
— Nous ferons selon votre goût, Votre Grandeur.

Castelreng a écrit:
Alors qu'il allait lui demander si pour ce " jeu" il y avait une grande différence entre "Etiquette" et "Tiquette" - à savoir si l'étiquette comprenait en plus du vouvoiement les courbettes alors que le tiquette, lui ne serait que le "vous" - lorsque le calme tranquille de ce petit jardin disparu. Le regard malicieux que lui lança Vany le fit sourire et il tourna la tête pour afficher la surprise en voyant débouler derrière le Roy d'Armes tout un arsenal de valet portant qui, un pupitre, qui des fauteuils et autres.

Il reporta ensuite son attention sur la jeune femme alors que Vany était à la saluer et dut se contenter sur l'instant d'un profond salut du chef, ne voulant couper la parole à la Comtesse.

Il était impressionné.
Impressionné par ce Roy d'Armes à l'allure de Reine dont il ne pouvait voir le visage derrière son voile noir.
Impressionné par tout ce remue-ménage que les valets étaient à faire pour, lui semblait-il, une bien petite cérémonie.
Protocole, protocole, lui soufflait une toute petite voix qui à cela lui fit voir le coté "Etiquette" et non "Tiquette" de cette affaire, alors que Vanyel était à poser directement la question. Il écouta sagement les explications données et ce n'est qu'ensuite qu'il put faire entendre le son de sa voix.


Bien le Bonjorn Donà.. Ne sachant lui aussi comment nommer cette importante personne et pensant que le "Donà" serait le plus approprié.
Enchanté de faire votre connaissance.

Vanyel a écrit:
Une chose était indéniable, la roy d'armes était on ne peut plus rodée à la préparation de cérémonie et le personnel dirigé de main de maître. Il n'y avait guère de chance que leur efficacité soit le fruit d'un pur et heureux hasard. L'organisation était une chose merveilleuse.

A nouveau son regard balayait la scène dont le décors venait d'être planté. Elle ne voyait pas la nécessité de demander à tout bouger à nouveau. Ils n'étaient pas en plein soleil, et celui-ci n'était heureusement pas à son zénith à darder des rayons trop brûlant pour être supportés, en somme tout semblait prêt.


Procédons ici, tout étant en place. Nous pourrons ensuite profiter de l'installation, attention pour laquelle je vous remercie.


Elle regarda Cast avec un air qui était presque entièrement sérieux, n'eut été l'étincelle de malice dans ses yeux. Celle-ci finirait par disparaitre une fois qu'ils auraient commencé, elle n'en doutait pas vraiment. Le rythme de ce genre de cérémonie finissait toujours par la rattraper. Elle lui posa une mini question, juste un mot en fait.

Prêt?

Intérieurement, elle espérait qu'elle l'était. Certes si elle oubliait des choses en route il y aurait rappel, mais tout de même.

Castelreng a écrit:
Sa curiosité le piquait - car oui, le bonhomme est fort curieux - aussi regarda t-il avec étonnement, l'efficacité de la valetaille. C'était à croire qu'ils ne faisaient que ça ; installer tout ce qu'il fallait pour ce genre de cérémonies et nulles autres. Leurs gestes semblaient d'un tel mécanisme, que tout fut prêt en un temps record.
Vanyel acquiesça quand à faire dehors plutôt que dedans, lui aurait aimé voir tous ces valets rembarquer le tout pour l'installer ailleurs, voir s'ils seraient encore aussi rapide et précis.

Il fut sorti de ce spectacle par le murmure de sa bientôt Suzeraine à laquelle il sourit. Prêt, il l'était lui semblait-il tout au moins, mais comment en être vraiment certain ? Saurait-il lui dresser ces fameux flamands roses ? Là était une question de grande importance...

Son regard se fit malicieux et, courbant légèrement la tête à défaut de ne pouvoir courber le buste, il lui répondit.


Prêt, oui Votre Grandeur...

Vanyel a écrit:
Elle n'était pas sourde, elle était réveillée, elle l'avait entendu, il l'avait dit lui-même qu'il était prêt. Et, cerise sur le gâteau, il se défendait au jeu de l'Étiquette et elle n'avait pas encore trouvé le moyen de lui donner des points.

Elle lança un regard à Ingeburge, hochant légèrement la tête puis reporta son attention sur Cast.
Semi-brun en place au commande dans sa petite tête, repassant en mémoire comment ça c'était passé la seule fois d'avant pour faire en sorte de ne pas s'emmêler les pinceaux... et de se jeter à l'eau, enfin au figuré.


Messer Castelreng, voulez-vous être tout à fait mon homme?

Castelreng a écrit:
Elle poursuivit sur le même ton, celui donc de l'Etiquette, qu'à cela ne tienne, à ce jeu il ne se laisserait pas distancer. Le fait de devoir respecter ce protocole avec son amie Vany lui semblait tout de même étrange. Il chassa cependant cette pensée pour ne plus avoir en tête que ce moment important, pour Elle comme pour Lui.

