Castelreng du Cougain

Moments de vie d'un personnage médiéval fantaisiste

 
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 Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460

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MessageSujet: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 12:47

Castelreng a écrit:
La nuit régnait encore en maitre. Lune brillante éclairant la ville endormie allongeait l'ombre de l'homme, la rendant, inquiétante, menaçante. Faisait-il bien de se rendre là ? il n'en avait aucune idée. Il avait laissé sa maitresse du moment endormie sur sa couche, après des ébats dont il n'était pas ressorti apaisé et trainait donc dans les rues.
Comme chaque fois qu'il déambulait sans but, il se retrouva devant cette bâtisse, inévitablement semblait-il.

La porte fut poussée et laissa entendre un grincement, plaintif, comme pas ravie d'être déranger à pareille heure. Une bougie fut allumée et il put prendre connaissance du tout dernier écrit.
Plume fut alors trempée dans l'encre et vélin griffonné de ces quelques mots.



Citation :
Temps est venu de dire Au revoir,
Heure du regret d'un retour.
Oubli d'un jour retrouver Amour,
Présent, futur sans Espoir.

Inutile, Futile , Compromis, Incompris

Et de laisser plume, souffler la chandelle, repasser la porte sans prendre le soin de la refermer et aller errer ailleurs...



Citation :
Post écrit à 4 mains avec lj Feue Oriabel

Castelreng a écrit:



Montpellier, fin octobre 1460 - Dans la chambre d’un appartement.


La nuit était tombée, la lune était à son entier tout l’inverse de lui, brisé. Que sa forme qui était aussi pleine que lui en fait qui n’avait pas cessé de boire. Une fois de plus. Tout allait de travers et ce depuis trop longtemps pour parvenir encore à le supporter. Lui qui, une semaine plutôt disait que l’abus de boisson était terminé, il se trouvait là dans un tel état qu’il aurait été bien incapable de se lever du fauteuil dans lequel il s’était affaler avec une pleine bouteille d’eau de vie.

Regardant sans vraiment voir l’astre lumineux qui était la seule lumière l’éclairant, il était bien incapable de connaitre la raison de son état présent. Il avait passé un peu de temps en taverne avant de rejoindre ses quartiers, avait bu quelques verres et, chemin faisant avait ressenti sur ses épaules un poids de plus en plus lourd à porter. Cette lourdeur d’une vie devenue trop exténuante à porter, celui d’un nombre incalculable de soucis et déconvenues ne cessant de croître, un poids tel que certain n’aurait pas pris la bouteille mais la corde pour se pendre. La facilité, il l’avait, là, à quelques mètres de lui, posée sur une table, n’attendant que d’être prise et placée à la bonne poutre.En rentrant, il l’avait regardé un moment, avait passer ses doigts sur le chanvre bien tressé et s’en était écarté au profit de la bouteille. La première gisait, vide sur le sol, la dernière en main au trois quarts vides. Si seulement son esprit pouvait lui aussi se vider. Si seulement le liquide qui lui brûlait les entrailles à chaque rasade pouvait une bonne fois pour toute lui apporter l’oubli, ou mieux encore l’endormir à jamais. Quelle paix alors ce serait ! Plus de tourments, plus de questions, terminés les reproches et autres. La paix et peut-être enfin la porte du bonheur en retrouvant enfin l’être aimé...


Oriabel....

Le Très Haut n’était décidément pas aussi bon que les gens d’église se plaisent à le dire car Crénom d’un chien ! Quel plaisir il prenait à s’acharner encore sur sa misérable personne Lui avoir pris son épouse adorée ne lui suffisait pas, il fallait encore qu’il vienne lui mettre des obstacles - et pas toujours des moindres - en travers son chemin. L’éloignement de sa fille ainée, sa princesse, Heaven, qui ne voulait plus entendre parler de lui, les frasques de plus en plus nombres de son frère et jumeau, sans doute faites pour lui montrer à sa manière que lui aussi lui en voulait. Que ne leur avait-il dit plutôt le secret de leur naissance ? Il n’en serait peut-être pas là à cette heure ? Peut-être.... ou pas....
Venait ensuite Joséphine. Enfant douce et gentille. Jamais un mot plus haut que l’autre le nez dans un livre à vouloir vivre aventures. Elle avait bien changé cette petite capricieuse, qui aujourd’hui était la rebelle sans conteste tout était prétexte à présent à le faire bondir de rage, elle n’avait plus de limite pour son plus grand désespoir. Il en avait conscience là, voulait tout oublier et se trouvait à l’instant à sentir naitre le désespoir qu’étaient devenues ses relations avec ses trois premiers enfants. Venait ensuite sa Bulle, cette jeune fille qu’il ne regrettait pas d’avoir adopter et qui était dans la noirceur qu’étaient ses relations familiales, sans doute son seul rayon de soleil. Pourtant, elle aussi lui en voulait. Certes moins que ses ainés mais tout de même. Quel mauvais père il faisait ! Mieux ne valait pas qu’il pense à sa petite dernière qu’il n’avait pas revu depuis mai dernier et en coup de vent... Non vraiment, plus il y pensait et ce entre deux gorgées d’eau de vie, plus il était certain qu’ils valait mieux pour tous qu’il disparaisse. Joséphine hériterait de Cordas, Marssilhàn serait de nouveau sans Senher et ses enfants bien plus heureux ! Quand à lui, il les verrait enfin sourire et pourrait enfin être fier.

Vidant la bouteille qu’il laissa ensuite aller rejoindre sa jumelle dans un bruit sourd, il était à présent convaincu que c’était là la meilleure des choses à faire. Aller rejoindre son adorée et, main dans la main, regarder les jours heureux filer sur leurs enfants...

Son regard se porta instinctivement vers la table où attendait la corde puis sur la poutre maitresse au centre de la pièce. Ne restait en fait qu’à simplement se lever, empoigner le chanvre, le passer par dessus le morceau de chêne et le tour était joué.Se dresser sur ses pieds ne fut pas une mince affaire et il resta bien quelques minutes à s’agripper au fauteuil pour retrouver un semblant d’équilibre. Déterminé il était et avait l’impression qu’il y avait longtemps qu’il n’avait pris une vraie et bonne décision. Car même du coté travail rien n’allait comme il l’avait souhaiter et trop souvent il avait ressenti le découragement quand il n’était pas à s’arracher les cheveux parce que rien n’allait comme il le fallait. Titubant, il parvint à la table et ramassa la corde. La déconvenue en lui grandissait, voyant flotter près de lui l’ombre d’une brunette dont il n’avait su se faire aimer. Faire passer la corde autour de la poutre fut un jeu de patience que certain aurait abandonné après le 10ième essai et ses lèvres se retroussèrent à la satisfaction quand enfin elle fut en place. Il dut se reprendre à deux fois avant de parvenir à tenir debout sur la chaise, passer le chanvre autour de son cou lui sembla la plus belle des récompenses.
Le Trés Haut lui avait joué un mauvais tour en lui faisant revivre en son inverse ce qu’il avait fait en ses vertes années. Il lui avait enlevé son premier amour pour des années après lui prendre son second, avait ensuite fait en sorte que la belle qui l’avait tant troublé se tourne vers son ami et bien il allait lui jouer un tour à sa façon lui aussi en allant le rejoindre plus tôt que prévu et retrouver la douceur de sa défunte épouse. Il ne serait pas dit que cette fois IL aurait gain de cause !! Foi de Cordas !

Mais rien n’est jamais ce qu’il devrait être. La facilité c’est trop aisé. Cette corde pourrait se tendre sans que rien d’autres ne viennent troublé cet état d’esprit. Pourtant, dans ce petit coin sombre de sa conscience quelque chose s’impose à lui. Quelque chose dont il ne discerne pas et donc le murmure gronde au loin. Seulement la boisson qui le fait délirer, que pourrait-il en être autrement ? Pourtant cette image floue à ses yeux clos pour se jeter dans le vide de la souffrance se fait plus brillantes, plus insistantes derrière ce voile noir. Et cette voix, il la connait bien entendu. Elle lui a si souvent murmurée à son oreille, si souvent laissé transporter par ce chant mélodieux d’amour qu’elle lui déversait à lui seul. Elle est là ! Prête à l’amener avec lui. Elle est venue le chercher sa blonde, sa femme, son Oriabel ! Il savait qu’elle ne l’abandonnerait jamais, elle était là comme il l’avait toujours espérer. Il pouvait donc mourir en paix, si aisément qu’il le souhaitait de tout son corps à cet instant précis.


Castelreng ? Qu’est-ce que tu fais mon amour ?

Elle était là, flottant devant ses yeux, en chair comme si jamais elle ne l’avait quitté. Certes qu’illusion à son état d’ivresse mais bien réelle pour lui.

Je viens enfin te rejoindre mon Ange... Rien et personne ne me retient ici bas et toi seule peut me donner ce bonheur...

Me rejoindre dis-tu ? Mais tu ne peux faire une telle chose mon amour. Bien des gens ont besoin de toi. Que fais-tu des enfants ?

Les enfants seront bien plus heureux une fois que je serais à tes cotés mon Ange je suis un bien mauvais père tu sais.... et... je veux être égoïste pour une fois et ne penser qu’à ce que je veux moi et c’est toi... te retrouver pour ne plus te quitter..

Elle était là, devant lui, petite forme gracieuse au visage toujours aussi beau. Il n’avait que de tendre la main pour pouvoir de nouveau sentir sous ses doigts le satin de sa peau. Tendre le bras, faire un pas pour qu’enfin il puisse la prendre dans ses bras, pour de nouveau s’enivrer de son doux parfum, pour oublier et revivre.

Je vois que tu dis toujours autant de sottises une fois ce venin en toi. Quand comprendras-tu mon amour que l’alcool est ton pire ennemi ? Qu’ainsi beaucoup tu as perdu, et que tu pourrais perdre encore. Tu es loin d’être un mauvais père. Ils t’aiment, tous très fort mais ce sont aussi TES enfants... ils ont les mêmes gênes têtues en eux comme tu les as toujours eu en toi.

Soupira doucement de le voir dans cet état. Lui pour qui elle aurait donné sa vie, comme pour ses enfants qui lui voulait abandonné cette fois. N’est-ce pas ce qu’elle avait fait d’ailleurs ? Offrir sa vie en échange de celle d’un des leurs ? Oui, et sans regret elle l’avait fait. Jamais elle ne les avait abandonné et encore une fois, elle ne se sauverait pas.

Tu ne peux être égoïste plus que tu ne l’es déjà. Depuis que j’ai quitté, tu t’acharnes à te culpabiliser, ne laissant personne t’approcher. Tu ne crois pas que tu as déjà bien fait tout ce que tu voulais sans te préoccuper des autres, de ceux qui t’ouvrent leur cœur ?

Pourquoi elle non plus ne voulait pas comprendre que plus rien ne le retenait à présent ? Si elle était là ce soir c’est bien pour qu’ensemble ils puissent continuer ce que le Trés Haut leur avait jusque là interdit ? Il en avait lui la certitude !

Non... non mon Ange... Cette fois Il ne t’aura pas pour Lui seul ! Tu es là ce soir c’est bien la preuve que nous allons poursuivre enfin notre chemin.. Les enfants n’ont besoin de moi, au contraire, ils s’en trouveront que plus heureux, je t’assure... Quand au reste... comment aurais-je pu de nouveau ouvrir mon cœur puisque tu l’as emporté avec toi ?

La main vers elle il tendit lentement procurant un léger déséquilibre qui fit osciller quelque peu la chaise où il se trouvait perché.

Ô mon Ange... laisse moi enfin te toucher...


Non... mon amour non...

La peur de le voir sombrer dans ce limbe qui l’attendait s’il commettait cette terrible erreur la mettait à mal.Il ne comprenait pas. Il n’avait pas conscience que tout allait se jouer dans les prochaines secondes.

Tu veux me retrouvez c’est ça ? Tu veux éviter de voir ta fille ainée porter ton premier petit-enfant ? Tu veux voir ton fils ainé se tarir dans les lames et les jupons comme tu l’as fais depuis mon départ ? Tu veux voir notre fille se faner comme une rose tout simplement parce qu’elle n’a jamais pu dire à sa mère qu’elle l’aimait et de devoir faire de concert avec son père désormais ? Ne veux-tu pas voir cette petite fille que tu n’as pas vu depuis le printemps et qui ne sait même plus à quoi ressemble son père ? Elle ta si grande fierté... désormais dans l’oublie et pourquoi ? Parce que tu vis justement dans un passé qui ne renaitra Castelreng. Me retrouver dis-tu ? Tu ne pourrais qu’être l’ombre de toi-même. Jamais tu ne pourras m’atteindre avec les regrets ne le comprends-tu pas ? Ton heure n’est pas venu, tant de chose tu as encore à régler.

La blonde était profusion de colère et de reproches. Elle lui aurait bien fait valser à son habitude une assiette par la tête si elle avait pu. Lui aurait fait décrocher ce sourire dont lui seul savait la faire flancher par la suite. Mais il y a longtemps que ce sourire n’avait pas eu lieu d’être. Quoiqu’elle avait pensé qu’avec cette brune... pourtant non. Il n’avait jamais changé mais la vie tout autour de lui oui. Il se devait maintenant de se ressaisir et prendre sa vie en main.

Tu vas cesser de geindre sur ce qu’était ta vie et t’ouvrir à ce qu’elle devrait être. Je ne suis plus, c’est un fait mais toujours je te guiderais. Jamais je ne t’abandonnerais comme tu veux le faire pour tes enfants en cet instant. Tu vas faire de toi l’homme que tu es soit un père exemplaire et régler les problèmes que tu as toi-même engendrés avec eux. Et ils te le rendront bien. Ensuite peut-être pourras-tu ouvrir ton cœur et éviter de perdre des violettes qui auraient pu t’appartenir. Ou encore peut-être pourras-tu avoir l’estime de tes collègues pour le travail que tu fais car même si tu donnes le meilleur de toi-même, c’est avec ce visage sans vie que tu le renvois. Ta vie n’est que déchéance parce que toi-même tu l’as créer. Tourne cette page, n’oublie pas qui tu es mais regarde qui tu veux devenir.

Son bras retomba le long de son corps, les mots cinglants de son épouse résonnant dans sa tête comme ils auraient pu le faire s’ils avaient été dit dans une Cathédrale. Ses poings se fermèrent et ses doigts en blanchirent sous la force de l’émotion qu’il était à ressentir. Déjà il lui semblait être moins ivre et plus elle le sermonnait plus les vapeurs de l’alcool s’évaporaient. Quand elle lui parla de leur petite dernière, fillette âgée à présent de 3 printemps, qu’il avait éloigné de lui pour, pensait-il, moins souffrir de sa perte, ses yeux se brouillèrent et une larme glissa, lui chatouillant la joue. Il lui semblait à présent qu’il était à se comporter comme un lâche mais qu’il était cependant dur de réaliser qu’elle n’était plus et ne le serait jamais plus.
Qu’il était dur de s’entendre dire ses vérités par un fantôme venu sous l’effet de l’ivresse et qui, en cet instant était déjà à disparaitre.
Qu’il était dur de se rendre compte que ce visage tant aimé il ne le reverrait jamais plus, car le choix n’était pas permis, ne l’avait sans doute jamais été d’ailleurs, la page devait se tourner. Instinctivement, il retira le chanvre qui lui grattait le cou et descendit de la chaise pour s’y assoir.