Quand elle lui posa la question, il déposa genou en terre et lui répondit avec un sérieux qu'on n'aurait pu soupçonner de sa part.


Oui Votre Grandeur, je le veux

Ingeburge a écrit:
L'assentiment de la comtesse d'Ossau donné, les domestiques parachevèrent l'installation avant de s'éclipser pour la plupart, deux ou trois ne restant que pour satisfaire les désirs des nobles personnages réunis dans l'écrin de verdure. Après une petite inclinaison du chef en direction de Vanyel et de Castelreng, Ingeburge s'éloigna elle aussi et gagna son pupitre. Elle n'était que témoin, c'était le duo qui était mis à l'honneur en ce jour.

Bien installée, elle posa son regard sur l'anobli et sa future suzeraine. L'échange débuta et le Roi d'Armes de France se fit attentif.

Vanyel a écrit:
Jamais 2 sans 3, il parait. Elle avait ses deux premiers oui en réponse à ses questions.
C'était maintenant que leur protocole en cercle restreint différait un peu de la musique des traditionnelles allégeances à un régnant qu'elle aurait presque pu suivre en somnambule.
Dire oui et puis oui, ca n'était pas tout, à elle de rappeler pour quoi.

Petite note mentale sur l'objet de ce serment, position géographique... légère inspiration et de se lancer avec cette voix quasi impersonnelle qui s'imposait à elle lorsqu'elle se glissait pour un temps dans son rôle de comtesse uniquement, laissant de côté provisoirement espièglerie et son penchant crevettien.


Messer Castelreng, me promettez-vous fidélité, aide et conseil pour la seigneurie de Marseillan, sise dans le vicomté d'Agde?

Castelreng a écrit:
On aurait pu les croire seuls au monde tant leur sérieux les enveloppait. De mémoire, jamais Castelreng n'avait encore vu son amie afficher cet air noble et solennel quand elle lui demanda de lui prêter allégeance.

Alors qu'il posait un regard franc dans celui de sa bientôt Suzeraine, il se jurait bien de ne jamais la décevoir. Aussi lui répondit-il d'une voix claire d'où la sincérité débordait.


Je vous promet Comtessa, fidélité, aide et conseil en remerciement des terres de Marseillan que vous souhaitez me confier. C'est pour moi grand honneur que de vous servir.

Vanyel a écrit:
Elle le regardait un fin sourire aux lèvres, l'écoutait. Son dernier mot la fit quelque peu tiquer intérieurement mais elle n'en laissa rien paraître, pour l'instant du moins. Il faudrait qu'ils explorent cette notion de "servir" un peu plus tard, sans le carcan protocolaire. Il n'avait pas intérêt à avoir autre chose en tête que rester lui-même, elle n'en demandait pas plus... plume de flamand mises à part certes.

Lui restait à sceller cette promesse. Certains se contentaient de l’accolade, elle avait été marquée au fer languedocien et ne concevait qu'avec beaucoup de difficulté un ciment autre qu'un baiser de paix, quand bien même la personne devant elle ne lui plaisait guère, mais ce n'était pas le cas aujourd'hui. Exceptionnellement, elle allait devenir suzeraine par choix personnel.

Elle prit les mains de Cast dans les siennes et se pencha vers son visage, effleurant ses lèvres d'un chaste baiser de paix.


Moi Vanyel, en tant que vicomtesse d’Agde, vous promets à vous Castelreng protection, justice et subsistance en vous accordant la seigneurie de Marseillan, représentée par…

elle ôta la plume commodément à portée de main dans ses cheveux et la lui tendit.

... cette plume de flamand rose.

L'étincelle de malice revenait dans ses yeux. A moins qu'ils ne se fassent reprendre par Montjoie, elle ne voyait pas ce qu'ils avaient oublié et déjà son humeur glissait hors du protocole héraldique.

Castelreng a écrit:
De mémoire il ne se souvenait avoir jamais reçu de chaste baiser, et le fait que ce soit son amie et à présent Suzeraine qui le fit la première le rassura sans qu'il sache pourquoi d'ailleurs.

Il ne put rien contre le sourire malicieux qui éclaira ses yeux et remonta ses lèvres quand elle lui tendit la plume de flamand qui jusque là ornait sa coiffure. Il se promit alors de faire de cette plume un symbole pour toujours se rappeler cette journée. Les yeux plongés dans ceux de la Crevette, il ne savait que dire sur l'instant et prit la plume qu'il glissa dans la boutonnière de son gilet. Il eut envie alors de lui dire que bien de couleur fortement féminine et quitte à frôler le ridicule, il s'en ferait faire un ornement. La présence du Roy d'Armes l'en empêcha, aussi se contenta t-il de dire à voix relativement basse.