Posant ses coudes sur ses genoux, il prit sa tête entre ses mains et un long soupir s’échappa de ses lèvres. Grand Dieux !! Que venait de tenter de faire !! Il avait été à deux doigts de mettre un terme à sa vie ! A un souffle de faire basculer la vie de plusieurs personnes par excès de désespoir. Non, tout cela devait finir maintenant. Tout cela devait être pris en considération. Ce passé avait eu son heure de gloire, le présent servirait à réparer et l’avenir pourrait peut-être être envisageable désormais. Il ne serait pas aisé, mais il se devait de se reconstruire, pour cette femme qu’il avait tant aimé, il se devait de réussir.


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MessageSujet: Re: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 12:53

Castelreng a écrit:
    Novembre 1460



De retour il était. S’il était parti comme ça, sur un coup de tête avec l’intention de rester absent le plus longtemps possible, il s’était vu faire chemin inverse avec autant d’empressement. Seulement là, c’était pour des raisons bien différentes. Parti pour digérer sa déconvenue, il revenait pour rassurer.

L’esprit enfin libre, il voyait à présent la vie tout autrement. De sombre, elle se voulait maintenant claire, annonciatrice d’un futur où tout lui serait ouvert. C’était plus qu’une page qui avait été tournée, mais bien un livre qui s’était refermé juste après le mot FIN enfin inscrit. Le passé à présent remisé à sa place, dans le casier souvenir, qu’il ne craindrait plus d’ouvrir avec une légère nostalgie.

Ses heures sombres, il les avait laissées au loin à Montpellier avec un rouleau de chanvre dans son appartement. Il se sentait libéré de toutes entraves sans que cela ne le surprenne ou ne l’étonne. Un bienêtre comparatif à celui que pourrait ressentir un homme revenant après des journées à guerroyer et pouvant enfin se plonger dans une aude pure pour y laver en plus de son corps sale, son âme. Plus de 18 mois s’était écoulé sans qu’il n’éprouve cette sensation d’être un homme à qui tout projet et rêve étaient permis.

Une renaissance.
Une vision tout autre de ce que la vie a à offrir.
Un homme qui pourrait en surprendre plus d’un par cette métamorphose sans doute attendue pour certain et désespérée pour d’autre.
Castelreng de Cordas homme dur et sombre, coureur de jupons n’était plus.
Castelreng de Cordas et Marssilhan homme simple et charmant était de retour.

Parvenu chez lui, il avait salué ses gens sourire aux lèvres leur demandant si durant son absence il n’y avait eut de problème, rassurant l’un, approuvant l’autre, prenant pour la première fois le temps de s’intéresser à la vie qui fourmille autour de lui. S’il remarqua l’étonnement de certains, il finit de les rassurer en leur disant que les temps sombres étaient terminés. Il s’était enquit de sa Bulle pour qui son retour s’était fait si vite. On lui apprit qu’elle était déjà sortie, se devant de faire la première messe de la journée. Rassuré de savoir où la trouver, il se fit monter de quoi faire ses ablutions, fit remiser ses vêtements noirs dans un coffre contre des tenues plus claires. Une fois lavé et habillé, il décida d’aller au devant de sa fille en passant par le marché qu’il n’avait visité depuis des lustres….


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MessageSujet: Re: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 12:56

Castelreng a écrit:
Depuis fort longtemps il n'était venu dans cette bâtisse l'esprit serein et le coeur joyeux. Il faut dire qu'il en avait enfin terminé avec ses cauchemars qui, en plus de lui faire passer des nuits d'enfer à tenter de sauver son épouse de la mort, le gardait le jour à se morfondre de regret plu lourd à porter de jour en jour. La page, il était enfin parvenu à la tourner un soir d'ivresse où il avait été proche de se pendre pour faire cesser la souffrance.
Depuis, il reprenait doucement gout à la vie et, plus encore dernièrement.

Quand il franchit la petite porte toujours grinçante, il se prit à sourire en songeant à la soirée qu'il avait passé. Douce et charmante soirée...
Parvenu devant le gros livre des quatrains, il ne lut que les deux derniers et réfléchit un instant aux quatre mots à mettre en rime.

Pourquoi pas... se dit-il en prenant la plume pour la tremper dans l'encre.



Citation :
Pour deux âmes au diapason.
Il faut égal partage,
Belle dose de courage,
Et éviter le poison..

Il grimaça en se relisant, trouvant cette recette bien fade. Puis haussant les épaules se dit que la fois prochaine serait peut-être mieux. Il griffonna donc les mots suivant : mystérieuse, chaleureuse, rumeurs, honneur.
Reposa la plume et sortit de la petite bâtisse en sifflotant...

Alixane a écrit:
Pour rien au monde elle aurait avoué fréquenter cet endroit si particulier, d'autant qu'elle clamait à qui voulait l'entendre que la "polésie", comme elle aimait à l'appeler, et elle n'était pas très copines.
Toutefois, curieusement, elle se sentait inspirée en ce moment... Un défaut de fonctionnement sporadique, sans aucun doute.
Le fait est que la curiosité aidant, il lui fallait savoir si les 4 mots laissés avaient inspiré quelque passant.
Aussi se rendait-elle régulièrement -et en cachette bien sûr- sur les lieux de son forfait, désireuse de savoir de quelle manière on aurait appréhendé la tâche.
A force d'allées et venues plus ou moins adroitement justifiées, lorsqu'ils lui imposaient de quitter quelconque compagnie, elle redoutait bien un peu de passer pour une folle, mais gardait l'espoir que ces navettes verraient leur fin bientôt.
Lorsque, emmitouflée dans son col, elle arriva pour la énième fois sur place, elle bouillonna d'impatience en constatant que d'autres écrits avaient suivi les siens.

L'achèvement de sa lecture lui arracha un grand éclat de rire.

Oups! Bonjour la discrétion!
Après s'être vertement -bien que silencieusement- tancée, elle reprit l'énoncé en prenant tout son temps, toujours agitée de joyeux soubresauts.
Elle se demandait si d'autres qu'elle même pourrait avoir une vision si précise de ce que lui inspirait cette lecture.
Les phrases s'étaient formées presque instantanément dans son esprit, tant l'évidence lui paraissait limpide.

L'occasion était trop belle pour la laisser passer et c'est armée d'un large sourire qu'elle calligraphia ce qui suit.



Citation :
Il était une fois...
C'est ainsi que commence une histoire,
De quelque nature qu'elle soit.

Il était une fois donc, dans un lieu des plus communs,
Bonne compagnie aidant autant qu'ambiance chaleureuse,
Un petit rien provoqua, sans espoir d'y mettre un frein,
Une petite historiette aux sources mystérieuses.

Le conte devint nouvelle, la nouvelle fut roman...
De chaumière en manoir, altérée par les rumeurs,
Le roman vira noir, déshabillé de tous ses fondements
Pour revêtir ce genre d'atours qui entachent l'honneur.

Bonne gens, si vous m'en croyez,
C'est ainsi que beauté
Se transforme en laideur..
Bonne gens, du "on' il faudra vous méfier.


L'encre avait coulé, tout comme ses pensées qui mission achevée se tournèrent vers d'autre horizons.
D'autres lectures l'attendaient, comme en témoignait dans le ciel le vol appliqué d'un pigeon qu'elle pressentait s'agiter pour elle.
Elle conclut son passage par l'abandon de quatre mots qu'elle choisit de la façon la plus neutre qui soit, et passa la porte, refermée avec soin sur la petite fiction pas si fantaisiste que ça, et pressa le pas pour regagner sa demeure.



Candide / Putride / Félin / Sybillin
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 12:59

Ma Douce, vous plairait-il de..... ? Ma Douce, vous plairait-il de..... ? Ma Douce, vous plairait-il de..... ?
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 13:01

Castelreng a écrit:
    20 novembre 1460


Sitôt après avoir laissé sa Belle en taverne pour retourner travailler, Castelreng était donc retourné dans son bureau, s'était attelé à sa tâche afin d'être libérer au plus vite.
Elle n'avait pas quitté ses pensées. En fait, depuis des jours elle était toutes ses pensées, sa lumière après ces mois si sombres, un bonheur immense qu'il tenait plus que tout à partager avec elle. Pétillante, malicieuse, rieuse et taquine, avec une répartie dont il n'était prêt de se lasser, sa façon de parler en mangeant certain mot, belle à ravir. Il ne pouvait que de tomber sous son charme et s'y était laissé tomber avec plaisir.

Peu avant que la nuit ne tombe, il put enfin quitter son bureau et s'empressa de rejoindre sa demeure.


Simon ! fais moi préparer un bain, que l'on me sorte une tenue autre qu'un uniforme et fais prévenir la cuisinière que je ne serais pas là ce soir. Que l'on brosse et apprête ma tenue pour demain que je puisse la revêtir dès mon retour. Tu avertiras également ma fille de mon absence. Je ne veux pas qu'Ambryen s'inquiète de ne voir rentrer.... Hum... et que mon cheval soit prêt...

Tout en donnant ses ordres, il grimpait l'escalier qui mène à sa chambre.

Bien sur je vous donne à tous votre soirée, mais veillez avant aux besoins de ma Bulle.

Une fois dans sa chambre, il laissa Simon aller transmettre ses demandes et commença à se déshabiller en attendant qu'on lui monte des seaux d'eau chaude pour son bain.
Ôtant sa chemise, un fin vélin tourbillonna vers le sol. Il s'empressa de le ramasser, le déplia le sourire aux lèvres et, pour la énième fois en refit lecture. Il n'entendit pas le premier valet venir vider ses seaux dans le baquet, ne réagit que lorsque le second fit tomber au sol son premier une fois vide. Il replia donc son précieux vélin et le rangea dans le tiroir de son bureau.

Son bain était enfin prêt, il s'empressa de s'y plonger, de faire ses ablutions sans perdre de temps alors que son valet lui sortait sa tenue pour ce soir. Une fois sorti et séché, il enfila donc ce qu'on lui avait apprêté, attacha ses cheveux par un lacet de cuir et gagna la porte pour enfin aller rejoindre son Aimée. Dévalant les escaliers il fut arrêté dans son élan par un :


Messire.. votre chapeau...

Se retourna et, à la vue du couvre chef orné de plumes, grimaça.

Non non je n'en prend pas ce soir...


Et poursuivit pour enfin quitter sa demeure.


Tout avait été bien orchestré, sa monture l'attendait, il put l'enfourcher et partir vers la maison de sa douce.

Que porterait-elle ce soir, comment aura t-elle arrangé ses cheveux ? aura t-elle posé ce joli chapeau rouge sur ses boucles brunes ? Aura t-elle vraiment préparé le bouclier qu'elle compte emmener ? Autant de questions et plus encore trottaient dans sa tête alors que les sabots de Pégase martelaient le sol, le rapprochant d'instant en instant d'Alix ...

Alixane a écrit:
[Même jour, -presque- même heure, pas même pomme]


Vous avez déjà vu une Alix affolée?
Que je vous explique en plantant le décor...

Tout d'abord, ça commence par une station un peu trop prolongée en taverne, où tant qu'il y a quelqu'un pour papoter, une pipelette ne peut que rester.
Ceci est le préambule.
Quand seuls les murs se font l'écho de ses bavardages, une Alix réalise que le sablier du temps a pris un sérieux coup dans l'aile. Seconde phase.
Et enfin, lorsqu'elle réalise qu'elle a un rendez-vous dans moins de...
"OoooH.. CORNEGIGUEDOUILLE!!!"

Vous me suivez? Oui, bingo, là, c'est la course à l'échalote!




Comment, mais comment avait-elle pu oublier que son Aimé lui avait proposé spectacle ce soir, alors que son souvenir hantait encore ses pensées? Elle n'avait qu'une explication à ça : jouer de la langue anesthésie le cerveau!
Bref, explication ou pas, il n'en demeure pas moins qu'elle a intérêt à ne pas mollir si elle veut être prête à l'heure où on frappera à sa porte.
Quelle heure avait-il dit déjà? Avaient-ils seulement évoqué ce détail? Zut crotte flûte, tout ce qu'elle avait retenu de l'affaire, c'est qu'elle aurait besoin de son bouclier!

Elle avait en effet jugé, en découvrant ce qui les attendait, que le danger n'était pas exclu. Un genre de menace auquel elle n'a jamais eu à faire face jusque là.
Qu'on lui donne un malandrin, un malotru, un ennemi à pourfendre, elle ne sera pas prise au dépourvu... Du soufflet au coup d'estoc en passant par l'attaque au poêlon, la riposte ne manquait pas d'options.
Mais en la circonstance, que faire pour éviter le possible drame? La solution la plus sensée se résumait selon elle au bouclier.
Et Il avait beau s'en être amusé lorsqu'elle avait eu cette lumineuse idée, elle n'en restait pas moins persuadée que ça pouvait leur sauver la vie.

Avant cette éventualité toutefois, il lui faut éviter de se faire prendre en flagrant délit d'étourderie.
Aussi vite que lui permettent ses gambettes, elle se précipite jusqu'à chez elle, empruntant tous les raccourcis qui lui sont connus et priant très fort de ne pas Le croiser sur son chemin.
Manquant par deux fois de percuter quelqu'un dans la pénombre naissante, elle marmotte des excuses sans cesser sa course.
Ce n'est qu'une fois adossée à la porte qu'elle a furieusement refermée sur l'extérieur, qu'elle reprend son souffle en lâchant un immense soupir de soulagement à l'idée d'être toujours en sursis.

Et maintenant, réfléchir, vite, et bien si possible. Se rappeler de ses paroles, de ce qu'il a jusque là préféré lui voir porter, quand porter quelque chose s'avère nécessaire, du moins.
Dans un éclair de génie, voir remonter à la surface des réminiscences de compliment... les couleurs qu'il préfère sur elle. Noir. Et Rouge.
Dans la précipitation et le désordre, quitter bottes, robe et tout ce qui s'ensuit, et satisfaire à la seule petite toilette que le peu de temps imparti lui permet avant d'enfiler la tenue choisie tout en chantonnant :


En rouge et noir, j'oublierai mes peurs...*

Peur d'être en retard, exclusivement, il va sans dire. (mais c'est bien de le préciser quand même!)