Je vais la garder tel un trésor


Et se releva lentement sans pour autant échapper à la main crevettienne qui tenait toujours sa senestre...

Vanyel a écrit:
Main dans la main, même air de gosses malicieux très contents d'eux-mêmes, petit salon installé en plein air, elle est quand même belle la vie, non?

C'était fini, enfin presque. Elle se tourna vers Montjoie et opta à nouveau pour une question directe.


Les règles ont-elles été respectées ou avons-nous oublié des étapes pendant ce protocole?

C'est qu'avant de se mettre à chiper une friandise et (re)papoter de tout ou rien, il était quand même préférable de s'assurer que tout était en ordre.

Ingeburge a écrit:
Etait-ce la chaleur? Ou était-ce le fait de se trouver en plein air? Il faut le dire : Ingeburge ne supportait ni l'un ni l'autre mais bien à l'abri dans son coin d'ombre, elle ne souffrait ni de la première, ni du second. Pas pour le moment en tous les cas et si elle devait avoir un coup de chaud, les rafraîchissements mis à disposition y pourvoiraient. Alors, pourquoi cette lenteur à répondre? Ce devait être l'atmosphère languedocienne, elle remarquait que depuis quelques semaines qu'elle était là, elle se laissait aller à une indolence qui ne lui était dans le fond pas étrangère. Elle avait été attentive pourtant, n'ayant rien manqué des échanges mais la langueur, indubitablement l'avait prise.

Aussi répondit-elle avec quelques secondes de décalage :

— Tout y était Votre Grandeur. Messire Castelreng est désormais pleinement seigneur de Marseillan.

Et pour le consacrer, en plus de cette plume qu'elle avait, malgré son apathie, observée, intriguée, elle se leva et se dirigea vers le duo. A Castelreng elle remit un oriflamme :

— Voici vos couleurs, vous porterez maintenant « d'argent, à trois pals de gueules ». Arborez-les avec fierté et honneur, elles sont le symbole de votre engagement auprès de votre suzeraine.

Son intervention achevée, elle retourna à son pupitre dresser le contreseing, faisant signe aux valets demeurés pour le service de proposer de quoi se rafraîchir à Vanyel et à son nouveau vassal. La rédaction de l'actte fut l'affaire de quelques minutes avant qu'il pût être disponible :
Citation :

Vanyel a écrit:
De Vanyel d'Arezac,
A Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, dite Montjoie, Pair et Roi d'Armes de France, officier de tutelle du Languedoc,

Salutations & respect,

Je vous écris ce jour pour vous faire connaitre mon intention de prendre messer Castelreng comme vassal en lui octroyant une seigneurie rattachée à Agde: Marseillan.

Sachant qu'un tel octroi doit se faire avec un témoin héraldique et que vous êtes présentement en charge du Languedoc, vous serait-il possible de nous faire savoir quand vous auriez la possibilité de nous assister dans cette procédure?
Ou, si vous n'en avez pas la possibilité sauriez-vous nous indiquer vers qui nous pourrions nous tourner?

Je vous remercie de l'attention que vous pourrez prêter à cette missive.

Puisse le Très-Haut vous avoir en bonne grâce.

Fait à Foix, le septième jour du mois de Juillet mil quatre cent soixante

Vanyel d'Arezac
Comtesse d'Ossau
Vicomtesse d'Agde, d'Arros, de la Ferté sur Aube & de Villemur
Baronne de Lunel

    Le dix-septième jour de juillet de l'an de grâce MCDLX, en présence de nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, dite Montjoie, Roi d'Armes de France, Castelreng dit du Cougain, Narbonnais et garde royal, s'est présenté par-devant la noble dame Vanyel d'Arezac, comtesse d'Ossau, vicomtesse d'Agde, d'Arros, de la Ferté-sur-Aube et de Villemur, baronne de Lunel. Ledit Castelreng dit du Cougain, désarmé et tête nue a fait foi, serment et hommage à ladite noble dame pour les terres et appartenances qu'il doit d'elle dans le vicomté d'Agde, sis en Languedoc, promettant de faire tout ce que bon et loyal vassal doit et est tenu de faire à sa vraie et naturelle suzeraine; lequel hommage et serment de loyauté la comtesse a reçu de ledit vassal en le baisant de sa bouche.

    En conséquence de quoi, messire Castelreng dit du Cougain se voit octroyer le fief de Marseillan, fief érigé en seigneurie et devient seigneur de Marseillan et portera : « d'argent, à trois pals de gueules », soit, après dessin :




    En témoin desquelles choses, nous, ladite Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, Roi d'Armes de France, avons fait et fait mettre en cire d'or notre sceau à ce présent contreseing à Montpellier, le dix-septième jour de juillet de l'an de grâce MCDLX.




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