Alix perd encore quelque précieuses minutes à brosser ses cheveux, qu'elle choisit de rassembler sur la nuque en chignon souple, parfait support pour ce petit chapeau dont elle a entendu tant de bien.
Et si elle est toujours aussi fébrile, c'est maintenant à l'idée de Le retrouver bientôt.
Elle y est fin prête et se paie même le luxe de rêvasser en songeant à la chance qu'elle a de connaître telle harmonie et félicité auprès de celui qui a su faire battre son coeur à nouveau.

S'arrachant aux plans sur la comète qu'elle est en train de fomenter, la brune demoiselle met la dernière touche à ses préparatifs ; du fond de sa malle elle extirpe le fameux bouclier, garant, selon elle, de leur survie, et s'essaie à quelques parades face à un ennemi invisible, qui à défaut de le rester lorsque sera venue l'heure du spectacle, n'en sera pas moins imprévisible. Elle en mettrait sa main à couper.
C'est ainsi que de gardes en fentes, à brandir son bouclier dans toutes les positions qu'elle juge devoir tester pour se préparer au pire, Alix sz mit à brettailler de bien étrange manière.




*[vous aurez bien sûr reconnu les paroles de la célèbre chanson de J.Mas]

Castelreng a écrit:
Enfin il était arrivé ! Le chemin pourtant fort court lui avait paru bien long tant il lui tardait de la retrouver.

S'il avait du analyser ce qui lui arrivait depuis quelques jours, il aurait très certainement incapable de le dire ou l'expliquer. Trop longtemps il s'était fermé aux sentiments. Ne voulant en recevoir ou en donner des femmes auxquelles il s’intéressait. Son deuil n'était pas fait, il ne parvenait à tourner cette page de sa vie et craignait en s'ouvrant de voir un drame ressurgir pour le replonger plus profondément encore dans le gouffre dont il ne voulait sortir. Une cependant était plus que les autres parvenue à le déstabiliser. Cependant celle ci il ne devait l'approcher, en avait fait promesse à sa Suzeraine et, bien que des sentiments à son égard devenaient de plus en plus vif, il l'avait rejeter pour la protéger et elle s'était tournée vers un autre.. Sa déconfiture avait été dure, le revirement de la jeune femme amer car lui faisant ouvrir les yeux sur ce que cela aurait put-être s'il avait agit autrement. L'alcool devint sa conseillère, la corde sa solution et le délire de son ivresse son salut.

La page avait enfin été tournée, il se sentait enfin libéré et, Aristote le garde ! Il avait rencontré un rayon de soleil, une lumière éclatante lui laissant entrevoir une porte grande ouverte vers le chemin nommé bonheur.

Mettant pied à terre, il attacha sa monture à un buisson, impatient déjà de voir l'huis s'ouvrir. Plus quelque pas et il pourrait cogner à la porte...

Serait-elle prête et aussi ravie de le retrouver ? Ravie, il ne doutait pas qu'elle le serait, prête... Un sourire vint retrousser ses lèvres, l'imaginant tout autrement que pouvait l'être sa fille Joséphine. Son sourire disparut aussi vite qu'il n'était venu en réalisant que très certainement elle pouvait également se sentir gênée par un choix restreint dans ses tenues. Lui, ne s'en formalisait pas qu'elle fut vêtue de peu, il l'adorait dans son ensemble noir et rouge qui faisait ressortir son teint et mettait en valeur ses jolies boucles brunes par ce coquet petit chapeau rouge. Il la trouvait séduisante dans sa houppelande turquoise et peu importe la qualité ou la quantité de sa garde robe, il la trouvait tout simplement parfaite et plus encore quand elle ne portait plus rien. Mais il se promit tout de même de lui faire un ou deux présents très très vite. Elle valait bien plus que quelques fanfreluches et avait bien l'intention de la gâter grandement.

Castelreng était tout bonnement amoureux.

Se trouvant devant la porte, il y donna quelques coups, cœur battant d'impatience et d'anticipation...

Alixane a écrit:
Après avoir envisagé les cas de figure les plus improbables, dans l'optique de parer à toute éventualité, elle était enfin parée.
Pas ce soir qu'ils risquaient de se consumer, foi d'Alix! Encore que, il était bien un autre contexte où les flammes ne seraient pas pour lui déplaire, mais là est un autre sujet...
Elle venait de donner corps au dernier scénario imaginé, et c'est le bras en l'air que les coups à la porte la surprirent.

Aussitôt revenue à la réalité du moment, elle se précipitait déjà à l'entrée quand le chaos se fit dans son esprit envahi de pensées se bousculant à qui mieux mieux.


Est-ce bien lui au moins?
Viiiite, dépêche toi, ne Le fais pas attendre!
Tsss du calme, ou tu vas t'étaler en beauté!
T'as vraiment l'intention d'ouvrir armée de ton bouclier?
Essaie de ne pas avoir l'air d'une folle, allons allons...
Faudrait pas qu'il prenne racine, non plus, hein!


Tant est si bien qu'elle ne saurait se rappeler par la suite si c'est au pas de charge, au ralenti, ou à reculons qu'elle finit enfin par ouvrir, non sans avoir envoyé balader son écu au petit bonheur, le sourire fendu jusqu'aux oreilles malgré un manque d'assurance qu'elle n'aurait avoué pour rien au monde.
Bien du temps et bien des lieues la séparaient de la dernière fois où elle s'était sentie si pleine d'une joie de vivre retrouvée, aux couleurs que le plus surdoué des peintres n'aurait su retranscrire.

Mais revenons à l'instant où l'huis laisse voir le visiteur qui n'a ici rien de mystérieux...


Messire Prevot! En chair et en os, et comme promis! Et, permettez moi d'ajouter : En grande tenue... Vous faites un chevalier servant bien élégant, mon tout beau.

Mirettes pétillantes, elle se hisse sur la pointe des bottes pour cueillir sur ses lèvres un baiser de bienvenue, avant que de remarquer :

Mon Coeur? N'avez-vous pas de couvre-chef susceptible de vous réchauffer mieux les oreilles que cette parure, tout à fait charmante au demeurant, que vous arborez là?
J'ai peine à croire que l'artisan qui a confectionné si beaux atours ait omis de les compléter par l'accessoire assorti.
Oh mais suis-je sotte! Vous l'avez du quitter pour ne point paraître encore plus grand que vous ne l'êtes et il est.... Caché dans votre dos!!


Un clin d'oeil plus tard, certaine du bien fondé de ses déductions, la voilà qui contourne un Seigneur éberlué pour y chercher la preuve de ce qu'elle a avancé.
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MessageSujet: Re: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 13:02

--Castelreng. a écrit:
    Césame ouvre toi !.... et la porte s'ouvrit....


Magnifique ! Sublime ! Furent les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit quand enfin elle se trouva face à lui. Elle avait choisi cette jolie tenue qu'il appréciait tant et en fut enchanté. La satisfaction de la voir ainsi vêtue brillait dans son regard. La remarque qu’elle lui fit aussitôt sur sa tenue l’amusa fortement mais il n’eut le temps d’y répondre car déjà ses douces lèvres sur les siennes lui faisaient oublier tout ou presque.
Une seule chose en tête là, la pousser vers l’intérieur et approfondir ce baiser et voir bien au-delà…

Il fit un pas en avant pour aller dans le sens de ses pensées Mais sa douce lui glissa des bras et le surpris par sa question sur un éventuel chapeau. Le chapeau qu’il avait en effet refusé de prendre, qu’il avait décrété ne plus jamais porter et ce depuis son retour des joutes de Tournel. Une seconde il se demanda s’il était possible qu’elle soit aux faits de cette histoire. Non impossible finit-il par conclure.

Ha non… non… point de chapeau mon adorée

Dit-il alors qu’elle s’empressait déjà d’aller vérifier ses dires derrière son dos. Il dut d’ailleurs vriller le buste pour lui répondre. La prenant doucement pas le poignet il ajouta.

Venez là ma Perle et ne cherchez plus, je n’ai point pris le chapeau qui va avec cette tenue, car oui, vous avez raison, il y en a bien un. Mais il est laid et plus d’être ridicule …

Menteur va !! En fait tu ne veux plus qu’il te fasse penser au panache de plumes roses que tu avais sur ton casque aux joutes !!

.. Et puis… ça aplatit mes cheveux et je n’aime pas ça…

Ne trouva t-il qu’à dire avec cependant la désagréable impression de ne pas Tout dire mais se promit de faire vite confession sur l’oreiller au risque d’être ridicule. Il la regarda avec des yeux gourmands et le sourire aux lèvres et changea vite de sujet.

Vous êtes vous tout simplement divine mon aimée j’adore ce petit chapeau !! Êtes-vous prête à partir ? Et votre bouclier ? Dites moi où vous l’avez posé que j’aille vous le chercher…

Il s’apprêtait donc a entrer dans la petite demeure pour aller chercher cette protection d’importance pour elle ce soir…
--Alixane. a écrit:
Rhooo elle en était sûre, qu'elle avait vu juste, et sans prendre tout à fait garde aux explications brumeuses de son cavalier du soir, poursuit son investigation jusqu'à ce que le vide qui l'attend au bout de sa pirouette la voie fort déconfite.

S'en trouvant par là même plus attentive à son alibi, à la suite duquel, prestement revenue sonder son regard, elle ne trouve qu'à lui offrir un désarmant sourire assorti de cette proposition :


Eh bien, je vous prêterai le mien si besoin est! Il pèse trois fois rien et ménagera donc votre coquetterie, Messire mon Coeur!

L'hilarité qu'elle peine à contenir laisse bien vite la place à la gêne lorsqu'il la complimente, chose à laquelle elle n'arrive décidément pas à s'habituer ; pour preuve les joues traîtresses qui dénonceraient son émoi si ses gambettes flageolantes avaient oublié de s'en charger.
Aussi malhabile à en formuler qu'à les recevoir, elle connaît bien qu'un moyen de lui exprimer tout ce qu'elle ne saurait dire... Mais sauf à faire l'impasse sur cette sortie qu'il a planifié pour lui être agréable, il paraît judicieux à la demoiselle d'en faire étalage un peu plus tard de préférence.
Respiration, concentration.

Son bel Amour attend parait-il des réponses. Il les lui faut donner.


Prête je le suis, oui, je crois!, avance t-elle en baissant le nez pour s'assurer encore une fois qu'il ne lui manque rien, jusqu'à ses pieds chaussés. Le chapeau, c'est fait, puisqu'il l'a remarqué.
Le bouclier.. Ahem... Je l'ai soigneusement mis de côté -Oui bon, elle aussi peut bien transformer quelque peu la vérité!- et il doit être... Par là!

Vague moulinet de la main balancée vers l'arrière, en direction de ce qu'elle suppose être la table où elle jurera l'avoir posé, quoi qu'il puisse lui en coûter en explications fantaisistes.
Pour dire l'entière vérité, l'aspect que peut offrir à la vue la pièce qui lui a servi d'arène, est bien loin de ses pensées.
Elle est de toute façon trop captivée par le mouvement de ces lèvres qui semblent lui susurrer tout autre chose, elle en jurerait, que les mots qu'elles prononcent.

--Castelreng. a écrit:
Elle avait le don de le faire sourire et rire plus que de raison et s'en étonnait encore par moment. Plus il était en sa compagnie plus l'envie d'être avec elle se faisait poignant. En peu de temps elle lui était devenue indispensable et plus encore ; Vitale. Sa joie de vivre et le franc bonheur qu'elle affiche a chaque rencontre l'enveloppe tel le plus doux des manteaux le protégeant mieux qu'une armure du froid qu'était devenu sa vie. Son sourire qui n’atteignait jamais ses yeux jusqu'alors, les faisait briller et pétiller de bonheur cette fois. Elle seule en était bien capable.

Le bouclier, de la plus haute importance pour cette sortie, n'attendait donc qu'être pris. Mais aux gestes plus qu'indécis de la belle Alix, Castelreng en haussa tout de même un sourcil interrogateur tout en entrant dans la petite maison pour le prendre.

Une fois à l'intérieur il comprit son " il DOIT être" et ce geste de la main si imprécis. La pièce qu'il avait vu une fois si bien tenue était cette fois toute différente. Pas vraiment un champ de bataille, mais quelque peu en désordre. Il aurait pu penser sur le coup qu'elle avait eu maille à partir avec un importun venu pour la cambrioler. Des objets si bien rangés la fois d'avant étaient là, au sol, cassé ou non. Le fameux bouclier qu'on aurait pu imaginé posé contre un mur, en plein centre de la pièce, sur le ventre.

Castelreng, après avoir fait le tour de la salle du regard se tourna vers sa Belle, deux gros point d'interrogation dans chaque œil.


Mais que c'est-il passé ici ?

Et il finit bien sur par penser qu'elle avait eut des problèmes avant son arrivée, oubliant que pourtant en ouvrant la porte elle n'avait rien d'une femme venant de se faire agresser ou autre.

Avez vous eu des ennuis mon Alix ?

Allant vers le bouclier tout en restant des plus attentif à ce qu'elle allait lui dire, il ramassa les morceaux de ce qui devait être une cruche.

Qui donc a osé mettre votre maison dans cet état ?

Poursuivit-il en posant les fragments de terre cuite sur la table. Puis, prenant le bouclier, il la regarda avec une sérieux dont elle n'était pas encore coutumière et ajouta en la rejoignant.

Mon Cœur, ce soir vous resterez chez moi. Allons à présent vous changer les idées, vous me conterez en chemin ce qui a bien pu vous arriver là...

Le bouclier sur une épaule, il glissa son bras libre autour de la taille fine de sa brunette pour l'entrainer à l'extérieur et prendre route vers ce spectacle qu'il lui avait promis...

--Alixane. a écrit:
C'est au moment précis ou la bouche gourmande -qui réveillait en elle un appétit des plus singuliers-, disparaissait de sa vue, qu'Alix commença à s'inquiéter de la prospection en cours.
Son creux à l'estomac et elle firent donc volte face, pour contempler le même désastre qui clouait présentement sur place son brun de coeur.

Viiiiite! Réfléchissemennnnnt!
Mortelune, trop tard...! La parole retrouvée met un terme à quelconque tentative d'élaborer quelque scnéario convaincant.
Et avec elle une succession de questions qui viennent ajouter à sa confusion du moment.
Dans l'espoir ténu que se décoince le sac de noeuds dont elle a le beffroi encombré, elle le regarde faire l'inventaire des pertes jusqu'à se faire prendre en flagrant délit de "carpe attitude".
Si son mutisme ne fait aucun doute, le bouillonnement intérieur est tout aussi réel.


Mais lance toi, bécasse!
Tu veux qu'il te prenne pour une brindezingue?
T'as qu'à improviser...Tu manques d'imagination?
Gnépapotib' d'être si empotée
!

Pour un peu, elle aurait bien intimé aux voix l'ordre de se taire, initiative des plus inappropriées, ce dont elle se rendit compte fort heureusement à temps.
Son beau Seigneur avait entre temps trouvé le bouclier, formulé sa requête pour la fin de soirée, et invité la jeune femme à le suivre derechef.
La mâchoire jusque là en mode "gobage de mouches" s'articule en un large sourire d'approbation.
Alix profite de la proximité retrouvée pour lui picorer le cou, avant de capturer la main qui lui enserre la taille afin d'y mêler ses doigts.
Puis, désireuse de voir s'estomper ce masque de gravité sur le visage aimé au plus vite, elle s'emploie à le rassurer par le récit d'une mésaventure bien moins gravissime qu'il semblait avoir craint.


Rassurez-vous mon Tendre, personne n'est venu me chercher noise ou mettre ma maison à sac. Et je n'ai aucun ennui! Si ce n'est avec un milan un peu facétieux. Mon milan. Bidule.
Voilà quelques jours qu'il ne s'était pas manifesté, sans doute trop bien accueilli et régalé chez le destinataire de la dernière missive pour laquelle je l'avais missionné.
Ce qui explique d'ailleurs que je n'ai pas eu recours encore à ses services pour vous porter nouvelles.
C'est que voyez-vous, j'ai comme qui dirait élevé ce rapace, jusqu'à lui apprendre à voler... Et... non, ne me demandez pas comment j'ai fait, de grâce!
Il me suit partout depuis Blois. Il est là, mais se montre quand ça lui chante ; il est comme sa "maman", il fait un peu ce qu'il veut comme il veut!


Elle lui sourit d'un air un peu contrit, avant de poursuivre sur le ton de la confidence :

Et donc tout à l'heure, il arrive comme une fleur alors que j'aérais en grand, les ailes toutes froufroutantes... Je ne sais pas si vous imaginez l'envergure de l'oiseau, mais le bougre a balayé tout ce qui se trouvait sur son passage et que j'avais pris tant de soin à disposer!
J'ai dû le gronder, forcément.
Eh bien, je ne sais quelle mauvaise habitude il aura pris pendant son absence, mais voilà que depuis l'armoire sur laquelle il s'était perché, il s'est mis à fondre sur moi sans avoir l'air de dévier son vol.
Nouveau jeu ou mauvaise humeur de sa part, je ne sais pas exactement... Mais j'ai eu le réflexe de rafler mon bouclier pour me protéger au cas où.
Quand je vous disais que l'objet est précieux...
Bref, l'animal m'a contrariée et bien que n'ayant fini que par passer à ras, je lui ai balancé l'objet comme il s'enfuyait par l'autre fenêtre... Et puis vous avez frappé à la porte... Et j'ai tout oublié du reste en vous voyant ; voila!

Rien de tel qu'un pieux mensonge empreint de vérité. Bidule et son histoire étaient réels ; seule l'attitude déplorable de ce dernier, qu'elle venait de raconter, sortait de son imagination.

Travestir un peu la vérité ou passer pour un Don Quichotte avant l'heure, le choix s'était imposé de lui même lorsque la première option avait fini par émerger de ses cogitations.
Et c'est bien décidée à profiter pleinement de la soirée en si charmante compagnie, qu'elle allongea le pas pour garder le rythme, non sans pouvoir s'empêcher de l'ouvrir encore une fois.


Cast chéri? Vous m'avez dit qu'on les appelait comment, déjà, ces artistes que nous allons voir?

--Castelreng. a écrit:

C’est avec la plus grande attention qu’il l’écouta lui expliquer le pourquoi de ce grand bazar qu’il avait découvert. Rassuré, il le fut, il avait vraiment cru un instant qu’un malotru était la cause de tout ce désordre. Le besoin de la protéger se faisait de jour en jour plu fort. Il hocha la tête par moment, la secouant à d’autre en souriant ou riant à son récit qui, bien entendu pour lui était un fait. Quand elle en eut terminé, il lui dit juste qu’il était en effet rassuré qu’il ne s’agissait que ça ayant cru tout de même le pire.

Ils poursuivirent donc leur chemin, toujours tendrement enlacés vers la place du village où, ce soir, verrait une troupe de cracheurs de feu l’animer. Il était rare de voir à cette époque de l’année des saltimbanques s’arrêter. L’hiver arrivant venant forcer les gens à rester dans leur chaumière une fois la nuit tombée. La vie doucement, comme la nature, tournait au ralenti.

Lorsque sa douce reprit la parole pour lui demander ce qu’ils allaient voir, il lui décocha un tendre sourire au petit nom qu’elle lui donna là. Sorti de ses lèvres ce diminutif lui paraissait une douce mélodie et c’est donc d’une voix toute tendre qu’il lui répondit.


Ce sont des cracheurs de feu mon Alix. Ce pourquoi, je vous le rappelle, vous avez tenu à prendre votre bouclier pour nous protéger de leurs éventuelles maladresse Ajouta t-il avec amusement.

La place à présent était devant eux et ils purent constater que la foule n’était pas en manque. Les cracheurs de feu étaient déjà à donner spectacle sous les applaudissements et l’ébahissement des curieux.
Donnant du coude, il parvint à mener sa belle sur le devant afin qu’elle ne manque rien de cette attraction. Puis, il ôta le bouclier qu’il porte pour le donner à Alix, il lui dit d’un ton badin.


Je crois que c’est le moment de parer au pis mon Cœur


Et d’un ton plus bas ajouta
Protégez mon bel ange…

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MessageSujet: Re: Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460   Jeu 6 Déc - 13:03

Alixane a écrit:
Bon sang mais c'est bien sûr!
Un pare feu pour des cracheurs de feu, rien de plus logique que cela... Mais si de "feu" elle se rappelait, ceux qui faisaient de leur gagne-pain de le manipuler -sans, semblait-il, se souvenir que ce n'est pas bien..- elle en avait oublié l'appellation.
En vérité Alix n'aurait jamais imaginé que telle chose puisse exister, et ce rappel ne manqua pas de la plonger dans une perplexité voilée d'angoisse.
Qu'elle tenta vaillamment de ne laisser transparaître. Et tandis qu'il la conduisait sur le lieu des réjouissances, elle donnait encore l'apparence de la sérénité lorsqu'elle acquiesça aux explication de son Aimé.


Je sais bien que c'est le feu que nous avons à craindre tss ; vous êtes bien taquin avec ma mémoire, Sir mon Coeur.
Me souv'nais pu du nom qu'ils se donnent, ces inconscients, ç'aurait pu tout aussi bien être "feux follets"... Je trouve que ça ne leur irait pas si mal... Ne faut-il pas avoir perdu l'esprit pour jouer avec le feu?


Mais déjà, les cris et applaudissements des badauds se faisaient entendre, signe que l'attraction devait être prisée, ou alors bien rare, pour avoir fait sortir les habitants de la chaleur de leurs foyers.
Curieuse, malgré son appréhension, de découvrir l'objet de cet enthousiasme, Alix ne voyait cependant pas d'un bon oeil cette obstination à vouloir rejoindre les premiers rangs.
Elle aurait volontiers laissé ce privilège à plus confiant qu'elle mais c'est en vain qu'elle tenta de freiner l'avancée qui les menait aux premières loges.
Le spectacle qui s'offrait à ses yeux ébahis dépassait toutes ses craintes : elle voyait déjà ces bâtons enflammés échapper des mains du jongleur, la foule hurler et s'éparpiller dans le plus grand des chaos... Et cet homme qui avalait du feu?! Elle devait avoir des hallucinations!

Aussi ne cacha-t-elle pas son soulagement lorsqu'écu lui fut rendu, sans comprendre comment son compagnon pouvait rester si amusé des précautions qu'elle avait voulu prendre. Peut-être avait-il des assurances qu'elle ignorait, peut-être pas ; en tous cas elle ne les laisserait pas se faire griller comme des cochons de lait!
Se saisissant de son précieux avec empressement et gratitude.


Mercé mon tout beau, je trouve ces activités aussi attrayantes qu'effrayantes, je vous l'avoue.

Ce disant, elle se planqua derechef derrière son bouclier, se privant ainsi de la vue, avant de se raviser et de passer le bout de son nez sur le côté le temps d'écarquiller bouche et mirettes et de se cacher à nouveau.
Comment diable le reste de l'assemblée pouvait-il à ce point faire preuve de tant d'impassibilité? Était-elle donc la seule à ressentir l'imminence d'un danger? Ou bien cette foutue dernière guerre l'avait-elle traumatisée au point de voir la mort partout?
Alix n'aurait su répondre à cette question. Mais à l'évidence elle jouerait à cache cache avec son rempart de fortune jusqu'à la fin de la représentation, partagée entre fascination et phobie autant qu'entre envie de profiter de sa sortie et peur de la voir virer au pire.
Le tout au grand dam de ses voisins de foule chez lesquels un "aie" ou un "ouille", voire pire, ne manquerait pas de se faire entendre.

Faire autrement? Elle ne pouvait pas, bien que consciente qu'elle pouvait bien gâcher la soirée de son Tendre par son comportement hors normes...Encore que questions normes, il avait bien du s'apercevoir qu'elle débordait sensiblement du moule.
En outre, elle doutait que ce spectacle puisse être considéré comme l'apothéose de la soirée ; se profilait une autre sorte de divertissement qui se jouerait à guichet fermé, un brasier dans lequel ils se consumeraient, jusqu'à cette petite mort qui les verrait renaître à l'unisson.
Elle était avec Lui. Cela seul importait. Ces visions d'enfer étaient après tout bien peu de choses en comparaison du plaisir de sa compagnie.

Castelreng a écrit:
S’il est bien une chose à laquelle il n’avait pensé, c’était bien que ce spectacle lui fasse peur.
Par cette occasion il n’avait pensé qu’à lui plaire et surtout, lui faire plaisir. Une animation spectaculaire qui la rendrait toute excitée d’émerveillement pour commencer cette soirée. Un repas en tête à tête pour y ajouter une belle touche de romantisme et conclure par un feu d’artifice des sens pour rendre de cette fin de journée grandiose.
Il aurait pu avoir quelques doutes quand elle lui avait fait part de prendre son bouclier pour se protéger. Mais que de prendre ce fait au sérieux, il l’avait pris sur le ton de la plaisanterie, au mieux sur une légère crainte due à l’inconnu. Jamais il ne lui serait venu à l’idée qu’elle puisse avoir peur.
Pourtant, c’était bien le cas.

Si, au départ il n’avait trouvé qu’à sourire en la voyant se cacher derrière son rempart, il eut vite fait de comprendre que la crainte du pire était bien là. Aussi, se glissa t-il derrière elle et d’un bras l’enlaça. Se penchant à son oreille il lui murmura :


Vous n’avez rien à craindre mon Cœur, je vous le promets et… regardez… ils sont trop loin de nous pour que leurs flammes nous atteignent.

La lovant ensuite contre lui, prenant soin de ne pas se prendre un coup de bouclier, il posa son menton contre sa joue déposant un doux baiser sur sa tempe.

Détendez vous Amour, nous allons reculer un peu dans la foule.


Ce qu’il fit donc tout en le lui disant. Ils se retrouvèrent donc derrière une barrière de badauds qui s’étaient fait plus nombreux au fur et à mesure que les minutes avaient passées. Les applaudissements et les exclamations de surprise et étonnement n’avaient cessé, tout au contraire. Du peu qu’il y faisait, attention trop pris par sa belle et la peur qu’elle montrait, il le trouvait fort impressionnant, mais ne s’en intéressait guère plus voulant avant tout rassurer Alix.

Une fois de plus il se rendait compte combien elle lui était importante, que plus de s’en faire aimé comme elle lui montrait si bien, il voulait la protéger de tout, la voir en plus que d’être radieuse de bonheur, détendue de tous problèmes. De n’avoir soucis de rien que de baigner dans ce bonheur tout neuf. Tout comme elle lui avait offert son cœur, il ne désirait plus que de lui montrer l’ampleur des sentiments qu’elle seule avait sur faire renaitre en lui.
De nouveau pour une femme, Castelreng irait décrocher la lune pour le bonheur de voir dans les yeux de l’Elue, une myriade d’étoiles.

Il se promit de l’emmener loin de là s’il n’apercevait ce serait-ce qu’une once encore de cette peur qu’il tentait de chasser. Si les cracheurs de feu ne lui convenait pas ils iraient danser se dit-il. Ce serait bien le diable si dans la ville ils ne parvenaient à trouver une taverne où musiques et danses en feraient trembler les murs ! Et quand bien même ce serait dans un de ces bouges où paysans se rassemblent, il n’en avait cure. Une chose et une seule importe, le visage ravi de son Aimée.

Alixane a écrit:
Devant eux, les artistes poursuivaient leur show en prouesses de plus en plus spectaculaires, pour la plus grande joie de la foule à présent en délire.
Alix quant à elle, se retenait, justement, de ne pas crier. A sa manière d'arrêter de respirer à chaque coup d'oeil qu'elle leur lançait, sans doute aurait-elle eu du mal quoi qu'il en soit.

La présence pourtant rassurante de son Aimé ne commença réellement à l'apaiser que lorsqu'il lui murmura ces quelques mots d'apaisement dont l'effet se renforça au contact de ses bras protecteurs.
Et alors qu'il ponctuait ses paroles d'un de ces doux baisers qu'il aimait à lui prodiguer sur la tempe, le coeur de la brunette trouva raison plus légitime de battre la chamade.

Éperdue de reconnaissance tandis qu'ils refluaient lentement vers le moins dense de la foule, Alix baissa la garde, libérant du même coup un flot de picotements dans la main qu'elle avait crispée à maintenir son écu.
Puis, profitant de la salve d'applaudissements qui venait saluer la fin d'un numéro, elle s'accrocha au cou que ses bras avaient encerclé, se hissant pour cueillir ces lèvres qui l'attiraient inexorablement.
La suspension du temps arrivée à son terme, elle se laissa aller à une confidence :

Amour, vous semblez me connaître si bien, pour anticiper ainsi tous mes désirs, que je me me demande parfois si vous avez mené enquête.

Mutine, elle lui sourit avant de poursuivre :

Je suis, en tous cas, parfaitement détendue, désormais, grâce à vous.
Et pourrai profiter pleinement des exploits que nous réserve la fin du spectacle.


De fait, il lui était vraiment possible de se laisser envoûter par la magie du feu à cette distance plus respectable pour son goût.
Enlacée de si tendre manière, toutes les conditions étaient réunies pour apprécier en toute sérénité ce pour quoi ils étaient là.
Une pierre supplémentaire à ajouter à l'édifice d'un amour qui se renforçait de jour en jour.

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Chapitre VIII : Un changement radical de vie - Octobre/Novembre 1460
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